ACAMAS. ACARNANIE.
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(f) TzetzJn Lyco-phion.
(?) A«- étfils dtThésée.
<’>) Turpi«fpitiurnle“‘mitUffi jPanit& Ut cri ctfassifsc Ut,Ovií Epi%U.U.j
dotée de la couronne. II demanda permission d’aller faire un tour chez lui. Phyllis s’y opofa,avectoutes les prières dont elle put s’avifer -, 8c , ne pouvant obtenir de lui qu’un ferment qu’il revien-droic j elle lui fit présent d’une boete consacrée, disoit-elle, àRhéa, mere des Dieux. Elle luirecommanda de ne l’ouvrir , que lors qu’il n’auroit plus d’espérance de revoir la Thrace. Acamasaborda dans l’Ile de Cypre (C) , 8c résolut de s’y établir. Phyllis s’en pendit, après avoir vomicent imprécations contre ce perfide. II ouvrit la boete , Sc se trouva saisi d’étranges visions. IImonta fur un cheval, Sc le poufla si mal à propos, Sc d’une maniéré si étourdie, qu’ils furent tousdeux renversés ; d’où il avint qu’Acamas s’enferra dans son épée. Tzetzes raconte cette histoi-re (/) ; mais il a confondu Acamas avec Demophoon (g) ; car c’est de ce dernier , que tous lesAuteurs racontent ce qui concerne la malheureuse Phyllis. Voiez la Lettre passionnée qu’Ovidefeint qu’elle écrivit à Demophoon. II paroit par cette Lettre, que leur mariage avoit été consom-mé (h). N’oublions point qu’une des tribus d’Athènes fut nommée Acamanude ( D) , du nom denotre Acamas (/) ; Sc cela, par la désignation de l’Oracle. Etienne de Byzance le fait fondateurd’une ville de la grande Phrygie (E ), Sc lui fait avoir une guerre contre les Solymes. Je n’ofe-rois décider si la mere d*Acamas étoit Phedre, ou Ariadne (F). Nous parlons dans la Remarque (D)de quelques autres Acamas, fur lesquels Mr. Moréri s’est comporté à son ordinaire.
(?) Strabo,Tibr. XIV-,rtolem. LUy. Cap. xnriin. Lib. Vc “p. XXXI.
(*) ïhiloni-Eibr. V Cap.
XXXl.Stcpha-^Uis, verboKt ivrçoq.
<») Hist.de Cypre,P' 1 . 4 > é" 19 .
(lo) On su-t r> rae ici íes***ircs fautesuvoient *tétfàrquccs dans" I Bdìtion .
Comme cesUntcs se
tfouruent t9ii-
jottrs dans plu »Meurs Editions
*Moicxi, onqtfonfe-*oit bien de lesRemettre icidans cette z
(C) Acamas aborda dans t Ile de Cypre.\ II y avoit danscette Ile une montagne nommée Acamas, qui avoit tiré sonnom du fils de Thésée. Hésychius l’atteste , & remarqueque la riviere Bocarus, qui passoit par Salamine , avoit fasource dans cette montagne. Les Géographes parlent dupromontoire Acamas , fort notable dans la même Ile (7).II y en a même , qui observent, que toute l'Ile s’apelloitautrefois Acamantis (8) : mais personne , que je sache, en-tre les Anciens, n’a dit, que le promontoire Acamas em-prunta son nom d’une ville , qu ’Acchame Athénien , ami desTroyens , qui s en estait fui , bâtit sur ce promontoire , & àlaquelle il donna son nom. Cette ville , & l’amitié de l’A-thénien Acamas pour les Troiens, font aufîi chimériquesl’une que l'autre. Je voudrois bien savoir où Frere Etiennede Luíignan , Leùìeur en Théologie aux Freres Prefcheursde Paris , au XVI siécle, avoit trouvé cette rare érudi-tion (9).
(D) Une des tribus dé Athènes fut nommée AcamantidefijMr. Moréri apelle cette tribu Acamante ; mais je ne voispoint d Auteur François, qui ne dise la tribu AcamantidePour n en faire pas à deux fois, marquons ici une autreerreur de cet Ecrivain (10). II dit qu’Homere , au II Livrede l’Iliade, fait mention d’un Acamas, Prince Thrace, quivint au secours de Priam, & d’un A c a m a s, fils àAntenor,que fa pudeur admirable fit mettre au nombre des Dieux. II estvrai qu’Homere , au livre cité, parle de ce Prince Thrace,8c qu’il dit ailleurs qu’Ajax le tua (11). II est vrai encorequ’il parle d'Archilochus 8c d’Acamas fils d’Antenor, &qu’il les fait bien experts dans toutes sortes de combats,uAxxti í« tld'ÍTî %-átr >k ; mais, pour la déification du chasteAcamas, il n’en parle nullement. II s’en faut peu que Mr.Moréri n’en soit le créateur ; car il le seroit, rigoureuse-ment parlant, si Charles Etienne ne lui avoit fourni ce fond
iitton du Diction. Cutiq. Les voici. 1. II cite le I Livre de Strabon , touchantAcamas > promontoire de l'Ile de Chypre ; c’étoit le XIV , qu’il saloir citer,u nomme Acamante le Fils de Thélee. III. II dit que Suidas fait mention‘f amant t de s , Philosophe d Eliopolis : Suidas le nomme ^teamaniitts.l'i) Homer. Iliad. Libr. VI. Vers. 7.
à bâtir ; Fuit cr alius ejufdem nominis filins Antenoris, quitcmjiore belli Trojani coelebs erat , cr Dûs fimilis habebatur.Comme cet Auteur ne cite personne pour ce fait-là , jen’ai pu faire des recherches fur ce célibat ; 8c fi j'oiois don-ner carrière à la conjecture » je dirois que cœlebs a été mispour celebris par les Imprimeurs , dans quelque Livre queCharles Etienne copia : fans que néanmoins je veuillenier qu’Homere n’ait observé quelquefois que tels 8c telsfurent tuez avant que d’être maris (11). Mais posons lecas que ce Troien fût garçon , 8c qu’on lui ait donné l’élo-ge de semblable aux Dieux , en faudroit-il conclure que sapureté fut fi admirable , qu’elle lui fit obtenir les honneursdivins ? Si tous ceux, à qui Homere distribue l’épitheteS-eeiíueMi , avoient été déifiés, que scroient devenues lesépaules du pauvre Atlas (13) ?
(E) Etienne de Byzance le fait fondateur d'une •ville de lagrande Phrygie. ] 11 la nomme Acamantmm. Les Géogra-phes n’en disent quoi que ce soit. L’Abréviateur de cetEcrivain , ou les Copistes, ont estropié de telle forte cepassage , qu’on n’y fauroit trouver de sens, si l’on n’y su-plée quelque chose. Mais fupléez-y ce qu’il vous plaira ,vous n’en ferez pas mieux instruit de la guerre d’Acamas 8cdes Solymes.
(f) Etoit Phedre, ou Ariadne f Je voi deux fa vans hom-mes apointez contraires fur cette question. Méziriac affirmequ’Acamas étoit fils de Phedre (14) ; mais toute la preu-ve , qu’il semble en donner, est que Demophoon , frered’Acamas, étoit fils de Phedre : ce qu’il prouve par la Let-tre que Sabinus a écrite à Phyllis, fous le nom de Démo-phoon. Mr. de Valois prétend qu’Ariadne étoit la mere d’A-camas (15), 8c il cite pour cela le Scholiasted’Homere (16) :il ajoute que Démophoon étoit frere d’Acamas, selon ceScholiaste, 8c qu’Euripide le confirme (17). Eli l’un ni l’au-tre de ces Messieurs n'a remarqué, qu’il est inutile dans cet-te question qu’Acamas 8c Démophoon aient été freres ; carils pouvoient l’être , encore que l’un fût fils d'Ariadne, 8cl’autre de Phedre.
(OPausanîâs,
Libr.l,pa S . i%& Libr. X,pag.lzs.Voiez.aujji Suidas,c r St ephauusByzantinus.
(12) Homer.Iliad. Lib.iréf- 474.f 13) Voiez.Juvénal, dansfa XIU Sati-re, Vers 47 ,ou il dit :
— conten-taque íiderapaucis Nu-minibus mi-lerum urge-bant Atlantaminoii Ion-,deie.
(14) Mézí-
riac, sur letEpîtres d’O-vide,/M{.i37,
(ij) Heur.Valeíìus inHarpocrat.M- 4 >érs.
(iL) laO’^Wc-.O,'
( 17 ) in
Jette.
ACARNANIE, Païs situé fur la mer Ionienne, entre I’Etolie & le Golfe d’Ambracie.On dit que les Taphiens, & les Teleboes, en furent les premiers maîtres, 8c queCéphale le subju-gua, après avoir été établi Seigneur des Iles voisines de Taphos , par Amphitryon (a). On ajou-te qu’Alcmeon, fils d’Amphiaraus , s’en rendit le maître , après la seconde guerre de Thebes , Scqu’il lui sit porter le nom de son fils Acarnan (b). II s’étoit associé avec Diomede, 8c ils avoientconquis l’Etolie, qui fut le partage de ce dernier. Quelque tems après, on les somma de fe trou-ver à l’expédition de Troie : l’un d’eux, savoir Diomede, fut joindre les autres Grecs ; maisAlcmeon sc tint coi dans l’Acarnanie (c). Cela fut utile après plusieurs siécles aux Acarnaniens;car ils s’en firent à Rome un grand mérite (. A ) ; y ayant représenté, qu’entre tous les Grecs, iln’y avoit eu que leurs ancêtres , qui n’allassent pas au siège de Troie. Cette belle raison fut allé-guée par le peuple Romain, lors qu’il embrassa leur parti, contre l’Etolie ( B ) : tant il est vrai,
qu’en
(_A) Ils s'en firent k Rome un grand mérite. ] L’HistorienEphore , qui n avoit jamais songé à leur en fournir socca-lion , la leur fournit néanmoins ; car , quand ils surent cequ’il racontoit touchant Alcmeon, ils s’en prévalurent adroi-tement auprès des Romains, qui prétendissent que le fon-dateur de Rome defeendoit d’Enée. C’est la conjecture de
btrabon. T tstoiç à etKOç fotç Xoyotç í 7 t~ctttcAtí'Tr l Tct'»~sç o tA tcccgvciveç , u~c 0 ictíO'idcot Otsyo.Txt Patpocoi&ç ? xott Ttjv ecÙTovepoictrtra.fi aùrSìi i^avútratrâai Asyovrtç , » fierátr^otev pvivot rïç
tort Tíf'ç orpoyínic tiìí hcuiim ççuretaí' ourt yùç h AiraÁtxfi(1) Strabo x.ct'raÀÓyai tpçdfioitTO , ìíre tbtec' isìè yàp oÁaç rìívopia r S r ipo-
■ Libr. X ’ tpépotTo h t o<ç ïrretrtt (i), Verifimile est Acarnanes hanc fecutos
fag. 31g’ narrationem, callidì eo produxijjé Romanos, ut ab iis obtinerent
liberum patriarum legum ufum : quod fe solos non interfuijfebello contra Romanorum majores gesto dicerent , ut qui neque mAitolico cenfu , neque feorfim , neque omnino in verjìbus Home-ricis commemorarentur. Us fe fondèrent fur un mensonge ;y) id. ibtd. car Strabon fait voir (z) par le Catalogue du II Livre de
V.) Homère l’Iliade (3), que les Acarnaniens fournirent leur quote part
P our l’expédition de Troie.
4 rn ‘‘cnmmc ^ Fut P ar ^ peuple Romain , lors qu il embrassa
t as Açaxaa- leur parti , contre l'Etolieé] Après la mort d’Alexandre , fils
de Pyrrhus , Roi des Epirotes-, l’Acamaje cut tout à crarn-
dre des Etoliens, 8c ne se confioit pas beaucoup à la veu-ve de ce Prince, tutrice de ses deux fils. C’est pourquoiils implorèrent l’affistance des Romains. Elle ne leur fut pasrefusée. On fit savoir aux Etoliens, qu’ils eussent à laisser enrepos une Nation , qui étoit la feule , qui n’avoit pas afiistéles Grecs contre les Troiens. Acarnanes quoque dijfifi Epìro-tis adverfus TEtolos auxilium Romanorum implorantes , obtintte-runt à Romano Senatu , ut Legati mitterentur , qui denuntia-rent Atolis , pretfidia ab urbibus Acarnania deducerent; pate-renturque este libéras , qui soli quondam adverfus Trojanos, auc-tores origtnis sua , auxilia Grttcìs non miferint (4). Plutarqueraporte deux faits auifi ridicules que celui-là. ,, Agatho-,, clés le tyran de Syracuse ... se moqua de ceux de Cor-,, fou , qui lui demandèrent pour quelle ocafion il fourra-„ geoit leur Ifle : pour autant , dit-il, que vos ancestres jadis„ recourent Ulysses. Et semblablement, comme ceux de l’Isle,, d’Ithace se plaignissent à lui, de ce que ses soudards pre-,, noyent leurs moutons : er vostre Roi , leur dit-il, estant„ jadis venu en la nostre , ne prit pas seulement nos moutons ;,, mais , davantage , creva l’oeil à nostre berger (5) ”. Ceque je vais dire est encore plus badin: Mahumet second de cenom , Empereur des Turcs , eferivant a nostre Pape Pie second ,» J* m tstemt (dit-il) commtnt les Italiens fe bandm con-
efirt
(a) Strabo,Libr. X,T“S- 3 i 7 .
(i) Id . ibidtZlS.
(c) Id. ibiii
( 4 ) Jutìin.Lií.XXVIILCap. I. Voiez.La Mothe laVayer, Let- ,tre XCV,à la page 32J.du Tom. il.
f s) ïlutar-chus de leiìNnminisVíndictâ.
Je me sertde la Versiond’Amiot,pag.S 32, dUI T.met in í.