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■droite , entre Estenai , qui est de l’autre côte dtt fleuve ,Sc Belia de Mousé ; suivant le pere Protais, à onze lieues■d’isne, ou Eííenay ou Estenai, & à douze d’Arment ou•Belad Moule , Lc à deux lieues de Luxor le vieux.Pau!-Lucas dit que Tuât est un assez gros lieu , qu on y-voit un beau temple des anciens Egyptiens , que les pierresen sont belles, Lc chargées de quantité de figures en bas-relief , & entremêlées d’hiéroglyphes. Il ajoute que lacuriosité le porta à voir,au sortir de Tuât, quelques-unesde ces grottes que l’on trouve en grand nombre de l'atitre■côté du Nil, dans une grande montagne, qu’on dit longue■de six cents milles. Les portes de la plupart de ces grottesibnt de pierre, d’une íeule piéce de la même roche, ScRouvrent & se ferment sur deux pivots. Elles ont ordinai-rement deux ou trois fenêtres taillées dans la roche , Scl’on y voit des peintutes austï fraîches que si elles étoient■nouvelles. Les puits qu’on y trouve donnent lieu de croirequelles ont servi de sépulture aux gens du pays , & que•ces peintures repréfentoient ce qui leur étoit arrivé departiculier pendant lent vie. Au-deíïous du rang de pein-ture , qui marque ces divers événemens, le cours du Nilest représenté autour de la grotte ; un grand nombre debateaux , qui ont la poupe Lc la proue fort hautes, paroîtfur le fleuve. Au milieu est un tombeau , qui sem-ble couvert d’étoffe fort riche, Lc chaque bateau a deuxconducteurs, dont l’un est devant Lc l’autre detriere. Onen voit plusieurs au milieu du Nil, & d’autres de chaquecôté du fleuve. Dans ceux qui font du côté opposé à lamontagne , il paroît qu’on y embarque les corps morts,Lc dans ceux de l’autre bord on .y remarque des prêtres■Sc des bières qu’on débarque pour les porter à ces grottes.Xe nombre des puits n est pas égal dans chacune, Sc ily en a qui en ont jusqu’à six. Ces puits font carrés , avecdes entailles de chaque côté , qui servent de marches poury descendre. Les plus belles de ces grottes ont des repré-sentations de momies, de pierre , de marbre, de pierrede touche , & quelquefois faites du même rocher, pourservir d’embelliflement au lieu , où plusieurs appartetnensvont l’un dans l’autre suivant leur grandeur.
TCJBAL ou Dubaï. , comme écrivent Annius de Vi--terbe Sc François Taraffa , qui ajoutent qu il est fait men-tion de cette ville dans Pomponius Mêla ; mais , dit Or--télius, on ne trouve ce nom , ni dans Pomponius Mêla ,asi dans aucun auteur de poids. On veut que ce soit uneville de i’Espagne Bétique , & que le nom moderne soit.Setubal. D’autres soutiennent que c’eft Tudela , autre villed’Espagne fur l’Ebre ; Lc Ortélius demande si ce ne feroic.point la 'TuteU de Martial. Voyez Setubal , Tudela &Tutei.a.
TLJBAN ou Tubaon , ville des Indes orientales, dansTisse de Java , fur la côte septentrionale, assez près deJ3anram. C’est la plus belle Lc la plus forte de coures lesvilles de cette ifle. ( a ) Ses portes font très-bien faites,mais à la maniéré du pays, Lc elles font flanquées pardes tours. Les murailles qui forment l'enceinte font hau-tes Sc au-dedans, on trouve plusieurs grandes maisonsSc des places spacieuses, qui fervent pour le commerce Lc.pour y étaler .les marchandises. Le roi de Tuban passépour le plus puissant de toute l’ifle. ( b ) Il peut en vìngt-quatre heures mettre plusieurs milliers d’hommes fur pied,•tant cavalerie qu’iníanterie ; il fait une grande figure ; facour est nombreuse, parce qu’il a beaucoup de noblessedans ses états. Dans les fêtes publiques , il paroît à cheval,vêtu avec magnificence ; fes vêtemens font alors ceints &rattachés , Lc son turban est garni de plumes. Tous lesnobles le suivent, vêtus à peu près comme lui , & montésfur de nés-beaux chevaux. ( a ) Hijl de la conquête des ijlesMeluques , tom. i , pag. 99 Lc fuiv. ( b ) Vvj âge s des Hol-landais aux Indes orient, tom. 1, p. 171 & 179 de sédi-tion de Rouen.
Entre les autres habitans de la ville de Tuban , il y abeaucoup de noblesse qui fait trafic de soie , de camelots,de toiles de coton Lc de certains petits vêtemens qui sefabriquent dans ce lieu. Ils chargent leurs jonques de poi-vre , Lc les menent a Bail, où ils les troquent, ainsi queleurs autres marchandises, pour des habits de chétive Lcgroflìete toile de coton, dont il y a une manufacture danscette ifle. Ce trafic etant fait, ils s’en vont à Banda , àTernate, aux ifles Philippines Lc dans les autres pays voi-áuns.., où ils troquent ces chétifs vêtemens pour de la fleur
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de muscade, pour des noix muscades Lc pour du clou degirofle. Le commun peuple s’entretient par le moyen dela pêche Lc du bétail qu’il nourrit ; car on en éléve beau-coup à Tuban Lc aux environs. Le commun des habitansa un vêtement autour du corps : ils vont nuds de la cein-ture en haut, Sc portent un poignard à leur ceinture. Lesgentilshommes portent souvent un petit juste au-corps decamelot, Lc en font une grande parade, aussi-bien que dcleurs armes. Ceux qui se distinguent le plus ont beaucoupd'esclaves , qui fe tiennent toujours auprès d’eux ; à peineles verra-1-on quelques pas au-delà de leur porte , fansavoir dix ou douze domefliques à leur fuite. Quelque partqu’ils aillent, ils font porter après eux un coffre où ily a de la bétel, qu’ils mâchent avec de la chaux Lc desnoix vertes coût ensemble ; Lc quand ils en ont exprimétout le suc, ils en jettent le marc. Ils prenent beaucoupde plaisir à posséder des chevaux , & ceux qui en ont enfont fort fiers. Ils leur mettent de riches selles , les unesde velours, les autres de cuir d’Espagne, Lc ils y fontpeindre d’affreufes figures de. dragons Lc de diables. Laplupart de ces selles font dorées, Lc faites à peu près com-me celles dont on fe sert en Europe, si ce n est qu’ellesne font pas si hautes par derrière. Les brides font garniesde pierreries , Lc blanches comme de l’albâtre ; les morsne font pas moins précieux à proportion. Les bolsettes fontordinairement d’argent, & quelques-unes font dorées : ily en a aussi de cuivre , chacun le réglant suivant sa con-dition. Ils vont souvent hors de la ville à cheval deux outrois de compagnie , ou davantage , fe provoquant les unsles autres à la course, Lc à faite faire des voltes à leurschevaux , afin de voir lequel d’entr’eux a plus d’adreffe àles manier. Ils ont ordinairement une javeline d’un boisfort mince Lc fort léger , dont ils savent fe servir fortadroitement dans leurs tournois-& carrousels, où ils pa-roiísent si vifs, qu’il semble qu’ils ayent effectivementquerelle ensemble. Quand celui qui est derriere peut ap-procher celui qui est devant lui, Lc 1 e devancer dans unecourse, il baisse fa javeline Lc passe -, puis il donne de1 éperon â son cheval Lc 1 e fait courir de toute fa force.Un autre , qui étoit derriere , survient, & fait, ou tâchede faire de même à l’égatd de celui qui a avancé : cemanège dure jusqu’à ce que ses chevaux soient entiere-ment las.
Le palais du roi est grand, & formé de divers appar-temens ; d’abord , on monte par un degré de sept mar-ches , Sc on passe par une porte étroite, quoique plus largeque les - portes communes ; car, en ce pays, elles font tou-tes baffes & étroites. On entre de-là dans 1 e principal palaisdont ses murailles font de brique Lc 1 e pavé de carreaucommun , tel que celui de Hollande. Avant que d’entrerdans ce principal palais, on voit ses éléphans du roi, quifont chacun fous un petit toit particulier, soutenu par qua-tre piliers ; au milieu de l’espace qui est fous ce toit, ily a un grand pieu auquel l’éléphant est attaché par unechaîne qui tient á l’un de fes pieds de devant. Tous lesjours ces éléphans font menés, chacun en particulier,dans un canal proche du palais, où on les lave. Lorsqu’onest entré au palais, on voit d’abord l’appartement où est1e bagage du roi ; il est tenu dans des caillés entassées sesunes fur ses autres, jusqu’au toit ; tout l’appartement enest plein ; Lc quand ce prince va quelque part, tout cebagage le fuit. Tout près de cet appartement est celui descoqs de joute , dont chacun est dans une cage ; il y a desgens commis pour leur donner à manger Lc les faire bat-tre ensemble. Cette maniéré de les tenir ainsi enfermésà parc, les rend encore plus vifs Lc plus coseres ; aprèscela, on trouve ses perroquets , qui ne font pas commeceux que nous voyons communément en Europe ; maisbeaucoup plus beaux , quoiqn’fls ne soient pas fort grands.Les Portugais ses nomment noiras. Ils ont un rouge vifLc lustré fous la gorge Lc fous tout 1 e corps, Lc commeune belle plaque d’une belle couleur d’or fur 1 e dos. Lentsaîles font mêlées de verd Lc de bleu , Sc fous ses aîseson leur voit un bel incarnat. Ils font si recherchés danstoutes ses Indes, qu’ils valent depuis huit jusqu’à dix réa-les. Jean Huygens a écrit que ses Portugais ont souvententrepris d’en transporter en Europe , lans avoir pu yréussit, à cause de la délicatesse de ces oiseaux ; ils fontfamiliers Lc careflans , reconnoissent si bien leurs maîtres,ôc savent tellement les flater , que cela est digne d'adpsi-
ration,