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Tome premier. A - B.
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XXXIII
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V I E D E Mr. B A y L E;

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Cet Ouvrage fenouvella le chagrin qu’ón avoit eu de soii évasion, lots qu*i! c toi t à Tou*ìouse, 8c de son retour à la Religion Reformée. On avoit cherche plusieurs foi’; à s'envenger fur son Frere, mais la conduite sage 8c prudente de ce Ministre $ l’avóít toûjoUrsdérobé aux poursuites de ses ennemis. Enfin, on s’adressà à Mr. de Louvois z hommeviolent 6c vindicatif, qui faifoit alors exercer des cruautés inouïes contre les Reformesde plusieurs Provinces. Mr. de Louvois qui s’étoit offensé de quelques traits de la Crìli*aue générale fur la conduite qu’on tenoit à l’égard des Reformes, ordonna que Mr. Bavlcíe Ministre du Caria fût arrêté. On envoya chez lui une troupe d’Archers j qui l’arra-cherent de son cabinet & le conduisirent dans les prisons de Pamiers le u de Juin. Delà il fut transféré le ïo de Juillet à Bourdeaux au Château Trompeté, & mis dans Un ca-chot puant & infect. On vouloir qu’il abandonnât fa Religion: mais ni les promesses;ni les menaces , ni les outrages ne furent pas capables de P ébranler. II fit paroitre uneconstance & une fermeté qui étonna ses persécuteurs : il louoit Dieu de l’avoir appelle àsoufrir pour la Vérité. La délicatesse de son tempérament nc fut pas à l’épreuve d’urttraitement si inhumain: il mourut le 12 de Novembre, après cinq mois de Prison. C’estainsi qu’il (1) ,, couronna la pieté qu’il avoit témoignée toute fa vie, par une très-belle„ mort, qui fut admirée de ceux mêmes qui avoient fait tout ce qu’ils avoient pû pour„ le faire mourir Papiste, & des attaques desquels il triompha glorieusement ”. II étoitbien versé dans l’Histoire sacrée 8c prophane , 8c dans la connoissance des Auteursanciens & modernes. Le zele qu’il avoit pour fa Religion étoit accompagné de douceur& de sagesse. Quoiqu’il ressentît vivement tous les maux qu’on faifoit aux Reformez,il conserva toûjours une fidélité inviolable pour la personne du Roi, 8c une parfaite sou-mission à ses ordres , persuadé qu’un Chrétien ne doit opposer à son Souverain que lessupplications 6c les larmes (2).

Mr. Paets étoit alors en Angleterre de la part des Etats; 8c comme on y agitoit beau-coup la question de la Tolérance, il écrivit le 12 de Septembre une Lettre Latine à Mr.Bayle fur cette matière, que Mr. Bayle fit imprimer à Rotterdam sous ce titre: H. V. P.ad B. * * * ( 3 ) de nuperis Anglìœ motìbus Episola ; w qua de diversorum à publica Reli-gione cire a àìvìna sentientìum dljseritur Tolerantia. Dans cette Lettre, Mr. Paets admiroitd’abord la révolution qui s’étoit faite dans l’efprit 8c dans les sentimens des Anglois àl’égard de Jaques 11 . II louoit ce Prince de n’avoir point dissimulé fa Religion en mon-tant fur le throne j 2 c il efperoit qu’il tiendroit fidellement à ses sujets Protestans la pa-role qu’il leur avoit donnée, de les laisser jouir tranquillement de la Religion qu’ils pro-fessoient. Le reste de la Lettre étoit employé à réfuter ceux qui enseignent que les Roisne doivent souffrir qu’une Religion dans leurs Etats, 6c que les Peuples ne doivent souf-frir un Prince que de leur Religion. II faifoit voir que rien n’étoit plus opposé au géniede l’ancien Christianisme que l’esprit de persécution ; 6c après avoir examiné les raisonsque les Politiques 8c les Théologiens allèguent pour défendre l’Intolerance, il combat-tit l’autorité infaillible que l’Bglife Romaine s’arroge. Dans une Apostille, il éclair-cissoit 6c confirmoit certaines choses qu’il avoit dites , 6c montroit qu’il scroit facile dene faire qu’une même Société de toutes les Sectes Protestantes. Mr. Bayle jugeant quecette Lettre étoit très-propre à inspirer des sentimens de douceur & de modération, vou-lut bien la traduire en François. Sa Traduction parut au mois d’Octobre, intitulée,Lettre de Monsieur H. V. P . à Monsieur B * * *. sur les derniers troubles d'Angleterre : ouil es parlé de la Tolérance de ceux qui ne suivent point la Religion dominante (4). Ellefut aussi traduite en Flamand. Mr. Bayle cn donna un Extrait dans ses Nouvelles dúmois d’Octobre 168s ; 6c Mr. Paets étant mort après l’i m pression de cet Article, il yajouta en peu de mots, dans une nouvelle édition , l’éloge de ce grand homme. „ Cen’est pas. la premiere fois , dit-il (y), que l'illustre Mr. Paets y Auteur de la Lettredont nous venons de parler, a raisonné fortement fur le chapitre de la tolérance. 11 ya quelques autres Lettres de fa façon fur cette même matière dans le, recueil des pres-tant ìum ac eruditorum Vironim Episolee imprimé d’abord in 4, 6c réimprimé ìn fol. àAmsterdam en l’année 1684. Ce font de beaux monumens de son éloquence 8c de lasolidité de son esprit. II auroit pû très-facilement en produire de beaucoup plus con-sidérables, s’il avoit voulu devenir Auteur, car il étoit grand Théologien, grand Ju-risconsulte, grand Politique, 6c grand Philosophe j il concevoir les choses sort heu-reusement; 6c il les aprofondiffoit d’une maniéré surprenante; jamais homme ne rai-sonna plus fortement, ni ne donna un tour plus majestueux à ce qu’il avoit à dire,maisil étoit né pour de plus grandes occupations que pour celle d’être Auteur. L’Ambas-fade Extraordinaire d’Efpagne qu’il soutint si avantageusement pour fa patrie conster-née des grands progrès de la France, a fait connoitre ce qu’il pouvoit dans les affairesd’Etat. Quelle perte qu’un si grand homme n’ait pas vécu davantage ! A peine avoit-il atteint f f ans lorfqu’il móurut le 8 du mois d’Octobre de la présenté annéé t68y;aussi recommandable par son intrépidité, par sa probité, par sa générosité, par sa bon-„ ne foi, 6c par toutes les autres qualitez qui font l’honnête homme, que par son grand„ esprit 6c par sa profonde érudition. C’est comme Journaliste de la République des,, Lettres que je fuis obligé de parler ainsi. Mais que n’aurois-je pas à dire si je parlois,, selon les sentimens de reconnoissance dont je fuis tout pénétré pour les bienfaits què„ j’ai reçus de cet illustre Défunt?”

Mr. Bayle fe trouva alors engagé dans une dispute avec Mr. Arnauld, au sujet du Pe-re Malebranche. Ce Docteur dans ses Resexions Philosophiques & Theologìques fur lenouveau Syseme de la Nature (s de la Grâce du Pere Malebranche, avoit vivement com-battu le sentiment de ce Pere, que tout plaisir es un bien , U rend actuellement heureux ce-lui qui le goûte. Mr. Bayle faisant l’Extrait de cet Ouvrage de Mr. Arnauld ; se déclarapour le Pere Malebranche. ,, II n’y a rien, dit-il (6), de plus innocent ni de plus cer-tain que de dire , que tout plaisr rend heureux celui qui en jouît pour le téms qu'il en

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f 7.) Voye~,son Dis-cours à Mr,DaguesseauIntendantde la Géné-ralité deMontau-ban, & faRéponseau Consis-toire deMaze-res, dansV Histoire deMr. Bayle ÌTde st s Ou-vrages , im-primée àAmsterdam1716, p.98Le fuis.

(3) C’est-à dire > H<t-ârìani ValtPaets adBaliura.

(4) .-A %pt-tentai» chez.T^iitierLeers, 16863in 17.

(5) Ait. II.pag. ios3>1094 > delaz. édition.

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„ jouit, if que

T o M. I»

néanmoins il faut fuir les plaisrs qui nous attachent

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aux

corps

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f6) Nou-velles d t»Moisd’Aotit168 ;, Art.III. p. m,»7§,