V I E D E Mr. B A Y L E.
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Mr. Bayle donna en ce même rems un quatrième Tome de sa Réponse aux neftions ct unProvincial (i). II dit dans la Préface, datée du zy. de Novembre iyo6 ì que ce quatriè-me Tome auroìt pû paroitre beaucoup plutôt, si les Presses du Libraire n’eussent été oc-cupées à de grands ouvrages commencez depuis long rems, St qu’il importoit de finir.Les cinq prémicres feuilles avoient été imprimées avant le commencement du mois d’A-vril. La principale St la plus ample partie de ce volume regarde la critique que Mr. Ber-nard avoir faite du second Tome de la Continuation des Pensées diverses qui roule fur le Pa-rallèle de l’Athéifme St du Paganisme. Mr. Bayle fe flate que les Lecteurs y trouverontun mélange de raifonnemens, d’autoritez, & d’histoires qui ne leur permettra pas de s’en-nuyer. „ Ils ne doivent pas craindre, dit-il, fous prétexte que c’est ici une réponse à„ Mr. Bernard, de rencontrer des choies peu intéressantes. Tout y est aussi dogmatique,„ St aussi dégagé de diférens personnels que si on n’avoit eu en vue ni Mr. Bernard, ni„ aucun autre particulier”.
Mr. Bernard avoir aussi fait des Extraits critiques du premier & du second Tome de laRéponse au Provincial (z) : Mr. Bayle dit qu’il auroit bien souhaité de mettre dans cequatrième Volume la réfutation qu’il avoit faite de ces Extraits. „ Cette Réfutation,„ ajoûte-t-il, est achevée depuis longtems, & roule fur des matières qui ne font pas moins,, curieuses qu’importantes. Elle est telle en un mot qu’un Auteur peut avoir de l’impa-,, tience de la voir publique. Cependant il a falu trouver bon qu’elle fût renvoyée au3 , Tome qui suivra celui-ci”. Ce cinquième Tome ne parut qu’après la mort de Mr.Bayle, & il n’eut pas le tems de le revoir, de le corriger, Sc de le grossir autant qu’ill’auroit pû. Cependant il y traite diverses questions importantes, Sc y examine plusieursfaits historiques avec une exactitude qu’il poussoir jufqu’au scrupule.
Mr. le Clerc ne laissa pas fans répliqué la dernière réponse de Mr. Bayle. II renouvellases accusations avec beaucoup de vehemence (z) : il soutint que Mr. Bayle n’avoit pas ré-pondu à ses principales difficultez, Sc que ce qu’il lui oppofoit de nouveau étoit vain ÔCfrivole. Mr. Bayle lui avoit offert de prendre les Académies de Hollande pour juges deleur différend: Mr. le Clerc répondit qu’il y avoit une voie bien plus sûre Sc plu- hono-rable pour Mr. Bayle > c’est, dit-il, de solliciter lui-même une aprobation de ion Dictio-naire, de ses Pensées fur les Comètes, Sc de ses Réponses aux Questions d’un Provincial,par laquelle ces Académies déclarent qu’elles n’y ont rien trouvé contre leurs scntimens,Sc particulièrement dans les Articles Sc les Chapitres concernant les Manichéens, & laPrédestination. S’ils lui accordent cette aprobation, ajoûte-t-il, je dirai que j’ai eu tortde nier qu’il fût de leur sentiment.
Mr. Bayle répliqua, dans un Ouvrage intitulé Entretiens de Maxime if cle T hem*fie :ou Réponse à ce que Mr. le Clerc a écrit dans son X Tome de la Bibliothèque choisie contreMr. Bayle (4). Maxime Sc Themiíle examinent Sc critiquent tour à tour l’Ecrit de Mr.le Clerc. Ils Rattachent à justifier les principes de Mr. Bayle, Sc à faire voir que Mr.le Clerc en a tiré de fausses conséquences. Ils se plaignent de ce qu’il a souvent déguiséPétât de la question, Sc passé sous silence ce qu’on lui avoit opposé de plus fort Sc de plusconvaincant. On voit par là que cette dispute avoit dégénéré en reproches d’Auteur àAuteur Sc qu’elle étoit devenue en quelque maniéré personnelle. Ces reproches étoient^accompagnez de plusieurs termes durs Sc outrageans. Un bel esprit d’Angleterre (y) di-foit qu’il ne devoir pas y avoir plus d’aigreur dans un Ouvrage de Controverse, que dansun Billet-doux. Cette maxime ne regarde pas moins les Philosophes que les Controver-fistes j ou pour mieux dire, tous les Savans devroient être Philosophes à cet égard. Maislors qu’un Auteur voit qu’011 attaque fa personne, son honneur Sc sa réputation, il lui estbien difficile de se retenir. II se croit obligé de repousser ces outrages, Sc il lance à sontour des traits perçans contre son ennemi.
Les attaques qu’on livroit de tous cotez à Mr. Bayle, redonnèrent du courage à Mr.Jurieu. II crut que l’occasion étoit favorable Sc qu’il en devoir profiter. II publia unpetit Livre intitulé, Le Philosophe de Rotterdam accusé , atteint , if convaincu (6). II yfait revenir ses anciennes accusations contre Mr. Bayle, quoi qu’on les eût réfutées d’unemaniéré à le réduire au silence. II donne de grands éloges à Messieurs Jaquelot Sc Bernard,qu’il avoit persécutez comme suspects d’hérésie: il en donne même à Mr. le Clerc, qu’ilhaïssoit mortellement. Mais ces Messieurs avoient écrit contre Mr. Bayle > il les apelloiten témoignage, Sc il ne vouloir pas décrier ses témoins. Cependant il ne peut pas s’era-pêcher de mêler quelque amertume à ses douceurs : il rapella malignement leurs anciennesdisgrâces, Sc leurs sentimens hétérodoxes. Mais il se servit d’un détour : il rapporta sousle nom de Mr. Bayle Sc de ses amis les raisons qu’on pouvoir alléguer pour récuser cestrois témoins, au nombre desquels il sc rangea lui-même. ,, II est admirable, dit-il (7),Sc ses amis avec lui, dans les reproches qu’ils font contre ces témoins: le Théologiende Rotterdam est un entêté, idolâtre de ses productions, qui aime souverainement lessuperlatifs, Sc qui n’a pas été content du peu de louanges qu’on a données à ses ouvra-ges : Mr. jaquelot a été piqué de ce qu’il avoit apris que Mr. Bayle avoit parlé du Li-
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vrc de l’existence de Dieu avec assez peu d’estime. De plus c’est un homme plus que„ suspect, Sc qui ne s’eít pas tiré avec honneur des affaires, qu’il a eues5 un autre a été,, repris par les Synodes -, le troisième est un Pelagien Sc un Socinìen, convaincu d’héré-„ fie Sc drimpiété”. Mr. Jurieu s’efforcc de trouver quelque difference entre ses princi-pes Sc ceux de Mr. Bayle. O11 jugera s’il y réussit par l’exposé qu’il donne de son propresysteme, Sc qu’il réduit à ces trois points (8) : x. ,, Que Dieu ne peut avoir eu dans lésactions, dans ses Décrets Sc dans fa Providence d’autre fin que fa propre gloire} d’oùil s’eniuit que toutes les dispositions de la divine providence sont justes, sages Sc rai-sonnables, quelques dures qu’elles paraissent au sens de la chair, Sc opposées aux inte-rets des créatures, z. Qu’il n’y a dans l’homme, ni dans les choses humaines, rien desemblable à ce qui est en Dieu z les noms ôlEtre^ de Subsance ì de Substance qui penste tde Volontés à'Intelligence , de Libertés de Droit , de Justice , Sc tous autres semblables,sont tous noms équivoques , qui ne signifient pas en Dieu ce qu’ils signifient dans
[o 5] „ l’homme:
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*5
(1) A Rot-terdamchez Rei-nier LeersMDGCV 1 I.
( 2 ) Nmvtìrles de 4s
de' Le Ires tJanvieri’o6, Art.IV. p. 4».& FévrierArc. li. f.IJ 3.
{ î ) lìil llo-îbeepts-: ehoi-ft -, Tom.X. Ait.VIII. p.
364 &1UJV,
(4I A Rot-terdamchez Rei-nier .LeersNDCCV 1 I.
si) LeComte deFa'kland,tue à labataille deNcwburyle 30 deSeptembre
i«4Z.
(C) Le ti-tre porteqtpil estimprimé àAmster-dam , maison n’y apas mar-qué le nomdu Librai-re.
(7) Le Phi-losophe de\oUtrdam
Lee, p. 3» ,40.
(J) Ibid.p. riz &
1UÌY,