ACHEMENES. ACHERI. ACHILLE.
Etienne de Byzance fait mention d’un Achemenes fils d’Egée, qu’ il prétend avoir donné soitnom à une Province de Perse nommée Achemenie. D’autres ûifent que cet Achemenes fut fils(d) Nícoiaus de Perfée (d) ; d’autres infèrent cela de cé que les Rois de Perse étoient descendus de Perfée ( A).mstor 'V* Presque tous les Commentateurs d’Horace veulent que l’Achemenes, dont il parle daits l’OdeXIIEtymoi. du ll Livre, comme d’un homme très-ópulent, ait été un Roi de Perse (A) ; mais, si cela est,il faut qu’il ait régné avant que les Medes euslènt subjugué les Perses; car, depuis que ceux-cieurent fondé cette grande Monarchie, que l’on compte pour la seconde universelle , on ne leurhái^chrôn. volt aucun Roi de ce nom - la. Cyrus palîè constamment pour leur prémier Roi; & ceux quic-.1n.f5.60s coulent qu’il y en ait eu deux avant lui, les distinguent fort nettement, 6c de son pereGambyses,Ed«.'L,pj. à à f on a j eu i Achemenes (e). Quoi qu’il en soit, l’épithète d’Achemeniens est íouvent donnée(/)’Bizarî, aux p er f es dans les anciens Poètes Latins; &, encore aujourd’hui, la Perse fe nomme Azemia (/),lZ'. 1 , 1 * 1 $. & les Perses Jgemis{g).
(>) Ché;vieau, Hut.du Monde,r h,r. I. Chap.
V, pas.. 95 >96 Edit. deHall.en 1687.
(z)Herodot.Libr.l, Cap.CX XV.
(3) tlípcrav/ScotiAéTç ...A'^aíipiíimíxyovet.Pìrfarnm Ra-ges .... ab^ichemene gê-nas dîner e.Plato iu IAlcibiad.jMj.440, £.
(dHerodot.Libr. VII,Cap. L XI.
(s) Vicierfur Horace >Tarn. //,
243.
( A ) De ce que les Rois de Perse étoient descendus de Perfée. jMr. Chevreau attribue à Hérodote d’avoir dit que les Perfi-des , ceft-à-dire ceux de la maison de Perfîs , ou Perfée,étoient sertis des Achëmenides aíiés des Palargades (A). IIassure dans la même page, que selon le témoignage d'Hérodo-te , les Rois de Perse venaient de Perfée ou Perds, £7 que lesPerfides étoient descendus des Aclremetiides, c est-a-dire du{rentier qui eut le nom d’Achsemen dans cette famille. Toutcela est fort brouillé. Hérodote ne dit point en géné-ral, que les Perfides fussent sortis des Achemenides : il nedit cela que des Rois de Perse (z); c’est-à-dire, de Cyrus,&c de ceux qui ont régné après lui (3). II distingue les Per-fes 6n plusieurs classes, parmi lesquelles il y en a une qu’ilqualifie en particulier du nom de Perses, une autre qu’ilnomme les. Palargades, fous lesquels il met les Achemeni-des. Ailleurs (4), il dit bien que les Perses aquirent le nomde Perses, depuis que Perfée fils de Jupiter & de Daméleur eut laissé son fils Perses, qu’il avoir eu d’Andromede;mais il ne dit pas, comme le supose Mr. Chevreau, queles Rois de Perse tirassent leur extraction de Perfée. Leraisonnement de Mr. Chevreau va là, que Cyrus n’étoitpoint inférieur en naissance aux Rois de Medie, ni auxRois de Perse, puis que ceux-ci descendoient d’Achemenaussi bien que Cyrus : il prouve qu’ils en descendoient, par-ce que les Perfides en descendoient. Outre les faussetez,que j’ai déja relevées, il supose celle-ci, quë le premier,qui porta le nom d’Achemen, éteit antérieur à Perfée filsde Jupiter. Mr. Dacier avoir fort bien retenu ce qu’il citede mémoire de cet endroit de Mr. Chévreau (5).
(B) Ait été un Roi de Perse.] Mr. Moréri dit bonnementqu'Achemenes a été le prémier Roi des Perses, 8e que de luifont descendus tous les Princes qui ont gouverné cette Monar-
chie jusques à Darius. Mais d’abord je voudroís bien luidemander, pourquoi, qúand il parle de Cyrus , il lui at-tribue la prémiere fondation de la Monarchie des Perses ;& pourquoi, en donnant la liste des Rois de Perse, il nemet point Achemenes au dessus de Cyrus , mais celui-ciau dessus de tous les autres ? II ne faut point se mêler dese tromper, ou il faut le faire conséquemment. Puis, jevoudroís bien qu’il me dît de quel Darius il parle; car il ya eu deux ou trois Rois de ce nom en Perse. Parle-t-il decelui qui fut vaincu par Aléxandre le Grand ? Mais, en cecas, ì! feroit trop le décisif; les anciens ne demeurent pasd’rtccord que ce Darius fût de la famille roiale. 8’il parlede Darius fils d’Hystaspes, il s’exprime mal: ce terme detous les Princes n’est pas à propos, quand de plus de douzeon ne veut parler que de deux. Je ne sai pourquoi Mr.Dacier borne l’épithete dé Achemenides au terns de Dariusfils d’Hystaspes, quand il dit que les descendans dé AchemenesRoi de Perse portèrent son nom jusques à ce Darius (6). Je nedoute point qu’ils ne l’aient porté encore après lui; car,outre que Xerxes son fils raporte son extraction en lignedirecte à Achemenes (7), nous voions en ce même temsuh'Tigranes, Général des Medes, qualifié Achemenide (8):&c nous trouvons un Achemenes, dont je parle ci-dessous,qui étoit frère de Xerxes. Je ne dis rien de Sapor, apelléAchemenes dans Ammien Marcellin: c’est un passage cor-rompu (9). Mr. Chévreau, étonné fans doute de voir cinqgénérations entre ce Xerxes & Cyrus, croit que ce Princecompte d’un côté ses ancêtres paternels, & de l’autre sesancêtres maternels ; ensorte qu’il ne se fasse sortir d’Ache-menes que du côté maternel : mais c’est ce qu’on ne trouvepas dans Hérodote ; à moins qu’on ne change le texte Grec,selon la conjecturefortvraisemblabledeMr.de Saumaìse(io).
(4) H«odot.Hìst. Libr.
V11 -, Cap.XCVÏI.
(b) Ibidem ,Cap. VII.
(c) Ibidem ,Cab. XCV11.
(d) ibidem ,Libr. III ,Cap. XII.ì>iod. Sicul.Libr. XI.
(a ) Voiet,dans U Jour-nal des 5 a-t’Ansd» z$de Février1679 , pour-quoi ce Spicì-iege n a pasété continué,(b) Voiez. leJournal. desSavans du z 6de Novembre1 69 $ Mr.Bailler, Tom.JII des Ju-zem. des 8a-vans^.yis.
ACHEMENES, fils de Darius I du nom, Roi de Perse, & frere de Xerxes de pere &de mere («), eut le commandement de l’Egypte après que Xerxes l’eut remise sous le joug de l’o-béïssmce, qu’elle avoit osé secouer (b). Quelque tems après, il commanda la flote d'Egyptedans la fameuse 6c funeste expédition contre la Grece (c). On ne trouve point quels autres em-plois il eut pendant la vie du Roi son frere; mais on voit que l’Egypte , s’étant encore révol-tée, après 1 a mort de ce Monarque, on y envola Achemenes, pour la remettre dans son devoir(d). Cette entreprise fut malheureuse; car il fut batu par Inarus, Chef des rebelles assistezdes Athéniens.
ACHERI (Luc d’) Bénédictin de la Congrégation de St. Maur, naquit à Saint-Quen*tin, en Picardie, Tan idop. II s’est rendu célébré par la publication de plusieurs Livres, qui n’é-toient encore qu’en manuscrit dans l’obfcurité des Bibliothèques. II commença en iriqc, par l’E-dition de l’Epitre attribuée à St. Barnabé. Le Pere Hugues Ménard , Religieux de la mêmeCongrégation, avoit eu dessein de jpublier cette Epitre, 6c l’avoit déjà éclaircie par diverses No-tes; mais, la mort l’aiant empêche d’éxécuter fa résolution, ce fut le P. Luc-d’Acheri qui l’éxé-cuta. On vit donc sortir de dessous la preíse, par ses foins, VEpitre de St. Barnabé , en Grec &en Latin, avec les Notes du P. Ménard, en Tannée i6qy. Au bout de trois ans, Dom Luc pu-blia la Vie & les Oeuvres de Lanfranc^ Archevêque de Cantorbéri^ 6c la Chronique de PAbbaïe ditBec. Eniriy i, il publia la Vie 6c les Ouvrages de Guibert , Abbé de Nagent , avec quelques autresTraités. Aiant ensuite ramassé plusieurs pièces rares 6c curieuses, 6c espérant d’en recouvrer ungrand nombre de semblables, il forma le dessein d’en publier la plus ample Compilation qu’il pour*roit, fous le titre modeste de Spicilege. II fit voir le jour à son prémier tome Tan iris f. Ce vo-lume a été suivi de douze autres, dont le dernier fut imprimé en Tannée i 6 jj (a). Ce Re-cueil, en XIII volumes in quarto, est fort estimé de ceux qui cherchent à éclaircir dans un granddétail les matières ecclésiastiques : mais on n’y trouve guere de Traités qui n’aient été composezdepuis la décadence de T Empire Romain en Occident. Le même Auteur a publié la Réglé de sSolitaires , composée par lc Prêtre Grimlaïc, 6c quelques Ouvrages Ascétiques { A). Ses Préfaces& ses petites Notes font voir qu’il avoit de l’habilete. II a eu part au travail critique qui paroit dansles premiers volumes des Actes des Saints de l'Ordre de St. Benoit ; & c’est à lui, 6c au P. Mabil-lon, que le titre de ces Actes attribue lé travail de les avoir assemblez , 6c publiés. Luc d’Acherimourut à Paris le zp d’Avril i68y, dans TAbbaïe de St. Germain des Prez, où il avoit été Biblio-thécaire (b).
(g) Teîxefíin ltinei. In-dix, Cap. VI,apud Pmedoin Steph.Eyz.pag. 145,
( 6 ) Da cktfur Horace*Tarn. ll. pag*243.
( 7 ) Heiod.Libr. VII,
Cap. XI.
(8) IbideméCap. LXII.
(9) Valez.Mr. dé Va-lois in Amrrl-
Marcell. Lit.
XlX.Cap.lUpag. no.
(10) SalmariExeicit. Pli-nian. pag.1183.
(A) Et quelques Ouvrages Ascétiques.'] II ne mit pas son nan* pìetatis c-iltarihue ah Asceta Rme,r,fC ~
nom au Recueil qu’il en publia, & dont je m’en vais don- fanch Mann àheílus Parifiii in a < é 0 , n Z r Is atlt,nis
ner le titre tel que je le trouve dans la Mliotheca Bibliothe- dans ses AdditiSm à'cet Oisvra’ge du PIfbbe diJue n'
carum du P. Labbe. Ascctmrum vulgospmtuaUum , Obus d’Acheri publia la Vie de St. Augustin, à PansênlaLw
culorum, quA mterPatrum Opéra repermntur, indtculusChns- année. vans, en la meme
ACHILLE. II y a eu plusieurs personnes de ce nom. Le prémier, qui Tait porté, n’avoitpoint d’autre mere que 1 a Terre, ôc rendit un fort bon office à Jupiter; car , aiant reçu la Déesse
Junon