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noines , douze abbayes , seize commanderies del’ordre de Malte, ou de Tordre Teutonique , dix-huit prieurés de chanoines réguliers, quatre chartreu-ses , 8c autres maisons religieuses , en tout cent qua-tre-vingt-huit , tant d’hommes que de filles.
Après la mort du premier archevêque , FrédéricSkerik , arrivée en 1580 , ceux qui furent nomméspar Philippe II, pour lui succéder, ne purent jouirde cet archevêché. Le pape avec la permission 8c latolérance des états généraux des Provinces-Unies ,a nommé pendant quelque tems des prélats, qui fousun titre d’évêques mpart ib us infidelium , 8c avec unecommiísion de vicaires apostoliques , pour le gouver-nement spirituel, ont successivement gouverné l’é-glise d’Utrecht, & les autres églises des Provinces-Unies , où il ne se trouvoit pas d’évêques , & ces pré-lats se qualifioient quelquefois archevêques d’Utrecht,quelquefois se contentoient de leur titre d’évêquesin partibus , pour ne pas donner d’ombrage au souve-rain. Dans ces dernieres années le souverain a toléréque les chanoines catholiques de la Métropole, quisoutiennent avoir toujours subsisté, fissent sélectiond’un archevêque , suivant leur ancien droit ; mais lepape a refusé d’approuver les différentes électionsqu’ils ont faites, prétendant que T archevêché étoitsupprimé , 8c qu’il n’appartenoit plus qu’àlui seul dedisposer du gouvernement spirituel de l’église d’U-trecht. Ces contestations ont occasionné une espècede schisme parmi les catholiques des sept Provinces-Unies. Les archevêques d’Utrecht, élus par les cha-noines de la Métropole , se sont fait sacrer , indépen-damment de T approbation du pape, 8c ont gouvernéune partie des peuples qui les ont reconnus, tandisque les Ministres du pape, à Cologne 8c à Bruxelles,ont pris foin de la partie du peuple quin’a pas recon-nu les archevêques.
Les états ont appliqué à divers usages les revenusde T archevêché , qui se trouvoient dans Tétendue dela seigneurie d Utrecht ; mais les Prébendes des cha-pitres de l’église Métropolitaine , 8c de celle deSainte Marie, se vendent à vie à des chanoines ouprébendés laïques, qui ne font aucune fonction ec-clésiastique , qui font ordinairement protestans , &qui représentent Tordre du clergé aux assemblées desétats de la Province.
De l’ancien nom TrajeSíum on a fait Trech , 8c onnommoit encore cette ville Trechtínv la fin du trei-zième siécle, comme on le v.oit par l’historien Frois-sart. Pour distinguer néanmoins cette ville de cellede Maestricht , nommée TrajeSíum Superius , onappella l’autre TrajeSíum Rheni , TrajeSíum Inferìus ,& Ulterius TrajeSíum , comme on le volt par laChronique de Saint Tron; 8c de Ulterius Trajeètum,on a fait UltrajeSlum , d’où est venu le mot d ’U-trecht.
Cette ville est de figure ovale , 8c son circuit peutavoir autour de cinq quarts de lieue. Elle a quatregros fauxbourgs 8c de très-belles promenades dansses environs. Mais, quoiqu’elle soit munie de quel-ques bastions 8c demi-lunes , elle n’ell pas forte.L’empereur Charles V, y fit bâtir en 1529 , un châ-teau qu’on nomma f^rebourg , ou château de paix.Ce prince célébra en 1546 un chapitre de la toisond’Ordans T église Cathédrale. Cette églile Cathédra-le, autrement le dôme, fut bâtie, à ce qu’on prétend,en 1630, par le roi Dagobert 1 ,8c on ajoute que S.Willebrord y établit une abbaye de religieux. Elledevint ensuite Cathédrale , 8c fut rebâtie par Adel-bolde dix-neuvieme évêque. Henri de Vianen, tren-te-huitiéme évêque , commença en 1224 à la rebâtir,& a la mettre dans l’état où 011 la volt présentement.Ses successeurs travaillèrent à l'embellir, 8c elle estd’une magnifique structure. On voit encore dans lechœur de cette église les armoiries des anciens cha-noines. Ils etoient au nombre de quarante. Au basde l’entrée de cette église , il y aune sort belle tour ,qui fut bâtie en 13 21 , par Frédéric de Syrch , qua-rante-troisieme evêque. Elle a trois cens quatre-vingt-huit pieds de hauteur. Commé tout le pays est plat,on peut distinguer de cette tour dans un tems serainquinze ou seize villes de la Hollande. Le 1 Août 1674.
après midi, un vent furieux renversa les nefs de Té-glise , fans endommager la tour.
Outre la cathédrale, il y avoir quatre collégiales.La principale étoit S. Sauveur, bâtie par S. Bonifa-ce. L’empereur y étoit chanoine honoraire. Cetteéglise seglorifioit d’avoir eu pour prévôts deux Pa-pes , Pierre Roger , qui fut élu en 1370, fous le nomde Grégoire XI, 8c Adrien VI, élu en 1522. Cetteéglise fut détruite en 1587 , pour élargir les ruesvoisines ; 8c les chanoines protestans commencerentà tenir leurs assemblées dans T abbaye de S. Paul aUtrecht. L’églile collégiale de Notr-Dame bâtie en1076 par Tévêque Conrad. Celle de S. Pierre fut bâ-tie vers Tan 1045, par Bernulphe trentième évêque.Celle de S. Jean-Baptiste , auífi fondée par TévêqueBernulphe. On y voit une belle bibliothèque publi-que ornée de plusieurs manuscrits tirés des églises 8ímonastères catholiques : elle occupe le chœur deT église.
Il y a dans Utrecht deux grands marchés ri’unpourles provisions de bouche, à côté du grand canal; T au-tre pour le bétail vers Téglise collégiale de la SainteVierge , qui est présentement à l’uíage des Anglois.II n’y est plus rien resté depuis le tems des catholi-ques que quelques beaux tableaux de la Sainte Vier-ge , 8c un autel dans un coin de la Nef. On y faitremarquer aux étrangers un de ses pilliers , qui ,n’ayant pû être bâti fur des pilotis, fut fondé fur despeaux de bœufs, comme cela paroît par les deux versíuivans écrits fur ce même pilier :
Accìpe Posteritas quod per tuasoecula narres :
Taurinis cutibus funio folidata Columna efl.
On remarque encore à Utrecht, outre les églisescollégiales, quatre paroisses; Notre-Dame la petite,communément appellée d eBuur-Kerck -, S. Jacques,S. Nicolas 8c Sainte Gertrude : deux commande-ries , Tune des chevaliers de Tordre Teutonique,dans Téglise de S. Nicolas, 8c celui qui en étoit pour-vu étoit grand-commandeur, 8c avoit fous lui douzecommanderies : T autre étoit une commanderie deschevaliers de Malte , dans Téglise de Sainte Cathe-rine. Il y avoit deux abbayes, Tune de religieux deTordre de S. Benoît, appellée S. Paul , 8c fondéevers Tan 998, auprès d’Amersfbrt, par Tévêque Ans-fride , puis transférée à Utrecht en 10Ç4, par Ber-nulphe trentième évêque : T autre de religieuses, deTordre de Citeaux , appellée S. Servais, ou Ten-Lìacle , 8c fondée vers Tan 1233 , par Willebrandd'Oldenbourg, trente-cinquieme évêque. II y avoiten outre , plusieurs autres maisons religieuses, tantd’hommes que de filles.
Ceux qui ont écrit la vie de S. Villebrord parlentd’un concile tenu à Utrecht, vers Tan 607. L’empe-reur Henri V, finit ses jours dans cette ville en x 125-8c l’empereur Conrad II, dit le Salique, mourut auxenvirons Tan 1039.
Le conseil provincial, où se rapportent toutes lesaffaires de la province, fe tient à Utrecht, dans T an-cienne abbaye de saint Paul. II est composé d’un pré-sident, d’un greffier, 8cc. Le magistrat de la ville, estcomposé d’un grand-baillif, de deux bourgmestres ,de douze échevins, d’un trésorier, d’un intendantdes édifices, d’un président, de trois commissairesdes finances, 8c d’un sénateur. II est renouvelle tousles ans, le 12 d’Octobre , 8c tient ses assemblées à 1*maison de ville, qui est un fort bel hôtel. C’est où sttint le célébré congrès de paix , qui termina la guer-re occasionnée par la succession des royaumes d’Espa-gne, après la mort du roi Charles II. On y commen-ça, le 29 de Janvier 1712, les premieres conférences,8c la paix fut conclue, le x 1 d’Avril 1713, entre laFrance, T Angleterre, le Portugal, la Prusse, l a l<,a "voye 8c la Hollande: entre TEspagne 8c T Angleter-re, le 13 de Juillet de la même année, 8c entre I Es-pagne 8c la Hollande, le 26 de Juin 17x4- . ^
Les états de la province érigèrent à Utrecht, le 1de Mars 1636, une université , qui est devenue célé-bré , particulièrement pour le droit.
Les François se rendirent maîtres d'Utrecht en