L XX11
V I E D E Mr. B A Y L E.
(7) Ibid.x. 327, S2S.
(2) addi-tion auxpénfees di mverses fur UsComètes & C >P- 2S , 26 .Nouvel sA-vis at* petitAuteur despetits Li-vrets, à laPréface, 8caux pages46 8cfuiv.
33
33
„ A parler sérieusement, Mr. Jurieu ne pouvoir rien dire de plus pauvre, ni de plus ca-'
,, pable de faire triompher ses dénonciateurs. Ou il craignoit que ces Messieurs trouvas-,, sent effectivement des hérésies dans ses Sermons, ou il ne le craignoit pas. S’il le crai-„ gpoit, il i’e sentoit donc coupable. S’il ne le craignoit pas, il devoit publier ses Ser-,, mons incessamment & convaincre ses accusateurs de calomnie, a la face de toute la ter-,, re”. Mr Saurin fortifie ce raisonnement de plusieurs autres réflexions j 6c il parle en-suite de l’Ecrit de Mr. de Bauval. ,, On a fait, dit-il (i), des Considérations fur les deux„ Sermons de Mr. Jurieu , dans lesquelles on réfute ses Réflexions , 6c l’on prouve qu’il a„ véritablement prêché la haine du prochain, 6c qu’il ne sauroit s’en dédire. Mr. Ju-rieu, ajoute-t-il, a répliqué à cet Ouvrage par un autre, qui porte pour titre, Apo-logie pour les Synodes , ct? pour plufieurs honnêtes gens , déchirez dans la derniere satyre duSieur de Bauval , intitulée , Considérations fur deux Sermons 6cc. II semble, continueMr. Saurin, qu’en faisant i’Apologie des autres, 6c la sienne même fur certains arti-cles, Mr. Jurieu ne devoit pas oublier de faire celle de fa doctrine fur la haine du Pro-„ chain. C’est là cc qu’on devoit voir principalement dans ce dernier écrit, 6c c’est ce,, que les personnes sensées 6c qui ont de la jalousie pour la gloire de Dieu, pour la pu-„ rcté de nôtre Morale, 6c pour la réputation de Mr. Jurieu, fouhaitoient 6c efperoient„ d’y voir. Mais leur espérance a été trompée. Mr. Jurieu se répand sur plusieurs au-,, tres matières, ôc ne dit pas un mot de celle-là”. ^
On trouvera, peut-être, que je me fuis trop étendu fur ce sujet : mais comme il estdifficile de s’imagincr que la fureur puisse porter un Ministre du St; Evangile jusques à luifaire prêcher la haine du Prochain, j'ai voulu faire voir par de bonnes autorité? que Mr.Jusieu avoir en effet prêché cette détestable doctrine, 6c que Mr. Bayle avoir été bienfondé à la dénoncer.
Mr. Bayle publia presque en même tems un Ouvrage intitulé, Addition aux Pensées di-verses fur les Comètes , ou Réponse à un Libelle intitulés Courte revue des Maximes de Mo-rale ct? des principes de Religion de F Auteur des Pensées diverses fur les Comètes (fl c. Pour ser-vir d'inslruíìion aux Juges Ecclésiastiques qui en voudront connoitre. A Rotterdam chez ReinierLeers. M. D. C. XCIV. In iz. II y marque les raisons qui l’avoient porté à ne pas ré-futer plutôt ce Libelle. Mr. Jurieu n’avoit point répondu aux sommations 6c aux défis deMr. Bayle touchant l’accufation d’Athéisme, quoi qu’il l’eût portée devant le Consistoi-re j il s’en étoit même désisté. 11 avoir ensuite publié la Courte Revue y où il denonçoitquelques propositions des Pensées fur les Comètes, 6c des Nouvelles Lettres contre Maim-bourg, comme dangereuses, hérétiques, 6cc: il s’étoit adressé au Consistoire pour fairecondamner ces propositions, 6c lorsqu’on étoit prêt à examiner cette affaire, il avoir de-mandé qu’elle fût renvoyée au Synode ; cependant il avoir laisté passer quatre Synodesfans en parler. Ce Libelle ne contenoit aucune objection contre le Livre fur les Comè-tes, qui ne pût être réfutée par ce Livre même: 6c Mr. Bayle avoit dessein de donnerune nouvelle Edition de cet Ouvrage, avec des Additions qui dévoient contenir de nou-velles preuves, de nouveaux éclaircissemens, 6c de nouvelles solutions à toutes les diffi-cultez qu’on pouvoir faire fur ce qu’il avoit avancé. C’est là qu’il se proposoit de réfuterla Courte revue. Mais ayant apris au mois de Février de l’annee 1694, que Mr. Jurieu a-voit fait nommer des Commissaires dans son Consistoire pour prononcer sur les extraitsqu’il avoit produits dans ce Libelle; un changement si soudain 6c si peu attendu lui fitcraindre quelque mauvais dessein, 6c l’obligea de publier cette Réponse. „ Mr. Jurieu,dit-il, (z), veut jouer dans son Consistoire un personnage qu’il n’a pû jouer jusqu’icià mon égard. Il ne veut plus être ma partie, il veut être mon juge, ôc faire en sortequ’on ne parle plus d’accufation d’Atheïfme,mais qu’on examine seulement s’il y a dqnsmes Ouvrages quelques propositions erronées, dangereuses, 6c punissables canonique-ment. Toûtes les apparences sont qu’il veut que l’on juge fans m’entendre, 6c fur lafeule autorité de ses extraits, 6c des conséquences qu’il y a jointes. C’est donc à cecoup que la dispute va paroitre devant les Tribunaux Ecclésiastiques, & cela fur unnouveau pied. Or comme il pourroit bien arriver que le tout se passeroit fans que j’eneusse nulle connoissance, il est absolument nécessaire que je recoure à la voye d’un Fac-tum public, qui puisse servir d’instruction aux Juges qui en voudront, 6c ôter à ceuxqui n’en voudroient pas tout lieu de prétendre cause d’ignorance. Je me bornerai à decourtes observations , tant parce que je fuis bien aise que la longue Apologie de mesComètes qui paroitra dans la troisième édition puisse avoir la grâce de la nouveauté,que parce que je ne veux point laisser à ceux qui fuyent la lumière dans ce procès leprétexté dont on a coutume de se servir en pareils cas* c’est à dire, que la lonpueurd’un Factum a ôté le courage d’en entreprendre la lecture”. °
11 fit voir que Mr. Jurieu avoit donné une fausse idée de ce qui avoit été dit dans lesPensées fur les Comètes, 6c qu’il en avoit tiré des conséquences fausses 6c absurdes. Parexemple, ce Ministre assure que dans ce Livre Mr. Bayle prétend que ,, Dieu ne fait ja-,, mais de prodiges 6c de choses extraordinaires pour être des présages de l’avenir, commeTremblemens de terre, Météores extraordinaires, Signes qui se voyent au Ciel 6c en laTerre, apparitions, voix, naissances de Monstres, debordemens} 6c qu’il soutient quetoutes ces choses se font par des voyes naturelles 6c nécessaires 6c que Dieu n’a aucune-ment dessein de présager par ces fortes de choses ses jugemens à venir fur les hommes,^ ni même de manifester fa divinité”. Mais ce n’est point là le sentiment de Mr. Bayle.II établit que Dieu ne produit jamais par des voies miraculeuses les Comètes , les tremblemens deterre , les inondations , les monstres (flc. dans la vue de menacer les infidèles des maux que fa jus-tice leur prépaie > car il ne sauroit se persuader que cette conduite qui ne nous parait propre qu'àfomenter la superstition abominable des idolâtres , soit conforme à Vidée que nous avons de la bontésde la sagesse , (fl de la sincérité de Dieu. II ne prétend pas nier que Dieu ne fasse jamais enaucun pays du monde ce qu’on appelle prodiges , présages -, il prétend seulement que leschoses qui paroissent egalement 6c indifféremment parmi les nations infidèles ôc parmi lesenfans de Dieu, ne sont point des productions miraculeuses destinées, à menacer le genre
humain.
16 § 4 .
55
V)
55
55
55
55
•55
55
55
55
55
55
55
55
55
55
55
55