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Tome premier. A - B.
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XXIX
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V I E D E Mr. B A Y L E.

XXIX

l68z.

1684.

Convertis, ìl écrivit contre le parti qu’il avoit quitté. Son Livre parut en 1683, fouscc titre : Examen des Raisons qui ont donné lieu à la séparation des Proteftans , fait fansprévention fur le Concile de ‘Trente , fur la Confession de Foi de t Eglises Protestantes , if furC Ecriture Sainte. 11 étoit écrit d’une maniéré douce, insinuante , 8c avoit un air de dés-intéressement qui pouvoit d’abord imposer St surprendre les esprits foibles Sc superficiels :on crut qu’il faloit y répondre. Mr. Jurieu qui avoit opposé au Livre de Mr. de Meauxun Ouvrage intitulé, Préservatif contre le changement de Religion> en publia une Suite con-tré le Livre de Mr. Brueys. Mr. de Larroque fils du Miniilre de Rouen , & reçu Mi-niíèrc dans lyr des derniers Synodes, se mit aussi sur les rangs. 11 fit une Réponse à Mr,Brueys, & renvoya à Mr. Bayle, qui la donna d’abord à l’imprimeur. Elle a pour titre,Le Prosélyte abusé : ou fausses vu'ès de Mr. Brueys dans /’examen de la séparation des Protes-tant (1). On y trouve une Epitre dedicatoire à Monsieur * * * Professeur en PhilosophieC? en Histohe à Rotterdam , où Mr. de Larroque rend compte de la Composition, du but,St du plan de cet Ouvrage. Mr. Bayle ne voulut pas que son nom parut à la tête de l’E-pitre dedicatoire, quoi qu’il fût facile à ceux qui connoissoient la Hollande, ou qui a-voient quelque commerce avec les gens des Lettres, de voir qu’elle lui étoit addressée.11 a parlé fort avantageusement du Livre de Mr. de Larroque. „ C’eit, dit-il (z), le„ coup d’essai d’un jeune Auteur plein d’esprit, qui fait voir à son Adversaire en le íùi-„ vant pas à pas qu’il a fait de lourdes sautes. La raillerie vient quelquefois fur les rangs.,, un peu forte, mais délicate. L’érudition y tient aussi fort bien la partie.

Mr. Lcnfant qui étudioit alors laTheologic à Geneve, écrivit aussi contre Mr.Brueys.Mais ayant apris que d’habiles gens travailloient fur le même sujet, il auroit supprimé saRéponse, si Mr. Bayle Sc Mr. Jurieu ne l’eussent pas exhorté à l’achever Sc à la donnerau Public (3). Après avoir fait quelque séjour à Geneve il alla à Heidelberg, St de-làil envoya son Manuscrit à Mr. Bayle, St le pria d’y faire les changemens qu’il jugeroit àpropos. Mr. Lensimt ne voulut point descendre dans le détail de la dispute : il lé con-tenta de raisonner sur des principes généraux. Soir Livre parut au commencement del’année 1684, fous le titre de Considérations générales fur le Livre de Mr. Brueys , intitulé ,Examen des raisons qui ont donné lieu à la séparation des Protestant , if par occaston fur ceux dumême caraélere (4). On mit à 1 a tête de cet Ouvrage u,i Avertissements où après avoirmosttré combien le Livre de Mr. Brueys étoit capable de fiire illusion , Sc la nécessitéqu’il y avoit d’y répondre j on attribuoit la conversion à des motifs purement mondains,& on l’attaquoit même fur ses mœurs. Cet Avertissement étoit suivi d’une longue Let-tre de s Auteur à un de ses Amis , en lui envoyant son Manuscrit , c’eít-à-dire , à Mr. Bayle.Mr. Lensimt y donnoit le caractère du Livre de Mr. Brueys, & en marquoit plusieursendroits foibles. Cette Réponse est écrite avec beaucoup d’esprit,de jugement,& demodération ; qualitez, qui règnent dans tous les Ouvrages de Mr. Lenfant.

Mr. Bayle s’étoit toujours plû à ramasser ces sortes de Pieces qu’on appelle fugitives,parce qu’elles disparaissent presque aussi-tôt-qu’elles ont paru. Le seul moyen de íes con-server, c’est d’en assembler assez pour faire un volume. C’est ce que Mr. Bayle fit à l’é-gard de quelques Ecrits qui regardoient la Philosophie de.Des Cartes. II les publia fousce titre : Recueil de quelques Pieces curieuses concernant la Philosophie de Mr. Descartes. AAmsterdam chez Henry Desbordes. M. D C. LXXXIV. II y mit une Préfacé, où il fai-soit l’histoire de ces Pieces, Sc deploroit la servitude où les Ecrivains se trouvoient enFrance. „ Ce scroit un grand malheur pour toute la République des Lettres, dit-il, si„ on étoit par tout aussi formaliste Lc aussi pointilleux à l’égard de l’impression des Li-„ vres , qu’on l’est en France depuis quelque tems , où l’ínquisition qui s’y établit à„ grands pas, empêche de paroitre plusieurs beaux Ouvrages , Sc rebute les plus célébrés„ Auteurs. Et qui ne scroit rebuté de voir que ceux qui sont établis pour l’approbation,, des Livres, gardent un Manuscrit des trois ou quatre ans fans y regarder , Sc qu’ils en,, désapprouvent tout ce qui sent une ame élevée au dessus de la servitude Sc des opinions„ populaires? Quelle mortification pour un Auteur, qui ne trouve jamais que les presses,, roulent assez vite fur ses Ouvrages , de voir qu’après un delay de trois ou quatre ans,„ on lui ordonne de supprimer cc qu’il estime le plus dans ses Ecrits, s’il n’aime mieux,, les voir condamnez à une éternelle prison, par le refus qu’on lui sera d’un Privilège du,, Roi”? Ce Recueil contient 1. Une espece de Concordat passé entre les Jésuites Sc ksPeres de l’Oratoire, par lequel ceux-ci s’engagent à ne point enseigner la Philosophie deDes Cartes, ni la Doctrine de Janfenius. z. Des Remarques fur ce Concordat. 3. UnEclaircissement fur le Livre de Mr. de la Ville, ou plutôt du Pere de Valois (f). CetEcrit est de Mr. Bernier, si connu par ses Voyages , Sc par son Abrégé de la Philosophiede Gassendi. Le Pere de Valois l’avoit mis au rang des nouveaux Philosophes quidétruisent le dogme de la Transsubstantiation , en soutenant que l’essence de la matiè-re consiste dans l’étendue. Son Livre fit beaucoup de bruit en France, Sc aliarma tousles Cartésiens. Mr.Régis, qui tenoit des Conférences à Paris, fut obligé de les rompre.Mr. Bernier 'craignoit pour lui-même , Sc compola cet Eclaircissement, où il tâche deconcilier les principes de íà Philosophie avec les Décisions dc l’Eglise. Ce Recueil con-tient encore 4. une Réponse du Pere Malebranche au Pere de Valois, qui avoit fait pa-roitre beaucoup d’animosité contre lui , Sc s’étoit particulièrement attaché à rendre siifoi suspecte. Cette Réponse est suivie d’un Mémoire pour expliquer la possibilité de laTranssubstantiation, y. Les Thèses raisonnées que Mr. Bayle fit soutenir à ses Ecoliersen 1680 : Disertatio in qua vìndìcantur à Peripateticorum exceptìonìbus rationes quïbus alì-qui Cartestani pfobarunt esêntiam corporìs fitam este in extentione. Mr. Bayle joignit à cet-te Dissertation quelques Thèses de Philosophie, où il soutient entr’autres choies, que leLieu , le Mouvement, Sc le Tems n’ont point été encore définis que d’une maniéré in-explicable. 6 . Une Piece qtii avoit été imprimée à Paris, fous le titre de Méditationsfur la Métaphysique par Guillaume Wander. Mr. l’Abbé de Lardon en est l’Auteur ( 6 ).On y trouve le précis de la Métaphysique Cartésienne , Sc tout ce qu’il y a de meilleurdans les Méditations de Des Cartes. II semble même que tout y soit mieux digéré, plus

[e 3] court,

(l)

terdci'H ihci.lleinhr

M. D C.LXXXIV,in ir.

(-) No-velles de la,Tpntbliquedes Letiteí ,Maïs 16*4,p.m. ici.Voyez su(IIia Lente àMr. Len-fant du 26de N overn-bre i68j ,p. :o 4 .

(?) VoyezJes Lettresà Mi. Len-fiint, da

5 dcSep-tembre, &du râ deNovembre

168 î,p.201,

6 suiv.

(4) -A 7 ( 01 -terdam chez.

1 \emierLcers ,

M. D C.LXXXIV,in 12,

(s) Voyezci- dessusp. XXV.

(6) Voyezla Tq , ' cn J #

r>ux Qwíí-ttons ii*unProvìnr.'AI ,

Tom, 1 .Cnap.xxrf,

E- rrz,ri 4 .