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Tome sixième. T - Z.
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Y P R.

lìrent presque' entiereínent la religion catholique.Cela dura iusqu’en 1584, qu’elle revint au'mêmePhilippe II, ious les ordres d’Alexandre Farnèse,prince de Parme. L’an 1648, elle fut prise, par leprince de Condé, & reprise, l’année suivante, pen-dant les premieres guerres de Paris j par le marquisde Sfondrate, fous le commandement de l’archiducLéopold. Elle fut encore attaquée & prise, par lemaréchal de Turenne, en 1658, 8c rendue à l'Espa-gne , parle traité des Pyrénées. En 1678, le roi >Pétant venu attaquer en personne, S’en rendit le maî-tre, après huit jours de tranchée, & elle lui eít de-meurée , par le traité de Nimégue. Depuis ce teras-ìà, ía majesté Pa fait extrêmement fortifier.

Le roi de France , après avoir cédé la villed’Ypres, à la maison d'A u triche , par les traitésd’Utrech, de Radstat 8c de Bade, P avoir reprise,en 1744 ; mais il l’a rendue, démantelée - par la paixd’Aix-lá-Chapelle.

Cette ville étoit autrefois si grande, qu’au dénom-brement , qui fe fit en 1242 , on y compta deux centmille habitans j mais elle a diminué , par les fré-quentes révolutions, que la guerre lui a causées, &par la peste. On n y compte plus que douze millehabitans. Y prés contient quatre églises paroissiales ,& deux autres, qui font démolies , 8c qui déten-dent hors de la ville ; huit convens d'hommes , dixde filles, trois hôpitaux , pour les malades ; deuxmaisons, l’une, pour les pauvres vieillards, 8c P au-tre , pour les pauvres vieilles femmes ; deux autreshôpitaux, un, pour élever un nombre de pauvresgarçons , & P autre, pour un nombre de pauvresfilles, à chacun desquels on fait apprendre un mé-tier ; & lorsqu’ils font en état de gagner leur vie ,ils sortent, avecune certaine somme d’argent,quel’hô-pital leur donne , afin d’aider à les établir. II y a aus-.si un beguinage, où des filles ont leur logement,avec un revenu fort modique, qui, joint à ce qu’ellesont, ou à ce qu’elles peuvent gagner, contribue àJ es faire vivre. Elles prennent P habit de religieuses,& peuvent fe marier, quand bon leur semble, en cé-dant leur place à une autre ; ce qu’elles font rare-ment , regardant cette inconstance, comme undéshonneur. On a encore établi, dans Ypres, unséminaire de prêtres, avec plusieurs bourses, fon-dées pour les pauvres étudians. Le tiers de la ville ,est occupé par les églises, couvens ou maisons, quiappartiennent aux abbayes des environs, qu’on ap-pelle leur refuge.

L’évêché eít suffragant de P archevêché de Mali-nes, 8c fut érigé , Pan 1559, par le pape , Paul IV.E'église cathédrale est fous Pinvocation de saint Mar-tin. EPe n’est pas des plus grandes ; mais elle est fortestimée, par ses ornemens. Son chapitre est composéde trois membres de chanoines , qui font de Teroua-ne , de saint Martin & de Furnes. Celui de Teroua-ne, est de neuf chanoines & de Pévêque, qui faitle dixième. Ces prébendes, fondées du quart desbiens de l’évêché de Terouane; qui furent partagésentre la France & PEspagne, festonnent par électiondes autres chanoines ; 8c quand les voix font parta-gées, le parti de Pévêque l’emporte. Ces neufcano-nicats doivent être remplis, par des gradués ou li-centiés ; savoir : trois en théologie , trois en droitcanon, 8c trois nobles diocésains, lícentiés en P unou en P autre. A ce nombre, font attachées les six di-gnités d/archidiacre, d'archiprêtre, de pénitencier,de chantre, d’écolâtre 8c de trésorier, qui sont à lacollation de Pévêque. Le membre, appellé de SaintMartin, est de douze prébendes, dont il y en a sixs charge d’ames, ces chanoines étant curés de la ville.Un théologal 8c les cinq autres n’ont aucune charge,L’évêque dispose de ces douze canonicats, commeprévôt de saint Martin ; patee que cette église étoitautrefois à des chanoines réguliers de saint Augustin,qui avoient un prévôt. On les supprima dans le temsde l’érection de Pévêché, 8c on réunit la prévôté àla personne de l’évêque. Les six cures de la ville,dont ces religieux étoient en possession, furent atta-chées au membre deschanoines de saint Martin, quien ont les biens ayeç Pévêque. Le troisième membreTome FI.

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ést formé de neuf prébendes , qu’ori a détachées dfla collégiale de sainte Valburge de Fumes, ce qu>le fait appeller Membre de Furnes. Ces prébendesfont à la collation du pape, pendant huit mois deP année, 8c a celle de Pévêque, dans les autres mois.Cette cathédrale est encore pourvue d’un doyen,dont le bénéfice est à la nomminatiòn du roi, fansêtre attaché à aucun des trois membres, dont on aparlé. Ce diocèse est divisé en huit doyennés , quicontiennent cent cinquante paroisses , fans y com-prendre les six d’Ypres.

Cette ville, ainsi que toutes les autres, du mêmedépartement, est gouvernée par douze échevins, 8cun président ou avoué , qui ont la haute , moyenne8c basse justice, en ce qui regarde le dedans de laville 8c de fa banlieue , qui s’étend à un demi-quarrde lieue à l’entour. Ces échevins délibèrent aussi détoutes les affaires de police Lc de finances, 8c fontnommés par un commissaire , député du roi , pourrenouveller , tous les ans, le magistrat, qui leschange ou continue , cOmme il juge à propos. íl y a,Outre cela, cinq gradués, qui ont le titre de con-feillers-pensionnaires, 8c un greffier. Ils ont feule-ment voix consultative, 8c fervent de conseil auxéchevins, pour juger les procès. Le roi ayant créé,depuis quelques années, un bailliage a Ypres, tou-tes les sentences des justices du Plat-Pays, qui al-loient en droiture au parlement de Tournay, iront,par appel, à ce bailliage, avant que d'ail et au par-lement Ce siège est composé d’un baillis, d’un lieu-tenant-general, civil 8c criminel, d’un lieutenant-particulier, de six conseillers, d’un avocat, d’urtprocureur du roi 8c d’un greffier. On tient deux foi-res dans la même ville, qui durent chacune huitjours. L’une , cOmmence le premier dimanche decarême, 8c l’aytre, le premier dimanche d’Aout. 11y en a une troisième 3 le mercredi des cendres, pourles chevauX , outre un grand marché de bestiaux *toufes les semaines. Le territoire des environs estplat ; mais à tìemi-lîeue de-là, il s’éleve des hau-teurs inégales , presque parallèles à la place , prin-cipalement du côté de Menin, de Confines 8c deW’arneton. II est gras & humide naturellement, cequi en rend les chemins très-mauvais, à quoi les ha-bitans ont remédié en partie, en faisant juqu’à neufchaussées, aux avenues de la ville , deux desquellesont ete continuées, dans la fuite, aux dépens de toutle pays, jusqu’à Lille 8c Dunkerque. Ce territoire estentrecoupé par-tout dé sossés , bordés de haies, tancpour le dessèchement des terres, qpe poyr la clôturedes héritages ; ce qui fait que la cavalerie ne peutaborder à Ypres, que par les grands chemins; l’in-fanterie de même, ne íauroit longtems marcher àtravers les champs , fans se faire des passages fur tou-tes les haies & les différons fossés.

YRACH. Voyez Irac.

YRLANDE. Voyez IRLANDE.

YSAVA, ville d’Espagne , dans la^Haute-Na-

varre, selon Corneille. . -

YSENDYCK, ville de la Flandre-Hollandoise*à quelque distance d’un petit bras de l’Escaut occi-dental, qu’on nomme le Blic, 8c qui la . baignoitautrefois. Elle est à une bonne lieue, à l’Orient,d’Ootsburg, 8c à trois quarts de lieue de Birervliet»Cette villelert de boulevard à la Zelande, du côtéde la Flandre, 8c fut prise, le 10Mai 1604, par leprince Maurice, après six jours d’attaque; Le princey fit faire quelques nouveaux ouvrages, 8c depuis ceïems, les états-généraux en font toujours restés maî-tres. Ils en ont fait une forteresse presque imprena-ble, à cause de sa situation dans un terreinbas, quel’on peut inonder de toutes parts. Soarempart,, quipeut avoir une demi-lieue de circuit, est flanquéidesept bastions, entouré d’un fossé large 8c profond*8c défendu par quelques ouvrages à corne, par deuxdemi-lunes , 8c par une bonne contrescarpe. .*enr-çoti, Etat des Prov. Un. t. a, p. 353.

La ville est petite, & ne renferme que.six.rues,cent cinquante-six maisons, 8c environ trois-cens ha-bitans, fans les femmes &, les enfans. L’église estdesservie par deux ministres de la classe de Walche-