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Tome premier. A - B.
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CIV
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fl) Ihid.P. 317.

(2) Histoiredes Ouvragesdes Snvans>Decembre1706 » p*544 .

(<s) Voyezci-dcssus,p. XCXI.

(£) addi-tion AC Examen dela Théologiede Mr, Bayle&c, p.

475 , 476 .

CIV V I E D E Mr. BAYLE.

de faire voir la Conformité de la Foi avec la Raison. On s’attend qu’ils montreront quènos Systemes theologiques sont unis à la raison par les maximes mémes qu’elle fournit àl'ennemi, & qui font le fondement des objections ; 8í que la solution qu’ils donneront,découvrira le lieu qui joint ensemble ces maximes philosophiques & ces hypothèses theo-logiques. Mais c’est ce que Mr. Jaquelot n’a point fait. II a été si effrayé du plan d’ac-commodement qu’on lui marquoit entre sept propositions theologiques & dix-neuf pro-positions philosophiques qu’il n’a oie s’en aprocher: il n’a pû prendre d’autre parti quede dire que ces dix-neuf propositions „ font des maximes fausses, dont on ne doit faire„ aucun usage dans la question dont il s’agit (1)”. Mr. Bayle avoit avoué qu’il falloitrenoncer aux notions communes de la bonté & de la sainteté, quand il est question de ju-ger de la providence de Dieu à l’cgard du mal. Cet aveu avoit fait de la peine à plusieurspersonnes. C’est là-dessus que Mr. le Clerc s’étoit fondé pour accuser Mr. Bayle de dé-truire la Religion. Mais puisque Mr. Jaquelot récusé aussi les notions communes, &qu’il affirme que les damnez, souffriront éternellement, il se doit croire envelopé dans l’ac-eufation de Mr. le Clerc, comme complice des prétendues impietez de Mr. Bayle. Ontire de là une nouvelle preuve qu’il n’y a rien de plus trompeur que le titre du premierOuvrage de Mr. Jaquelot: Conformité de la Foi avec la Raison-, ou Défense de la Religioncontre }es principales difficultez répandues dans le Diélionaire de Mr. Bayle. Pour rectifierce titre, il faudroit y faire ce changement: Conformité imparfaite de la Foi avec quelques-unes des maximes de la Raison ; ou dispute contre Mr. Bayle à qui l'on avoue que les maxi-mes philosophiques qu'il a cru irréconciliables avec nos Syjlemes de Théologie , le font effecti-vement.

On examine après cela les cinq principes que Mr. Jaquelot substitue aux notions com-munes qu’il a rejettées , 8t on fait voir qu’ils ne font pas capables de satisfaire la Raison.On observe que Mr. Jaquelot ne pouvant pas répondre aux difficultez que Mr. Bayle avoitfaites contre son premier livre, n’avoit eu d’autre ressource que d’xnventcr un nouveauSysteme qui pût lui servir à échaper aux Objections qu’il ne lui étoit pas possible d’élu-der, s’il eût persisté dans ses premiers dogmes. On fait voir que par ce nouveau Sys-teme, Mr. Jaquelot rétracté tout ce qu’il avoit dit dans son premier Ouvrage pour justi-fier par les intérêts de la gloire de Dieu la permission du péché. On fait 1 examen de ceSysteme, & on montre qu’il est inutile pour résoudre les difficultez dont il s’agit. Onsoutient qu’il s’enluit visiblement du Systeme de Mj\ Jaquelot que Dieu a voulu le péché,& en a été la cause proprement dite. On prouve que ce Ministre a vainement prétenduque le franc arbitre levoit toutes les difficultez fur l’origine du mal. On réfuté íà doctrinefur la permission du mal, 6c ce qu’il a répondu au sujet du mal physique, & du Pyrrho-nisine; & on répond à plusieurs remarques qu’il avoit faites fur le troisième Tome de laRéponse au Provincial. Enfin on marque les raisons que l’on a euës de ne point examinerles 303 premieres pages de la Répliqué de Mr. Jaquelot,6c pourquoi l’on se contente d’unpetit nombre d’observations, qui regardent principalement le recueil des difficultez qu’ila tirées du Dictionaire critique 6c accompagnées de ses réflexions.

Du reste, on se plaint dans cet Ouvrage,que Mr. Jaquelot n’a pas répondu à un grandnombre de difficultez embarrassantes; qu’il est plein de supercheries 6c de déguifemens ;qu’il foule aux pieds la bonne soi afin de suivre les mouvemens d’une haine personnelle »qu’il ne cherche qu’à chicaner 6c qu’à faire perdre de vue les difficultez ; qu’il mutile lespassages de son adversaire, 6c affecte de parler avec mépris de son livre : on remarque qu’il«'étourdit quelquefois jusques à combattre ses propres principes; qu’il s’abandonne tropà fa présomption; qu’il est trop orgueilleux pour convenir qu’il se soit jamais trompé,Sec. Ce stile n’étoit pas naturel à Mr. Bayle: il disputoit sans sortir jamais des bornes dela modération. II diffimuloit au contraire ou excusoit les défauts de iës adversaires, 6cassaisonnoit fa critique de mille traits polis 8c obligeans. Mais il fut aigri 6c piqué, parcequ’il vit qu’on attaquoit fa personne encore plus que fa doctrine, 6c qu’on n’oublioit rienpour le livrer à l’indignation publique. Ce procédé parut très-deraisonnable auxpersonnes désintéressées. Mr. de Bauval s’en plaignit. „ Si Mr. Bayle, dit-il (2), a eu„ des intentions sécrétés,6c des desseins dangereux contre la Religion,c’est le procès per-,, sonnel de Mr. Bayle; 6c ce n’est pas la cause du Public. Ceux qui ne cherchent que„ la vérité, se mettront peu en peine de discuter, si l’on est bien fondé dans les accusa-„ tions qu’on intente à Mr. Bayle. Ils se réduiront à la question générale. Or il est sin-„ gulier que ses Antagonistes ne s’attaquent qu’à lui là-dessus, puis qu’il est constant que„ presque tous les Catholiques Romains, 6c la plus grande partie des Protestans soutien-„ nent hautement la même chose (R). Pourquoi s’acharner fur lui seul, 8c le prendre à

„ partie?

(R) La plus grande partie des Protestans soutiennenthautement la même choses Ceux qui entreprirent dcréfuter Mr. Bayle par les principes des Arminiens, n’o-íerent pas nier que fa doctrine ne fût la même que cel-le des Reformez. 11s se retranchèrent seulement àdire qu’il avoit de mauvaises intentions. Ils atta-quoient cependant le sentiment des Reformez, & pré-tendoient qu’il donnoit lieu aux Objections de Mr. Bay-Je. Mr. Jaquelot ayant vu que Mr. Jurieu déclaroitque c’étoit en vain qu’on exaltoit le libre arbitre del’homme, & que cette hypothèse n’étoit pas capablede refondre les difficultez (a) fit une Addition à sondernier Livre, dans laquelle il chargea le Systeme deMr. Jurieu, de toutes les conséquences des Manichéens.C’est ainsi" que les Adversaires de Mr. Bayle se refu-toient les uns les autres. Le lui adjugeoient tour à tourla victoire. „ J e ne conçois pas,dit Mr. Jaquelot (b ),„ comment un Théologien, qui a bien compris les

„ difficultez de Mr. Bayle, contre les hypothèses de„ ceux qui se contentent pour toute réponse d’imposer„ silence à la Raison , ne s’aperçoit point, qu’il s’en-„ fuit de cette méthode, que la Raison humaine se-„ roit convaincue par des conséquences légitimes Sc„ nécessaires que Dieu est la cause du mal, er ïAuteur„ du péché ”. Il déclare que ,, (c) tous ceux qui ne,, voudront point abandonner les hypothèses, fur les-„ quelles Mr. Bayle a fondé ses difficultez, sont obli-,, gez indispensablement de montrer la fausseté doses„ conséquences Sc de ses Objections, d’une maniéré„ qui puiíle satisfaire la conscience d’une personne é-” cl . a  ée ôc raisonnable. Autrement, c’est une opi-„. niâtreté pure, Sc un faux honneur, que de vouloir,, demeurer dans des principes, d’où on tire de si hor-,, ribles conséquences ”. Mr. le Clerc approuva ce ju-gement. „ Mr. Jaquelot remarque fort bien,dit-il ( d ),,, que si l’on accorde à Mr. Bayle, que la Raison né

... peut

1726.

(c) Ibid. pi.478.

(d) Biblio-thèque Choi-sie, Tom.XX. p. 4IÎ.,iî.