UTR. UTR. 2.4Z
eàux sont très-hautes , & quelquefois très-basses.* Atlas JìnenJis .
UTINISENSIS , siège épiscopal d’Afrique, dansla Province Proconíulaire. La conférence de Car-thage, n, 126, nomme íbn évêque Valerius Episco-p us pie bis Utìnìsenjls.
UTIRENTA. Voyez Urunc*.
UTMENSlS. Quelques-uns ont voulu faire unsiège épiscopal de ce lieu ; mais Utmenjìs , comme l’aremarqué fort bien le pere Hardouin, est une fautede copiste pour Utinenjìs , l’évêque Timianus qu’onsupofe avoir étéévêque ,plebìs Utmenjìs , ce qui prou-ve l’erreur.
UT O , place forte du Japon, dans l’isle de Xi-nio, & du Royaume de Fingo , dont elle est laclef.
UTOXETER , bourg d’Angleterre dans la Pro-vince de Staford. On y tient marché public. * Etatprésent de la grande Bret. t. 1.
1. UTRECHT, ou la Seigneurie d’Utrecht ,Province des Pays-bas , & l’une des sept qui compo-sent la république des Provinces-unies, parmi les-quelles elle a le cinquième rang. Elle est bornée auNord partie parla Hollande, partie par le Zuicier-zée ; à l’Orient par le Veluve & la Gueldre, au mi-di le Rhein la sépare de l’isle de Betau , & à P Occi-dent encore par la Hollande. Quoique l’étendue dece pays ne soit pas fort grande , il étoit néanmoinsautrefois si puissant, qu’il pouvoir mettre fur piedUne armée de quarante mille hommes ; & quoiqu’ilfut continuellement attaqué par les Hollandois, parles F riions & les Gueldrois, qui l’environnent de touscôtés, il se défendit néanmoins vaillamment contrede si puissans ennemis. Les principales villes de cetteProvince font,
Utrecht, Rhenen,
Amersfort, Montfort,
Wyck-te-Duerstede.
On divise la Province d’Utrecht en quatre quartiers,qui font le diocèse supérieur & inférieur, l’LmílandLc le pays de Montfort. On respire dans cette Provin-ce un air beaucoup plus sain qu'en Hollande , & lepays y est ausii beaucoup plus élevé , ce qui fait qu ilest moins marécageux.
Les évêques d Utrecht étoient autrefois seigneursspirituels & temporels de tout ce territoire. Ilsétoient Princes souverains du Saint Empire , &comptoient entre leurs feudataires vingt-huit comtes.Le duc de Brabant étoit leur échanson , le comte deHollande grand Maréchal, le comte de Cléves grandchambellan, le comte de Gueldre grand veneur ,le comte de Benthem portier, le comte de Cuyckbouteiller, le comte de Goerée porte-enleigne, &le Comte de Flandres étoit ausii son vassal, à causedu pays de Waes. Voyez l’article suivant.
Le gouvernement de la Province d'Utrecht est sem-blable à celui de la Province de Zélande. II a néan-moins cela de particulier, que huit députés du Cler-gé ont séance dans l'assemblée des états, avec les dé-putés des nobles, & des villes d’Utrecht, d’Amers-fort, de Wyck , de Rhenen & de Montfort. Ce fontles cinq chapitres dela ville d'Utrecht quifournisfentles députés du Clergé, qui composent le premier or-dre des états. Les deux autres ordres élisent leurs dé-putés , & c’est pour cela qu’on les nomme Elus.
En 1672, les François sc rendirent maîtres de tou-te da Province d’Utrecht ; mais en 1673, ils abandon-*jerentleur conquête, après avoir démoli la plus gran-de partie des fortifications des villes.
2. UTRECHT , ville des Pays-bas, & capitaledela Province à laquelle elle donne son nom. Cetteville , située íur l’ancien canal du Rhein, environ auwilieu, entre Nimégue, Arnhem, Leyde & Amster-dam , & à près de huit lieues de chacune de ces villes,aeté bâtie par les Romains, qui nommèrent ce lieussajeSlum , parce qu’on y passoit le Rhein. VoyezErajectum dans Pitinéraire d’Antonin.
AP r ès la ruine de l’empire Romain , cette placequi n étoit alors qu’une forteresse, ( Castellum ) fut tan-
tôt occupée parles François, &tantôtpar les Frisons.Sur la fin du septième siécle, Pépin, maire du Pa-lais , ayant vaincu Ratbod , prince des Frisons , serendit maître d’Utrecht, & y établit le siège épisco-pal de Saint Wilibrord , qui avoit été créé archevê-que des Frisons à Rome par le pape Sergius I, selonBede /. ç. Alcuin confirme la même chose dans la viade Saint Willebrord, qui a eu certainement son siègeà Utrecht.* Longuerue , Deser. de la France, part.2, p. 26.
Après la mort de Saint Boniface , qui y tint lé siè-ge sous le régné de Pépin, fils de Charles , les Fri-sons étant toujours opiniâtres dans le Paganisme, iln’y eut plus d’archevêque ni d’évêque à Utrecht, 8cl’évêque de Cologne s’empara de la jurisdiction spiri-tuelle de ce territoire. L’église de Saint Martin étoitalors gouvernée par un simple prêtre , établi par l’é-vêque de Cologne ; & ce prêtre avoit simplementla qualité de recteur , comme on le voit par une pa-tente de Charlemagne , donnée dans la neuviemeannée de son régné , en faveur de la Basilique deSaint Martin, qui étoit dans le lieu nommé Trajec-tum vêtus , au-dessous de la ville deDorestat ; Ubivenerabilis vir Albrìcus Presbyter , atque EleétusReáíor prce.e s se videtur.
Enfin Rixfride , au commencement du neuvièmesiécle , fut sacré évêque d’Utrecht, & cet évêché, quîfut mis sous Cologne , nouvellement érigée en Mé-tropole ecclésiastique, a subsisté avec une fuite con-tinuelle d’évêques, juíqu’au seizième siécle.
La ville d’Utrecht fut d’abord bâtie furie bordseptentrional du Rhein , du côté dc la Frise , & elleappartenoit encore à ce pays dans le onzième siécle „lorsque l’empereur Henri le Noir y célébra en 1046,la fête de Pâques, se disposant à attaquer Thierrymarquis deFlarding, qui s’étoit révolté contre lui.Le nombre des habitans d’Utrecht s’étant augmenté ,on bâtit une nouvelle ville fur le bord méridional duRhein, dans l’isle & le territoire des Bataves. L»puissance de ces évêques s’augmenta ausii considéra-blement par la libéralité des empereurs. Les habitansde la ville obtinrent aussi de grands privilèges , ôe-dans la sistre ils furent souvent peu soumis à leurs évê-ques ou princes, s’appuyant fut le secoursqu’ilsrece-voient des ducs de Gueldre & des comtes de Hol-lande.
Enfin l’évêque Henri de Bavière , sens prétexte dsconserver le patrimoine de Ion église, & de lui atti-rer , éc à son peuple une puissante protection, cédal’an 1527, à l’empereur Charles V , & à ses succes-seurs ducs de Brabant, & comtes de Hollande, avecle consentement de son chapitre , la principauté ouseigneurie d Utrecht, avec celle des pays qui lui ap-partiennent au-delà de l’Issel, ce qui fut confirmé estIÇ2Q, par une bulle du pape Clément VII.
Philippe II, fils de Charles V , perdit ce que sonpere avoit acquis , & les états de la Province d’U-trecht se joignirent aux six autres Provinces , pourformer une république, en sc séparant pour toujoursdes autres provinces, qui étoient rentrées sous l’o-béissance du roi d’Espagne. Cette fameuse unionqui fut le fondement & la base de la république 9 sefit dans la ville d’Utrecht , où les états Générauxdes sept Provinces s’assemblerent le 13 de Jan-vier 1Ç79.
Vingt-ans auparavant, le pape Paul IV, avoit éri-gé l’égîisc d’Utrecht en Métropole , & lui avoit don-né po'ur suffragans les nouveaux eveches de Harlemen Hollande , de Middelbourg en Zelande , de Leu-warde en Frise , & de Deventer dans l’Over-Issel,& de Groeningue dans la Province de même nom.Le premier archevêque fut Frédéric Skenk de Tau-tenberg, président de la chambre impériale de Spireen 1561. II tint un concile provincial avec les évê-ques ses suffragans , pour la réception du concile deTrente , ce qui n’eut aucune exécution, parce quele parti des protestans s’accrut de maniéré qu ils de-vinrent les plus forts. _
L’Archevêché d’Utrecht, quoique divise en cinqnouveaux évêchés, ne laissa pas d etre encore fortétendu. Il contenoit vingt-quatre chapitres de cha-
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