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Tome sixième. T - Z.
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U N D- UN G.

Personnage , ajoute-t-on, eurent un tel succès, queS. Pierre Pappella qtièîque sems ’ après à Rome, lefit premier évêque de la Suisse. S. Béat gouvernason troupeau pendant un certain nombre d’années ,& prêcha avec fruit dans les cantons de Berne , deLucerne-, d^Underwald , de Fribourg , de Soîeure ,de Schwitr, & dans les pays dps Griíons. Mais enfinlas de cette vie pleine d’agitarións , il fixa fa demeu-re dans la caverne en question, où il finit ses jours.C’est un antre profond , élevé de près de cent piedsau-desíiîs de l’iiorison d u Lac , divisé en plusieurschambres , & qui paroît avoir été formé par la natu-re pour en faire un hermitagé. Des rochers escarpéscouvrent cet antre , 8c le garantissent des injures dePair. On y jouit d’une vue très-agréable , qui s’é-tend fur le Lac de Thoun , Sc fur tout le rivage op-posé. Tous les environs font égayés par de beauxarbres, 8c par un torrent assez abondant, dont Peaupure fort du fond de cette caverne ; 8c après y avoircoulé avec un agréable murmure, tombe fur les ro-chers , 8c fait une infinité de cascades admirables. Enun mot, on peut dire que si quelque puissant princeavoit un lieu semblable à celui-là dans ses jardins ,il ne pourroit s’empêcher d’en faire ses délices. Lesvestiges des murs, qui subsistent encore aujourd’hui,ne sont pas, selon les apparences , de la fabrique dece saint personnage qui a habité le premier cette ca-verne ; mais ce font plutôt les ruines d’une chapellebâtie en son honneur plusieurs siécles après fa mort.Avant la révolution arrivée dans la Religion , ony alloiten pèlerinage de tous les lieux des environs.Les Bernois alors y envoyerent prendre les reliquesdu Saint. On y trouva un crâne , que l’on enterra ho-norablement dans le couvent d’ Interlachen. Cette dé-marche attira aux Bernois une guerre de la part ducanton d’Underwal, qui avoit grande dévotion à S.Béat. Cependant on prétend que ce chef de S. Béati'e trouve aujourd’hui à Lucerne.

UFIDERWALD, canton de la Suisse, en latinSubsylvania. II tient le sixième rang entre les can-tons , 8c est situé à l’Occident 8c au midi du lac desquatre cantons. Ce canton est borné au nord par ce-lui de Lucerne , 8c par une partie du lac desquatre cantons ; à l’Orient par de hautes mon-tagne , qui le séparent du canton d’Uri ; au midiparle canton de Berne, dont il est séparé par le montBrunick ; 8c à l’Occident par le canton de Lucerne.Il est partagé en deux grandes valées, qui font sé-parées l’une de Pautré par une chaîne de montagnes,chargées de forêts , nommées Kerwald. Ce partage,fait par la nature , a donné lieu au partage du gou-vernement • car quoique pour les affaires du dehorsils ne fassent qu’unseul canton , cependant, pour cequi les regarde , ils sont divisés en deux corps, oucommunautés générales , qui ont chacune à part leurAmman , ou leur chef, leurs assemblées publiques ,leur conseil, leurs officiers, 8c même leurs terres. Dumoins il y a une de ces communautés qui posfedeune terre où l’autre n’a point de part. On les distin-gue stiivant leur situation ; l’une s’appelle Ob demIFald , c’est-à-dire au-dessus du bois ; 8c P autre Niddem JFaLl ou Underwald , c’est-à-dire au-dessous dulois. Noiìs pouvons les appeller communautés supé-rieure & inférieure ; 8c comme cette derniere est laplus puissante , elle a donné le nom à tout le canton.Autrefois elles ne faifoient ensemble qu’un seulcorps, comme cela paroît encore par le vieux sceaupublic de Stantz , qui est la principale bourgade dela communauté inférieure, où l’on volt cette Légen-de : Sigillum Unherstatis hominum de ftannes vallisfuperìoris 3 inférions■ Mais en 1152, s’étant élevéquelque différend entre les habitans des deux valées,au íujet d’une certaine contribution, l’animofité allafi loin , que les deux valées se détachèrent l’une dePautre, pour faire chacune un corps à part ; 8c cettedivision subsiste encore aujourd’hui.

Tout ce territoire appartenois autrefois à P église deLucerne, qui est collégiale depuis plusieurs siécles, 8cqui a été régulière dansson commencement. Maisl’em-pereur Albert d’Autriche s’étantrendu maître du pays,vers Pan izgo, & ses officiers ayant commis diverses

violences-, le peuple se souleva prit les armes, & sejoignit aux cantons de Schwitz 8c d’Ury ; de forteque ceux d’Underwald se trouvèrent à la fameusebataille de Morgarten. Dans le même tems ils défi-rent fur leur territoire, une armée des partisans d’Au-triche , commandée par le comte de Strasberg. Lecanton d’Underwald a un grand attachement au pape8c à P église romaine ; 8c pour les affaires ou causesecclésiastiques 8c spirituelles , il reconnoît toujoursla juridiction del’évêque de Constance, 8c celle deson official. * Lcnguerue , Descr. de la France, part.2, P- 275.

Le canton d’Uunderwald ne possédepoint de bail-liage en propre ou en particulier ; car il jouit avecd’autres cantons , des bailliages communs du Thur-gau, de POber-Freyamter,de Sargans 8c du Rbein-Thal ; Sc il nomme encore des baillis dans les qua-tre bailliagesd’Italie, commeles onze autres cantons.

Les deux communautés , qui composent ce can-ton, ont chacune en particulier , comme nous venonsde P insinuer , leurs officiers 8c leurs assemblées pu-bliques , mais pour les affaires , du dehors il y a unconseil général formé de tous les officiers adminis-trateurs , 8c de cinquante-huit sénateurs choisis dansles coníeils des deux Communautés.

La valée inférieure est partagée en quatre Commu-nautés , qui font :

Stantz , Wolffenschies,

Buxeten, ou Buchs , Emmaten.

La valée supérieure se divise en six commuénautés , savoir :

Sarnem, Gyfwyl,

Sachsten, ou Saxelen, Lungeren ;

- Kerns, Alpenach.

Le terroir d’Underwald est le même que celui descantons de Lucerne 8c d’Uri. On trouve dans sesmontagnes slufiems fontaines de mai , comme on lesappelle , parce qu’elles coulent dès le commence-ment de Mai, 8c se tarissent en automne, cela par-ce qu’elles viennent des neiges fondues. On trouveauffien quelques endroits comme à Stantz , 8cprès deSarnem, dans le Melch-Thal, c’est-à-dire la valéede la Melcha , de beau marbre noir , avec des vei-nes blanches. Dans la même valée , il y a une minede fer , 8c une fontaine médicinale à W ylen : ellecharrie du souffre, cuivre 8c de P alun, 8c elle est engrande réputation.

UNELLI. Voyez Veneli.

TJNGEN , montagne du Japon , dans l’ifle deXimo , entre Nangajaqui 8c Xima-bara. Elle n’estpas fort haute ; mais elle a beaucoup d’étendue, 8cion aspect a quelque chose d’affreux. Son sommet estpelé 8c blanchâtre ; ce n’est guere qu’une masse brû-lée : la terre y est brûlante en plusieurr endroits ; 8ípar-tour si spongieuse , qu’à l’exception de quelquespetits bouquets de bois, qu’on y rencontre d'espacSen espace , 8c où le terrein est plus ferme , on n’y,marche qu’en tremblant ; avec cela on y entend tou-jours un très-grand bruit fous les pieds. II fort dscette montagne une fumée, qu’on n’apperçoit que dstrois lieues, 8c qui n’est pas fort épaisse ; mais par-tout elle exhale une odeur de souffre si forte , qu'àplqsieurs milles à la ronde on n’y voit pas un seuloiseau : Peau de pluye qui y tombe bouillonne d'a-bord, 8c on diroit alors que toute la montagne estune fournaise : elle a plusieurs têtes qui font séparéespar des précipices, ou des étangs d’eau brûlante : »y avoit íur-tout en 1617, un de ces abîmes, ou de-puis peu d’années il s’étoit fait une ouverture de fi-gure ronde, 8c d’environ six pas de diamètre : st e . nsortoit des exhalaisons si infectes, qu’on la nommoicbouche d 1 Enfer : elle étoit pleine , non comm^ y- 9autres d’une eau bouillante, mais d’un compost ®souffre 8c d’une autre matière qui s’élevoit quelque-fois en bouillonnant, 8c qu’on ne pouvoir regarderfans frémir ; aussi dans cette terrible persécution dtfJapon, qui a passé eu cruauté, 8c dans le nombre