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Secietaiie
d’Et.it.
L XXI V
V I E D E Mr. B A Y L E.
souvent moqué des Dédicaces, qu’il ne vouloir pas $ ; expofer à en faire. Ce n’étoit ce-pendant qu'u n prétexte pour colorer son refus. Le véritable fondement de la longue Scopiniâtre résistance qu’il fit dans cette occasion, c’cst qu’il ne vouloit flatter ni louer per-sonne qui eût quelque rang à la Cour d’un Roi dont il avoir sujet de se plaindre ; Lc ceSeigneur étoit alors dans le Ministère ( i ).
Le second Volume fut achevé d’imprimer le 24 d’Octobre, Sc l’Ouvrage parut fous cetitre: Dicfionaire historique Ist critique. Par Monsieur Bayle. A Rotterdam chez. ReinierLcers , M. D C. XCFII. Dans la Préfacé, Mr. Bayle avertit d’abord que cet Ouvragen’est point celui qu’il avoir promis par le Projet publié en 1692. Son premier deíïèinétoit, comme nous l’avons vu, de ne rapporter que les erreurs des Dictionaires 2 c des au-tres Livres, petites ou grandes; mais ayant apris qu’un simple recueil de fautes dégoute-roit les Lecteurs, Sc qu’on vouloir de ^historique , il fut obligé d’abandonner cette en- 'treprife. ,, Voici de quelle maniéré, dit-il, j’ai changé mon plan , pour tâcher d’atra-„ per mieux le goût du Public. J’ai divisé ma composition en deux partiesune est pu*-„ rement historique; un narré succinct des faits ; l’autre est un grand commentaire, un„ mélange de preuves & de discussions, où je fais entrer la censure de plusieurs fautes, &„ quelquefois même une tirade de réflexions philosophiques : en un mot assez de variété„ pour pouvoir croire, que par un endroit ou par un autre chaque espece de lecteur trou-„ vera ce qui l’accommode”. 11 ajoûte que ce changement avoir rendu inutiles la plû-part des matériaux qu’il avoir préparez ; & que c’étoit là une des raisons qui avoient re-tardé la publication de cet Ouvrage. Une autre raison, c’est qu’il s’étoit fait une loi d’é-viter avec soin toutes les matières qu’on pouvoir trouver dans les Dictionaires qui avoientdéja paru, ou qu’il prévoyùit que l’on trcuveroit dans ceux que d’habiles gens promet-toient. II en usa de même à l'égard de la Bibliothèque des Auteurs Ecclésiastiques deMr. Du Pin , Sc des Additions de Mr. Teiffier aux Eloges des Hommes Savans tirez del’Histoire de Mr. de Thou. II n'avoir pas voulu exposer les lecteurs à la nécessité d’ache-ter deux fois la même chose : mais en même tems , il s’étoit privé de tous les matériauxles plus faciles à rassembler Lc à mettre en œuvre. On peut ajoûter à ces raisons , lechangement qu’il fit dans le choix des Articles. D’abord il se proposoit de donner desArticles réels aussi-bien que des Articles personnels: mais on lui fit connoitre que ceux-làn’étant point historiques, ne seroient pas goûtez; ce qui le priva encore d’un grand nom-bre de matériaux. Cependant pour ne pas laisser perdre les Articles de l’H 1 p p o m a n e& du Jour, qui avoient paru dans le Projet , il les mit à la fin de tout l’Ouvrage, fousle titre de Dijsei-taîions. II attribua aussi le retardement de cet Ouvrage à la foiblesse de fasanté, à Pexactitude qu’il avoir observée dans les Citations, à la disette où il se trouvoitdes Livres nécessaires, & aux difficultez du stile qui demande beaucoup d’attention pouréviter les équivoques, les vers, Lc les faux rapports.
Il alleguoit toutes ces considérations pour répondre à ceux qui auroient pû trouverétrange qu’il eût mis plus de quatre années à la composition de ces deux volumes. Maiscomme d’autres personnes pou voient au contraire s’étonner qu’il eût pû faire dans cetespace de tems deux si gros volumes in folio , Lc croire qu’il s’étoit trop hâté; il remar-que qu’un travail non interrompu peut aller fort loin en peu de tems , Lc qu’il n’avoitpoint été dissipé par ces récréations qui font foi t ordinaires aux gens de Lettres: „je me,, souviens aussi-bien qu’eux, dit-il, du distique de Caton , Interpone tuis interdum gaudia„ curis , Lce. mais je m’en fers très-peu. Divertissemens, parties de plaisir, jeux, colla-,, dons, voiages à la campagne, visites, Lc telles autres récréations, nécessaires à quan-,, tiré de gens d’étude, à ce qu’ils disent, ne sont pas mon fait ; je n’y perds point de,, tems. Je n’en perds point aux foins domestiques, ni à briguer quoi que ce soit, ni à„ des sollicitations, ni à telles autres assures. J’ai été heureusement délivré de plusieurs„ occupations qui ne m’étoient guere agréables, Lc j’ai eu le plus grand Lc le plus char-„ mant loisir qu’un homme de lettres puisse souhaiter. Avec cela un Auteur va loin en„ peu d’années,son ouvrage peut cróitre notablement de jour en jour fans qu’on s’y com-„ porte negligemment”.
Après cela, il explique pourquoi il a cité de longs passages d’Auteurs Grecs Sc Latins;& pourquoi au lieu de les traduire lui-même , il a souvent employé la version d’Amyotou de Vigenere. II ajoute que les personnes graves Lc rigides blâmeront apparemment lesCitations de Brantôme ou de Montaigne , qui contiennent des actions Sc des réflexionstrop galantes; mais que des gens de mérite qui prenaient à cœur les intérêts du Libraire,avoient jugé que pour faire rechercher universellement cet Ouvrage, il falloit que ceuxmême qui n’entendoient pas lc Latin, & qui ne s’embarrassbient point des discussions deThéologie Lc de Philosophie , y trouvassent dequoi s’occuper agréablement; qu’on luiavoir dit que s’il avoir trop de répugnance à suivre cet avis, il devoir du moins souffrirqu’on fournit de tels mémoires au Libraire, Lc même quelquefois des réflexions dogmati-ques qui excitassent l’attention ; Lc qu’il avoir consenti que le Libraire y insérât tous lesmémoires qu’on lui enverroit : qu’à l’égard des réflexions philosophiques qu’on avoirquelquefois poussées, il ne çroyoit pas qu’il fût nécessaire d’en faire excuse; car commeelles ne tendoient qu’à convaincre l’homme, que le meilleur usage qu’il puisse faire de saraison, est de captiver son entendement sous l’obeissitnce de la foi, elles ne pouvoient quemériter un remercîment de la part des Théologiens.
II fait ensuite quelques remarques fur la liberté qu’il avoir prise de relever les fautes deplusieurs Ecrivains célébrés , ou de marquer leurs défauts. II déclare qu’il ne prétendrien diminuer de l’estime qu’ils se sont justement aquise; Lc bailleurs , que la plûpart dutems il ne fait que rapporter ce que d’autres en disent, Lc n’est que le Copiste des Auteursdéja imprimez. „ Des deux loix inviolables de l’Histoire, dit-il, j’ai observé religieuse-„ ment celle qui ordonne de ne rien dire de faux ; mais pour l’autre qui ordonne d’oser„ dire tout ce qui est vrai, je ne me saurois vanter de l’avoir toûjours suivie; je la çrois,, quelquefois contraire non seulement à la prudence, mais aussi à la raison”. Cependantil étoit trcs-éloigné dc croire que cet Ouvrage fut exempt de fautes. „Je ne doute point,
» dit-il,
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