vie.
Carladès. Ce bourg, qui est considérable, fut donnék," 1645 au prince de Monaco, avec d’autres seigneu-ries, pour le dédommager de celles qu'il poslédoitdans le royaume de Naples & dans le Milanez. Vieêst fréquenté , à cause de ses juridictions & de sesEaux minérales. Le bailli de Vie est de robe longue:la justice est rendue en son nom, dans la juridictionà bailliage, où il préside en chef, comme tous lesLeutenans généraux des bailliages royaux. La chargee st héréditaire, & il a quatre-vingt livres d’appoin-temens, qui font payés fur le domaine du prince deMonaco. * Piganiol , Descr. de la France , t. 6,P-347-
La fontaine minérale de Vie est au pied du Cantal8c à la tête d’une prairie. On la nomme dans le paysla Font-SALADE, c’est-à-dire la Fontaine salée.Voici ce qu'en a écrit M. Deffarre, Médecin d’Au-nllac, à M. Piganiol de la Force. Je me transportai,dit-il, à Vie ; la premiere expérience que je sis futPour découvrir si ces eaux contiennent du vitriol,comme on l’a toujours cru. Je pris une livre de cettee au, & j’y mêlai trois noix de gale en poudre. Aprèsavoir battu pendant quelque tems ce mélange dans unmatras , cela rre produisit qu'une couleur jaunâtre ;file seroit devenue noire s’il y avoir du vitriol. J’á-joutai à ce mélange demi-dragme de vitriol blanc enPoudre ; & l’eau devint couleur de pourpre foncé.L y versai quelques gouttes d’huile de tartre par dé-faillance, & ce mélange devint verdâtre. Le suc detourne-fol ne lui donnna pas d’autre couleur quecelle du suc même. Le sel de tartre ne produisit au-cun changement dans la couleur de Peau. Elle esttort piquante ; fur tout quand on en boit à la source.On trouve dans les cuves de pierre où on la ramas-jf, une efpece de crème encore plus piquante que*’eau même. Tout cela prouve que ces eaux minéralescontiennent beaucoup de sel. Pour découvrir la na-ture du sel, qui y domine, je sis dissoudre dans uneLvre d’au de fontaine une dragme de nitre purifié :j a joutai successivement à cette eau trois noix de galeOn poudre , qui ne lui donnerent point d’autre cou-leur que celle qu’elles avoient donnée à Peau miné-rale de Vie. Lorsque j’y mêlai la demi-dragme devitriol blanc, elle devint pour lors de la même cou-rut que Peau minérale où j’en avois mis ; & l’huilede tartre y étant ensuite mêlée, Peau devint vertede même que celle de Vie. Pour connoître la quan-tité de sel qu’elles contiennent, je mis trois livresd’eau minérale dans une cucurbite de verre couvertede son chapiteau, & exactement luttée, que je pla-Çai dans une terrine remplie de fable & à un feu très-tuoderé ; j’en fis distiller environ huit onces, & jePfapperçus pour lors qu’ií s’étoit précipité au fond decucurbite une poudre blanche. Je discontinuai larésiliation ; & ayant versé la liqueur par inclination,I e sis désécher cette poudre dans la même cucurbite,j* elle se trouva peser demi-dragme. En ayant mislur ma langue, je lui trouvai un goût lixivieux. JeVe _ r sai ensuite sur cette poudre quelques gouttes d’es-Pfit de vitriol, & il se fit dans l’instant une ébulitiona Ussi fo r t e q ue celle qu’on remarque dans le sel detartre , mêlé avec l’esprit de vitriol. J’achevai deai fe évaporer dans la cucurbite au feu de fable, jus-fin a siccité , le reste de la liqueur ; j’y trouvai uneP°udre semblable à la premiere, laquelle pesa uneri^bfie & demie ; ce qui prouve qu’une pinte d’eau^ ln érale de Vie, mesure de Paris , contient deux° n ffs dragmes de ce sel. Toutes ces différentesy.Periences me font croire que les eaux minérales del e 1C c ° n tiennent un sel nitreux, rendu alcali, dansç S entrailles de la terre, par quelque feu souterrain.j^ e tel est fhqe , & je n’ai point trouvé qu’il en fûtA Ottté au haut de la cucurbite. Je voulus aussi sçavoird e C c S e^ux contenoient du fer , & je mis une lamineév er très-polie dans une terrine, où je fis encorebri]l' 0rer ees eaux ; mais j’en retirai la lamine aussis ero - an te qu’elle l’étoit quand je l’y mis, au lieu qu'elle°dneuf Venue t>»ire s’il y avoir eu des parties ferru-f Ur j e e ?- II Parnasse cependant beaucoup de rouillera ttiasr , rds & au fond des cuves de pierre où l’one seau: Cela me fait croire que les parties deTom. Fl.
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fer demeurent mêlées avec ce sel, de même qu’ellesdemeurent avec le sel de tartre calciné, &. qu’il nes’en sépare quelques-unes qu’après que Peau a séjour-ne dans les cuves de pierre où; on la conserve. Lesoulagement qu’un grand nombre de malades reçoi-vent des eaux de Vie, prouve qu’il y en a très-peud’aussi salutaires, íùr tout pour lever les obstructionsdes viscères , pour débarrasser les veines de toutessortes de glaires, de gravier, &c. Elles addoucissentparfaitement le íang, en corrigent les sels acres, &en détruisent les acides qui y dominent. Elles fontaussi très-bonnes contre les douleurs de tête invété-rées , & pour procurer la fécondité aux femmes.
VIC-LE-COMTE , ville de France , dans labasse Auvergne, élection deClermont, au nord &près d’Issoire. Le nom de Vic-le-Comte , Ficas-Comìtìs , lui a été donné, parce que les derniers com-tes d’Auver^ne y avoient leur résidence, après qu’ilseurent été réduits dans des bornes fort étroites, parla confiscation que Philippe-Auguste fit des biens ducomte Guy, dont le fils Guillaume obtint une forspetite portion. Guillaume , ayant épousé Alix deBrabant, elle hérita du comté de Boulogne, qu’ellelaissa à son fils Robert, qui fut comte de Boulogne& d’Auvergne. Ce comté, ayant passé par mariagedans différentes familles, parvint enfin à Laurent deMedicis, eníùite à fa fille Catherine de Medicis,reine de France : elle le donna entre-vifs à Charlesde Valois, bâtard du roi Charles IX. Ce bâtard pritle nom de comte d’Auvergne, & jouit de ce comté,jusqu’à ce qu’il en fut dépossédé en 1606, par arrêt duparlement de Paris, qui ayant cassé la donation dela reine Catherine, adjugea le comté d’Auvergne àsa fille la reine Marguerite. Cette princesse donnaentre-vifs tous ses biens au Dauphin, qui fut depuisle roi Louis XIII, dont le fils, Louis XIV, cédace comté avec la baronnie de la Tour aux ducs deBouillon pour partie de la récompense de Sedan , enexceptant formellement Clermont, que la reine Ca-therine avoit possédé autrefois. * Longuerue , Descr.de la France, part. 1, p. 136.
II y a à Vic-le-Comte une sainte chapelle, & unpalais, bâti par les ducs d’Albanie. Jean de Bas-maison, Avocat, qui a donné une excellente para-phrase de la coutume d’Auvergne, étoit né dans cettepetite ville.
Les Fontaines minérales de Vic-le-Comte font àdemi-lieue de cette ville, fur le bord de l’Allier. Laplus usitée est celle du Cornet, qui a pris son nomd’un cornet, par lequel elle décharge ses eaux. L’eauen est un peu tiède, fort limpide, très-peu odorante,d’un aigre pâteux 8t un peu vineuse. La seconde fon-taine de Vic-le-Comte est à vingt pas de la premiere,en allant vers la riviere : on l’appelle la Fontaine duRocher , ou de la Roche, parce qu’elle fort d’entredeux roches. Comme elle est proche de la riviere,elle s’en trouve souvent inondée, ce qui fait qu’onne peut pour lors s’en servir. Elle est extrêmementfroide, beaucoup plus forte que celle du Cornet ; enforte qu’on ne peut en transporter dans des bouteil-les, parce qu’elle les casse ; elle est merveilleuse pourceux qui ont la gravelle. La troisième est la Fontainede Samte-Marguerite , & celle qu’on a reconnue lapremiere. Ses eaux font froides, & plus agréables àboire que celles du Cornet. La quatrième est unesource chaude , qui passe fous un petit bras de lariviere de l’Allier, & fort fous un gravier par petitsbouillons. Toutes ces sources font chargees du mêmeminéral que la premiere. * Piganiol , Descr. de laFrance, t. 6, p. 274.
VIC-FEZENSAC, ville de France dans le bas-Armagnac, au diocèse d Auch, election d’Armagnac,sur la riviere deDouze. Son ancien nom est Fidentìœ.Cette petite ville a donne le nom au comté de Fezen-sac, & elle étoit la résidence des comtes de ce nom.On y volt une église collégiale. Guillaume deGarcie, duc de Gascogne , sut le premier duc de Fe-zensac, qui fut séparé de l'Armagnac. Ce comtéentra dans la maison de Bearn , par le mariage deBéatrix, comtesse de Fezensac, avec Gaston, fils dePierre Gabaret. Comme elle mourut fans enfans,