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Tome premier. A - B.
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XLII
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V I E D E Mr. B A Y L E.

,, ce nouvel Eclaircissement* mais j’ai cru, que puisque je me donnois Phonneur, parle i<5Séy„ conseil d’un de vos Ministres, d’envoyer à Votre Majesté la Copie d’une Lettre , 8c„ en même tems de lui rendre mes hommages les plus humbles , je devois attendre ce„ qu’il lui plaira de me faire commander. Je supplie très-humblement Votre Majesté de„ me pardonner tout ce qui me peut être échapé, qui a donné sujet de mal juger de mes,, intentions; & je lui proteste le plus sincèrement du monde, que ma plus forte paslion„ est de témoigner à toute la terre l’admiration, la vénération, ôc la soumission proson-5 , de, avec quoi je suis, 8cc.

La Reine lui fit cette Réponse le 14 de Decembre 1686.

Monsieur Bayle,s en suis satisfaite.

J'ai reçu vos excuses ; £5? f ai bien voulu vous témoigner par la présents qilèJe fat bon gré au zèle de celui qui vous a donné occasion de nd écrire-, car je

suis ravie de vous connoitre. Vous témoignez tant de respect: N d'affection pour moi , que je vouspardonne de bon cœur ; £5 ?sachez que rien ne rn'avoit choquée que ce reste de Protcstantistne,

dont vous m'accusiez. C'eft sur ce sujet que s ai beaucoup de délicatesse ; parce qu'on ne peut m'ensoupçonner , fans offenser ma gloire , £5? m'outrager sensiblement. Même vous seriez bien d > ins-truire le Public de votre erreur (st de votre repentir. C est ce qui. vous reste à faire pour mériterque je fois entierement satisfaite de vous.

Pour la Lettre que vous m'avez envoyée , elle est de moi fans doute ; (st puisque vous ditesqu'elle est imprimée , vous me ferez plaìfir de m’en envoyer des Exemplaires. Comme je ne crainsrien en France , je ne crains auffi rien à Rome. Mon bien , mon sang , (st ma vie même , sontdévouez au service de VEglise ; mais je ne flatte personne , (st ne dirai jamais que la vérité. Je .fuis obligée à ceux qui ont voulu publier ma Lettre ; car je ne déguise pas mes sent mens. Ils font ,grâces à Dieu , trop nobles , (st trop dignes , pour être désavouez. ‘Toutefois , il n'est pas vraique cette Lettre est écrite à aucun de mes Ministres. Comme fat des envieux (st des ennemis ,f ai auffi des amis (st des serviteurs partout y (st f en ai peut-être en France , mulgré la Cour , au-tant qu en lieu du monde. Voilà la pure vérité , c'est fur quoi vous pouvez vous régler.

Mais vous ne ferez pas quitte à fi bon marché que vous le croiez. Je veux vous imposer unepénitence ; qui est , qu'à Vavenir vous preniez le foin de m'envoler des Livres de tout ce qu'il yaura de curieux, en Latin , (st en François , Espagnols ou Italien , (st en quelque matière (stscien-ce que ce soit ; pourvu qu'ils soient dignes d'être vas. Je n'excepte pas même les Romans , ni lesSatyres ; (st fur tout , s'il y a des ouvrages de Chymie , je vous prie de m'en faire part au plutôt.N'oubliez pas auffi de m'envoler votre Journal. Je fournirai à la dépense que vous ferez. IIsuffit que vous m’en envoyiez le compte . Ce sera me rendre le plus agréable (st important serviceque je puisse recevoir. Dieu vous prospéré.

Christine Alexandre.

II ne restoit à Mr. Bayle que d 'instruire le public de son erreur (st de son repentir } pour ms*filer que cette Princesse fut entierement satisfaite de lui: C’est ce qu’il fit à la tête de ses Nou-vestes du mois de Janvier 1687. „Nous avons apris avec une satisfaction incroyable, dit-„ il, que la Reine de Suede ayant vû l’article p du Journal d’Aout 1686, a eu,, la bonté d’agréer l’éclaircissement que nous y avons donné. Proprement il n’y avoir„ que ces paroles restes de Protestantisme , qui eussent eu le malheur de lui déplaire; car„ comme Este a beaucoup de délicatesse fur ce sujet, 8c qu’Elle veut que toute la Terre„ lâche qu’aprês avoir bien examiné les Religions , -Elle'si’a trouvé que la Catholique„ Romaine de véritable, 8c qu’Elle l’a embrassée sincèrement, c’est offenser sa gloire que„ de donner lieu aux moindres soupçons contre la sincérité. C’est pourquoi nous som-„ mes très-marris d’avoir employé une expression que l’on a prise en un sens différent de„ celui où nous l’entendions, 8c nous nous fussions bien gardez de nous en servir si nous„ eussions preveu cela ; car outre le respect que nous devons avec tout le monde à une si,, p r a n d e Reine, qui a été l’admiration de tout l’Univers dès ses premieres années,

,, nous entrons avec ardeur dans Rengagement particulier qu’ont les personnes de Lettres„ à lui rendre leurs hommages, à cause de l’honneur qu’Elle a fait aux Sciences d’en vou-„ loir connoitre à fond toutes les beautez, 8c de les protéger d’une façon éclatante”.

C’est ainsi que Mr. Bayle sortit avec honneur de cette affaire, 8c qu’il sçut non seule-ment apaiser une Reine initée , mais encore s’attirer des marques de fa bien-veillance.Este eut bien-tôt le déplaisir d'éprendre qu’il n’étoit point en état de satisfaire à la péni-tence qu’elle avoit bien voulu lui Imposer. II succomba sous le poids d’un travail tropopiniâtré. Outre ses leçons publiques & particulières , il étoit occupé de son Journal ;occupation qui seule demanderoit le travail de plusieurs hommes. La composition duCommentaire philosophique acheva d’épuiler ses forces. Le 16. de Fevrier 1687, il fut at-taqué d’une fièvre qui ne lui permit pas d’achever les Nouvelles de ce Mois-là. Cepen-dant comme il esperoit que cette indisposition n’auroit point de suites, il publia au reversdu titre; „qu'un mal d’œil 8c une assez petite fievre qui l’avoit quitté plusieurs fois 8cst étoit revenue aussi-tôt qu’il avoit voulu recommencer son travail, l’obligeoient en-

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qui

,, fin à publier incomplettes les Nouvelles de ce mois 8c à avertir aussi le Public que cel-„ les de Mars paroitroient bien-tôt”. Mais fa fievre accompagnée de maux de tête,augmenta de telle forte, qu’il fut obligé de renoncer tout-à-fait à ce travail. II engageaMr. de Bauval à continuer cet Ouvrage , cc Mr. de Bauval commença cette continua-tion, qui s’imprimoit à Rotterdam chez le Sieur Leers, par le mois de Septembre 1687,sous le titre d 'Histoire des Ouvrages des Sçavans. „Dès le mois d’Avril dernier, dit-il dans,, la Préface, l’Auteur de la République des Lettres ayant été attaqué de quelques indis-,, positions 8c de quelques maux de tête, que Mr. de Balzac appelleroit les tranchées d«

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„ j'acceptai le parti . .

„ son choix me tiendroit lieu de mérité, 8c d’excuié auprès du public, 8c je me fuis dé-

,, terminé