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Tome premier. A - B.
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ACHILLE. 5Z

Junon dans son antre, sors qu’ elle fuioit les poursuites amoureuses de ce Dieu, il lui tint des dis-cours si persuasifs, qu’elle consentit à consommer le mariage (A). On ne nous a point apris com-ment elle témoigna fa gratitude à un hôte qui fut lui inspirer une telle docilité ; mais nous savonsque Jupiter, en reconnoissance de ce service, promit à Achille, que désormais tous ceux quis’appelleroient comme lui feroient parler d’eux. C’est pour cela que le fils de Thetis a été célébré.

Le Précepteur de Chiron sc nommoit Achille; & de là vint queChiron imposa le nom d’A- (â) T!rídltchille ausils de Thetis, son disciple. Gela seul sufliroit à renverser toutes ces étymologies froi- vì,uíre%des 6c forcées du mot Achille , que l'on fait dépendre des qualitez personnelles du fils de Thé- fiifd’Hsftis (B). L’inventeur de l’Oltracisme parmi les Athéniens s’apelloit Achille. Un fils de Jupiter phsstion,Lc de Lamie porta ce nom. G’étoit un si bel homme, que par sentence du Dieu Pan, il rem-porta le prix de beauté qu'on lui disputait. Venus, indignée de ce jugement , rendit Pan amou- tioncm hìs-reux d’Echo, 6c le changea de telle forte (C), qu’il devint un objet affreux. Un autre Achil- photiúm,“ ile, fils de Galate, vint au monde avec des cheveux blancs, II y a eu f 4 autres Achil les nwm - ISO >très-renommez , deux desquels ne se distinguèrent que par des actions de chien (a). Nous allons 4* y. 4 **’faire un Article à part pour celui de tous qui a eu le plus de gloire.

bU- p .

Schottus

* mal tra-wites par ad

J°vem ií-

«me.

^ î) Graciaifttndax. Tu*»^a->I. Sat.

. X - O4.

(3)

5 E’A-, taÙH-‘arum parentGracia.Nonn. Dio-

n yt ub.i.

Ça) Èuftith.111 Iliad.Li'ír. 1.

U iTzetzesL yco-Pnton.

b)jhotius,

"‘Wiotheca:

i so .

(A) Quelle consentit à consommer le mariage .] Ces paro-les de Photius, <rwcx 6 tíi rôt Ad , signifient cela (1), com-me il paroit par cette suite , ir^arrri púfyv H” put »*) Ai«sTxúrtii ylno-But Çcvrti , (çr ce fut alors , dìt-on , que Jupiterjouit de Junon pour la prémìere fois.

(B) Etymologies . que l'on fait dépendre des quali-

tez. personnelles du fils de Thetis. ] II n’y a rien de plus plai-sant, que de voir ce que la Grece a inventé sur ce sujet.Elle mérite là-dessus, non seulement l’épithete de menteu-se (1) , 8c de fabuleuse (3) , mais aufíì celle de mal'e sériât à,que notre terme & oiseuse n’est pas encore en possession désignifier pleinement.

Demandez, aux Grammairiens Grecs pourquoi ce Hérosfut nommé Achille : les uns vous répondront, parcequ’il donna beaucoup d’inquiétude à fa mere 8c à ses enne-mis : d’autres , parce qu’il chagrina beaucoup les Troiens :d’autres , parce qu’aiant apris le secret de la Médecine , ilapaisoit les douleurs : d’autres , parce qu’il n’avoit qu’unelevre : d’autres, parce qu’il étoit propre au commande-ment : d’autres , parce qu’il n’avoit jamais tété : 8c d’au-tres , parce qu’il sortit de chez son Précepteur Chiron, fansavoir jamais mangé des fruits de la terre. Qui voudraitmontrer par quelles analyses de Grammaire sis trouvoientdans le nom d’Achille tant d’étymologies différentes, lié-risseroit de trop de Grec cet endroit ici. C’est pourquoi jerenvoie le Lecteur , s’il lui plait, au grand Etymologicum ,à Eustathius (4) , à-Tzetzes (;), 8cc. Messieurs Lloyd 8cHofman , qui, à l’exemple de Fungérus, 8c de plusieursautres, ont enrichi de ses assortiihens étymologiques l’Ar-ticle du fils de Pelée , dévoient pour le moins nous avertirqu’on a pris bien de la peine pour rien, en voulant à tou-te force que le mot Achille dépendît des qualitez personel-les du Héros de l’Iliade. Ils auroient pu réfuter cette pré-tention , en montrant qu’il y a eu des Achilles avant celui-là ; 8c nous indiquer une raison mille fois plus naturelleque toutes les autres pourquoi celui-là fut nommé Achille :c’est celle que j’ai raportée , savoir que le Précepteur deson Précepteur avoir été ainsi apellé.

(C) Et le changea de telle sorte. ] Photius, qui nous a con-servé quelques fragmens des sept Livres que Ptolomée.filsd’Hephsestion avoir remplis des plus curieuses bagatelles del’Antiquité fabuleuse , a tronqué de telle sorte ce qui regar-de Achille fils de Jupiter 8c de Lamie (6), qu’il faut sedonner la peine de conjecturer que ce fut avec la DéesseVenus, qu il entra en concurrence fur la beauté. On fondecette conjecture fur l’indignation de Venus, contre le Jugequi conféra le prix à Achille. Venus , pour punir ce Juge,

le rendit amoureux d’Echo, 8c si laid , que fa feule figu-re le faisoit haïr. C’est ainsi que Schottus a entendu letexte de Photius, Mais Mr. de Mézirìac partage les effetsde la colere de Venus à Pan 8c à Achille: celui-là devintamoureux, 8c celui-ci le plus laid homme du monde (7).C’est en vain que l’on consulterait l’original, pour savoirsi la Version d’André Schottus est meilleure que cellede Méziriac ; car, si d’un côté l’on peut dire, que les ré-glés d’une Grammaire éxacte font pour Schottus, l’onpeut dire de l’autre, que les Auteurs Grecs ne s’assujettis-soient pas à de telles réglés, 8c qu’il n’est point rare ques’agissant de plusieurs personnes dans une de leurs pério-des , le pronom le , lui , se raporte indifféremment, ou àla personne la plus éloignée, ou à la personne la plus pro-chaine. Les Latins n’y font pas plus scrupuleux, C’est laGrammaire Françoise, qui est en cela d’une merveilleuseéxactitude ; car elle veut que l’on répete plutôt deuxou trois fois le même nom propre en peh de lignes,que de laisser en suspens l’esprit du lecteur, Si l’on con-sulte la raison , ou pour ou contre Méziriac 8c le PereSchottus » on aura de la peine à trouver quelque point fixe-II se peut faire qu’une personne, qui a perdu son procès,ne se vange que du juge. Apollon se contenta de punirMidas, qui avoit blâmé la sentence de supériorité pronon-cée en faveur d’Apollon, 8c au préjudice de Pan (8). Parlà, Méziriac perdrait sa cause : mais on se vange aussi quel-quefois 8c de son juge, 8c de son rival (9); 8c, sur cepied-là, le Pere André Schottus auroit mal traduit: car,selon lui, Venus indignée ne fait aucun mal à celui quiremporte la victoire. II est vrai aussi, que selon l’autre In-terprète, elle ne fait pas grand mal au juge inique, ellese contente de lui donner de l’amour pour une Nymphe,qui, selon la tradition des anciens (10), eut une fille delui. Tout bien compté, il semble que Méziriac a du des-sous: 8c, s’il avoit raison, Photius ou son Ptolomée se-raient blâmables, de n’avoir pas déclaré que la même Ve-nus, qui rendit Pan amoureux d’Echo, le rendit malheu-reux dans ses amours. II faloit nécessairement marquer cet-te circonstance : 8c on le pouvoit faire fans choquer le sen-timent de tout le monde ; car quelques-uns ont parlé des ri-gueurs de cette Nymphe pour le Dieu Pan. C’est peut-êtrele plus mal-aisé de tous les Ouvrages de plume, que celuide bien abréger : il faut un discernement peu commun,pour juger quelles font les circonstances dont la supres-fion obscurcit ou n’obscurcit pas un abrégé. Justin n’est-pasle seul qui ait manqué de ce fin discernement. Je me suisservi de cette pensée quelque autre part dans cet Ouvrage.

(7) Mezî-liac , Epî-tres d’Ovi-de,pag.i s j.

(S) Ov'díiis,Metam. Lib,XI. lé. 17s.(y) Arachní,Marfiyas,Tha-myrte, tes fil-les de Pur ta sfient une preu-se qsd on fievange aujfiquelquefoisa un Compé-titeur.

jïojlly avoitune traditiondifférente decelle-là : noueen parlonsdans C Article

Pan,

J'avois mis ici dans la prêmiere Edition une efpece de Préface à V Article suivant , que je ne su -■prime qu' à regret. Elle contient un Eloge de feu Mr. Drelincourt, Professeur en Médecine àLeide. fout le monde a trouvé que je m'éloìgnois fi étrangement de Vusage , (fi que je plaçois fi malune telle Pie ce , que pour faire cesser une Censure fi générale , je fuis obligé d'effacer cela. Mais je dé -dare que j'entens que ce témoignage de ma gratitude (fi de mon estime soit censé demeurer ici , comme s’ily étoit répété de mot-à-mot.

ACHILLE, fils de Pelée 6c de Thetis, a été l’un des plus gransHéros dePancienneGre-Ç) Servìus ce. II naquit à Phthia dans la Theffalie (a), 6c fut plongé dès son enfance dans les eaux duStyx,

íibf n /p â- afin d’être rendu invulnérable : 6c il le seroit devenu par tout le corps, si fa mere eût eu l’esprit

*• i!>7. ' de le prendre par un talon, après l’avoir tenu par l’autre ( b)% mais, comme elle n’eut point cette ( c ) nícty*

blníejLfe précaution, il y eut un des talons de son fils, qui demeura sujet aux blessures: & ce fut aussi par

G^) 7 nZn. cet endroit que la mort sc saisit de lui, II ne faut pas croire cependant, que les Auteurs soient ptóiomïu»

K ' bien d’accord sur cela ; car on en voit qui parlent de plusieurs blessures reçues par Achille en di-

vers endroits du corps (c). Je raporterai, dans lés Remarques, une autre précaution de Thetis : apud ài>c’est, qu’afin de rendre son fils immortel, elle l’oignoit d’ambrosie, 6c le mettoit sous la brai- âjà^se (d). On le fit élever sous la discipline du Centaure Chiron: c’étoit la meilleure Ecole du monde Eustathiusen ces siecles-là. Chiron le nourrit d’une façon assez singulière ; puis qu’au lieu de lait, ou de 1 J , / odyír 'pain, ou de tels autres alimens, il lui donnoit à manger de la mouëlle de^ lion, ou de ^ voìk-Ucelle de quelques autres bêtes sauvages (A). Les Etymologistes n’ont pas néglige leurs intérêts

(i) ( A ) De la mouille de lion , ou de celle de quelques autres

Fiogy' m ® n- têtes sauvages, j Libanius en trois endroits (i) , 8c Priscien7o, b- en un endroit (z), ne parlent que de la mouëlle de lion :»? > c-! Grégoire de Nazianze y joint la mouëlle de cerf (3) ; le' lì » > A ì tre, (q ln p IIMCÍCt Rhetot. (}) Oiat. XX, pag. zr«.

Scholiaste d’Homere celle d’ours (4) ! l'Auteur du grand -M In Fiait.Etymologicum ne parle que de la mouëlle de cerf (f) : . f- , Vh ,Apollodore parle de celle de sanglier 8c de celle d’ours, 8cy j oint les entrailles de lion (6) : Stace joint ensemble les jjjy.

G 3 en- Libr.