Band 
Tome premier. A - B.
Seite
L
JPEG-Download
 

V I E D E Mr. B A Y L E.

(î) Lettresj'ur les ma-tières dutems ; Let-tres du 7.

da t 5 deMai 5 du i.de Juin 5 &du i. deSeptemtjce,1650.

(2) Histoireétés Ouvra-ges des Sa-vons , AvrilÏ650, Art.X. p. 364.

(3) A De-venter1691, in ir,pagg.ï57-

(4) Projet drb'ragnuutW'xn Diílìo-tiaire criti-que, p.. ïio.

v

finit par une pricre.très-devote, & par des vœux pour la conversion de son Ami au Ca- 1690,tholicismej mais ,,si l’heure, ajoute-t-il, n’est pas encore venue pour cet heureux clian-,, gement, taise le Ciel qu’au moins vous soiez revêtus des sentimens que tout honnête„ homme doit avoir pour sa patrie”.

Si-on compare cet Avis aux Réfugiez avec la Réponse d'un Nouveau Converti à la Leîîrtd'un Réfugié , on trouvera une grande conformité entre ces deux Ouvrages; mêmes senti-mens, mêmes reproches, mêmes insultes. L’un n’est, pour ainsi dire, que le préludeou l’ébauche de P autre. Dans Y Avis les matières font plus étendues, plus ornées, plusattachantes ; le fbyle est plus correct:, plus vif, & plus vehement.

Ce Livre est précédé d'une Préfacé dont l’Auteur, Réfugié à Londres, est aussi zéléProtestant que celui de la Lettre paroit ardent Catholique. II dit que cet Ecrit le surpritèxtremement dès la lecture des premières pages: que c’étoit l’Ouvrage d’un de ses anciensamis, Avocat de titre, mais qui s’étoit moins occupé au Barreau qu’à la leéture des Li-vres de Controverse : qu’il doit lui rendre ce témoignage qu’il avoit hautement desaprou-vé les Dragonneries ; & qu’il ne comprenoit pas pourquoi il l’avoit choisi pour le rendrele dépositaire d’un tas d’indignitez versées fur le papier avec la derniere aigreur, tant con-tre tout le corps des Protestans , que contre ceux qui avoient cherché hors de France,leur cruelle maratre 6c non pas à proprement parler leur patrie , un asyle pour y servirDieu selon la pureté de la soi. „ Le sujet, dit-il, de ces maniérés si dures, si outrées 6c„ si éloignées de l’équité 6c de la modération que j’ai toujours remarquées en lui, c’eít„ premierement que les Réfugiez étant en lieu de pouvoir se plaindre en liberte des trai-,, temens barbares 6c véritablement dignes de la Religion de l’Antéchrist autant qu’indi-„ ânes de toute forte d’humanité, qu’ils ont souffert en leur pays,ont publié leurs plain-

teS contre la France assez vivement. C’est en second lieu, que les Protestans de l’An-„ gleterre 6c de l’Ecosse n’ont pas été assez simples après tant d’experiences qu’on a de la

mauvaise foi 6c de la cruauté de l’Eglisc Romaine, de se laisser mener à la tuerie com-,, me des brebis muettes, ayant mieux aimé selon les loix Lc les privilèges de leur Nation„ secouer le joug, s’affranchir de l'esclavage , & recevoir le libérateur que Dieu leur a„ suscité, comme il sit souvent à son peuple d’Israël au tems des Juges”. II ajoute qu’ila résolu de faire à cct ancien ami une Réponse si vigoureuse qu’il se repentit! de savoir sidurement 6c si malignement provoqué ; mais que l’on connoitroit bien mieux la justicede son ressentiment, si on voioit cet Ecrit tel qu’il l’avoit reçu : qu’il en avoit retranchéune infinité d’endroits d’un emportement inouï, 6c n’avoit conservé que certaines chosesqu’il se proposoit de discuter 6c de réfuter exactement dans la Réponse qu’il préparoit.

11 donne le plan de cette Réponse, 6c ajoute qu’en attendant qu’elle parût, il avoit jugéà propos de publier cet Ecrit asin que ses Freres fçussent fur quel pied on les regarde, 6cquelles réflexions empoisonnées on fait contr’eux ; espérant que quelqu’un prendroit laplume pour faire leur Apologie, en ne s’arrêtant qu’au gros de ces deux points, les Ecritsfatyricjues 6c les Ecrits séditieux , pendant qu’il épluchera les autres articles par le menu,

6c qu’il n’y laissera rien qu’il ne réfuté amplement 6c fortement. II invite l’Auteur desLettres fur les matières du tems à lé faire , 6c dit qu’il y est d’autant plus intéressé qu’onl’a mis au rang des Auteurs qu’on traite de Satiriques. II rend compte des changemensqu’il a fait dans l’Ecrit de son Ami ; 6c finit par l’éloge du Roi Guillaume favori de Dieu.

„ On le peut à bon droit, dit-il, surnommer tel, 6c lui apliquer ce que l’Ecriture dit de„ David, que Dieu a trouvé en lui un homme selon son cœur , qu’il l’a conduit par la„ main , 6c l’a fait seoir sur le thrône , avec cette avantageuse différence qu’au lieu qu c„ David ne fut mis en possession du Royaume de son Beaupere réprouvé de Dieu , que„ quelque tems après fa mort, Dieu a anticipé cette faveur pour le Roi Guillaume, lui„ aiant donné les Couronnes de son Bcau-pere de son vivant”. 11 ajoute que les Princesles plus animez contre la Religion Protestante, que la très-screnissime Maison d’Autrichedont le zélé pour sa Religion est assez connu , 6c tous les Princes Catholiques d’Allema-gne, ont aplaudi à cette bien heureuse Révolution : 6c qu’elle étoit visiblement un ouvragemiraculeux de la Providence, qui avoit confondu éc le conseil de France 6C celui de Ja-ques 11; puisqu’y ayant une infinité de moyens de traverser puissamment cette entreprise,ils avoient pris précisément k seule route qui la rendoit immanquable.

L 3 Avis aux Réfugiez fut imprimé secrètement à la Haye. On y fit d’abord plusieursRéponses. Mr. Tronchin du Breuil justifia les Réfugiez dans ses Lettres fur les matièresdu tems (1): Mr. de Bauval sit voir dans son Journal (z) combien les plaintes de cet Au-tftur étoient injustes 6c déraisonnables : 6c Mr. Coulan Ministre Réfugié à Londres, ré-pondit plus au long dans un Ouvrage intitulé , La Défense des Réfugiez contre un Livreintitulé l'Avis &c (3). Voici le jugement que Mr. Bàyle fit de ces Réponses, dans unOuvrage publié en 1691. Après avoir designé Y Avis aux Réfugiez , il ajoute, (4) „ J’en-„ tens cette maniéré de Sermon où l’on nous a censurez d’un prétendu penchant pour les„ libelles ôt pour les guerres civiles avec autant de vehemence , que jamais Ministre en„ ait témoigné dans un Sermon de jour de jeûne, en décriant ses Auditeurs comme cou-,, pables de la transgression du Decalogue. Et puisque l’occasion s’en présenté, continue-„ t-il, il ne fera pas hors de propos de dire ici, que les violens reproches de ce Sermon-„ ncur ont produit un bon effet. Peut-être ne íont-ils pas cause-que les mechans petits„ livres satyriques tombent un peu moins dru parmi nous qu’auparavant ; mais au moins„ est-il certain, qu’ils ont obligé les plus excellentes plumes du parti à faire savoir au pu-„ blic, que c’est à tort qu’on veut rendre le corps des Réfugiez responsable de ces mau-„ vais livres : si bien que dans toute la postérité nous aurçns des Actes contemporains,

„ pour nous purger des malignes imputations qu’on tâchera de verser sur nôtre Cause.

„ Qu’on ne dise pas que ces excellentes plumes, qui ont donné le désaveu l’ont fait anony-„ mement; car ayant répondu pour le général, sans que personne se soit pourvû contre,, seur déclaration, c’est une marque que le corps y acquiesce. Joignez à cela, que le„ nom de celui qui écrit tous les iy. jours fur les matières du tems d’une maniéré si fins„ Lc si judicieuse est déformais connu d’un chacun. Et pour celui qui publie l’inimitr.ble

5, Histoire

k