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Tome premier. A - B.
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XCVIII
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ft) L’Ai-ttclc XIII(ou plutôt

X) de laBibliothèqueChoìjts re-garde lesNaturesplastiques,dont on ade'ja parle',

(;) CetEctit estdaté du2 s d’Avril1706.

O) ^tjrnnfipour Mr,Baylc Scc,

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fa) Ib id.P-7.

(s; laid.

p. t 8 .

(i) lbid,p. ao.

(7) lbid.p. 22.

XCVIII

V I E D E Mr.. B A Y L E.

faisant semblant d’humilier sa Raison, pour parler avec le commun des Théologiens dontil se moque.

Mr. Bayle opposa à Mr. le Clerc un Ecrit intitulé, Réponse pour Mr. Bayle au sujet duIII. (5? du XIII. Articles (1) du IX Tome de la Bibliothèque Choisie (z). „ On avoit

bien cru, dit-il, que Mr. le Clerc se fâcheroit de la déroute de son Origeniste , & deses Natures Plastiques, mais non pas qu’il en concevroit une colere qui l’empêcheroitde faire attention aux désordres du parti qu’il choiíîroit. On n'a donc point vu fanssurprise la maniéré de se vanger qui lui a paru préférable à toutes les autres ; mais aulieu de s’irriter contre lui, l’on a eu une véritable compassion de fa conduite. L’onn’a pû voir fans pitié qu’1111 homme qui jouît de beaucoup de gloire dans la Républiquedes Lettres, ait été si sensible à un échec de peu d’importance. II devoit s’en consolerà la vuë des autres exploits qui lui ont mieux réussi, ou pour le moins ne se pas livrerà un chagrin qui le poussât à déclamer d’une façon tout-à-fait indigne d’un hommed’honneur ÔC de jugement. II s’est ingéré à fouiller dans le cœur de Mr. Bayle, il luia imputé des desseins horribles, il a repeté cent fois ses accusations , toûjours d’unemaniéré vague , toûjours fans aucun vestige de preuve , toûjours fans avoir égard auxdéclarations nettes & précises qui se trouvent en mille endroits des écrits de Mr. Bayle’'.remarque que la République des Lettres ne seroit qu’un païs de brigandage, s’il étoitpermis d’y attaquer ses adversaires fous prétexte qu’ils cacheroient un mauvais dessein aufond de leur cœur; & il ajoute que cette conduite ne convient point à Mr. le Clerc quia si bien peint ceux qui pour rendre leurs adversaires odieux, se couvrent du prétexté desintérêts de la Religion. „ Lui convient-il après cela, dit-il (;), de déclamer comme„ il a fait contre Mr. Bayle précisément lorfqu’il a vû que par la voie légitimé de la dis-„ pute il ne pouvoit plus soutenir le choc ? Lui convient-il de se donner pour un hommerongé du zèle de la maison de Dieu ? Ce zèle qui a été si tardif, seroit à naître si Mr.Bayle avoit renoncé á fa remarque íur Mr. Cudworth , & s'il n’avoit point réfuté lesraisons de l’Origeniste”. II oppose à Mr. le Clerc les plaintes qu’il avoit faites contreceux qui avoient accusé Grotius de favoriser le Socinianiíme.en donnant à quelques passa-ges de l’Ecriture un autre sens que le commun des Controversistes orthodoxes, 6c qui enavoient conclu que son intention étoit de sapper les fondemens du Christianisme. „ Per-,, sonne, dit-il (4) , nc s’est élévé avec plus de force contre de telles accusations que

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II

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Mr. lc Cler

rc. N’a-t-il donc pas bonne grâce de dire aujourd'hui que Mr. Bayle fait„ l’apologie des Athées , & qu’il a pour but de ruiner la Religion ? Cette prétendue„ apologie est-cllc autre chose que la rejection d’une fausse preuve”? II ajoute que Mr.leClerc lui-même a été obligé de se defendre plusieurs fois de ì’accusation dé Socinianisme,dont il demeure chargé.

Mr. Bayle donne après cela le précis de fa doctrine fur le sujet dont il s’agit, & 1a ré-duit à ces trois propositions ( y ) :

„ I. La lumière naturelle 6c h révélation nous apprennent clairement qu’il n’y a qu’unPrincipe de toutes choses, 6c que ce Principe est infiniment parfait.

II. La maniéré d’accorder le mal moral Lc le mal physique de l’homme avec tous lesattributs de ce seul Principe de toutes choses infiniment parfait, surpasse les lumièresphilosophiques, de forte que les objections des Manichéens laissent des difficultez quela raison humaine ne peut refondre.

III. Nonobstant cela il faut croire fermement ce que la lumière naturelle Lc la reve-

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!r. Bayle ajoute, qu’il sera trcs-assûrément réputé orthodoxe fur la premiere Lc furisiéme proposition ; Lc que si on l’attaque fur la seconde, on attaquera Luther 6c

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Mr.

la troisième ^

Calvin Lc tout le corps des Eglises Protestantes, Lc même presque tout le Christianisme.II est persuadé que jamais perionne ne prouvera que ces trois propositions ne font pas cequ’il enseigne constamment dans ses Ouvrages, ou que s’il les a établies dans quelques en-droits, il a établi les trois propositions contraires dans quelques autres.

II fait ensuite quelques considérations générales fur ce qu’il y a de dogmatique dans l’E-crit de Mr. le Clerc, ne voulant pas entrer dans des détails de critique qui le méneroienttrop loin. ,, On íuprimera donc, dit-il (6), beaucoup de remarques qui montreroientoù Mr. le Clerc prend les choses à contre sens, où il déguise l’état de la question, oùil se plaint mal à-propos qu’on n’a pas bien entendu ses pensées , où il trouve des con-„ tradictions chimériques, où il se donne la liberté de distinguer en deux especes ce qui„ n'en fait qu’une, où il retranche ce qui ne l’accommode pas, où il ajoute ce qui l’ac-,, commode, ôte”. Mr. le Clerc imputoit a Mr. Bayle d'accuser Dieu de n'être ni bonni saint 5 „ quelle horrible calomnie ! s’écrie Mr. Bayle (7), quelle imposture malicieuse !ou pour le moins quel manque de discernement ! Mais à qui persuadera-t-on que Mr. leClerc habile homme autant qu’il l’est, a bronché par stupidité, 6c pour n’avoir pas sûdistinguer deux choses visiblement différentes? l’une est de dire que Dieu est infinimentbon Lc saint, quoique nôtre raison ne connoisse pas la maniéré dont fa bonté Lc fa sain-teté s’accordent avec la miscre , Lc avec le péché de l’homme ; Mr. Bayle ne dit quecela> l’autre est d’accufer Dieu de n’être ni bon ni saint. Mr. Bayle n’a jamais fait unetelle chose”.

Mr. Bayle ne s’arrête point fur l’Origenisme : il prétend que Mr. le Clerc n'a rien ditnouveau sur ce sujet, Lc qu’il n’a point répliqué aux raisons de son adversaire; qu’ainsi

de

elles subsistent dans toute leur force , Lc qu’il suffit de prier le Lecteur de comparer les

170s.

1706.

que le reluirai uc m uuputt ív*ïuu<-ii<-<-uuc que ron a accrue , a cre toujours qu :falloit en inférer la nécessité de captiver son entendement sous l’autorité de Dieu ; Lc quec’est un principe commun à tous les Chrétiens qui admettent le mystère de la Trinité 6c

. quel-