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Tome premier. A - B.
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VIE D E Mr. B A t L E.

16-4. humain. Sa doctrine tend à donner de Dieu une idée qui nous reprefente vivement sa sa*gesse, sa bonté, sa véracité. Elle nie certains présages: mais c’eit à cause qu’ils seroienttort à ces divines perfections.

Mr. Bayle entra dans le détail des extraits de Mi\ Jurieu, 6c découvrit fa mauvaise soiSc son peu de discernement. II réfuta ses Objections fur le parallèle de l 1 Idolâtrie payen*ne Lc de l’Athéisme, sur les mœurs des Athées Lee z Sc justifia ce qu’il avoir dit dans sesNouvelles Lettres contre Maimbourg touchant les droits de la Conscience errante. IIexposa ensuite le véritable état de la question entre lui & son Adversaire , Lc marqua déquelle maniéré se dévoient conduire les Juges Ecclésiastiques qui connoitroient de ce dif-férend. II ajouta une Requête à toutes les Universitez Chrétiennes, pour les prier dedécider fur l’expofé qu’il leur faifoit de ses fentimens. Enfin il dénonça douze Proposi-tions extraites de la Courte revue ,comme étant fausses,téméraires, Lc impies.

Cet Ouvrage rompit toutes les mesures de Mr. Jurieu, Lc le réduisit au silence. C’é-toit beaucoup : mais Mr. Bayle avoit mis ses preuves dans une si grande évidence, qu’iln’étoit pas possible d’y répliquer. Cependant ce n’étoit que l’Ouvrage de quelques jours.,, Je l’ai fait, dit-il ( 1 ), avec tant de facilité, que les trois ou quatre jours que j’ai don--nez. à cela auroient été un tems trop long si j’avois voulu faire une plus ample Répon-se, mais la résolution d’être court a été cause que j’ai eu besoin de plus de tems. J’aitellement ruiné ce Libelle, qu’il n’y reste pierre fur pierre. On verra que ma partien’entend point fa Religion , qu’il combat les maximes qu’il a soutenues dans d’autreslivres, Lc qu’il nie les choses les plus évidentes. Le pis est que ses extraits sont si visi-blement infidelles, qu’il n’y a nulle apparence qu’il ait été dans Terreur de bonne foi”.Un Officier, ami de Mr. Bayle , ayant fait connoitre le désir qu’il avoit de voir uneréconciliation entre lui Lc Mr. Jurieu, Mr. Bayle lui fit remarquer que la chose étoit im*possible. „ La nature de la querelle que j’ai ici, dit-il (2), ne permet point de reconci-,, station: il ne peut y avoir que ce qu’on appelle dans vôtre métier cej/ation de tous actes„ d'hojììlité. Car il s’agit de savoir, si j’ai cté d’une Cabale qui machinoit la ruine de la„ Religion Lc de T Etat, ou non. II m’en a accusé publiquement , Lc je lui ai montré„ que cette Cabale étoit une Chimère la plus ridicule dont on ait jamais parlé. 11 m’a„ accusé d’avoir sait un Livre intitulé Avis aux Réfugiez où on condamne les Libelles„ diffamatoires qui s’impriment en ce païs-ci contre le Roi de France Lc le détronement,3 du Roi Jaques} Lc je lui ai fait voir que toutes les preuves qustl allégué contre moi sont

„ impertinentes.S’il fe reconcilioit avec moi, il faudroit qu’il sc reconnût lui-

„ même un infâme Calomniateur : 6c si je me reconcistois avec lui, il faudroit que je me„ reconnusse coupable. Voila ce qui rend la réconciliation impossible. Pour moi, je„ ne me soucie point de réconciliation, II me suffit que nos Souverains n’ayent fait nul„ cas de ses accusations : car pendant qu’il n’y aura point de procedure contre moi, il ré-„ fuite qu’on se moque de ses prétendues preuves. Car quant à la Charge qu’on m’a ôté,,, c’est un autre fondement”.

Mr. Bayle continuoit de donner tous ses soins a Timpression de son Dìctionaire. Lepremier Volume fut achevé d’imprimer au mois d’Août de Tannée i 6 ps (jj. Le Publicprévenu en saveur de Mr. Bayle attendoit ce livre avec impatience : mais Mr. Bayle peuprévenu en fa faveur craignoit au contraire pour la réussite de cet Ouvrage. „ Si le Public,„ disoit-il à Mr. le Duchat (4), a conçu quelque efperance, ou quelque bonne opinion„ de mon Dìctionaire (de quoi j’ai lieu de douter, ne sachant pas fur quoi elle pourroit„ être fondée) je n’ai qu’à me préparer à bien des murmures ; on sc trouvera frustré 6c„ vilainement abusé, car je vous avoué ingénument que cet Ouvrage n’est qu’une com-„ pilation informe de passages cousus les uns à la queue des autres, Lc que rien ne sauroit„ être plus mal proportionné au goût délicat de ce siecle: mais il n’y a remede, jacta est„ aléa".

I6p6. Cependant les Libraires des pays étrangers sc réglant fur le goût du Public,en deman-dèrent un si grand nombre d’exemplaires, que ce qu’on avoit imprimé du premier volu-me ne suffisoit pas} de sorte que le Sieur Leers fut obligé d’en faire tirer mille de plus dusecond, 6c de réimprimer un pareil nombre du premier: sur quoi quelques personnes s’i-maginerent qu’on avoit fait une seconde Edition de TOuvrage entier (y). Mr. Baylen’eut aucune part à cette réimpression} Lc il se plaignit qu’il s’y étoit glissé beaucoup defautes (6). II n’en put pas revoir les épreuves : Timpression du second Volume l’occu-poit si fort qu’il n’avoit pas même le tems d’écrire à ses Amis. ,, Vous excuseriez mon,, silence, écrivoit-il à Mr. Constant (7), si vous laviez T accablement de travail où je„ me trouve, pour Timpression de mon Dìctionaire Historique Lc Critique. Le Libraireveut Tachcver, à quelque prix que ce soit, cette année, de sorte qu’il faut que je luifournisse incessamment nouvelle copie, 6c que je corrige chaque jour des Epreuves,oùil y a cent fautes à raccommoder, parce que mon Original, plein de ratures 6c de ren-vois, nc permet ni aux Imprimeurs, ni au Correcteur d’Imprimerie , de se tirer d’untel labyrinthe: Lc ce qui me retarde beaucoup, c’est que n’ayant pas sous ma main tousles Livres qu’il faut que je consulte , je fuis obligé d’attendre jufqu’à ce que je les aifait chercher, quand quelque personne de cette Ville les a”. II se plaignoit aussi queíé fréquent retour de ses douleurs de tête, lui 'faifoit perdre beaucoup de tems. ,, Je luis„ bien aise, dit-il (8), que vos migraines vous ayent quitté. Elles m’auroient fait le„ même plaisir si j’avois pû vivre fans étudier, mais le travail opiniâtre les entretient, 6c,, les fait revenir très-souvent. Je perds par là plusieurs jours de chaque mois , ce qui„ m’oblige ensuite à m’apliquer davantage pour regagner le tems perdu”.

On avoit en Angleterre une idée si avantageuse du Dìctionaire dé Mr. Bayle, qu’unSeigneur qui ne se distinguoit pas moins par son esprit, que par son rang Lc par ses em-plois (p),souhaita que cet Ouvrage lui fut dédié. II chargea Mr. Basnage d'assurer Mr.Bayle qu’il lui en témoigneroit la reconrtoissance par un présent de deux cens Guinées.Les Amis de Mr. Bayle, Lc particulièrement Mr, Basnage , le sollicitèrent long-tems desatisfaire au désir de ce Seigneur : mais ils le sollicitèrent en vain. II dit qu’il s’étoit siT o M. I, [ 1 J souvent

ïôpf.

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(1) Miì-

t/on AnhePcnJSc: dt-verfes , dariS

l’Avertisse-

tnent.

(i) LettreMSS àMr. *** dU19 Nov.ï« 94-

(i) VoyezÌA Lettreà Mr.Constantdu 22d’Aout1695 P-57di

f4) Lettredu 9 deJ anvieriSìS, p, J7S

(s) VoyezJes Lettresà Mr.Constantdu 4 deJuilletI6í.7,p.«í4ïfie à Mr.Coste du1; de Juil-let de lamime an-née, p.

660 661.

(6) Lettreà Mr. leD. E. M. S.du 7 deJuilietiísg,P- 7iï 8cluiv.

1 7) Lettredu j t deMai 1696,

P- S88,S89,

(íl Ibid.

P- S 9 I.

(9) LeDuc deShrewsbu-

*y-