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Tome sixième. T - Z.
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d’Hiver. Les crépuscules y font aussi íort grands, lepôle ctant élevé fur Thorifon, de soixante-six de'grésde demi ; & depuis le 5 d’Avril, jusqu’au 9 de Sep-tembre , il n’y a point de nuit close, (deux qui habi-tent au milieu des Zones froides, c’est-à-dire, fousles pôles, o;it la íphére parallèle, & ont six moisde jour, six áe nuit de fuite par an. Les étoiles, quifont dans l’hémisphére supérieur, ne se couchent ja-mais, & celles qui font dans l’hémisphére inférieur,ne íe leveut jamais ; parce que les pôles font au Ze-nith & au Nadir. lis n’ont ni Orient ni Occident,parce que le Soleil lait toutes ses révolutions paral-lèles à l’horiíòn, & n’ont par conséquent qu'uneombre circulaire. Enfin , Saturne y est environ quin-ze ans fans se coucher j Jupiter , six ; Mars, un ;le Soleil, Venus & Mercure, six mois ; & la Lune,quinze jours , les moitiés des périodes de ces planè-tes, étant à peu-près de cette grandeur.

Les grands voyages & les navigations ordinaires,après la découverte des Indes orientales & occiden-tales , nous ont prouvé que la Zone Torride étoitfort peuplée, & que la chaleur y étoit fort tempéréeen plusieurs endroits, à cause des vents, des pluies,des montagnes & des nuits , qui, ctant assez lon-gues , ont le tems de rafraîchir l’air, par les gran-des rosées. Les deux Zones froides étoient regardéescomme inhabitables, à cause de la rigueur du froid,causée par la chiite trop oblique des rayons du Soleil,qui ne les regarde que de travers. Les dernieres rela-tions, néanmoins, nous assurent, par expérience ,que les Zones froides-nesont pas entierementdépour-vues d’habitans. II ne faut que voir une partie de laNorvvege, de la Sucde & de la Moscovie, ou 1 onva tous les jours , qui font au-delà des cercles polai-res , & qui-font cependant habitées par des peuples ,qu'on nomme Lapons. L’islande, le Groënland &la Nouvelle-Zemble , qui s’étendent jusques fous lepôle arctique , fe trouvent peuplées d’hommes 8 cd’animaux. Chaque Zone froide a, de circuit , en-viron trois mille cinq cent quatre-vingt-huit lieuescommunes de France , & environ onze cent soi-xante & quinze de largeur , comme la Zone Tor-ride.

Les deux Zones Temrére'es contiennent chacunequararue-trois degrés de largeur ; celle qui est entrelet.opique de l’Ecrevice & le cercle polaire arcti-que, comme celle où nous habitons, est appelleeseptentrionale ; & l’autre , qui est entre le tropiquedu capricorne & le cercle polaire antarctique, íenomme méridionale : ces deux Zones font dires tem-pérées , parce qu’étant situées entre la Torride & lësfroides, elles font favorablement regardées du So-leil , dont la chaleur ?’y.trouve tempérée ; ce qui lesrend beaucoup plus fertiles , plus agréables & plusabondantes en toutes choses que les autres : leursextrémités , néanmoins, participent beaucoup del’excès du froid & du chaud; de sorts qu’iln’y a quele milieu , comme l’endroit où est la France , quisoit bien tempéré, les autres parties étant ou tropfroides , ou trop chaudes , plus ou moins , selonqu’elles font plus ou moins proches des extrémitésdes autres Zones : ceux qui habitent 1 une de ces deuxZones, n’ont jamais le Soleil íur latpte, & les joursy font toujours moindres que de vingt-quatre heu-res, parce que l’borison coupe tous les parallèles duSoleil, qui, par conséquent, fe leve & fe couchechaque iont. L’cqinnoxe arrive deux fois Tannée,autems ordinaire , & le pôle y est toujours plus élevéque de vistgt-trois degrés & demi, & moins que defoixante-six & demi ; ce qui lait que hors des temsdes équinoxes, les jours font inégaux aux nuits : il ya plusieurs étoiles , plus ou moins, selon Eobliquitéde'U sphère, qui font hors du cercle polaire, prochedu pôle élevé, & qui ne’fe couchent point; & d’au-tres, qui font hors du cercle polaire opposé, & quine fe levent jamais: les crépuscules y font plus grandsque dans la Zone Torride , parce que le Soleil des-cendant obliquement fur Thorifon , n’arrive pas si-tôt à l’AImicantarath, éloigné de Thorifon de 18 dé-grés, que s’il descendoit perpendiculairement: l’iné-gaìité des jours s’augmente dé autant plus, qu’ilsont

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le pôle élevé fur Thorifon ; ce qui fait qu’il y a desnuits , qui ne font qu’un crépuscule , en plusieursannées, des Zones tempérées , comme il arrive àTaris , pendant quelques jours de l’Eté ; savoir ; en-viron huit jours devant & après le solstice d’Eté ,parce que le Soleil, pendant tout ce tems , ne des-cend jamais dix-huit degrés fous Thorifon. Les sai-sons arrivent, dans ces Zones,.aux tems ordinaires,comme nous Texpérimentons dans cette Zone tem-pérée septentrionale : on y a feulement trois sortesd’ombres , une orientale , une occidentale , & unevers le pôle ; le plus petit circuit des Zones tempé-rées , est d’environ trois mille cinq cent quatre-vingt- huit lieues communes de France, comme leplus grand de la Zone froide , & le plus grand cir-cuit des tempérées , est de huit mille deux cent cin-quante-trois lieues communes , comme au plus petitcircuit de la Zone Torride.

On peut diviser les Zones de la terre en trois sor-tes ; savoir : en grande , comme la Zone Torride ,dont la surface est d’environ dix millions deux centsoixante & dix-huit mille lieues carrées communesde France ; en moyennes, comme les deux tempé-rées , dont la surface de chacune est de six millionssix cent quatre-vingt-sept mille lieues carrées ; & enpetites, comme les deux froides, dont chacune com-prend , en superficie, un million soixante & onzemille lieues carrées.

Les géographes íe servent de ces termes: Asciens ,Amphisciens , He'te'rosciens , & Pe'rìsciens , pour si-gnifier la différence des ombres , que le Soleil faitdans les endroits différens de la terre : l’étimologiede ces noms, vient de ce mot Grec, axrt , qui signi-fie ombre ; on appelle donc Asciens , ou Jans ombre ,ceux qui n’ont point d’ombre à midi, parce que leSoleil est à leur Zenith ; tels font ceux qui habitentla Zone Torride : les Amphisciens font ceux qui ontdeux ombres différentes, en différentes faisons deTannée ; tantôt vers le Midi, quand le Soleil eitau-delà de leur Zenith , du côté du Septentrion ; &tantôt vers le Septentrion, quand le Soleil est au-delà de leur Zenith, du côté du Midi; & tels fontaussi ceux qui habitent la Zone Torride, entre lesdeux tropiques : les Hetérçsciens font ceux qui onttoujours les ombres à midi, du même côté, fans lesavoir jamais del’autre ; tels sont ceux qui habitentles Zones tempérées , & dont les ombres méridien-nes tendent vers le Septentrion, pour ceux qui sontdans la Zone tempérée septentrionale, comme nous,& vers le Midi, pour ceux qui demeurent entre letropique du Capricorne , & le cercle polaire an-tarctique : enfin, les Pe'risciens font ceux qui ontles ombres de tous les côtés, le même jour, à causeque le Soleil tourne autour d’eux , par le mouve-ment du premier mobile, lorsqu’il est fur Thorifon;ce qui fait que les ombres des arbres & des tours rou-lent aussi, & font portées successivement vers tous lesendroits de Thorifon; tels font ceux qui habitent lesZones froides.

Lucain , Bel civ. L Z , y. 247, parlant des Arabes,qui habitent la Zone Tojnde, dit qu’ils s’étonnerent,lorsqu’ils virent les changemens des ombres dans laZone tempérée, ce qu’il exprime, par ces deuxvers :

Ignotum vobis , Arabes, venìstis ìn Orlctn ,

Umbras mirati nemorum non ire Jìnistras.

Ce mot Jìnistra , au côté gauche , fe prend ici pourle Midi, qu’on a à la gauche, quand on fe tournevers T Occident, comme s’y tournoient les poètes ,à cause des champs élisiens, & des isles fortunées ,qu’ils y av oient mises; ainsi, ils avoient le Septen-trion à leur droite, & le Midi à leur gauche.

ZONIDES ou ^Exonides. Voyez Hal^E-^ExO-NIDES.

1. ZONUS. Voyez Burgus-novus.

. 2. ZONUS. Les manuscrits & les diverses édi-tions- de Pline , /. 6 , 1.1 3 , mettent l’embouchured’un fleuve de ce nom , fur la côte de la Mer Cas-pienne , & comptent mille quatre cens stades, de

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