34° Z A F.
qui, grossi des eaux de l’Exarrafna, du Campil-has , & de quelques autres petites rivières, se jettedans le golfe de Setubal, un peu au-dessous de laville de ce nom. Le Zadaon est fécond en divers gen-res de poissons , qu’on ne trouve pas facilement ail-leurs , comme muges , barbeaux , anguilles 8c au-tres. Dès l’endroir où il se joint, à la marée, ontrouve quantité de chancres marins 8t de pétoncles.* Délices de Portugal, p. 6 g 6 .
ZADRA, ville d’Afrique, dans la Barbarie, auroyaume de Tunis, dans la province de Mesrate.Marmol, Desc. d’Afrique, t. 2,/. Ç74, la prend pourVAufigda des anciens.
ZADRACARTA, ville de l’HyrCanie. Arrien,de Exped. Alex . L 3, qui en fait la capitale de cettecontrée, dit ailleurs, que c’étoit une très-grandeville ; mais dans ce second endroit, il écrit Zeuda -carta , au lieu de Zadracarta. Ortelius soupçonneque ce pourroit être la ville Hyrcania , de Ptolo-mée.
ZADRAMA, ville de l’Arabie-Heureuse, & lacapitale des Cinœdocolpites , selon Etienne , le géo-graphe , qui cite le Périple de Marcian, St prometde parler de cette ville , sous la lettre K. Mais s’il atenu fa parole, nous n’en sommes pas,plus avancés.On ne trouve aujourd’hui, fous la lettre K , quele nom seul des Cìnadocolpites , 8t outre cela, on netrouve point l’endroit, cité dans l’abrégé du Péri-ple de Marcian d’Héraclée. Cependant, comme Pto-lomée, 1 . 6 , c. 7, connoît, dans l’Arabie-Heureuse ,des Cinezdocolpites , ausquels il donne, pour capita-le, une ville, nommée Zaaram, il y a apparenceque c’est-là la Zadrama d’Etienne, le géographe.Voyez Zaaram.
ZADRIS, ville de la Colchide. Ptolomée, /. 5,c. 10, la marque dans les terres.
ZAEA, ville de la Béotie. Etienne, le géographe,dit que c’eíl une ville très-ancienne, & qu’Hérodienécrit indifféremment Zea St Zaea.
ZAEMSLAG, village des Pays-Bas , dans laFlandre-Hollandoise, au bailliage d’Axel. Ce villa-ge se ressent des guerres des Pays-Bas. On y voitune église, desservie par un ministre de la classe de"Walcheren. II y avoit autrefois, dans ce village ,une commanderie, de l’ordre des Templiers, &qui, aprèsl’abolition de cet ordre, fut donnée à ce-lui de Malthe. On y trouve encore des terres, quiportent lè nom de temple. Quelques-uns prétendentque le véritable nom de ce village, est Zalmjlag, 8cqu’il vient de la quantité de saumons, qu’on y pre-noit autrefois. * Jan/f on, Etat présent des Prov. Un.t. 2, p. 388 8t 535.-
ZAFFERAMINI, ou RoandriAN d’Anossi.Flacourt, c. 16, dans son histoire de l'isle de Mada-gascar , dit que la province d’Anossi ou Carcanossi ,ou Androbeizaha, située depuis Manatengha , quiest fous le tropique du Capricorne , jusqu’àlarivierede Mandrerei, qui est par les 26 d. Sud , étoit gou-vernée par les ZafFeramini, ou Rahimina, avantd’être conquise par les François, 8t qu’elle recon-noissoit un prince, auquel les habitans rendoient unculte, comme à une divinité. Dans cette province,il y a des Blancs & des Noirs. Les Blancs font divi-sés en trois sortes ; en Rohandrian, en Anacadrian& en Ondzatsi ; 8t les Noirs en quatre fortes : lesVoadziri, les Lohauohits, les Ontfoa & les On-deues. Les Rohandrian font comme les princes , &de la race des princes. Les Anacandrian font commedescendus des bâtards des grands. Ils s’appellent aus-si Ontampassemaca, c’est-a-dire, hommes de fablede la hhecque, d’où ils se disent venus, avec lesRohandrian. Les Ondzatsi ont la peau rouge , &lescheveux longs, comme les Rohandrian & les Ana-candrian 4 mais ils font regardés comme des hom-mes plus vils & plus bas, étant descendus des mate-lots , qui amenerent, dans le pays, Dian RacoubeOuRacouuatsi, un de leurs ancêtres. Ceux-ci fontpêcheurs, pour la plupart, & gardiens des cimetiè-res des grands. Les Voadziry font les plus grands Stles plus riches d’entre les Noirs, & font maîtresd’un ou de plusieurs villages, ayant le privilège de
Z A F.
tuer leurs sujets. Ceux-ci font de la race des maîtresdu pays , avant que les Zafferamini y vinssent, Scdepuis, ils ont été soumis à ces derniers. Les Lo-hauohits font grands aussi parmi les Noirs ; mais ilsne peuvent couper la gorge à un bœuf ou à une va-che , qui leur appartient : il faut qu’ils aillent cher-cher un Rohandrian, ou un Anacandrian. Les Ont-foa font au-dessous des Lohauohits 8t leurs parens.Les Ondeues font les esclaves de pere & de rr.ere ,'achetés ou pris en guerre, tant Anacandrian, Ond-zatsi, que Voadziri, Lohauohits 8t Onsoa. Quandils meurent, les grands , fous qui ils font, se saisis-sent de tous les bœufs , St de tout ce qu’ils possè-dent, 8t ne réservent simplement à leurs enfans, queles terres, pour planter des vivres, 8c les horacs ,pour semer du ris. II est permis à ces Voadziri, Lo-hauohits St Ontfoa, de íe mettre fous lequel desgrands ils veulent. Ils reçoivent, du grand ou du roi,le Lafic-deue , qui est un engagement, pour leur suc-cession , St un présent, qu’il leur fait, pour qu’ils semettent sous fa protection ; St le grand, à leur mort,hérite de tout ce qu’ils possèdent. Mais les Ondeuesne peuvent quitter leur maître, à moins que dans unefamine, il ne refuse de les assister.
Quelques-uns disent que les Rohandrian s’appel-lent Zafferahimina, du nom de la mere de Mahomet,qui s’appelloit Imina j d’autres veulent qu’ils senomment Zafferamini, c’est-à-dire, lignée de Ramî-ni , qu’ils assurent avoir été de leurs ancêtres, ou deRaminia, femme de Rahourod, pere de Rahazi Stde Racouuatsi. Du tems, disent-ils, que Mahometvivoit, St demeuroit à la Mecque, Ramini fut en-voyé de Dieu, au rivage de la Mer Rouge, près dela ville de la Mecque, St sortit de la Mer, à la nage,comme un homme, qui se seroit sauvé du nauffrage :toutefois, continue Flacourt, ce Ramini étoit ungrand prophète , qui avoit été créé de Dieu dans laMer. Lorsqu’il fut furie rivage, il se mit en route ,pour aller trouver Mahomet, à la Mecque, St luiconta son origine, qui le surprit fort. Mahomet lui sicun grand accueil ; mais Ramini n’ayant point voulumanger de viande, qu’il n’eût coupé lui-même la gor-ge auhœuf, les sectateurs de Mahomet, qui prirentcela pour une offense , qu'il faifoit à leur prophèteformèrent le dessein de le tuer. Mahomet l’empêcha,permettant à Ramini de couper lui-mêmelagorgeauxbêtes, qu’il mangeroit. Quelque tems après même ,il lui donna, en mariage une de ses filles, nomméeRafateme, avec laquelle Ramini s’en alla en Orient,dans une terre, nommée Mangadsini ou Mangaroro.Illaisíà, de ce mariage, un fils, appellé Rahourod,qui fut aussi très-puisfant, St une fille, appellée Ra-minia. Ceux-ci se marièrent ensemble , St eurentdeux fils , l’un, appellé Rahadsi, St l’autre, Racou-be ou Racouvatzi. C’est de Rahadsi, l’aîné, que foutdescendus tous les Blancs de Madagascar , qu’onnomme Zafferamini.
ZAFFE-HIBRAHIM, peuples de 1-isle de Ma-dagascar. Ils suivent quelques cérémonies du Judaïs-me. Flacourt, qui en parle , dans la relation, qu’ila faite de cette isle, dit qu’ils ont été appelles ainsi,d eZaff', qui signifie race , St d’ Ibrahim, Abraham,comme qui diroit lignée d’Abraham. * Corn. Dict.
ZAFI. Afajìa Voyez SAFIE.
ZAFLAN, ou LAC DE ZaflAN , lac fort consi-dérable, dans la Haute-Ethiopie. II s’étend du Sep-tentrion au Midi, 8e est ainsi nommé d’une ville,qui est íur ses bords. II étoit autrefois dans l’etat del'empereur, ou roi des Abissins ; mais depuis plusd’un siécle, il est dans celui des Gales, qui s’en fontrendus les maîtres, selon que le remarque JérômeLob o, Portugais, qui a fait un long séjour dans cepays .* Baudrand, Dict.
ZAFRA, ville d’Espagne, dansl’Estremadoure,8e qu’on nomme aussi Satra. Elle est assez forte , 8edéfendue par un bon château , au pied des monta-gnes, près de la rivière de Guadaxira, à deux lieuesde Médina, dans les terres, au Septentrion a troislieues de Ferla, au Levant, 8t à huit de Merida, auCouchant d'Hiver, en passant vers Guelva 8c Palo*de Moguer. On prend Zafra, pour l’ancienne Segei&