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Tome sixième. T - Z.
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à VIE.

Bourgogne & d’Arles aux archevêques de Vienne.Í1 restoit encore des héritiers descendans par mâlesdes comtes de Vienne &■ de Maçon. Celui quiparoissoit avoir le meilleur droit étoit Hugues deVienne, Seigneur de Pagny, qui vendit en 12Ç5 àl’archevêque Jean de Burnins , source qui lui pou-voir appartenir dans fa ville 8c dans le Comté deVienne.

On ne volt point que les comtes de Vienne ni leurs'ssesoendans, qui portoient le nom de Vienne, ayent•été vassaux des Archevêques ; mais il est certain-que les Dauphins de Viennois ou Comtes d’Albon ,Pont toujours été , 8c ont fait foi & hommage de leurComté ou Dauphiné auX Archevêques de Vienne.André de Bourgogne , Dauphin 8c prince du sang^de France , fit hommage à l’Archevêque Humbert&enfiiiteàÉurrfoenit23j André ptenoit alòrs lenômde Guigues. Son fils , nommé auffiGuigues , rendit lemême devoir en 1243 , à l’Archevêque Jean de Ber-nins. Ses successeurs ont rendu le même devoir auxArchevêques , quoique les Dauphins ayent tâché desecouer le joug , ce qui a excité à diverses fois de;gran ds v difïerens.

Humbert , dernier Dauphin de la maison de laTohr-du-Pin, se fit céder la seigneurie 8c la haute-justice de la ville par le chapitre de l’église métropo-litaine , ce que l’archevêque Bertrand de la Chapellefit casier en 1339, par le pape Benoît XII, qui renditson jugement à Avignon, au mois de Décembre dela fixiéme année de ion Pontificat.

Humbert ayant transporté ses états à Charles, pe-tir-fils du roi de Frante , ce grand prince ne se dispen-sa pas de rendre les mêmes devoirs que les Dauphinsses prédécesseurs à l’archevêque Sc à l’église de Vien-ne. Les archevêques n’étoient pas Seigneurs absolusde la ville de Vienne, dont leshabitans nevouloientreconnoître d’autres souverains que l’empereur seul.Ils avoient de grands privilèges qu’iîs ne purent con-server contre un fi puissant prince quele roi de France.

L’empereur charles IV, oncle maternel du roicharles V, fils de fa sœur Bonne de Luxembourg ,donna le vicariat impérial, dans le royaume d’Arles,au Dauphin Charles, fils aîné du roi, qui n’étoitalors âgé que de dix ans , 8c On lui donna pour Lieu-tenant-Géneral, Charles deBoville, qui commandoiten chef dans la province. Le roi voulut étendre sortoutes les villes Scies lieux enclavés dans le pays, lepouvoir de son fil§, en qualité de Vicaire Général deï’empire. Cet officier entra enarmesdans Vienne,l’an1378, le jour de Noël : il y exerça de grandes v iolen-ces , pour obliger les ecclésiastiques 8c le corps deville de so soumettre àl’autorité du Dauphin, vicairede l’Empire : il interdit les jug£s 8c les magistratsordinaires : il fit abattre les armes de l’archevêqueau-dessus des portes , y fit mettre celles de l’empereur , 8c du Dauphin son vicaire. Les magistrats 8cle peuple refusèrent quelque rems de se soumettre ;mais par le conseil du pape Clément VII. Ils prete-’tent serment de fidélité au roi de France Charles VI,qui fit son entrée solemnelle dan S Vienne en 1385.Lorsque l’empereur Sìgismond passa par Vienne, lesViennois voulurent encore le reconnoître pour leursouverain ; mais ils reconnurent quelque terns après,le Dauphin Charles, fils de Charles VI, qui alla enDauphiné ; enfin ces dissérens so teíminerent entiè-rement en 1448. Le Dauphin Louis, fils de CharlesVil, gagna le chapitre de saint Maurice 8c le peu-ple de Vienne , qui se déclarèrent pour lui ; de sorteque l'archevêque Jean de Poitiers sot contraint dereconnoître le Dauphin pour son souverain , de luifaire hommage pôur tout son temporel, 8c de luicéder tout droit de supériorité 8c de ressort. Al’égardde la justice ordinaire , H se fit un pariage entre leDauphin 8c l’Archevêque.

Trois ans après ? le même Dauphin Louis établitdansla ville de Vienne so siège du bailliage du Vien-nois , qui avoit été auparavant à Bourgcuin. Depuisce tems ,Tautorité ternporelle de l’archevêque a tou-jours diminué, 8c la ville même est beaucoup déchuede son ancienne splendeur. •

La situation de Vienne n’est point belle. Cette

VIE.

Ville ësthaûte 8cbasse, & resserrée paf des monta-gnes. L’enceinte des murailles est de quatre millesept cens quatre-vingt taises , 8c le circuit est d'en-viron une lieue 8c demie. Ses portes principales sontcelles de>Lyon, nommée Montconsell; celles dupont du Rhône, d’Avignon, de Piper 8c de saintMartin. Les rues sont étroites 8c mal percées. LaMétropole est une fort belle église ; c'est ùn ouvra-ge gothique. Le parvis qui est au-devant est uneplate-forme, sor laquelle on monte parvingt-huit de-grés. II y en a trôis autres sor cette plate-íorme poufmonter dans l’Eglise. Le frontispice est assez beau îil est chargé d’une infinité de figures taillées dans lapierre , qui est percée à jour en psosieUrs endroits. Hest auffi orné de plusieurs niches , où il y a quelquesfigures de grandeur naturelle. Deux hautes tourè »qui servent de clocher , sont élevées chacune sorquatre pilliers. Le vaisseau est grand 8c élevé : il estbien percé, fa longueur est de cent qu-atre pas sortrente-neùf de large. La Voûte est soutenue sor qua-rante-huit colonnes, dont vingt-quatre sont enga-gées dans le vif du bâtiment. Elle est environnée dèhautes galeries-. Le chœur est un peu plus élevé que î*nef. A côté du grand - autel on remarque le tombeaude François Dauphin, fils du Roi François I. souSune lampe de bronze , avec Une inscription. L’égíisoest pavée de grandes pierres , 8c la voûte est azurée ;8c chargée d’étoiles dorées. Ses couleurs sont passées.

L’archevêché de Vienne est fort ancien. Cè qu’ilva de constant j c’est que du tems d’Eufebe, Lyon 8cVienne étòient le$ deux plûs illustres Métropolesdes Gaules. Son église fut d’abord dédiée sous sonom des Maccabées, 8c au commencement du hui-

tième siécle fous celui de S. Maurice. Son archevêqueprend aujourd’hui le titre de grand Primat des Gau-les , & a pouf soifragans les évêques de Valence »de Die , de Grenoble , de Viviers, de S. Jean déMaurienne 8c de Geneve. II y a trente-soptou tren-te-huit évêques de ce siège qui sont reconnus poufsaints. Cette Eglise étoit autrefois fort riche ; maisles guerres 8c les malheurs des tems ont si considéra-blement diminué son revenu, qu’en 1385 , les Com-mifíàires du pape, après avoir vu 8c examiné ce qu*lui restoit, réduisirent ses Ecclésiastiques à cent, aUlieu de trois cens dont elle étoit auparavant cOmpo-sée. Cet archevêché ne vaut aujourd’hui qu’énvirostvingt-deux mille livres de rente. Le chapitre estcomposé de^vingt chanoines en y comprenant sodoyen, le précenteur, le chantre > le capiscol, sosacristain, les quatre archidiacres 8c le chancelier*L’archevêque confère les offices de sacristain , dschancelier, les quatre archidiacres, 8c deux petiteschapelles. Le doyen confère la dignité de capiscol >la cure de l’église, 8c dix-huit places de Clercs. LeCapiscol pourvois à cella des ciergeons. C’estpar ces places de clercs 8c de ciergeons qu’on peutentrer dans ce chapitre j 8c qu’ón est capable d’estposséder les bénéfices , nul de dehors n’y pouvantêtre admis. Tous les éclésiastìques de cette Eglisosont incorporés , 8c ne sont point amovibles q u ®pour crime ou pour désobéissance. Le chapitre con-fère toutes les autres dignités, canonicats 8c offi ceS *Les Dauphins so faisoient honneur d’être reçus cha-noines de la Métropolitaine de Vienne, & ygeoient en cette jjualité lorfiju’ils venoient danscette ville. Le chapitre protestoir dans cesoccasi ons .*,que la séance qu’on leur accordoit ne préjudiù ero1pointa la qualitéiefeuiataires de cette Eglise , cotn^ ecomtes déAlbon. Les dauphins fendaient cet hom-mage tous les ansj la veille de S. Maurice, Ou enpe^*sonne, ou par quelqu’un de leurs officiers > & °~froient un cierge jaune du poids de douze . r jVCerte cérémonie so pratique encore aujourd'hui-juge de Vienne présente ce cierge au nom du *8c proteste que ce n’est que par dévotion. _ Lerépond par la bouche de celui qui reçoit le cierg tque c eji par hommage. . -, ^

Outre le chapitre de l’église Métropolitaine >en a encore trois autres à Vienne ; celui de o. ^re , celui de S. André le bas , 8c celui de b. beLe chapitre de S, Pierre éjoit autrefois une A