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Tome premier. A - B.
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LVII
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VIE DE Mr, B A Y L E.

b v 11

rtfpo. due ridicule. Ainsi il changea la question, & n’accusa plus Mr, Bayle que d 'avoir voulufaire imprimer un Projet de Paix à l'insçu de d Etat , contraire à ses intentions & à ses in-térêts ( i ). A l’égard de Y Avis aux Réfugiez , il ne sit que repeter & amplifier les accu-sations qu’il avoir intentées contre Mr. Bayle: & au lieu de se justifier des faussetez & descalomnies que Mr. Bayle avoit réduites à vingt-cinq Articles, il se répandit en injures 8cen invectives. II osa même nier que le Magistrat lui eût défendu d’écrire, aufsi-bien qu’àMr. Bayle. ,, Certes, dit-il, il íaudroit avoir bien mauvaise opinion des Puissances qui„ gouvernent & la Ville & l’Etat, pour croire qu’elles fussent capables de mettre de l’é-,, galité entre un homme accusé d’être traître à l’Etat, 8c celui qui par zele pour l’Etat„ porte ses plaintes contre luy. II n’y auroit aucune justice à ôter à un homme auffi vio-,, lemment attaqué que l’a été Mr. Jurieu, le droit de se défendre. II a intérêt ptíur l’é-„ dification de ? Eglise, de justifier son nom par tout où ses Ouvrages l’ont porté (t)”.Cependant comme il étoit très-vrai qu’on avoit défendu également à Pun 8c à l’autre derien publier qui n’eût été examiné par Mr. Bayer ( 3 ) : ce Magistrat litant cet endroit duFactum fut extremement surpris de la hardiesse de Mr. Jurieu à soutenir le contraire (4).

Avant la publication de la derniere ConviSlion de Mr. Jurieu, on vit paroitre divers Li-belles anonymes contre la Cabale Chimérique , où l’on repetoit ses accusations, 8c où l’onrencherissoit même fur lui par de nouvelles calomnies. Tels étoient, la Lettre écrite àM. B. Prof. en Phil. & en Hist. à Rotterdam fur la Cabale Chimérique. C’étoit une violenteDéclamation d’un Ministre créature de Mr. Jurieu. Remarques générales sûr la Cabale Chi-mérique de Mr. Bayle: avec une I. & II. Suite de ces Remarques. On les attribua d’abordà Mr. Bazin de Limeville, Réfugié à Rotterdam (p) : mais il protesta qu’il n’y avoit au-cune part (6); 8c on aprit ensuite qu’elles étoient de Mr. Robethon. Mr. Bayle fit im-primer fous le nom d’un Ami un écrit de iz pages, intitulé Lettres fur les petits Livres pu-bliez contre la Cabale Chimérique , où il informoit le Public des raisons qui l’empêchoientde répondre à ces Libelles. 11 dit que la De fente du Magistrat lui avoit fait supprimer laRéponse qu’il avoit promise dans fa Cabale Chimérique -, 8c que tout le monde étoit persua-dé que Mr. Jurieu avoit faussé la pi om este qu’il avoit donnée aux Bourguemestres , enpubliant ses prétendues nouvelles Conviélions. II ajoutoit qu’il se proposoit de répondre àce dernier Libelle de Mr. Jurieu, mais qu’il ne jugeoit pas à propos d’employer Ion temsà réfuter tant d’autres Ecrits qui ne faisoient que repeter les mêmes choses ; que glosersur quelque passage de la Cabale Chimérique mal entendu 8c mutilé ; 8c que débiter desfausserez avec autant de témérité que de malignité. II en donne quelques exemples tirezdes deux Ecrits dont je viens de parler. Le Ministre, Auteur de la Lettre à Mr. Bayle,voulut répliquer. II publia un Ecrit de zi. pages, intitulé , Courte Réfutation de la Let-tre écrite en faveur du S. B. pour la défense de sa Cabale Chimérique. II crut que Mr. de Bau-val étoit l’Auteur de la Lettre fur les petits Livres. Je rapporterai ici une de ses accusa-tions, la réponse de Mr. Bayle, 8c la répliqué de l’Accusateur. Cela suffira pour donnerune idée de ces deux Ecrits , 8c du caractère de leur Auteur. Le Ministre après avoiraccusé Mr. Bayle d’Avarice, ajoute: „(y) Quand je parle de vôtre avarice, je ne prens,, pas ce terme à la rigueur. On dit, que vous n’aimez pas l’argent à dessein de thésau-„ rizer. Je le veux croire, puisqu’on le dit. Vous l’aimez pourtant pourl’ulage, qu’il

„ vous plaisir d’en faire, de quoi je ne me mêle point.Mais, Monsieur, croyez-

„ vous, qu’on ne sache pas dans ìe monde la véritable raison , pour laquelle vous avez„ discontinué vos Nouvelles de la République des Lettres? On n’ignore pas que l’incom-„ modité, qui vous survint, en fournit le pretexte. Mais on fait auffi, que vous pré-„ tendiez en tirer une plus grande récompense, que celle que vous en tiriez d’abord, 8c„ que le Libraire n'ayant pas voulu vous accorder l’augmentation, que vous demandiez,„ vôtre traité fut rompu, 8c que vous discontinuâtes vôtre Ouvrage pour cela. C’est-à-„ dire, que l’appetit vous estoit accreu à mesure , que vôtre réputation se fortifioit”.Qui pourroit s’imaginer qu’on voulût rapporter un fait avec tant de confiance,fans avoirpris toutes les mesures nécessaires pour s’én assurer? Cependant écoutons Mr. Bayle. Jene fiai, dit-il (8), comment qualifier la fausseté d'un certain déclamateur , qui vient de publiercomme une chose certaine que Mr. Bayle ne 'discontinua les Nouvelles de la République des Lettres ,que parce que son Libraire ne lui voulut pas donner tout Vargent qu’’il lui demandoit. Le Librai-re est plein de vie. 11 s'appelle Henry Desbordes , il demeure à Amsterdam dans le Kalverftraat:on peut s'éclaircir de ce qui en efl avec la plus grande facilité du monde j (5? voici un homme quifans prendre la peine de s'en informer , ce qui rieuft retardé que d'un jour ou deux la publicationde fa merveilleuse Lettre, ose s'embarrasser dans un infâme mensonge publiquement , sur quoi on lepeut couvrir de confusion s’il est capable de quelque honte , par F exhibition de la signature du SieurDesbordes. Mais cet Auteur n’étoit pas capable de rougir. II répondit froidement,,, (9) On n’a pas creu estre obligé de consulter Henry Desbordes fur le fait, qu’on a a-„ vancé touchant l’interruption des Nouvelles de la République des Lettres. On en a,, parlé, comme on a fait, fur le témoignage d’un Imprimeur,qui travailloit en ce tems-,, là pour le dit Desbordes, parce qu’il n’a eu aucun intérêt à déguiser les choses. Ainsi„ on a creu, qu’il les disoìt, comme elles font. On s’en rapporte, à ce qui en est, par-,, ce que la chose est fort peu importante en elle même, 8c qu’elle ne fait ni grand bien,,, ni grand mal à l’affaire principale”. Voila quelle étoit la méthode de ces faiseurs deLibelles. Ils publioient fur des ouï-dire tout ce qu’ils pouvoient recueillir de plus infa-mant contre Mr. Bayle ; 8c lorsqu’on les avoit convaincus de fausseté , ils difoient qu’/ùs'en rapportaient à ce qui en étoit. Et en cela , ils ne faisoient qu’imiter Mr. Jurieu quii-emplissoit ses Factums d’imaginations 8c de fausserez. C’est ainsi qu’il xepeta plusieursfois que Mr. Bayle avoit demeuré trois ans chez les Jésuites de Toulouse j quoi qu’il n’eût ja-mais demeuré chez eux , 8c que son séjour à Toulouse n’eût été que de dix-huit mois,comme nous l’avons déja vû. II avoit des espions par tout, qui lui écrivoient ou lui rap-,portoient ce qu’on disoit, 8c qui d’ordinaire le rapportoient infidellement. On juge bienque ces espions étoient la lie des Réfugiez : il y en avoit même de si décriez que quelques-uns de ses partisans en furent honteux. Un de ses amis ne pût s’empêcher dç lui écrire,T o m. I. [i] qu’il

fl) Dermi-re Convtsfitin&c. p. IL»col. X.

(L) Ibid.

( 3 ) Chîmeredémontrée ,

P.

Ôc Préface»p. lxiv.

<4) Lettreà Mr. Len-fant du 24d’Aour"SI.p.ZJV,391 .

fí) Bauval,Copie d*HtxeLettre k M mS .... tou-chant Poin-teur des Re-marques Gé-nérâtes furla CabaleChimcriqut,p.i, & fuìv.

f6) Entre -tiens fur Ugrand scan-dale causépar un Li-vre intituléla CabaleChimérique,

P- x*7.

(?) Lettreécrite k Ms*B, fur faCabale Chi-mérique yp. 17, 2».

(8) Lettrefur tes petitsLivres pu-bliés contrela CabaleChimériques

P- 6,7.

( 9 ) CourteRéfutationde la Lettreécrite en fa-veur du S .

B. pour ladéfense defa CabaleChimérique %p.