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l?C6.
(e) Impri-me à
Amsterdamtn 1707.
(f) \ifon~se À deux Ob-sédions &C 5
Préfacé ,fol. * z.
(«£") Bíblio-thecjue Choi-
se y Tom.
^M.p.415,
416.
(h) Im-primé àAmster-dam, endeux voll.i n 12.
( 1 )La sou-veraine Per-fusion dei-fieit ÔtC :
Pieftce,p. xxxiv,*xxv.
V I E D E Mïl. BAYLE.
partie? Pourquoi ne compter pour rien la foule des Théologiens qui font dé fóti côté'?„ C’est-là un des points principaux de la dispute entre lui, & l’es Adversaires, & fur quoi„ pourtant ils ont très-peu insilté. II semble que c’cil à quoi ils devroient principale-„ ment s’attacher : autrement on pourróit les soupçonner , de songer moins à deffendre„ la vérité, qu’à se vanger dc Mr. Bayle”.
II v avoir plus de six mois que Mr. Bayle étoit incommodé d'une ardeur de poitrinequi raíFoibliilbit sensiblement. Comme c’étoit im mal de famille, il l‘e jûgéa mortel, &ses amis ne purent le faire consentir à prendre des remèdes. II voioit aprocher la mort jsans la desirer, ni la craindre. II travailloit fins relâche , & avec la même tranquillité
d’esprit que si la mort n’etit pas dû interrompre son travail. Dans la Lettre de remercie-ment qu’il écrivit à Mylord Shastsbury, il lui rendit compte de les occupations Sc de sitmaladie. ,, J’aurois crû, dit-il (1), qu’une querelle avec des Théologiens me chagrine-„ roi t ; mais j’éprouve par expérience qu’dle me sert d’amusement, dans la solitude à„ quoi je me suis réduit. Car comme mon mal est une affection de poitrine , rien ne„ m’incommode autant que de parler -, & c’est pourquoi je ne reçois ni ne fais aucune
„ visite j mais je m’amuíè à réfuter Mr. le Clerc ÔC Mr. Jaquelot , que je trouve perpe-„ tuellcment coupables dc mauvaise foi”.
Sa Réponse à Mr. le Clerc étoit déja imprimée, aussi bien que la meilleure partie déíà Réplique à Mr. Jaquelot : il avoit répondu à ce qu’il y avoir d’essentiel dans le dernierLivre que celui-ci avoit publié , & il ne lui reítoit à faire que quelques remarques qu’ilavoit réservées pour la fin, lorsque la mort l’arrêta. Voici ce que Mr. Leers m’écrivit àce sujet ( 2.) : „ Mr. Bayle est mort fort tranquillement, & sans qu’il y eût personne au-,, près de lui. La veille dc fa mort, après avoir travaillé toute la journée, il donna de„ la Copie de fa Réponse à Mr. Jaquelot à mon Correcteur , lui disant qu’il se trouvoit„ très-mal. Le lendemain à neuf heures du matin , son hôtesse entra dans fa Chambre :„ il lui demanda, mais en mourant, si son feu étoit fait, & mourut un moment après j„ fans que ni Mr. Basnage, ni moi, ni aucun de ses amis ayent été préfens”. II mourutíe vingt-huitiéme de Decembre de l’année 1706, âgé de cinquante neuf ans, un mois, &dix jours. II avoit fait un Testament en faveur de Mademoiselle Bayle fa Niece, fille de
son
,, peut rien répliquer aux conséquences qu’il tire du„ Dogme de la Prédestination absolue, contre la Re-,, ligion; c’est avouer que ces conséquences font bien„ tirées , 5c par conséquent que le Dogme est faux.», II en faut convenir ou renoncer à toute Logique ”.Mr. le Clerc ajoute , „ que l’interêt politique , que
i‘, quelques personnes eurent autrefois de soutenir la,, Prédestination absolue , ayant ceslé , il seroit bien„ teins qu’on revînt d’un Dogme , dont on voit qUe„ l’on tire des conséquences , auxquelles on avoué„ qu’on ne peut pas répondre”.
D’un autre côté, Mr. la Placette, peu content deshypothèses de MefiieUrs le Clerc & Jaquelot, se crutobligé de répondre aux Objections des Manichéens parles principes des Reformez. Mais comme il avoit ungrand fonds de modération, il pouflà ses égards pourMr. Rayle jusqu’à ne vouloir pas même le nommer.Son Livre a pour titre, Réponse àdeilx Objeâìions, qu'onoppose de la part de lá Raison à ci que la Toi nous apprendfur l’Origine du Mal -, ejr fur le Myftere de la Trinité5cc (e). „ Quelques Auteurs distingués, dit-il (/),
,, ottt entrepris de répondre à ces Objections , fur-„ tout a la premiere, qui est la plus plausible. Mais,, comme ils ont bâti fur des fondemens qui ne me,, paroissent nullement solides , ôc qui ne font pas„ même reçus par-tout, il étoit à souhaiter qu’un au-,, tre se ^ít sur les rangs, 5c qu’íl examinât ces Ob-„ jestions en les comparant avec des principes plus,, furs, 5c moins contestés”. Mr.le Clerc parlant decet Ouvrage de Mr. la Placette remarqua (g) „ qu’il,, avoit été composé avant la mort de Mr. Bayle, mais,, qu’heureusement il n’avait pas été publié de son vi-,, van t. Si Mr. Bayle, dit-il, l’avoit vû , je suis sûr„ que de l'humeur dont il étoit, il se seroit mis àcott-,, vert de la réputation de 1’Aureur. Il auroit dit qu’il,, étoit prêt à souscrire à ce Livre , sans changer de,, sentiment, 5c auroit prétendu être aussi orthodoxe,, que Mr. de la Placette, à qui «Bailleurs personne ne,, le comparera”. N’étoit-ce pas avouer què les prin-cipes de Mr. Bayle étoient conformes à ceux de cé sá-vant 5c judicieux Théologien ?
Mr. Naudé publia en 1708, un Livfe intitulé, Lasouveraine perfection de Dieu dans ses divins Attributs crla parfaite intégrité de l Ecriture, prise au sens des anciensReformez , défendue par la droite Raison contre toutesles Objections du Manichéisme répandues dans les Livres deMr. Bayle (h). Dans cet Ouvrage, Mr. Naudé oppo-se aux Objections Manichéenes le sentiment des Su-piálapsoires , persuadé qué c’est le seul systerne, oùl’on en trouve le dénouement. Ainsi, il est fort c-loigné déprouver les hypothèses de Messieurs Ring,le Clerc, Sc Jaquelot. II les réfuté même avec beau-coup de vivacité , 5c s’étend fort au long à faire voirque Mr. Jaquelot n’a pas répondu solidement â Mr.Bayle. ïnfin, il soutient que Mr. Bayle a triomphéde Mr. Jaquelot 5c de Mr. le Clerc. „ Mr. Jaquelot,», dit-il ( »)» en suivant un système qui n’est qu’une
„ pure invention humaine, tâche de justifier Dieu du„ blâme d’estre, en aucune maniéré , auteur du pc-„ ché. D’abord il s’en acquitte très-ma!, puis qu’eti,, tirant de fa doctrine des conséquences trcs-necessai-„ res , il s’ensuivra que Dieu est l’autcur du péché,„ quoi que Mr. Jaquelot puifle dire au contraire , 5c„ le dernier Ouvrage de Mr. Bayle (k) vient de prou-„ ver cette vérité d une maniéré invincible. D’ailleurs», il fâit encore Dieu auteur du péché,d une autre ma-il niére bien plus odieuse. Il nie positivement des,, dogmes fondez fur cent passages de l’Ecn'ture. Il,, le rend par conséquent menteur; ce qui suffit pour,, renverser le Christianisme par son fondement. En-,, fin Mr. Jaquelot est souvent en contradiction avec„ soi-même, 5c souvent auffi opposé à la droite Rai-,, son. Voila donc malgré sa Réponse , tous les,, Chrétiens dans le détroit où Mr. Bayle prétend les,, avoir pouffez. Mr. le Clerc avec son Origeltifme,„ continue Mr. Naudé, avance encore moins que Mr.„ Jaquelot , puisqu’il est dans une opposition plus„ formelle avec l'Ecriture, 5c que d'ailleurs il retoni-„ be dans les mêmes inconveniens. Aussi l’un 5c l'au-,, tre viennent d’estre écrasez par ce dernier Ouvrage„ de Mr. Bayle. J’en fais jugés ceux qui ont esté spec-,, tateurs du combat ”,
On ne fera peut-être pas fâché de savoir ce queMr. Basnage pensoít sur cette dispute. ,, Deux Ou-„ vrages , m’éciivit-il (i), viennent de paraître con-,, tre Mr. Bayle; l’un de Mr. de la Placette, l’autre de„ Mr. Jaquelot que je n’ni pas vu. II me semble„ qu’on peut mettre ces Messieurs aux mains les uns„ avec les autres. Dès le moment qu’on est Prédes-,, tinateur aux termes du Synode de Dordrecht , on„ regarde les Réponses de Mrs. le Clerc, Bernard, 5c„ Jaquelot comme mauvaises : 5c les Arminiens s’i-„ maginënt qu’on në peut lui répondre dans le syste-„ me ordinaire. On ne peut pas dire qu’on lui ré-„ pond bien quelque fy sterne qu’on prenne. Car an,, contraire, chaque parti prétend que l’autre se trom*„ pc, s’égare, ôc ne peut soutenir le poids des diffi-,) citltez de Mr. Bayle. Ce ne font pas deux routes„ différentes qu’on prend pour parvenir au même>, but: ce sont des chemins opposez , dont l’un prend,, ía droite 5c l’autre la gauchfc ; 5c chacun soutient„ que son chemin est le seul qu’on puisse prendre.,, Ajoutez à cela, que Mr. Bayle a obligé Mr. Jaque-„ lot à fe déclarer Arminien, après avoir mangé le,, pain des Orthodoxes dix-huit ans, avec des prores-„ tations solemnelles dans nos Synodes qu il ne l’é-,, toit pas : 5c Mr. le Clerc a été forcé de lâcher pied,, fur l’éternité des peines. II a abandonné la doctri-,, ne reçue dei anciens 5c des modernes, fans justifier,, la Providence , ni lever la difficulté qui reste toû-,, jours. Car outre le mal moral, il y a aílèz d’au-„ tres maux physiques, pour donner lieu aux plaintes,» 5c aux objections des hommes”.
Op]
(i) Lettredu 29 d’Oc-tobre 1706,?- "24- ;
Voyez aufliJá LettreL Made-moiselleBaricavedu 28 d’Oc-tobre i7oá>p. H22,1123 .
(2^ LettrCde Mr.Leers, du18 de Jan-vier 1707;
(10 Entte-
Maxtm< drde Thtmiftt 'íkc.
f/) Letttcdu 19d* Août1707.
Tom. L