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Tome premier. A - B.
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XXXII
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HXXII

V I E D E Mr. B A Y L E.

(i) Lettrean 2 d’A-viil i fiSj ,P- 2J7.

ft ) Tnil'et«ett . Alt.viú,p. m.yio, 781.

( 3 ) Art.vm,p. m.312.

sonne n’eut tant de sujet que lui de redouter cette comparaison ■, 6c il marque plusieurs i6§f.circonstances qui avoient heureuíèment concouru à faire valoir la Critique Générale del'Histoire du Calvinisme & qui ne fubsistoient plus pour favoriser ces Nouvelles Lettres .

Mais qu’enfin il avoit souffert qu’on les publiât, bien résolu de regarder avec une parfaiteindifférence tous les jugemens qu’on en pourroit faire. II avertit néanmoins le Lecteur,qu’on trouvera dans le second Tome quelques endroits qui n’ont pas toute la gravitéqu’on attendra peut-être de ce Livre j & qu’on pourra même croire qu’il y en a quelquesuns qui penchent trop vers la bagatelle. Ainsi il déclare qu’il n’a point prétendu écrireen Docteur, ni pour les personnes savantes > mais pour une infinité de gens qui aimentà lire j & qui n’ayant pas beaucoup d’étude, ne cherchent à proprement parler qu’unhonnête amusement, qui les instruise, & qui ne les fatigue pas. Ceux, dit-il, qui vou-dront juger de ce livre, doivent fe souvenir que tel a été le but de l’Auteur. Nous n’a-vons que la premiere Partie de cet Ouvrage: Mr. Bayle fe proposent d’en donner encoredeux Parties: il avoit même commencé d’y travailler,} mais il ne les a pas achevées.,,,On„ avoit dessein au commencement, dit-il, de faire suivre cette premiere partie par deux„ autres, dont la premiere devoit contenter ceux qui ont dit qu’on avoit touché en trop,, peu de mots dans la Critique Générale, plusieurs choses dignes de grande considera-,, tion, comme le Colloque de Poiffi, la premiere prise d’armes, la version des Pseaumes„ &c. } & la seconde devoit expliquer quelques difficultez de Controverse. Mais quoi-„ que depuis assez long-tems on ait quelque chose de prêt fur l’une & l’autre de ces deux„ parties, il y a beaucoup d’apparence que d’autres occupations empêcheront d’y mettre„ la derniere main”.

Mr. Bayle envoya un exemplaire de cet Ouvrage à Mr. Lenfant & l’assura qu’il pou-voit lui en marquer les défauts fans craindre de le chagriner, „ Je vous prie, dit-il ( 1 ),

„ d’agréer un Exemplaire d’une Suite de la Critique Générale . Je ne fuis pas con-

,, tent de ce dernier Livrez 6c vous me ferez plaisir de m’en faire remarquer naïvement,, les défauts. Ne craignez pas que j’en sois fâché le moins du monde. Mes Amis ne,, me íauroient plus obliger qu’en me disant franchement leurs griefs fur mes petites pro-„ ductions. J'ai été à l’essai fur cela, êc je puis dire par expérience que. je ne sens pas,, le moindre chagrin de leurs censures”.

Cette Suite n’eut pas le même succès que la Critique Générale. Tout ce que Mr. Bayleavoit dit dans la Préfacé, pour taire sentir la différence qu’il y avoit entre ces deux Ou-vrages, êc pour donner une juste idée de celui-ci, fut inutile. On n’y fit aucune atten-tion. On ne voulut même pas entendre ce qu’il avoit dit dans la IX. Lettre touchantles droits de la Conscience errante, & les erreurs de bonne foi z quoi qu’il eût pris toutesles précautions possibles pour fe bien expliquer. II s’en plaignit six mois après dans lesNouvelles de la République des Lettres , à l’occasion de quelques plaintes du Pere Malebran-che fur la négligence des Lecteurs. „ 11 faut avouer, dit-il (z), que la plupart des,, Lecteurs sont d'étranges gens, on a beau les avertir de mille choies, on a beau leur„ recommander ceci ou cela avec de très-humbles prières, ils n’en suivent pas moins leur„ humeur 8c leur coutume. Ou a fait des Historietes fur les précautions inutiles desMères St des Maris. Je m’étonne qu’on n’en fasse fur celles de Messieurs les Auteurs.

„ J’en comtois un dont l’ouvrage n’est sorti de dessous la presse que depuis 6 mois, qui„ n’avoit rien oublié pour sc garantir des jugemens téméraires; fa Préfacé avoit donné„ des avis fort essentiels, 6c dans les lieux où il fe désioit du Lecteur il avoit marqué ex-„ prestement qu’on prendroit le change si on n’examinoit bien tout de fuite ce qu’il di-„ soit j il avoit même porté ses précautions jusques à marquer en gros caractères son veri-„ table sentiment, 6c à menacer en quelque façon ceux qui s’y méprendroient qu’ils sc-,, roient inexcusables. Tout cela n’a de rien servi: il n’a pas laissé d’aprendre que des„ gens même du métier ont donné dans le panneau qu’il avoit pris tant de soin de faire„ eviter”.

Mr. Bayle commença la seconde année de ses Nouvelles de la République des Lettres ^ c’està dire le mois de Mars 168s, par une addition dans le Titre qui les tira du nombre desOuvrages anonymes} il y ajouta ces paroles: par le Sieur B . Professeur en Philo-

sophie 13 en Histoire à Rotterdam. II y joignit un Avertissement, où il dit qu’il avoit crûdevoir faire connoitre distinctement au Public le lieu où ces Nouvelles étoient compo-sées, afin qu’on vît que Messieurs de Rotterdam honoroient les Muses de leur Protection,

6c que cet Ouvrage venoit de la plume d’un des Professeurs qu’ils avoient établi dans leurnouvelle Ecole illustre } 6c il déclare que s’il ne leur dédie pas cet Ouvrage selon les formesaccoutumées,il ne laisse pas de le leur consacrer tout entier. 11 s’exprima encore plus for-tement dans un des Articles de ce Mois de Mars , en donnant l’extrait d’un Livre, oùl’on remarquoit que la Ville de Rotterdam avoit toujours favorisé les belles Lettres. ,, Ce„ qu’elle a fait depuis trois ans, ajouta Mr. Bayle (3), est une preuve bien sensible de„ son inclination pour les Sciences. On voit bien que je veux parler de l’Ecolf. il-„ lustre que Messieurs les Magistrats de Rotterdam eurent la générosité de,, fonder en l’année 1681. Si le public recevoit quelque instruction, 8c quelque délasse-„ ment utile de ces Nouvelles de la République des Lettres ì ce scroit à ces Messieurs qu’on„ en scroit redevable, puisque c’est d’eux que je tiens cette douce tranquilité de vie qui

m e permet de soutenir ce rude travail. C’est à l’ombre de ce glorieux Sénat que„ se composent ces Recueils, ille nobis hac otia fecit , 6c je fuis bien aise de trouver ici na-„ turellement une occasion favorable de témoigner ma reconnoissance, 6c de protester,, que si l'on dit quelque chose à l’avantage de ces Nouvelles, je le consacre entierement

,, à la gloire de cette Ville”.

Le 8 de Mai i< 58 f, Mr. Bayle aprit que son Pere étoit mort le Samedi 30. du moisde Mars précédent. C’étoit une nouvelle bien affligeante : mais la douleur redoubla lors-qu’il fut informé que son frere aitré étoit detenu prisonnier pour cause de Religion. Mr.l’Evêque de Rieux ignora ce qu’étoit devenu Mr. Bayle jusqu’à ce que la Critique géné-raie de l'Histoire du Calvinisme sit du bruit en France, ct qu’on fût qu’il en étoit l’Auteur,

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