XL VIII
VIE DE Mr. B À Y L K
fï)Banval,
i\-tvis .leMr. JnricUyp. Ï 3 &lUiV. Z 9 > 4 °»
( 2) Idem,Lt'tre furiesdi‘et(v-is deMr. ’furia*<£r de M .Bayle » p. 2.
(3) Lettrespajïorales du
íç d*Avril£c du t. deMai 163p.
(4) Lettredu 1. Jan-vier 168$.
(5) Lettre
du 15 deMai 1689.
<4l Lettre
pajft) mie QU
r. Uccem-bre i6*6.
V. 4# ÔC
íuiv.
0 ) Lettredu I. d’Oc-tobre 7688 ,p. 20 SeLìriv.
(c) Letwedu is dcMur-, 1689,p, 107 , 108,
(d) CetteRelationest un Ecritde 14 pagesin 4 0 , inti-tulé Lettrede Otnevtcontenant une%e\auon e.v»dite des. petitsProphètes duDauphine.
(í) Lettredu 15 dcMars 1689»p. ic8.
reurs de ces évenemens (/). Si quelqu’un doutoic de ces prétendus miracles, il les raet-toit (iu rang des impies 6c des prophanes ( K ). C’cst par là que Mr. de Bauval encourution indignation (i), & que Mr. Bayle ralluma son anrmofité 6c sa haine (r). Mais la fui-te fit voir qu’il s’étoit trompé, 6c il crut alôrs que la Reíòrmation ne pouvoit être réta-blie en France que par la force des armes (Z.). C'étoit fa derniere ressource: il tournatoutes fes vues de ce côtc-là. Dans fes Ecrits il préparoit les peuples à cette grande ré-volution (M). II s’attacha à prouver que l’autorité des Souverains vient des Peuples, 6cqu’il y a un p act mutuel entre le peuple 6c îe Souverain (;). Il soutint qu’on pouvoit dé-fendre sa Religion par les armes (4). II fit auífi l’Apoîogie dc la Révolution d’Angleter-re,6c du Roi Guillaume (f) que l’on attaquoit violemment dans plusieurs Libelles publiezen France {N). On vit encore paroitre d’autres Ouvrages fur ce sujet compoíèz par desRéfugiez. 11 fe trouva même quelques personnes qui abusant dc la liberté que l’on ade sc faire imprimer en Hollande, publièrent des Ecrits romanesques & satiriques contreLouis XIV, contre le Roi Jaques, 6c contre la Reine son épouse: mais ces Libelles n’é-toient goûtez que de la plus vile populace, & la plupart n’étoient pas écrits par desRéfugiez.
Au milieu de cette guerre.d’Auteurs politiques 6c satiriques, on vit paroitre fur la findu mois d’Avril 1690, un Livre intitulé, Avis important aux Réfugiez- fur leur prochainretour en France. Donné pour Etrennes à f un d'eux en 1690. Par Monsieur , C. L. A. A.P. D., P. A Amsterdam chez 'Jaques le Censeur , 1690. Ce Livre étoit écrit en formede Lettre à un Ami, datée de Paris le 1. de Janvier 1690. Dés l’entrée, l’Auteur rail*loir les Réfugiez fur les espérances qu’ils avoient conçues de voir des evenemens extra-ordinaires en 1689. „ Voici, dit-il, l’annéc 1689. expirée, fans qu’il soit rien arrivé
, de fort mémorable. Vous vous promettiez monts 6c merveilles dans cette année-làj,, qu’elle feroit fatale à l'Eglise Romaine en général, plus fatale encore à la France, qu’cwi„ ne verroit que grandes crises d’affaires, que révolutions miraculeuses, 6c tout ce en„ un mot qui eít le plus digne d’une année- climaterique du monde. Vous avez vu art
« contraire
( I) On voioit déja en France, disoit-il, des prodi-ges <jr des miracles qui étoient les avancoureurs de cesgrands evenemens .] 11 mettoit au rang des miracles ce
qu’on ecrivoit alors de France, que dans le Bearn Scdans les Cevennes on avoir ouï des Anges chanter desPfeaumes dans 1 air (a' ; qu’on voyoit à Cret en Dau-phine une Bergere qui avoir des extases pendant les-quelles elle disoit des choses excellentes Sc divines, Scannonçoit tine délivrance prochaine (&); fl ue dans leDauphine plusieurs centaines d’enfans avoient de sem-blables extases. ,, L’Esprit de Dieu, disoit-il (c), est,, tombé sur les enfans de cette Province, de la même,, façon qu’il étoit tombé fur la Bergere du voisinage,, de Cret. Quand cette jeune fille fut arretee, elle,, déclara en presence des Juges qu* la peine qu ils se,, donnoient ctoit inutile, qu’on la pouvoit faire mou-,, rir., mais que Dieu fufeiteroit d autres enfans qui„ p arleroient mieux qu’elle. Cela est arrive d’une„ maniéré si admirable que les plus aveugles font o-„ bligez d’y voir le-doit de Dieu. II y a peut-être,, aujourd’hui dans un seul canton du Dauphine, fans„ conter ceux des antres Provinces , deux ou trois„ cens enfans qui tombent en extase , qui s’endor-„ ment Sc durant leur sommeil annoncent les choses,, merveilleuses de Dieu, prient d’une maniéré excel-„ lente , exhortent , menacent , promettent, chan-,, tent les Pleaumcs de David, Sc prédisent même les„ choses futures: Sc quand ils font réveillez, ils re-,, tournent a leur premiers simplicité. Il y a plus,,, c'est que dans le Vivarets l’Efprit de Dieu a saisi,, tout un peuple veillans Sc dormans avec des signes„ Sc miracles, tels que depuis le commencement du,, monde il ne s'est vu rien de semblable, ni d’appro-„ chant. La relation vous en instruira (d).
(K) Si quelcun doutait de ces prétendus miracles , ille mettoit d’abord au rang des impies cr des prophanes.]Dans la Pastorale que je viens de citer, il les traite deblasphémateurs , qui s’oppoíoient à l’esprit de Dieu.,, Donnez vous garde, dit-il ( e), de ce malheureux,, esprit du monde qui s’oppose á l’esprit de Dieu, 8 c„ qui va dans cette occasion quelquefois jusqu’au blaf-„ pheme. La témérité de ceux qui ont tourné en ri-,, dicule Sc le miracle de la Bergere Sc celui des voix,, celestes qui ont été entendues par tant de témoins,, sidelles , recevra la juste confusion qu’elle mérité.
Je souhaite qu’elle soit une confusion salutaire, Sc„ que Dieu ne leur impute pas ce péché, leur faste lacrace de voir de leurs yeux les choses qui font pré-facées par ces signes avancoureurs. . . . Bienheu->> ‘“o t , r ° ....
reux font les lages qui n imitent point ces tenterai-
res decidans. On ne craint point le triom-
,, phe de ceux qui voyant approcher le tems marqué’’ pour la délivrance insultent a ceux qui l'esperent.„ Dieu est maître des tems Sc des evenemens: ils ar-rivent quand il le juge à propos. Nous pouvons„ nous tromper dans nos supputations; mais il ne se„ trompe pas dans les siennes”. C’est ainsi qu’il par-loir au moft de Mars de Tannée 1689, voyant querien n’étoit arrivé de ce qu’il avoir prédit.
(L) Mais la fuite f t voir qu il s’étoit trompé, ar il
fe persuada que la Religion ne pouvoit être rétablie enFrance que par la force des armes.] Ses trois ans &demi qui commençoient à la révocation de l’Edit deNantes en Octobre 1685, expiroient ail mois d’Avril1689; cependant on ne voyoit aucun changement enFrance par rapport à la Religion. Cela dssnnoit lieude traiter ses prédictions de chimériques, 3c d'infulterà la crédulité de ceux qui y avoient ajoûte foi. u { strouva donc obligé d’abandonner ce qu’il avoir avancéfur la maniéré dont la Reformation s’établiroit enFrance. Selon ses premieres vues, cette Reformationdevoir se faire fans violence, fans effusion de sang, parautorité royale: mais la Révolution d’Angleterre , Scla confédération de tant de Princes contre la France,lui firent croire qu’elle y triompheroit par voie de con-quête (/); Sc il avoua „ qu’il croyoít fermement que,, Dieu avoir fait naître le Roi Guillaume pour être,, l’executcur de ses grands desseins, pour abaisser &„ humilier les persécuteurs de France (g) U voulutmettre lui-même la main à Toeuvre. ,,ll imagina, après„ y avoir rêvé plusieurs nuits de fuite, une maniéré,, de pontons, pour faire débarquer en dépit, des mi—„ lices qui scroient fur les Côtes de France, autant„ de soldats qu’on voudroit fans beaucoup de difti-„ culté {h).
(M) Dans fes Ecrits il préparoit les peuples à cettegrande révolution.] Dans ses Lettres Pastoralet il fitplusieurs réflexions fur les affaires du tems, où il éta-Ioit les merveilles de la providence dans la situationprésenté de l’Europe Sc particulièrement de l’Angleter-re (»). 11 exhortoit les Reformez de France à être
fermes & inébranlables. Sc leur promettoit une prom-pte délivrance. 11 discontinua fes Pastorales au moisde Juillet 1689, Sc dès le mois suivant, il donna unnouvel Ouvrage qui paroissoit tous les mois fous cetitre : Les soupirs de la France Esclave qui aspire après laliberté. Le but de cet Quvrage étoit de faire voir queles anciennes Iibertez de la France étoient perdues, Scqu’il étoit absolument nécessaire d’en reformer le gou-vernement Sc de le rendre aristocratique.
(A’) On attaqua violemment la Révolution d’Angle-terre v le Roi Guillaume dans plusieurs Libelles publiez,en France.] Mr. de Visé, outre ce qu’il publioit tousles mois dans son Mercure Galant , donnoit tous lesmois un volume fur les affaires da tems. Mr. le Noblepublia aussi plusieurs Libelles. Le Pere de Sainte Mar-the mit au jour un Livre intitulé, Entretiens touchantVentreprise du Prince d’Orange fur l'Angleterre, ou l’onprouve que cette aéì'tonfait porter aux Protestans le carac-tère de lAntichristianisme que Monsieur Jurieu a re-proché à R Eglise R.omaïne. Paris >689. II n’y eut pasjusqu’au célébré Mr. Arnauld qui ne se mit fur lesrangs par un Ecrit dont le titre étoit, Le vray Portraitde Guillaume Henry de Nassau, nouvel Ábsçalom, nou-vel lierede , nouveau Cromivel , nouveau Néron. Mr.Jurieu réfuta cet Ecrit, dans un Ouvrage imprimé àla Haye en 1689. fous le titre d 'Apologie pour leurs ft-renistimes Majestez. Britanniques , contre un infâme Li-belle intitulé , le vray Portrait de Guillaume Henry dtNassau eyc.
lóSçk
1 69O,
(f) Chimtrídémontrée ,p. lvj, Ivíj,
(jf) Lettrepafloraie dtt
1. Juilletl6S9,p.l7îicol. 2.
(/;) Chtmertdémontrée »p. lviij.Ux,
(H Voyezles PaJtortileSdu is Eê-và. p. 9 Udu ï deMars p.
102, & du1,5 de Ma»p. 107 , dcl’aanee1 è%9-