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Tome sixième. T - Z.
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attendre d’eux , attendu que cpijitne ils font aflèz fortsen nombre pour pouvoir raire tête au kan , & que leurs•mut ses particuliers ont beaucoqp de pouvoir fur eux, ceux-ci les onr accoutumés de longue-main , a n’obeir aux or-dres du kan, qu autant qu’ils le trouvent à propos. CesCara Iíalpakks, font de vrais voleurs, qui ne vivent ab-solument que de ce qu’ils volent, tantôt fur les Callmouks& tantôt fur les sujets de la Rulììe. Ils paílènt même fortsouvent les montagnes des Aigles, en compagnie de ceuxde la Cafatfcliia Horda, & vont faire des coursés bienavant dans la Sibérie , du côté des rivières de Tobol, IseetSc Ifchim ; ce qui incommode extrêmement les Ruílès, qui"habitent dans les bourgades Sc les villages le long de cesrivières.

La situation du Turquestan , selon les bornes qu’il a-aujourd'hui, est entre le 42A de latitude & le 47, & depuis■le 71 de longitude jusques vers le 90, il est traversé dusud ouest au nord-ouest , par le fleuve de Sihon. Par là ,■on voir combien est excessive la longitude qu’on donne icià la ville capitale.

a. TURQUESTAN 011 Turkeslan , ville cl’Asie, dansle Turquestan. Elle est située à 45 d de latitude , & 896de longitude, fur la rive droite d’une petite riviere quivient du nord-est se jetter dans la riviere de Sirr, à unepetite distance de cette ville. Elle est la résidence d’un kan■des Tartares, c’est-à-dire , pour sbiver íeulement ; car dansleté, il va camper vers les bords de la mer Caspienne , &aux environs de 1 embouchure de la riviere de Sirr, dans lelac d'Arall. Quoique Turquestan soit toute bâtie de bri-ques , elle ne laisse pas detre un fort méchant trou , & ilîi’y a que fa situation agréable qui mérite quelque attention ;ce qui la fait palier encore aujourd’hui pour la capitale dupays de ce nom. -

TURQUEVILLE , Heu de France, dans la Norman-die , au diocèse de Coutance , élpction de Carentan. Le sei-gneur qui en porte le nom y a un château.

TURQUIE , grand état qni s’étend en Europe, en AsieSc en Afrique. C’est l’un des plus vastes empires qu’il y aitfur la terre; car on lui donne communémenr huit centslieues d étendue d orient en occident, Sc environ fept centsdu septentrion au midi.

Othman, comme il est dit à l’article des T ures, est le fon-dateur de l’empire ottoman, 11 établit sa résidence â B ru se ,dont il fit la capitale de son empire. Ses succeflèurs firentplusieurs conquêtes fur les Grecs : Mahomet II renversa en-fin leur empire en 1455 , Sc établit le siège des empereursTurcs â Constantinople où il est toujours demeuré depuis.Les descendans de Mahomet, tous princes guerriers &ambitieux, firent aussi des conquêtes rapides, & l’empire ot.roman devint un des plus vastes du monde. Son circuit, dansfa plus grande étendue en 1680 , alloit â l’occident, desdeux côtés du Danube , jusqu’à seize petites lieues de Vien-ne. Il étoit borné par le Vag & le Rabe , rivières étroites &guéables en beaucoup d'endtoits, & qui ne faisoient pointune alîez forte barrière pour la fureté dune aussi grande ca-pitale que Vienne. Depuis le Rab les frontières étoientvers le couchant d'été, au pied des montagnes de la Stirie,

& tournant vers le sud elles alloient jusqu’à la riviere duCulp , qui, en quelques endroits séparaient les deux empi-res , & plus avant jusqu’à ia riviere de Corana, où elleslaissaient à l’empereur un petit canton de la Croatie. La li-gne passôit un peu au-dessus de Segna , Sc alloit aboutir aurivage de la mer Adriatique, siir les confins des états de larépublique de Venise , ou du côté de l’est jusqu’à A Insista,h y avoir une lisière qui renfermoit un petit espace de ter-rein , & reprenoit ensuite à Cattaro Sc Budua , Sc le restede la mer jusqu a Constantinople étoit eurierement fournisà la Porte. L’autre ligne prenoit vers le nord, depuis Con-stantinople jusqu’à l’embouchure du Don qni sépare l’Eu-rope de l’Asie, Sc où l’empire ottoman possède Azow ; &cdu cote de l’ouest elle alloit aboutir aux forts du Boristhène.Prenant a la droite du Nieller, elle remontoir le long de lariviere, autant que le permet roi t les dépendances deCami-nietzdansla Podolie , & c le Bender dans ì'Ukraine. Ellecourait le long des sommets de cette branche du mont Cra-pack qui borne la Moldavie Le la Transilvaníe , & suivantces montagnes elle s’avançoit jusqu au bout de la vallée deMarmaras qui dépend de Zatmar. Cette même ligne s e-tendoit encore jusqu’à ia riviere de Beringiù, qui fe perd■dans ia Teiílè, & formol» les limites de deux empires dans

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les parties de la Hongrie , qui font au-delà de ayte riviere.De-là, tournant entre l’ouest Sc le nord jusqrrá celle deSajo , qui se perd aussi dans laTeisse , elle alloit chercher leVag dans les dépendances d’Agria & de Naisel. Tellesétoient les bornes de l’empire ottoman en Europe, fanscompter les istes de l’Archipel qui lui étoient toutes soumi-ses. Pour suivre dans le même ordre le circuit des limitesd’Asie & d’Afriqué , il saur reprendre la ligne dont je viensde parler aux bords du Don, fous le canon d’Asof, Sccommencer de-là celles de l’Asie. Elle fuivoic le long desrivages des PalusMéorides jusques au détroit de Cassa, Screnfermoit par ce moyen la forteresse de Tarnan. Cette li-gne alloit gagner dans le voisinage de Taman les monta-gnes qui environnent les provinces tributaires ; savoir , laCircaílîe , l’Abassée Sc la Mingrélie, & côtoyant la partieoccidentale de la Géorgie ,elle commençoit à séparer! em-pire ottoman de celui des Perses par le sommet d’une par-tie du mont Caucase jusqu’aux rivages ultérieurs du Tigre,& au-delà du même fleuve , aussi loin que s’étendoienc lesdépendances de Babylone. Elle en faifoit le tour, Sc passantàBaííoraelle alloit jusqu’au golfe Persique. Là , elle seten-doit le long du bras de l’Euphrate, qui, tombant dans leTigre, va fe perdre dans ce golfe proche de Caris, & tour-noit du côté de l’est vers les montagnes de l’Arabie heu-reuse. Elle alloit ensuite gagner la mer Rouge , & renfer-mant le pays de la Mecque , elle traverfoit cette mer à peuprès vis-à-vis de Suaquen , forteresse où les Turcs ont gar-nison , quoiqu elle soit sur le rivage appartenant á l’empired’Abyssinie. Cette même ligne avançoit encore jusqu’auNil , au-dessous des cataractes , & prenant les montagnesqui font à la gauche en descendant, & qui enferment la fer-tile vallée quarto fe ce fleuve , elle fe terminoit á peu dedistance Sc á l’ouest d’Alexandried’Egypte.Elle alloit join-dre de-là celle qui borne la Barbarie le long des côtes de laMéditerranée par les principautés de Tripoli, de Tunis &d’AIger. Ces limites font marquées d’une ligne rouge, quimontre en un coup d’œil dans fa circonférence PArchipel ,la mer de Marmara, le Bosphore de Thrace, la mer Noi-re , le détroit de Cassa, les Palus Méotides & quantité d’is-les, dont quelques-unes font mises au rang des royaumes,á cause de leur grandeur Sc de leur fertilité. Voilà la plusgrande étendue qu’ait jamais eu l’empire Ottoman ; ce-pendant ces bornes ne feraient pas demeurées dans cettesituation , si Sultan Mahomet IV Sc son visir Cara Mustafaplein d’orgueil Sc de présomption, ne se fussent pas achar-nés au siège de Vienne , Sc s’ils enflent suivi cette fois-là leconseil d’ibrahim, hacha de Bude. Celui-ci prédisant lemauvais succès d’une entreprise auísi téméraire, exhortaitle visir à faire le siège de Javarin, en bloquant Gomorrhe,à envoyer attaquer Léopolstat par un corps de troupes , Scá faire courir les Tartares & les Hongrois rebelles dans l’Au-triche , & de-là dans la Moravie ; mais cet avis fut mal ré-compensé , & le pauvre hacha fut étranglé par ordre du vi-sir , après la déroute de Vienne.

Si l’on vient á faire un parallèle de l’empire turc avecl’ancien empire romain, on fera surpris de voir l’espacequ’il occupe fur la carte ; mais si on examine ensuite les dif-férentes circonstances des états qui le composent, on con-noîtra que 1c sultan n’est point maître absolu d’une patrie ;qu’une autre est tour à-fait stérile & inhabitée ; que d’uncôté des bandes de voleurs sont â charge au trésor public,

& qu’il en coure beaucoup d’argent pour entretenir les con-vois, & faire escorter les voitures publiques qui traversentl’Arabie déserte , & que d’autres provinces sont plutôt su-jettes de nom que de fait. De ce nombre sont la Mecque Scle pays d’Iemen , qui font cependant ce qu’il y a de meil-leur dans l’Arabie heureuse. Ces pays tirent de l’argentde ,la Porte, & ne lui fournissent que desSaugiacs, &: mêmela porte paye les garnisons de la mer Rouge , pour la fu-reté des pèlerins qui s’embarquent, Sc pour garantir ceuxqui vont par terre, des courses des Arabes. Outre cela »l’empire entretient des hôpitaux , & ce grand nombre d’of-ficiers de la mosquée, où est le tombeau de Mahomet :ainsi tout le vaste terrain de l’Arabie déserte Sc de l’Arabieheureuse qui contribue tant à la grandeur de l’erapi re ,ne fait aucunement patrie de ses forces, mais plutôt sert ales diminuer Sc à les dissiper.

Les trois républiques de Tripoli, de Tunis & d'Algern’onc rien de commun avec la Porte, qui est très éloignéede leurs états ; & c’est par un motif de vanité que ces rc-