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Tome sixième. T - Z.
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coup de mal à tous les Suisses, Sc, en particulier, àceux de Zurich , il n’avoit néanmoins jamais pu lesdétacher de l’empire. Plusieurs autres archiducsa voient ausíi tenté la même chose inutilement, em-ployant toutes sortes de moyens , pour la ranger fousleur obéissance : voici ce qui lut cause qu'elle entradans îa confédération.Les nobles du voisinage s’étantunis avec un troupe de bandis , pour piller les villes& les opprimer, les bourgeois de Zurich s'alliérentavec les villes de Constance & de S. Gall, & avecla ville 8c l’évêque de Basle ; avec ces alliances, ilsdevinrent respectables aux nobles, qui n’oserent plusles attaquer à force ouverte. Jean de Hapsbourg tâ-cha feulement de surprendre leur ville, parle moyende quelques intelligences sécrétés, qu'il avoit prati-quées ; m-sis il n’y réussit pas : son dessein fut éven-té la même nuit que les nobles & les bandits dévoientl’exécuter. Les bourgeois se tinrent sur leurs gardes,& plusieurs des auteurs de la conspiration y furenttués. Albert & O thon d’Autriche formerent, là-des-sus, le projet de faire le siège de Zurich, & com-mençoient déja à mettre des troupes fur pied, lors-que les bourgeois , qui voyoient n’avoir aucun se-cours à attendre de l’empereur, entrerent dans î’al-liance des quatre cantons, en 13 p i. Albert voyant laville de Zurich entrée dans Vaillance des quatre can-tons, en fut fí irrité, qu’ils’empara, fous ce prétex-te , de Rapperschwyl, 8c assiégea ensuite Zurich,avec une puissante armée; maïs Agnès, reine deJ-îongrie, princesse adroite, se rendit médiatrice,& entreprit de ménager un accommodement entreson frere Scies Suisses. Albert ne voulut point rece-voir les conditions que fa sœur lui proposa ; il en sai-son tous les jours de nouvelles , que l’on ne pouvoirse résoudre à accepter; de sorte que les choses vin-rent dans un état qui fit juger aux Suisses qu'il enfaudroit nécessairemenj; venir aux mains : ils prirentlesdevans, & s’emparerent les premiers du pays,qui forme aujourd’hui le canton de Claris, & l’ad-inirent dans leur alliance.

La forme du gouvernement, fous lequel est au-jourd’hui la ville de Zurich, avoir été établie dèsl’an 1336: elle tient de ^Aristocratie 8c de la Dé-mocratie ; & c’est apparemment ce qu’a voulu insi-nuer fauteur des délices de la Suisse, en disant quece gouvernement est Aristocratique, mais assez li-bre- «La ville, continue-t-il, eít partagée en trei-jj ze tribus ; une des nobles, & douze de bourgeois :» on prend de chacune de ces tribus, un certainnombre de personnes , pour composer le petit-» conseil, qui est de $'5 membres, Sc le grand-con-„ seil, qui est de 200, & en qui réside la íouveraine-„ té : chaque tribu bourgeoise fournit douze per-n sonnes pour le grand-conseil, 8c trois pour le pe-» tit ; mais la tribu des nobles a le privilège d’en» fournir dix-huit pour le premier , & six pour le» second; après quoi, pour rendre ce dernier com-" plet , on prend encore six autres personnes dans„ les tribus, où l’on croît trouver le plus de gens„ de mérite „. Ce calcul n’est pas juste , 8c le rai-sonnement est obscur : il falloit dire que le grand &le petit-conseil composent ensemble le nombre dedeux cent douze membres ; que le grand est forméde cent soixante-deux personnes, 8c non de deuxcent: car les douze sujets, que fournît chaque tribu,joints aux dix-huit cle la tribu des nobles, ne íontque cent soixante-deux membres ; (bailleurs, le pe-tit-conseil n’est pas non-plus de cinquante-cinq per-sonnes : car les trois , que fournit chaque tribu,les six de la tribu des nobles , 8c les six personnes demérite, choisies indifféremment dans toutes les tri-bus , ne font que le nombre de quarante-huir, qui,avec les cent soixante-deux du grand-conseil, com-posent en tout deux cent dix membres, ausquels, sil’on ajoute encore les deux bourgue-mestres, on•trouvera les deux cent douze membres des deuxconseils : il faut néanmoins remarquer que le nom-bre de conseillers de la république excède souventcelui de deux cent douze, parce que les bourgue-mestres, & quelques autres officiers de l’état, fontadmis dans les conseils, lorsqu’ils ont fini le tems

de ï’exercìce c!e leurs charges : ces conseils ont à leurtête deux chefs, qui font les chefs de tout l’état, 8eque l’on appelle bourgue-mestres : le petk-conseil estpartagé en deux bandes, dont chacune , avec unbourgue-mestre à la tête, gouverne tour-à-tour pen-dant six mois. Outre ces assemblées, il y en a en-core plusieurs autres, établies pour le bien de la po-lice, 8c pour l’administration de la justice ; mais jen’entrerai pas dans ces détails.

Le canton de Zurich estd’une étendue considéra»hie; &, après celui de Berne, il n’y en a point deplus grand dans la Suisse.

L’auteur des deiiees de la Suisse, dit que le cantoncle Zurich est composé de trente-cinq bailliages ougouvernemens , dont il y en a dix-sept, qui soncgouvernés par des baillifs, qu’ony envoie , quisontobligés d’y résider, 8c que , pour cette raison, l’onappelle Extérieurs , 8c dix-huit Intérieurs , ainsinommés, parce qu’ils font gouvernés par des sei-gneurs du conseil étroit de Zurich, qui résident dansla ville, faisant toujours les fonctions de sénateurs ,8c qui vont de tems-en-tems administrer la justice :les premiers, ajoute-t-il, font Kybourg , Grunin-gen, Egliseau, Regensberg, Grifensée, Andelfin-gen, Knonaw, ou la province-libre, Wedischweyl,Lauffen, Heg y, Sax ou Forsteck, Flach, Altic-ken , Weinfelden, Pfin, Steineck, Neuferen: Lesautres font: Âltstetten, Regenstorff, ou Alten-Re-gensperg, Bulach, Neu-Ampt, ou le Nouveau Gou-vernement , où est Stadel, 8cc. Rumlang, Schwa-mendingen 8c Dubendorff, LIongg, Horgen, Wol-lishofen, Miedikon, Stafa, Mœnedorff, Meilen ,Ehrlibach, Kussnacht, Wipkingen, Birmenstorff,Urdorff & Wettíchwyl : la plupart de ces derniers ,ne font que des villages.

Le l.ac de 'Zurich est long d’environ neuf lieues,8c fa plus grande largeur d’une lieue. Il s’étend duSeptentrion au Midi, 8c tant soit peu du côté del’Orient, principalement à sa partie supérieure. IIfait à peu-près la figure d’un arc , 8c est formé par laLint, qui y entre au-dessous de Grinaw, 8c en foreà Zurich, fous le nom de Lindmatt, ou Limmat. IIest partagé en deux parties , par une langue de ter-re, qui s y avance considérablement, formant uneespece de promontoire, fur lequel est située la villede Rapperíchwyl. La partie, depuis l’embouchurede la Lint, jusqu a Rapperschwyl, s’appelle le Lacsupérieur ; & l’autre , depuis Rapperschwyl , j US _qu’à Zurich, se nomme le l.ac inférieur , ou le Lacde Zurich. Ce lac est abondant en diverses sortes depoissons, dont quelques-unes font même inconnuesailleurs. On volt la figure de chaque espèce , repré-sentée dans deux grands tableaux , au premier vesti-bule de la maison de ville de Zurich. Du côté occi-dental du lac, s’éleve le mont Albis, qui est assezhaut; 8c du côté cle l’Orient, on voitunechaîne'demontagnes, moins hautes, plus cultivées, 8c demeilleur rapport. Du reste, les deux rivesdu lac fontgarnies de vignobles, de belles prairies, de jardins,de bosquets, de maisons de plaisance, qui, entre-mêlées de quelques chaumières , font une variétédes plus agréables, sur-tout du côté qui regarde laSoleil levant, parce que les vins y font meilleurs quedu côté opposé au Soleihcouchant, où ils font tou-jours un peu verds.

ZURINAS , peuples de l’Amérique méridionale 'au pays des Amazones, à la droite de la riviere doce nom , entre la riviere des Omopaleas, ou desCuriguéresj & celle de Parana-Miri, autrement,'la petite riviere. Ces peuples, ainsi que le s Caupunas ,font les hommes les plus adroits & les plus curieux,que l’on connoisse dans le pays, pour les ouvragesde la main. Ils, font des sièges en forme d’animaux ,avec tant de délicatesse, 8c qui sont si commodes ,que l’invention humaine n’en fau roi t trouver demeilleurs. Ils font des Estolicas , qui f ont leurs armesordinaires, d’un bâton fort délié, avec tant d’adres-fe , qu’on ne doit pas s’étonner si les autres nationsdu pays souhaitent d’en avoir ; 8c ce qui est admira-ble, d’un morceau de bois, le plus grossier, jl s entirent une figure du relief si au naturel, 8c avec tant