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Tome premier. A - B.
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CXIII
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CX1II

CONCERNANT LE DICTIONAIRE CRITIQUE

Le même jour.

Monsieur le Page, l’un de nos Pasteurs, a rapporté à la Compagnie que le Sieur Bayle étoit venu chez lui, le10. de ce mois, lui dire qu’il avoir apris que le Consistoire examinoitson Dictionaire Critique , que cela l'avoit sur-pris, par ce qu’il ne croyoit pas que les Dictionaires fussent sujets à l'examen ; qu’on l’avoit assuré que nous trou-vions à redire aux Articles deDAviD,desMANicHE’ENs,ouPAULiciENs, desPYRRHONiENS,8càdiverses expressions & citations trop libres; que cela étant, il se proposoit d’adoucir 8c rectifier ces choses dans uneseconde Edition, soit en ajoutant, soit en retranchant, Lc qu’il souhaitoit que nôtre Compagnie fût informée decette déclaration qu’il faisoit, Lc dont il esperoit qu’elle seroit satisfaite: fur quoi la Compagnie ayant délibéré, atrouvé à propos de se rassembler extraordinairement Jeudi prochain sur l’affaire dudit Sieur Bayle.

Le Jeudi ip. Decembre i6py.

La Compagnie étant extraordinairement assemblée íùivant l’Acte précédent, & ayant fait relire-les quatre pre-miers Mémoires dans l’affaire du Sieur Bayle, mentionnez dans les Actes précédens ; elle a trouvé à propos d’aver-tir par la bouche du Secretaire le Sieur Bayle de se trouver devant elle Mardi prochain après midi, à trois heu-res Lc demi pour ladite affaire.

Le Samedi 21. Decembre 1697.

Le tems marqué dans le second Acte du iy de ce mois, pour faire des remarques fur le Mémoire à l’égard de di-vers Articles concernant des Athées , ou des Epicuriens , mentionnez dans ledit Acte, étant échu présentement,ila été demandé, si les autres Membres de la Compagnie y avoient fait des remarques; for quoi personne n’ayanttémoigné en avoir fait: le rapport contenu dans ledit Mémoire est arrêté, Lc tenu pour être le sentiment de laCompagnie.

Le Mardi 24. Decembre 1 697.

La Compagnie étant extraordinairement assemblée suivant l’Acte du ip. de ce mois a comparu devant elle leSieur Bayle, à qui la Compagnie ayant exposé par la bouche du Président, qu’elle avoir trouvé dans le Livre du- ‘dit Sieur, intitulé Dictionaire Hijlorique & Critique , divers passages qui ont paru à la Compagnie scandaleux.Et en premier lieu, qu’il se trouvoit dans fondit livre des expressions, citations Lc réflexions impures; là-dessusledit Sieur Bayle a dit ” qu’il n’étoit point préparé à répondre, n’ayant pas fçû ce qui lui seroit proposé pat la,, Compagnie, Lc a ajouté qu’il y avoir de la difference entre un Ecrivain Philosophe, ou Historien, Lc entre un„ Théologien; qu’un Historien doit être fidele, 8c sans partialité, 8c qu’il est responsable quand il fait de faux,, rapports; qu’il pourroit demander à cette Compagnie vingt audiences de deux heures chacune pour exposer ses,, raisons; mais qu’il ne vouloir point se servir de ce moyen, Lc qu’il vouloir éviter la longueur; qu’il soûtenoit„ qu’il n’avoit rien avancé dans fondit livre comme son sentiment, qui fût contraire a nos Confessions dc Foi, Sc,, qu’il y avoir maintenu les points de la Religion; qu’on ne devoir pas s’arrêter à ce qui n’est que des bagatelles;

„ qu’on pourroit critiquer fur les Extraits que la Compagnie a fait faire à l’égard des faits Lc à l’égard du droit,

,, mais qu’il ne vouloir point entrer dans cette discussion; que dans la Préface dudit Livre il avoir déclaré qu’il se-,, roit prêt à corriger ce qui pourroit s’y trouver devoir être corrigé; Lc que dans ses Réflexions qu’il avoir pu-,, bliées contre un Imprimé intitulé, Jugement du Public ôcc, il avoir fait une semblable déclaration; qu’il de-3, claroit encore à cette Compagnie d’être résolu de changer dans une seconde Edition ce que la Compagnie y„ trouveroit à redire, Lc que deja il travailloit à la correction dudit Livre.

Sur quoi la Compagnie ayant délibéré, Lc fait rentrer lc Sieur Bayle,lui a fait dire par Mr.le Président, qu’el-le n’entreroit pas à présent dans une réponse aux raisons susdites alléguées par ledit Sieur ; Lc touchant fa résolutionqu’il a déclarée, qu’elle paroissoit à la Compagnie d’être vague ; que ledit Sieur avoit parlé de changer dans uneseconde édition Lc non point dc rétracter ; que la Compagnie n’étoit pas assurée quand cette seconde édition se fe-roit, 8c aussi que divers empêchemens forvenans en pourroient empêcher l’exécution; que les remarques que laCompagnie a faites for ledit Livre étoient d’importance. Sur quoi le Sieur Bayle a dit, ” qu’il seroit prêt non„ seulement à faire des changemens dans ledit Livre : mais aussi de rétracter ce qu’il y seroit trouvé devoir être re-„ tracté, Lc que même dès à présent, s’il y avoit des propositions, étans de lui, qui seroient contraires à nôtre,, Religion, qu’il les déclaroit hérétiques.

Après quoi la Compagnie lui a fait dire qu’elle lui seroit indiquer les passages dudit Livre, Lc les remarques de laCompagnie, Lc ensuite elle a nommé Mess IS . Pielat, de Superville Lc le Page, Pasteurs, Mess rs . deFanueil,Diodati, & Vermande, Anciens; ôc Messieurs de Tinnebacq 8c de Peyster, Diacres, pour indiquer audit SieurBayle les passages Lc les remarques contenues dans les cinq Mémoires qui font faits for ce sujet : Lc pour entendrece que ledit Sieur dira là dessus, en fuite en faire rapport à la Compagnie.

Le y. Janvier 1698.

Messieurs les Commissaires, nommez dans l’Acte du 24. Decembre dernier, ont fait rapport, qu’ayant été as-semblez le 30 suivant, ils avoient exposé au Sieur Bayle en substance les remarques contenues dans les cinq Mé-moires faits à l’égard de son Livre, mentionnez dans ledit Acte, Lc qu’ayant entendu les éclaircissemens Lc les ré-ponses générales, Lc aussi les offres dudit Sieur for ce sujet, ils avoient trouvé à propos que ledit Sieur mit par é-crit ce qu’il avoit dit devant eux, ce que lc Sieur Bayle ayant fait, ils en ont produit un Mémoire, signé duditSieur, lequel étant lu devant la Compagnie ; après des réflexions là-dessus, elle a trouvé à propos de prier les mê-mes Commissaires de dresser un projet de Réponse audit Mémoire, Lc de le communiquer à la Compagnie, qui serassemblera extraordinairement pour cela Mardi prochain, Lc a ordonné que le Sieur Bayle soit averti de se trou-ver audit jour devant elle.

Mémoire présenté à Messieurs du Consistoire de /’ Eglise Walonne de Rotterdam , ie Dimanche f. de Janvier 1698.au sujet du Dictionaire Historiqjie et Critiqjje.

„ MESSIEURS,

„ Ce que j’eus l’honneur de vous dire le 24. du mois passé; Lc de repeter plus amplement à Messieurs vos Com-» missaires Lundi dernier, lorsqu’ils me lurent leurs Remarques, je le donne par écrit aujourd’hui à la Compagnie,, avec des explications plus particularisées.

„ Cela se réduit à deux points : le premier est, que j’ai une infinité dc choses à alléguer tant en raisons qu’en„ exemples pour ma justification, íàns la discussion desquelles, on ne peut vuider cette affaire équitablement par,, la voye du jugement. Le second est, que si pour éviter les longueurs, & autres inconvcniens, vôtre Com-,, pagnie trouve à propos de la terminer par voye d’accommodement, j’en faciliterai les moyens de tout monpos-sj sible. Pour cet effet, je déclare en premier lieu très-sincerement que mon intention n’a jamais été d’inserer„ dans mon Dictionaire aucune chose qui donnât un juste sujet de scandale aux bonnes âmes. j’ai toujours esperé„ 9 ue la liberté que je prenois à certains égards seroit favorablement interprétée par les réflexions que l’on seroit,, que c’estun Laïque Lc un Philosophe qui parle, Lc cela dans une Histoire, une Critique, Lc un vaste Com-„ mentaire, & que j’ai eu soin de mettre par tout où ils étoient nécessaires, des correctifs Lc des éclaircissemens5j qui ramènent mon Lecteur au principe le plus orthodoxe de nôtre Communion, lavoir, que l’Ecriture est

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