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6 an grand archidiacre , d’un archidiacre de l’Auraguais &de vingt-quatre chanoines. Sous Raymond V, comte deToulouse , l’hérésie des Albigeois donna lieu à l’établiíïè-ment d’un tribunal d’inquisition à Toulouse , pour acheverde détruire les restes de ces hérétiques. Un arrêt du parle-mer de Paris du 17 de mai de l’an 1331, déclara que cetribunal étoit une cour royale. Les Albigeois ayant été en-tieremenr détruits dans la fuite,ce tribunal dont la rigueurfaisoit trembler même les plus innocens , eut à peu près lamême décadence que l’hérésie qui avoir donné lieu à sonétablissement ; il ne lui resta que quelques légers attributs.Un de ceux qu’il a conservés le plus long-tems , étoit celuide se faire apporter sélection des capicouls, pour exa-miner íì parmi ceux qui étoient élus , il n’y en avoir pointquelqu’un qui fut suspect d’hérésie ; mais dans le siécledernier , M, de Montchal, archevêque de/Toulouíè, fe fitattribuer ce droit, à l’exclusion de l’inquisiteur par arrêt duconseil , par ce que, selon les constitutions canoniques, lesévêques font inquisiteurs nés dans leurs diocèses. Quoiquel’inquisiteur de Toulouse n’ait aujourd’hui qu’un vain titresans fonctions, les dominicains ne taillent pas cepen-dant de faire pourvoir par le roi un religieux de leurordre de cet office, parce qu’il y a quelques gages at-tachés à cette charge. Les abbayes du diocèse de Toulousefont
Grand Selve, Le Mas Garnier , La Capelle,
Latines, S. Saturnin ou S. Sernin , Lavas.f Piganiol, Description de la France, t. 4 , p. 225 & fuiv.
Vers l’an 1302 ou 1303, ou même plus tard, car cesdates ne font pas bien certaines, les états généraux du Lan-guedoc qui étoient assemblés à Toulouse, résolurent desupplier le roi de vouloir établir un parlement qui résidâtà Toulouse, & qui jugeât en dernier reflort tous les procèsde la province, tant civils que criminels ; le roi leur ac-corda leur demande par ion édit donné à Toulouse, &voulut que ce parlement fut pour lors composé de deuxprésidens lais, de six conseillers lais, de six conseillersclercs , d’un procureur du roi & d’un greffier. Sa majestéchoisit & nomma pour remplir ces places, Pierre de Cher-chemont & Jacques de Saint-Bonnet présidens. Deodatd’Estaing , Geofroi du Pleffis, Geofroi de Pompadour,Gui de Torfai, Yves de Rochecœur 8 c Aubert de Falbuau,conseiller lais ; Thibaud d’Espagne, Pierre de Chappes,Bégon de Castelnau , Othon de Pardailhan , Aymeric deBasillac, & Pierre de Savigni conseillers clercs ; Antoinede Calmont procureur du roi, 8 c Raymond Galtrand ,greffier. Le jeudi, 10 de janvier, à huit heures du matin , 1 e roirevêtu d'une robe de douze aulnes, d’un drap d’or frisé surun fond rouge broché de foie violette, parsemée de sieursde lis d’or, & fourrée d’hermines, étant accompagné desprinces & seigneurs de fa cour, partit du château Nar-bonnois, où il logeoit, pour se rendre â un grand salon decharpente que la ville avoir fait construire dans la place desaint Etienne, pour y tenir le parlement. Le roi y étant entré,monta sur son trône , & tous ceux qui avoient droit de s’as-seoir prirent les places qui leur étoient destinées, le roi ditHue le peuple du pays de Languedoc l’ayant humblementsupplié d’établir un parlement perpétuel dans la ville deToulouse, &c. il avoir consenti à ses demandes, auxconditions insérées dans les lettres d’érection, desquelles ilcommanda qu’on fît la lecture ; le chancelier s’étant levé, &ayant fait une profonde révérence au roi, fit une haranguefort éloquente , après laquelle il donna à lire les lettresPatentes au grand secrétaire de la chancellerie, puis il luimmit le tableau où étoient écrits les noms de ceux qui dé-voient composer le parlement de Toulouse; le secrétaireses ayant lus tout haut, le roi fit dire à ces officiers de sap-ptocher , & st s reçurent des mains des hérauts leurs habits. ^hé ; les présidens des manteaux d’écarlate fourrésc* hermines, des bonnets de drap de foie bordés d’un cercletiflù d’or , des robes de pourpre violette & des chape-tQ ns d’écarlate fourrés d’hermines. Les conseillers lais eu-re nt des robes rouges avec des paremens violets, 8 c unecspece de soutane de foie violette par-deílous la robe,ler^i^ c ^ a P erons d ecarlare parés d’hermines. Les conseil-étro• rcs futent revêtus de manteaux de pourpre violettedrn’ US ^ ar haut, où il n’y avoir d’ouverture qu’aux en-1 U * a P^ttre la tête & les bras ; leur soutane étoit d’écar--■ e oc les chaperons aussi. Le procureur du roi étoit
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vêtu comme les conseillers lais, & le greffier portoitune robe distinguée par bandes d’écarlate 8 c d’her-mines. Tous ces officiers ainsi revêtus prêterent leurserment au roi ayant les deux mains fur les évangilesécrits en lettres d’or. Après la prestation du serment,le chancelier fit palier fes magistrats dans les sièges qui leur,étoient destinés , 8 c le roi leur fit connoître en quoi consis-toit leur devoir , par un discours très-éloquent, dont 1ctexte étoit : Erudimini qui judkatis terrain ; ce discoursfini, les hérauts congédièrent l’asiemblée par le cri accou-tumé. ( b ) Peu de jours après , cette compagnie commençafes séances, dans le château Narbonnois que le roi leurdonna pour rendre la justice, fans en ôter néanmoins legouvernement au viguier de cette ville , qui continua d’yfaire fa demeure avec la garnison ordinaire pour la dé-fense du château. Voyez les annales de Toulouse, parde la Faille. ( a ) Piganiol, Description de la France,t. 4, p. 264 & suivantes. ( b ) La Faille , annales deTolouíe.
Les subsides extraordinaires que le roi faisoit lever en Lan-guedoc, furenc la cause d’une révolte presque générale. Leparlement soutint, tant qu’il lui futpoffible, l’autorité royaledans Toulouse, mais à la fin il fut contraint de fe réfugier àMontauban. Le roi irrité contre les Languedociens, 8 c parti-culièrement contre les Toloufains, supprima par édit de lan1312 le parlement de Toulouse, l’unit & en incorpora les of-ficiers â celui de Paris, & le parlement de Toulouse ne futrétabli qu’en 1419, par lettres - pattentes du dauphin,régent du royaume, datées du mois de mars de cetteannée. Ce;fut le 29 mai suivant, qu’on comptoir 14x0que le parlement fut installé dans Toulouse. Par cette se-conde érection il n’y eut qu’un président, qui étoit l’arche-vêque de Toulouse , onze conseillers & deux greffiers ; iln’y eut point pour lors de procureur du roi, auffi n’en étoit-il point parlé dans les lettres d’érection. Vers l’an 1425, leparlement de Toulouse fut transféré à Beziers pour repeu-pler cette ville, qui avoir soutenu un long siège contre lecomte de Clermont, 8 c la récompenser de tous les mauxque ce comte lui fit souffrir après qu’il l’eut prise. Le parle-ment ne demeura pas long-tems à Beziers, puisqu’en 1427,Charles VII le réunit une seconde fois â celui de Paris ,duquel il ne fut séparé pour être stable à Toulouse qu’en1443 , par édit de Charles VII, donné à Saumur le 11d’octobre. Cet édit ne fut même lu & publié à Toulouseque le 4 juin de l’an 1444. Ce parlement ayant donnéun arrêt contre quelques habitans de la ville de Montpellier,8 c Geofroi de Chabanes, lieutenant du duc de Bourbon ,gouverneur de Languedoc, en ayant empêché i’exécution ,le parlement, par un arrêt, ordonna que Chab§nes 8 ctrois autres personnes qui lui étoient attachées , íeroiencpris au corps. Cette conduite déplut si fort au roi, qu’ilinterdit le parlement, & le transféra à Montpellier au moisd’octobre 1466. Les généraux des aides, qui en ce temsétoient du corps du parlement, furent auffi transférés âMontpellier. Deux ans après, il fut rétabli à Toulouse oùil revint avec les généraux des aides ; mais ces derniers re-tournèrent peu de tems après à Montpellier : le duc d Uzès8 c les autres pairs , dont les pairies étoient situées dans leressort de ce parlement, lui préfentoient des roses , aufli-bien que les comtes de Foix, d'Armagnac, de Bigorre, deLauraguez , de Rouergue 8 c tous les autres seigneurs desgrandes terres de Languedoc. Les archevêques d Ausch ,de Narbonne & de Toulouse n’en étoient point exempts.La qualité de président des états 8 c celle de pere spiritueldu parlement, ne dispensoient point les deux derniers decette redevance ; enfin , les rois de Navarre , en qualité decomtes de Foix , d'Armagnac, de Bigorre & de Rodés;Marguerite de, France, fiH e ro1 Henri II, sœur de troisrois & reine elle-même,comme comte sis de Lauraguez,&c. lui ont rendu cet hommage.
Le parlement de Toulouse comprend dans son reflòrcles sénéchaussées du Languedoc, de Rouergue, de Querci »du pays de Foix , 8 c la partie de la Gascogne, qui renfer-me les fénéchauílees de l’iflc Jourdain, d’Ausch , de Leic-tourc, de Tarbes 8 c de Pamiers. Ce parlement est com-posé de six chambres, la grand’chambre, la tournelle,trois chambres des enquêtes & celle des requêtes. Lesconseillers ont un privilège qui leur est particulier, c’estd’avoir séance au parlement de Paris , selon Tordre deleur réception, de même que ceux du parlement de Paris