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Tome premier. A - B.
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V I E D E Mr. BAYLE.

(i) Onl’imprimaen deux vo-lumes in4, Ôc enquatre vo-lumes in 12.

(zl Ment-gÌ 4 na, Tom.

11. p 22,

23 , éditionde Paris1694.

(O La Ter-re de Mr.dc Brique-mm situéefur la ri-vière d* Ais-ne, ^ -pelloit 5 r.Loup. Mr.de lrque-man etantensuite sor-ti de Fran-ce pour laReiig'on ,M r.'î 5 ■ lec-teur deBrande-bourg îe fitGouver-neur de

Lipstadtd*.us lepays deClcves.

(4) ,A UH ' 1 e dez,

grondinsin ï2.

(5) Lettrede Mxde-moilelle duMoulin àMr. Bayledu 12 deDccembieU82 , dansles Lettresde Mr, 5 ’V-L , p. 193.

(O Elle apour titre,Lenre furdernieresembl e duClergé, M,M. B, 7 ?.c'est- à di-re , à Mr.Bayle a T^of-terdam.

(?) 11 futimprimé àRotterdamchez lierred-e Graef,mais le ti-tre porten Cologneo-tz. PierreMarteau,

In 12.

„ teur n’y tâchast pas , il donna au stile de la Critique de Maimbourg un caractère fort 1682,„ diffèrent de celuy des Pensées fur les Comètes”.

Mr. Jurieu fit aussi une Réponse à Mr. Maimbourg, niais plus ample & plus détaillée.

Elle parut en 168z , fous ee titre : L'Histoire du Calvinisme (st celle du Papisme mises enparallèle ; ou Apologie pour les Réformateurs , pour la Réformatìon , (st pour les Reformez :divisée en quatre Parties : contre un Libelle intitulé Histoire du Calvinisme par Mr. Maim-bourg (1). Cet Ouvrage étoit bien écrit; l’Auteur y refutoit Mr. Maimbourg avec beau-coup de force : mais on n’y trouvoit pas ce tour aisé & naturel , ces réflexions vives 8cpiquantes, cette manière de relever fans aigreur les défauts de Ion Adversaire & de traiterles matières de controverse sans emportement; ce qui faisoit le caractère de la Critique Gé-nérale. On sentit bien-tôt cette différence. Les Catholiques mêmes, malgré les préju-gez de la Religion , ne pouvoient s’empécher dc faire l’éloge du Livre de Mr. Bayle,dans le tems qu’ils assectoient de mépriser celui dc Mr. Jurieu. „ C’est un beau livre,

„ disoit Mr. Ménage (2), que la Critique du Calvinisme du P. Maimbourg, 8c lui-mê-,, me ne pouvoit s’empêcher de l’estimer. II me l’a avoué, quoi qu’ordinairement il af-„ fectât d’en parler comme d’un Livre qu’il n’avoit pas lu. A la Religion prés, je trou-,, ve tout ce qu’a dit Mr. Bayle fort vif 8c très-senfé. J’ai voulu lire ce que Mr. Jurieu„ a fait fur le même sujet ; il y a bien de la différence. Le Livre de Mr. Bayle est le Li-,, vrc d’un honnête homme, 8c celui de Mr. Jurieu celui d’une vieille de prêche. C’est„ un méchant réchauffé de tout ce que du Moulin 8c les autres ont dit de plus fade con-„ tre la Religion Catholique”. Le jugement fi diffèrent qu’on faisoit dc ces deux Ou-vrages, déplut infiniment à Mr. Jurieu. II regarda Mr. Bayle comme son concurrent,ce ne put lui pardonner d’avoir enlevé tous les suffrages. Cet incident jetta dans soncœur des semences de haine 8c de jalousie.

Parmi les gens de Lettres avec qui Mr. Bayle avoit eu des liaisons à Sedan, on doitcompter Mr. Fetizon, jeune Ministre, natif de cette Ville. II avoit quitté Sedan pouraller exercer son Ministère en Champagne dans la Maison de Mr. de Briquemau (3). Ilécrivit à Mr. Bayle qu’il avoit composé, en forme d’Entretiens, l’Apologie des Refor-mez par rapport aux Guerres civiles de France. Mr. Bayle souhaita de voir cet Ouvrage,

Sc Mr. Fetizon le lui envoya, 8c le dédia à Philarete , c’est-à-dire , à Mr. Bayle lui-mê-me. Mr. Bayle trouva cet Ouvrage digne de voir le jour, 8c le fit imprimer (4). II pa-rut au commencement de l’année 1683, fous ce titre: Apologie pour les Reformez ; ok l'onvoit la juste idée des Guerres civiles de France ; (st les vrais fondemens de r Edit de Nantes .Entretiens curieux entre un Protestant (st un Catholique. Patrice, le Catholique Ro-main, allégué tout ce qu’on a dit de plus fort 8c de plus odieux contre les Reformez, ausujet des Guerres civiles; 8c n’oublie pas les accusations qu’on leur a faites, d’être animezd’un esprit de faction 8c de révolté, Lc d*avoir des sentimens contraires à l’indépendancedes Rois : Eusebe, le Protestant, les justifie de s’être armez pour défendre leur Reli-gion, leurs vies, 8c les droits de la Maison de Bourbon ; 8c fait voir par le témoignagemême de Louis XIII, qu’ils ont toujours été fidelles à leurs Princes légitimes , 8c quebien loin que leurs sentimens soient opposez à l’autorité souveraine des Rois , ils tendentà l’étabìir 8c à la confirmer ; au lieu que les Catholiques Romains rendent cette autoritédépendante du Peuple, ou du Pape.

Sur la fin de l’année 1682, on sollicita fortement Mr. Bayle à fe marier. Le partiqu’on lui proposoit étoit avantageux. „ C’étoit une Demoiselle jeune , jolie, de três-„ bon sens, douce, sage, maîtresse de les volontez , 8c qui avoit du moins quinze mil!»

„ écus (f)”. Mademoiselle du Moulin, petite-fille du fameux Pierre du Moulin, Sœurde Mademoiselle Jurieu, 8c ensuite Femme de Mr. Basnage, avoit entamé cette affaire,

8c l’avoit tnife en si bon train, qu’il ne reíloit plus de difficulté que du côté de Mr. Bay-le. II avoit toujours paru fort éloigné du Mariage : les soins 8c les embarras d’une Fa-mille ne lui sembloient pas convenir à un homme de Lettres, à un Philosophe , qui faitconsister tout son bonheur dans l’étude 8c dans la méditation. D’ailleurs, content du né-cessaire, les richesses lui paroiísoient plutôt un embarras qu’un bien. Mademoiselle duMoulin n’oublia rien pour le faire revenir de ces sentimens , Lc pour Pengager à profiterdes avantages qui s’oftroient comme d’eux-mëmes : mais elle ne put y réussir.

L’année suivante, Mr. Bayle donna une nouvelle Edition de ía Lettre sur les Comètes, 15S3.plus ample 8c plus exacte que la premiere. Elle fut achevée d’imprimer le 2 de Septem-bre 1683, êc il en reçut ccnt-vingt exemplaires du Libraire pour envoyer a ses amis. IIsupprima le titre de la premiere Edition, 8c y substitua celui-ci : Pensées diverses , écritesà un DoLteur de Sorbonne , à l'occasion de la. Comete qui parut au mois de De-cembre 1680.

A Rotterdam chez Reìnìcr Leers. M. D C. LXXXIIl. 11 retrancha aussi la longuePréfacé de l’Edition précédente , 8c y mit un petit Avertissement, sous le nom du Li-braire, pour marquer en quoi cette seconde Edition étoit préférable à la premiere.

Dans ce tems-là quelques Amis de Mr. Bayle lui envoyerent des Ouvrages de Contro-verse qu’ils avoient composez, 8c le prierent de les faire imprimer , s’il le jugeoit à pro-pos. Le premier qu’il reçut, étoit la réfutation d’un Mémoire dressé par P Assemblée duClergé de France en 1682, où l’on proposoit 8c approuvoit dix-fept Méthodes, ' ou diffé-rentes maniérés de disputer contre les Reformez. Cette réfutation étoit de Mr. Basnage,alors Ministre à Rouen. Elle étoit accompagnée d’une Lettre à Mr. Bayle, sous le nomd’un Ami de P Auteur, 8c qui contenoit plusieurs particularitez curieuses fur cette Assem-blée du Clergé (6). Cet Ouvrage parut sous ce titre : Examen des Méthodes proposées parMr s. de /’ Ast'emblée du Clergé de France en V Année ,1682 (7). Mr. Basnage avoit souhai-té que le Manuscrit fut communiqué à Mr. Jurieu; 8c Mr. Jurieu fit imprimer son Aprli-bation à la tête du Livre. Les autres Ouvrages qu’on envoya à Mr. Bayle étoient desRéponses à un Livre de Mr. Brueys, Avocat de Montpellier. Mr. Brueys s’étoit distin-gué parmi les Reformez par une réfutation du Livre de Mr. Bossuet, Évêque de Con-dom 8c ensuite de Meaux, intitulé : Exposition de la Doílrine de P Eglise Catholique. Maisil changea ensuite de Religion, 8c se conformant à la méthode ordinaire des Nouveaux