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Tome sixième. T - Z.
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iy8 vit VIT

ón ne en'trerent alors dans la ville poiîr venger cettèmort, & firent périr un grand nombre de Maganer-si, qui étoient les ennemis des Gatti. II y eut en co-ke en cette occasion un grand nombre de maisonspillées & ruinées. Mais trois ans après, les Ursins ,qui protégeoientles Maganersi, étant entrés dans laville , en chassèrent les Gatti. Ils y commirent tantde meurtres , & les deux partis s’acharnerent si fortles uns contre les autres , qu'il s ne faisoient quartierà personne. On remplit de carnage cette ville in-fortunée ; on en détruisit la plus grande partie. Cesmalheurs ont été si frcquens, que c’est une especede miracle que cette ville se soit pû relever , ôcqu’elle soit encore aujourd’hui dans l’état qu’on lavolt. Ils n’ont cessé que quand elle s’est entierementsoumise aux papes, lès véritables seigneurs, dont legouvernement sage & pacifique a réparé les désordrescausés par les guerres intestines. Les Citoyens chas-sés & répandus de tous côtés font revenus s’y établir.On a rebâti les édifices publics & particuliers ,on a donné des bornes à l’ambition de la noblesse ,& en la mettant hors d’état de troubler la tran-quillité publique,en se soulevant contre ses souverains.

Le gouvernement de la ville de Viterbe est tou-jours confié à un prélat, qui a un lieutenant & lesautres officiers nécessaires. II connoìt de toutes lesaffaires civiles 8c criminelles , & les juge définitive-ment , saufl’appelà la rotte de Rome , ou à l’audi-teur du pape. II y a, outre cela, un conseil de villepour la police , auquel on a laissé quelque ombred’autorité, que la cour & le gouvernement augmen-tent, ou diminuent à leur volonté. Le gouverneurprélat a un palais fort commode. Les prélats quiroulent dans les gouvernement, ce qu’on appelle layia. longhara , pour arriver au cardinalat, fontobligés de faire figure , pour faire honneur à leurprince 8c à leur charge. II faut qu’ils ayent un équi-page convenable , un carosse à six chevaux , qu'ilssoient toujours en état de recevoir les cardinaux, &les prêtres , qui passent dans leur gouvernement. IIfaut qu’ils le traitent, & qu’ils se gardent bien d’ou-blier le plus petit point du cérémonial. Cependantles appointemens qu’ils reçoivent de la cour, fontfort modiques , & quelques soins qu’eux & leurslieutenans puissent prendre de faire valoir leur greffe,& quelqujeconomie qu’ils observent dans leur dé-pense ordinaire , cela ne suffiroit pas, s’ils n’y met-toient beaucoup du leur. Heureux, si dans le coursde leur carrière il ne se trouve point quelque défautqui les mettent à Sedere , c’est-à-dire , qui leur cau-se , ou une révocation , ou une discontinuation desemplois qui faisoient leurs espérances.

Quelquefois il n’y a point de Troupes réglées à Vi-terbe , St par conséquent , point de gouverneur desarmes Jly aseulementquelques mortes-payes qui gar-dent le château apellé la Rocca. Ce palais a été la de-meure des Papes, qui s’y font retirés, quand ils n’é-toient pas tom-à-fait les maîtres à Rome. Quelques-uns y font morts. On volt dans la cathédrale lestombeaux magnifiques de Jean XXII, & d’Alexan-dre IV, aux Cordeliers celui d’Adrien V, & aux Do-minicains de Gradi, celui de Clément IV. On mon-tre à côté de la cathédrale une fort grande salle ,dans laquelle on a tenu quelques conclaves.

La cathédrale, qui est assez grande, est bâtie dansle goût gothique. Ordinairement c’est un cardinalqui est pourvu de cet évêché , auquel on a uni celuide Toscanelle, St le titre de celui de Civita-Vec-chia, dont pourtant l’évêque de Viterbe ne parle pasdans ses qualités : il se contente de se dire évêque deViterbe & de Toscanelle.Quoi qu'il en soit,l’évêché deVi terbe avec ses réunions,ne vau t pas plus de3ooo écus.

Il y a dans la ville deux couvens de Capucins,un de conventuels de S. François , un de Recollets ,deux de Carmes, un de Minimes, deux d’Augus-tins , un de Servites, un de Pondre du bienheureuxPierre Pisan. Le nombre des monastères de religieu-ses est encore plus considérable. II y en a de toutesespèces. On conserve dans celui des cordeliers lecorps de Sainte Rose de Viterbe , religieuse du

même ordre. On dit qu’il est tout entier dans unechapelle obscure: la châsse qui le renferme est garniede crystaux , au travers desquels , St à l aide dequelques bougies, ceux qui ont la vue bonne, voyentle visage St les mains ; le tout fort sec St sort noir.L’église de ce monastère est assez grande , bien bâ-tie & fort propre. Celle des religieuses de S. Domi-nique est petite, mais d’un très-bon goût. Toutesles religieuses de ce Monastère, font filles de con-dition , quoiqu’il n’y ait fur cela aucune ordonnanceparticulière qui oblige de faire des preuves de no-blesse , mais seulement un usage immémorial qu 1s’y observe , avec la derniere exactitude. Ce Monas-tère est riche : il est fous la jurisdiction du généralde l’Ordre , St du provincial de la province Ro-maine. II y a un autre Monastère de religieuses deS. Dominique, où l'on reçoit les filles qui ne fontpas nobles. Leur maison est belle St riche. Outreune commanderie de Malthe , dont P église est dé"diée à Sainte Marie ìn Carbonaro, , il y a un Monas-tère de religieuses du même ordre, dont P église estdédiée à Sainte Lucie.

La ville est partagée en seize paroisses, dont lacathédrale en est une. St la plus cousidérable. Qua-tre de ces paroisses, y compris la Cathédrale, fontcollégiales. II y a nombre de chapelles , de confrai-ries , & d’hôpitaux appartenans à ces confrères St adiíférens corps de métiers. II y en a pour les orphe-lins, pour les enfans exposés, pour les malades, poufles convalelcens , pour les vieillards & pour les in-curables. Aussi peut-on dire , qu’il y a beaucoup depiété & de charité dans cette ville.

Les fontaines publiques font en grand nombre.La plus belle est dans la place de la porte de SainteLucie, à côté de la Roca. II y en a dans toutes le sautres places ; 8t quoique bien inférieures à celle*dont il vient d’être parlé , elles feroient honneurmeme a Paris. Toutes celles de Viterbe font de des-seins différons 8e bien exécutés. Elles sont entrete-nues avec foin , & formées en jets d’eau , qui, esttombant dans les bassins variés, font des cascade*agréables , qui tombent enfin dans le bassin le plu*bas , d’où l’eau se répand continuellement dans le*rues. 11 y a , outre les fontaines , trois ruisseaux asse^considérables qui passent dans la ville 6c qui ferventà une infinité d’usages.

Les environs de Viterbe font aussi très-bien arro-sés ; ce qui ne contribue pas peu à rendre tout le terre!»extrêmement fertile. Ces ruisseaux ou petites rivièresRappellent en Italien VEscalido , le Gelido , le RE»Oscuro , le Rìvo Urcerio ,l’ Aleione, le Roseno ,l’ At'lao , VAlbiano , le yessano , le Catenace ,1e Vejono ,6c quantité d’autres moins considérables , avec de*fontaines dont les eaux sont bonnes Sc très-claire*.Ces petites rivières sont extrêmement poissonneuses ;6c les poissons qu’elles nourissent ont un goût mer-veilleux. On trouve au Sud-ouest , environ à unmille de Viterbe , des aux chaudes dont on f esert avec succès dans différentes maladies. La pm sconsidérable de ces fontaines bouillantes s’appelle 1®Bolicane. On la nommoit autrefois Aqmz Cajtz > 011peut-être Aquce, Calidx.. Elles font en effet si chaude*qu’elles cuisent les viandes qu’on v plonge, 8c qu’el-les les consument entièrement, si on les y laisse ustpeu trop long-tems. ,

Les vignes du territoire de Viterbe produise^très-bons vins. Le froment y est excellent; l’org e >l’avoine, le ris , les pois , les fèves, les lentilles >un mot toutes fortes de grains 6c de légume* Yviennent en perfection. II y a quantité de meurter*6c d’oliviers ; on y fait beaucoup de ioye 6c d’h u1 .?'Il y a des fruits de toutes espèces 8c en quantité,ne le cèdent guère à ceux.de Naples ; en un m ° r ’il n’y manque rien de ce qui peut enrichir unp „le commerce , 8c de ce qui sert à la vie, à la de itesse 8c au luxe. .

La plus belle maison de campagne des environsViterbe est à un mille ou environ au Nord-ecouvent de la Quercia, dont je parlerai un peu P ’bas. Elle appartient au duc de Lanti, ôc s