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Tome premier. A - B.
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z8 AB U MUS Lï M U S. ACACIA. A C A M A S.

s-) TiréiTElmaciniHistoi. 5 ,ir-lacen. Ubr.II, Cap. I,il sequent.

(i) Befpier,Remarquesfier l’Etatprésent del’EmpireOttoman,parlUcaut,

fug. 666.

(z) Pietrodélia ville,Tarn. III,f*p. ìiZ,cití

par Belpicr,lèc-mtme.

mandoit dans la Province au nom du Calife Merwan. Après la mort d’Ibrahim , arrivée l’an i ; tde l’Hégire , Saffahus, son frere , fut élevé à la dignité de Calife. II laissa le gouvernement dela Province de Chorafan à Abumuslimus , 6c se servit de lui, pour faire tuer son Conseiller Abu-muflimas, qui lui étoit devenu suspect. II mourut l’an i 36, 6c eut potir successeur Almansor, sonfrere , qui, après avoir reçu d’Abumuslimus de très-importans services , le fit mourir traîtreuse-ment. Abdalla s’étoit soulevé dans la Syrie : Abumuslimus, envoie contre lui à la tête d’une bellearmée, le défit entièrement. Almansor, plus sensible à la calomnie qu’il prétendoit qu’Abu-muslimus avoit dite contre lui, qu’à l’importance de fa victoire , le manda , afin de le foiretuer. Abumuslimus, plein d’une juste défiance , refusa d’aller trouver son maître j mais s’étantlaifié leurrer par les caresses qu’on lui fit faire , il se rendit auprès d’Almansor, qui le jettadans le Tigre. Cela se fit en l’année 137 de l’Hégire , qui répond à notre année 7f4. On comptequ’Abumuslimus avoit été cause de la mort de six cens mille personnes. II passoit pour sc connoî-tre un peu en Magie, 6c il étoit d’une Secte , dont celle du malheureux Spinoza n’est pas dansle fond fort différente ( A ). Erpénius n’a point entendu les paroles d’Elmacin fur ce sujet-là (S).Ce que je viens de dire (c) , 5 c les deux Remarques que l’on va voir, sont des choies dont je neme rens point garant. Je les raportesor la foi d’autrui. II n’y a de moi là-dedans, que le parallèledu Spinozisme ; 6c je ne fui s 'pas trop persuadé, que celui, qui critique Erpénius , entendemieux que lui Pendroit en question.

(A) D’une Sefte dont celle de Spinoza n est pas sert diffé-rente.'] La Secte, dont Abumuslimus faisoit profession,enseignoit une sorte de métempsychose , qui n étoit gueresemblable à celle de Pythagoras (1). Celle-ci ne détruisaitpoint les âmes : elle ne faisoit que les envoier d'un corpsà un autre corps : mais l’autre métempsychose est ainsi dé-crite parle fameux Voiageur Pietro délia"Valle , dans Fen-drait où il fait mention de certains hérétiques Mahomé-tans , qui s’apellent Ebl Éltahkik , hommes de vérité, gens decertitude. „ Ils croyent, „ dit-il (a) , „ qu’il n’y a point

„ d’autre Dieu que les quatre élémens.qu’il n’y a

„ point d’ame raisonnable, ni d’autre vie après celle-ci :„ mais , que tout l’homme n’est qu’un mélange des quatre„ élémens , dont l’homme est composé pendant sa vie ,„ conjoints ensemble 8c animez par cette étroite union qui„ les tient lies les uns aux autres, 8c qui en mourant se résout,„8c se dissipe dans les quatre élémens simples, 8c par con-„ séquent s‘en retourne à Dieu , duquel il a été créé : 8c„ ainsi de toutes les autres choses qui font for la terre , &

„ dans le ciel : en un mot, qu’il n’y a pour tout que les„ quatre élémens, qui font Dieu , qui font l’homme , 8c„ qui font toutes choses; 8c que, par conséquent, les quatre„ élémens font étemels, 8c le monde , avec toutes ses vi-„ cissitudes 8c changemens, éternel ". Quelque différencequ’il y ait entre ce dogme 8c le système de Spinoza, le fondest toujours le même: on tient de côté 8cd’autre, que l’Uni-vers n’est qu’une feule substance, 8c que tout ce qu’on apellegénérations 8c corruptions, mort 8c vie, n'est qu’une certai-ne combinaison , ou dissolution de modes. Elmacin apelle Elmatmétempsychose de résolution celle qu’Abumussimus croioit. Histor. sar-(£) Erpeniuí n a point entendu les paroles d’Elmacin fur ce rac .Ubr u,fujet-là. ] II lui fait dire qu’Abumussimus suivit la Secte de Cíl ?- IILla succession dêscendante , profitebatur fefíam succeffìonis des- ^ IO °'cendentis (3). : II faloit dire qu’il suivoit la Secte qui en- fo) Befpier,seignoit la métempsychose de résolution , profitebatur seflam Je® áeorum qui credunt metempsychofim resolutionis. C’est ainsi que f£ mple Sieur Befpier a censuré 8c corrigé la Traduction d’Erpé- toman*R.Î-nius en cet endroit-là (4). caut.^.áíj.

(‘<)Pausanïas,

Ub. I, pug. j,

ir Ub. X ,

T a £- m,

& J 43 -

(b) Uocox-xetXuv Tf

€CVTì}V OTÛttf K ÏJíJ'jJ ê'iOl-Zo^evtjr ,MÇyyew etv-T7) , lllajTMHtJxc adv oeufs r,ut quantumtandem pojsetjam jam pe-reunît auxi-lìum ferret,TartheniiIroric.

Cap. XVI,

U) Elle se

nommoìt

Dardant*;.

ACACIA, ou ACAKIA (Martin). Cherchez Akakia.

ACAMAS , fils de Thesée (a ), suivit les autres Princes Grecs au siégé de Troie. II fut dé-puté aux Troiens avec Diomede , pour redemander Hélène. Cette ambassade fut inutile , quantau dessein principal ; mais elle valut à Acamas ce qu’on apelle bonne fortune en fait de galante-rie. ‘Laodice , fille de Priam , devint si amoureuse de lui, qu’aiant apellé en vain à son secoursl’honneur 6c la honte , elle fut contrainte d’ouvrir son cœur à Philobie , femme de Persée, & delui demander assistance, pour un des plus pressans besoins où l’on se pût rencontrer (h). Philobie,touchée de compassion , pria son mari de foire que Laodice pût contenter son envie. Persée eut (á)rwd*Hé-pitié de cette pauvre Demoiselle : 5 t, d’ailleurs , aiant de la complaisance pour sa femme , il fit 6 eí >ppi r à.amitié avec Acamas, 6c en obtint une visite dans la ville (c) dont il étoit Gouverneur. Laodice Miieí;^^ne manqua pas de s’y rendre, accompagnée de quelques Trosennes. II y eut un magnifique festin, í"après quoi Persée la plaça dans un même lit avec Acamas , auquel il dit que c’étoit une des con- ricoToy-. 10 'cubines du Roi. Laodice s’en retourna fort contente } 6c, au bout de neuf mois, elle accoucha Tzétzes fr»?d’un garçon , qu’elle fit élever par fEthra , aieule paternelle d’Acamas (A). Cet enfant eut nom Lycoph/o^Munitus (B) : nous dirons dans les Remarques ce qu’il devint (d). Acamas fut un des braves qui r-,Tryphio-s’enfermérent dans le cheval de bois (p). II eut depuis , dans la Thrace , une avanture assez sem-blable à la prémiere ; mais les" fuites en furent très-malheureuses. Phyílis , la fille du Roi , de- videetiJ,"vint amoureuse de lui : on passa bien-tôt aux propositions de mariage j la Belle lui fut promise,

dotée ws- ii.

(i) Scholiast.ìuripid. inRercul. Pau-fanias, Ubr.X,peg, 342.f 2) QuintusCalaber, Ub.XIII, P. 49S,Tausanias,Ubr. X,

f“g. 342.

(j) Tzetzessur Lyco- ^phron , citépur Méziliac,fur ies Epî-tres d’Ovide,í‘ ÍS- 143.

(4) PartheniiÉroticor.

Cap. XVI.

(A) Ze fit élever par JEthra , aieule paternelle d.’Acamas. ]II faut savoir que Castor Sc Pollux , faisant une irruptiondans F Attique , pour recouvrer Helene leur sœur, prirentla ville d’Aphidnes. C’étoit là que cette Belle avoit été en-volée par fou ravisseur. iEthra , Mëre de Thesée , y avoitété envoiée en même tems. Ils la firent prisonnière, Scremmenèrent à Lacédémone. Elle s’y trouva , lors queParis enleva Hélene ; Sc on Fy embarqua pour Troie. De-mophoon , 8c Acamas , foivíreht les autres Grecs, princi-palement afin de délivrer cette bonne femme leur aieule,ou en p aiant fa rançon , ou par là prise de la ville (1). lisla rencontrèrent dans les rues, durant le foccagement deTroie ; 8c , aiant apris qui elle étoit, ce ne furent qu’em-brassemens réciproques (z). Ce fut alors qu'FEthra fit re-conoître Munitus par son pere Acamas (3). Elle l’avoit éle-vé ; car Laodice lui avoit fait confidence de ce qui s’étoitpassé dans la maison de Persée. Jean Cornarius a fait uneassez grosse bévue dam fa ( Traduction de Parthénius: il arendu ces paroles: ov vvr xtêçx Tçxtpsvycc ut r d Tpoixç aXcrn,hexipcitre]/ eV’ olxH , par celles-ci, quemfui dio enutritum softTroie captìvitatem tranfportavit in domum. II faloit dire élevépar JEthra , 8c non pas nourri à la belle étoile. Nous allonsciter Plutarque, qui raporte que quelques-uns trairaienttout ceci de fabuleux.

(B) Eut nom Munitus. ] H foivit son pere en Thrace, 8c

y mourut dune morsure de serpent (4). II est nommé Mu-nychus , , dans Plutarque , à la Vie de Thésée;

mais, puis que Parthénius, Lycophron , 8c Tzetzes, lenomment constamment Munitus, Múnm , il faut croireque le texte de Plutarque a été altéré en cet endroit-là , ou

que FAuteur ne se souvenoit pas bien de la vraie pronon-ciation de ce mot. Ne nous arrive-t-il pas tous les jours,quand nous citons de mémoire quelque Auteur, d’y brouil-ler quelque syllabe , 8c quelquefois même plus d’une ?

Je pariétal plus amplement de cela dans F ArticleEphore, Je ne lai s’il ne fout pas imputer à un défautde mémoire ce que dit Plutarque, que ce for Demophoonqui coucha avec Laodice. Peut-être l’avoit-il lu dans quel-ques Auteurs, que nous ne conoissons point : peut-être aussique Tzetzes avoit lu dans quelqu’un de ces Ecrivains per-dus, que les avantures de Phyllis regardoient Acamas. Quoiqu’il en soit, st semble que l’on ait usé de compensation 8cae dédommagement envers ces deux frètes. Si Plutarqueote d’un côté à Acamas les botis momens passez avec Lao-dice , 8c s’st les transporte à Demophoon ; d’autre côté ,

Tzetzes ôte à celui-ci les nuits agréablement passées auprès (DMeursius,de Phyllis, 8c les transporte à Acamas. Parlons plus sérieu- 1 . Gi-sement. Si Meursius avoit bien pesé les passitges où le fils xiv,íea.\de Laodice est apellé Munitus, il ne se fut pas servi des pa- ^Mezirrac.rôles de Plutarque, pour prouver que le port de Muny- reprend 'chia n’avoit point tiré son nom de Munychus fils de Panta- cette fumedes , comme on le dit ordinairement, mais de Munychus dmsfaCo m-fils de Demophoon 8c de Laodice (5). Voici les termes de ï ie ” t 'Plutarque , O< ìè tSto to exoç ^ta^ixxytrt, r;;» srtpì yj

Missu^u w.í/'.S’cAoyí'st. 1 , ov ex A? t p.o<pos)VToç Aaoiïtxr.i xpvÇx re- t,,tcùtrnp fy f Ai 'u trvtexdpé-sxi rit A’têpxv xéyntrt (6). Alii hune ( 6 ) Mut. inVerfom rcjiciunt » ( C est celui ou Homere dit qu Hélene mena Theseo , fij>JEthra avec elle à Troie ) Sc Munychi fabulant quem ex De- fo- ?"&•mophoonte à Laodice clam editum llii crevisse fob y£thramemorant.