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Tome premier. A - B.
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LXXXI
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VIE DE Mr. B A Y L E. lxxxi

02. 5 , voit contenir de désagréable. C’est la plus grande suppression qui ait été nécessaire j

les autres ne font pas considérables, ni quant à leur nombre, ni quant à l’étendue. On,, a pu remedier à tout aux dépens de quelques mots ou de quelques lignes, & princina-„ lement par le moyen de quatre Eclaircissemens qui sont à la fin de cet Ouvrage”. Mr.Bayle retrancha, en effet, tout ce que le Consistoire de Rotterdam avoit désaprouvé dansl’Article de David : mais avant même que cette édition fût finie plusieurs personnes ayantdéclaré qu’elles.ne l’acheteroitnt point, si cet Article ne s’y trouvoit pas tel qu’il avoitparu d’abordj le Libraire tut obligé de le faire réimprimer a part (i), afin qu’on put lejoindre à cette nouvelle édition. Quelques Amis de Mr. Bayle lui conseilleront d’y in-férer le Projet qu’il avoit publié en 1692 avec quelques essais de son Dictionaire -, ÒC il leplaça à la fin des Dissertations du dernier volume (2).

11 n’y a point d’ouvrage qui ait plus besoin d'une bonne Table des matières,que le Dic-tionaire de Mr. Bayle. Le Sieur Leers avoit eu soin d’avertir à la tête du Projet, qu’iln’oublieroit pas cet article, & Mr. Huet en fit une fort exacte pour la premierè édition:mais le Sieur Leers prévoyant qu’on feroit long tems à l’imprimer, en supprima la moi-tié, ce qui la défigura de telle sorte que Mr. Bayle crut en devoir informer le Public dansun petit Avertissement qu’il mit à la fin. L’autrc moitié fut conservée , &c donnée àl’Auteur de la Table de la seconde édition, qui en profita le mieux qu’il pût. Mais cet-te nouvelle Table, vû le grand nombre d’Additions, étoit très-défectueulé. Mr. Bayleindique ici un moyen de suppléer à ce défaut. II remarque en même tems que sachantpar expérience les qualitez que doit avoir une bonne Table, il auroit bien pû en faire une,mais qu’il n’avoit eu ni le tems, ni la patience nécessaire à un travail si pénible, & si en-nuyeux. II ajoûte qu’il n’avoit pas même trouvé à propos que la personne dont on s’é-toit servi, s’engageât dans tous les détails que quelques lecteurs demandoient, & il endonne la raison.

II parle ensuite de ceux qui pourroient se plaindre de ce que son Dictionaire ne leurfournit pas en assez grande quantité les choses qui sont de leur goût. II dit que c’est lefort inévitable des Ecrits qui contiennent un mélange de plusieurs choses, & où il règneune grande diversité. II déclare que s’il a parlé d’une certaine Famille plûtôt que d’uneautre qui n’étoit pas moins considérable, ou qui l’ëtoit encore plus, il l’a fait fans aucuneacception de personnes, & uniquement parce qu’il avoit des mémoires pour les unes &non pas. pour les autres. Enfin, il répond à ceux qui avoient trouvé à redire qu’il eûtdonné si peu d’Articles des fameux Guerriers. II dit que cela vient, non feulement dece qu’il avoit évité de se rencontrer avec les autres Dictionaires j mais fur tout de ce qu’iln’étoit pas en état de faire ces Articles tels qu’il les auroit voulu. II en donne un exem-ple, en montrant fur quel plan il travailleroit à l’Article du Maréchal de Luxembourg,s’il avoit les secours & les lumières nécessaires pour le remplir.

II accompagna cette Edition de quatre Eclaircissemens, pour satisfaire aux engagemensqu’il avoit pris avec le Consistoire de Rotterdam. Ils sont précedez d’une Observationgénérale, où il raporte les raisons qu’il avoit de croire qu’on ne fe scandaliferoit pas de laliberté de philosopher dont il s’étoit servi quelquefois. Dans le premier Eclaircissement,il se justifie fur ce qu’on le blâmoit d’avoir dit qu’il y avoit eu des Athées de spéculation& dés Epicuriens qui avoient surpassé en bonnes mœurs les Idolâtres ; & fait voir que laconduite de ces Athées ne sauroit faire aucun préjudice à la véritable Religion, ni y don-ner aucune atteinte. Mais il promet de traiter plus amplement cette matière dans la Suitede ses Pensées fur les Comètes. Le second Eclaircissement regarde les objections des Ma-nichéens. II le finit par ces six propositions, qui contiennent le précis de ía doctrine:

„ I. Que c’est le propre des mystères évangéliques d’être exposez à des objections que„ la lumière naturelle ne peut éclaircir.

„ 11 . Que les incrédules ne peuvent tirer legitimement aucun avantage de ce que les„ maximes de Philosophie ne fournissent point la solution des difficultez qu’ils proposent„ contre les mystères de l’Evangile.

„ II I. Que les Objections des Manichéens fur l’origine du mal, & fur la Predestina-„ tion, ne doivent pas être considérées en général entant qu'elles combattent la Predesti-,, nation, mais avec cet égard particulier que l’origine du mal, les Décréts de Dieu fur„ cela, Lc le reste sont un des plus inconcevables mystères du Christianisme.

,, I V. Qu’il doit fufire à tout bon Chrétien, que fa foi soit appuyée fur le temoigna-„ ge de la parole de Dieu.

„ V. Que le Système Manichéen considéré en lui-même est absurde, insoûtenable,8c„ contraire aux idées de Tordre} qu’il est sujet aux rétorsions, & qu’il ne sauroit lever,, les difficultez.

,, V I. Qi’en tout cas, ajoûte-t-il, on ne sauroit se scandaliser de mes avens, que Ton„ ne soit obligé de regarder comme scandaleuse la doctrine des Théologiens les plus or-„ thodoxes, puisque tout ce que j’ai dit est une fuite naturelle & inévitable de leurs sen-„ timens, & que je n’ai fait que rapporter d’une maniéré plus prolixe, ce qu’ils enseignent„ d’une façon moins étendue”.

Dans le troisième Eclaircissement, il fait voir que les Objections d’un Abbé Pyrrho-nien contre quelques dogmes du Christianisme, rapportées dans son Dictionaire, ne fontrien contre la Religion. II pose d’abord comme une maxime certaine & incontestable,que le Christianisme est csun ordre surnaturel , ct? que son analyse est Vautorité suprême deDieu nous proposant des mystères , non pas afin que nous les comprenions , mais afin que nousles croions avec toute l'humilité qui est duè à l'être infini , qui ne peut ni tromper ni êtretrompé. De là, ajoûte-t-il, resulte nccessairement l’incompetence du tribunal de la Phi-lophie pour le jugement des controverses des Chrétiens, vû qu’elles ne doivent être por-tées qu’au tribunal de la Révélation. II fait le caractère des Pyrrhoniens & montre que detous les Philosophes qui ne doivent point être reçus à disputer sur les mystères du Chris-tianisme avant que d’avoir admis pour réglé la Révélation, il n’y en a point d’auffi indignesd’être écoutez que les sectateurs du Pyrrhonisine. Dans le quatrième Eclaircissement,Tom. I. [m] il

fr) Voyezìá Lettrea Mí. Pc-çher du iod’Août1705 , p.

Io.ji.

(r) Voyezla Lettre àMr. DesMaizeauxdu 1. deNovembre1701 , p.

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