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®toìt encôre du domaine royal; mais fous Lothaïre ;tout cela fut aliéné & abandonné par les rois. Lesa rchevêques de Rheims eurent la seigneurie de Vitry,SU'ils donnerent en fief aux comtes de Troyes ou deChampagne , qui furent vasfeaux de l’église deRheims, pour Vitry, comme pour plusieurs autreslieux. On le voit par les bulles d’Alexandre III, &Par celle d’Innocent III, dont Marlot rapporte cetextrait, au second tome de la métropole de Rheims :r eodum quoque quod ab Ecclejìa Remenjî Cornes Carrb-panìœ habere dignoscìtur „ confirmamus , pro quo tibif à Tarchevêque de Rheims ] tcìietur ligìum homa -giumfacere , vìdellcet Fitriacnm f Vitry j p 7 irlutumf Vertus] Regitestum [Rhétel] Casteliìonetn [ Clìâ-ttllon sor Marne] Sparnacum £Epernay] Roucìacumkìn.as, Brcnam [ Braine J & Conûtatum Castclli ìnFortìcno f Château Porcien] cumCastellaniis eorum.Cette bulle est adressée à 1°archevêque Guillaumede Champagne , oncle maternel de Philippe-Augus-te ; & ce droit fut conservé à l’église de Rheims, jus-fiu’à la réunion de la Champagne à la couronne.* R augier ) Mem. Hist. de Champagne, t. i, p. 327.Flodi.ard. ad an. 952.
Ce pays, l’un des plus agréables du royaume, estorné de bocages, de fontaines, de rivières, de châ-teaux , de villages, de bois, de prés, de vignes, &c.Au milieu de la place publique, on vòit une croix depierre, érigée en mémoire d’un événement, rappor-té àl’an 1317. Les JuifS , qui avoient une synagoguedn cette ville , furent accusés d’avoir voulu empoi-sonner les puits & les fontaines - pour faire mourirles Chrétiens. Quarante, qui furent emprisonnés pouroe sujet, résolurent de prévenir , par leur mort, lesupplice qu’on leur destinoit. Un jeune homme d’en-tr’eux, leur rendit ce fatal service, & du linge desmorts, sit une corde , pour se couler en bas de la pri-son ; mais il fut arrêté par une grille de fer , qui luicassa la cuisse. 11 surpris & brûlé vif, avec tous lescprps des autres, au même endroit où cette croix esteievée.
On a découvert, en 1656, l’endroit qui fervoit decimetiere à cette légion Romaine, dite Fìôlrix, ouvictorieuse , qui donna son nom à cette ancienneville. Ce cimetiere fut découvert, en faisant un nou-veau vignoble à cent pas des remparts de Vitry-le-François. U étoit fur la rivière de Marne. On en tiraquantité de tombeaux de pierre, dans lesquels ontrouva des haches Romaines , des javelots, des da-gues , des lampes & des vaisseaux, servant aux li-queurs aromatiques. Ilyavoit, dans l’un de ces sé-pulchres, les osfemens de deux corps, 8c ces lettresRomaines íiir le flanc: CENSORINI C.R.
Au reste, Vitry étoit une des principales places decette province , dans le douzième siécle , lorsqueRimbaud, comte de Chartres, de Blois, de M eaux 8cde Troyes, prit les armes contre le roi Louis le Jeu-qui attaqua & prit de force cette ville , où il mitm feu, qui consuma le château ; & un grand nombrede personnes furent brûlées, comme l’asfure le Chro-ni queur de Gemblours , auteur contemporain, enfiuoiil diffère de Guillaume de Nangis, Sc d’autresec rivains plus modernes, qui marquent cet événe-ment en Tannée 1143. Vitry fut, à cause de cette dé-flation, nommé le Brûlé ; Sc il n’a jamais pu recou-per son premier état.
_ Cette ville a encore été sujette à d’autres ravages,fan de Luxembourg , s’étant armé avec le duc de"°urgogne ôcles Anglois, contre Charles VII, roif France, brûla Vitry, avec plus de soixante villa-ges. L e tr oísiéme désastre de cette ville , fut lorsqueLharles-Quint la fit brûler Sc ruiner par fes troupes,F n ij>44, parce que le seigneur de Brissac, qui y étoit, incommodoit les sourageurs de farinée deFitipeteur, qui la commandoit en personne, devant, ,Ui?ier. Brissac avoir abandonné cette ville , Sc, e ïOtt retiré avec fes troupes, à Châlons. I a paixP^'it laite, François premier résolut de rétablir Vi-jU 8c de le fortifier; mais comme on remarqua queàoit commandée au couchant, par une mon-z haute, il la fit rebâtir , aune demi-lieueI s soin, sor la Marne, au village de Montcontour ;Toni. FI,
ce qui donna lieu à la ftoùveìlè vìlíè dônt il èst parlédans Tarticle suivant. Voyez PERTHES ScPerthoís.* Baugier, Mém, Hist. p. 331.
Outre le seigneur dominant, il y avoìt encore àVitry , un Châtelain héréditôire. On sçait qu’aucommencement du douzième siécle, Un Châtelain deVitry épousa Mahaud, héritière du comté deRbéteLL’aîné de leurs enfans - nommé Guider , lut comtedeRhéthel; Sc le cadet, appelle Henri, fut Châte-lain de Vitry. Ce fut de lui que descendirent, pafmâles, lés autres Châtelains de Vitry, dont le dernierfut Robert, qui mourut sous le régné de saint Louis :après quoi , la châtellenie fut réunie au domaine deChampagne. Hadrien de Valois, Sc quelques autresVeulent que le lieu, nommé Vïdluriacum , par Gré-*goire de Tours , Sc où fut pris le Rébel Munderic,qui so disoit parent des rois François , du sems deThierry, sils du grand Clovis, soit le même lieu queVitry enPerthois; mais plusieurs auteurs n’en conviennent pas; 8c en suivant Aimoin, quivivoit, H ya plus de sept cens ans, il place en Auvergne le lieu ,nommé VìSlurìacnm ., où fut pris Munderic. * Lon~guerné, DesCr. de la France, part. 1, p. 40.
VITRY-LE-CROISE, bourg de Fran-ce , dans la Champagne , élection de Bar-sor-Aube.
VITRY-LE-FRANÇOIS , ville de Frânce, eriChampagne, sor la Marne, à sept lieues de Châlons,en remontant vers la source de cette riviere. On Tap-pelle Vitry-le-François , parce que François I, quila fit bâtir , lui donna son nom & fa devise pour ar-mes, qui font une Salamandre entre des fiâmes,avec ces mots: Nutrìfco & exànguo: ainsi on devroitl’appeller en latin, Vìclorïacum FrancìIci, 8c nonpas Fìótoriacum. Frnnclum , que l’ufage semble avoifétabli. Cette ville a íuccédé à V itry en Perthois ,comme on Ta vu dans Tarticle précédent. Les habi-ta n s de Tancienne ville allèrent s’établir darts la nou-velle, Sc François I, y transféra toutes les juridic-tions qui étoient dans T autre. Henri II, y fit bâtir,sor la grande place, le Palais, dans lequel elles tien-nent aujourd’hui leurs séances , Sc où est aussi lachambre de l’hôtel-de-ville. Cette ville est carrée,d une grandeur médiocre, bâtie sor une petite émi-nence, d une plaine qui va en pente , en descendant:imperceptiblement sor la riviere de Marne. Elle estaujourd’hui très-peuplée , 8c fait un très-gros com-merce , particulièrement en grains ; ce qui la rendtrès-riche. Elle est fermée de terrasses, avec huit bas-tions , fans maçonnerie, entourés de fossés d’eauvive, dans l’un desquels est le cûuvent des Récolets.Cette vise est propre 8c bien bâtie, quoique les mai-sons n’y soient que de bois. Ses places sont belles 8clarges pour la plûpart. La place , qui est au centre,est une des plus spacieuses qui soient en aucune autreville. C'est sor cette place qu’est la paroisse, qui esten même-tems une collégiale. Henri II la fit bâtirseulement de bois, 8c la dota, dans l’intention queses revenus seroient employés, après les charges ac-quittées, à en bâtir une de pierre , qui est à présentfort avancée. Il fit aussi bâtir la halle, dans l’endroitdestiné pour les marchés. II y avoir autrefois, der-rière les Récolets, une citadelle, qu’on a démolie ,pour des raisons d’Etat, Sc dont on voit encore quel-ques restes. * Baug er, Mém. Hist. p. ZZ i.
Le Chapitre de Vitry-le-François est composé dequatre dignités, le doyen, le trésorier , le chantre,le íous-chantre, 8c de quinze chanoines , dònt qua-torze sont nommés par le roi, Sc le quinzième, par lechapitre de T église cathédrale de Châlons. Le reve-nu des dignités est d’environ fix cens livres, 8c celuides chanoines d’environ quatre cent cinquante. Ce*chapitre , qui est de fondation royale , est curé pri-mitif de la paroisse. Henri, comte de Champagne ,commença sa fondation en x 180, par celle de deuxchapelains , qu’ii établit dans son château de Vitryen Perthois. Ils furent confirmés en 1205, par la com-tesse Blanche, qui, en 1212 , établit un collège dechanoines, au nombre de cent; ce qui fut confirmépar le comte Thibault, son fils, roi de Navarre, en1222, 8c autorisé par les bulles du pape Alexandre IIL
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