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d’avoir fur Taffiiire de son salut les incertitudes de l’Abbé Rupert (g) , 6c encore plus de lecroire condamné aux fiâmes infernales , comme faifoient les Tatianites (h). Rien ne nous obliged’adopter le sentiment d’Origene , de St. Augustin , de St. Athauase, 6c de plusieurs autres, qu’ \-dam fut des premiers parmi ceux qui resiiifcitérent avec Jéfus-Christ (t) : encore moins est-on obligé de croire que fa repentance l’auroit fait mourir de tristesse , si Dieu ne lui avoit envoiéT Ange Raziel, pour le consoler (k). Mais la raison veut que nous croisons que sii foi 6c ses priè-res lui firent trouver miséricorde , 6c qu’il fit une belle mort , sans que pour cela il faille s’imagi-ner qu’il harangua ses enfans, avant que de rendre Pâme , 6c qu’il leur recommanda nommémentd’honorer leur mere, 6c de Penterrcr auprès de lui. On se donne trop de liberté, quand on forgedc telles Harangues directes (N). Nous avons raporté ailleurs (/) ce qui le dit de la durée de sonétat d’innocence.
té au long cette fable. Mais que veut-il dire par les Hé-breux ì II entend fans doute les Juifs. Or les Juifs con-viennent-ils que Jéfus-Christ ait expié le péclié d’Adam parle suplice de la croix , auquel leur Nation le condamna sousPonce Pilate ? Quand un Auteur est plein d’une chose, ils’imagine que les autres le font auffi , & il ne s’aperçoit pastoujours de l’abfurdité où il tombe , en leur attribuant sespropres pensées. Cette fable , au reste , a été raportée di-versement ; car on trouve dans un Rabin , qui a véculong-tems avant Jéfus-Christ , & dont l'Ouvrage est intituléGale Rasejab (58) , que les Anges portèrent à Adam dans ledefert une branche de l’arbre de vie , que Seth la planta, 8cqu’elle devînt un arbre dont Moïse fe servit utilement : caraprès en avoir tiré la verge , qui lui servit à faire tant deprodiges, il en tira le bois qu’il jetta dans les eaux ameres,
pour les adoucir, & celui où il attacha le serpent d’airain.Quelques-uns disent qu’Adam envola Seth à la porte duJardin d'Eden , pour prier les Anges, qui en désendolentl’entrée , dc lui accorder une branche de l’arbre de vie , cequ’ils firent (59).
(N) &uand on forge de telles Harangues.] C’est au P. 8a-lian que j’en veux. Non content de la Harangue , il a faitune longue Epitaphe pour Adam , où il a désigné son nompar ces trois Lettres J. 8. P. (60). II a fait auffi des Epi-taphe s pour Abel, pour Abraham, pour Sara , 8cc. En vé-rité , cela n’est gueres pardonnable qu a des Auteurs fraisémoulus d’une Régence de Rhétorique ; 8c je fuis fort per-suadé , que les Sirmouds, les Pétaus, les Hardouïns, 8cles autres grands Auteurs de la Société des Jésuites, juge-1 oient de cela comme j’en juge.
ADAM, Archidiacre de la Chambre patriarchale , & Supérieur des Religieux de la Chaldée,fiat envoié à Rome , au commencement du XVII siécle , par Elie, Patriarche Ncstorien de Ba-bylone. Ce Patriarche, niant fait éxamincr par ses Evêques la profession de foi que le Pape Paul Vlui avoit envoiée , chargea Adam de la présenter à ce Pape , avec les changémens qu’ils y avoientfaits ; mais il lui donna ordre en même tems d’y corriger ce que le Pape y trouveroit à redire.C’étoit une ambassade d’Obédience, que celle de notre Adam. Ce Religieux , étant arrivé à Ro-me, s’aquitta de fa commission avec le plus de foin qu’il put. II avoit porté avec lui un Ecrit, oùil prétendoit allier la Foi des Orientaux avec celle de l’Eglise Romaine , & faire voir que leurs dif-férais n’étoient qu’une dispute de mots (A). II avoit d’abord montré cet Ecrit à son Patriarche,& puis par son ordre à tous les Evêques du parti ; & il avoit été un an entier à aller de ville enville , pour le faire aprouver à ces Evêques. Pierre Strozza , Sécrétasse de Paul V, fut chargé derépondre à cet Ecrit. La Réponse aprocha plus de la dureté, que de la condescendance : il n’expli-qua rien favorablement, 6c il salut que le Légat du Patriarche se soumit, non seulement aux dog-mes , mais auffi aux expressions de Rome. II signa tout ce qui lui fut proposé de la part du Pa-pe > 6c, ne sc contentant pas d’abjurer toutes les erreurs de fa Nation, il fit des Livres, 6c les adressaà ses Compatriotes, pour leur communiquer les lumières qu’il avoit aquises à Rome. II en partitaprès un séjour de trois années , 6c il porta à son Patriarche Elie un Bref de Paul V , qui rejettoittous les moiens d’accommodement que ce Patriarche avoit proposez , 6c Pobligeoit à condamnertous les termes qui pourroient couvrir l’erreur (a). Adam fut accompagné de deux Jésuites (b ),qui eurent ordre de travailler à l’entiere réunion de cette secte.
{A) Leurs différens nétoient qu une dispute de mots.) Le Sr.de Moisi, dans son Histoire Critique du Levant, paroit fortpersuadé, que le Patriarche Elie avoit raison de soutenir qu’iln’y a qu’une pure question de nom entre les Nestoriensd’aujourd’hui , & les Catholiques. Le Nestorianifme d'au-jourd'hui , dit-il (i) , n'eft qiìune héréfie imaginaire , toutecette diversité de sentiment ne confise qu en des équivoques,d’autant que les Nestoriens prenent le nom de personne dé une au-tre façon que ne font les Latins. Pourquoi donc n’aquiesça-t-on pas aux éclaircissemens que le Patriarche de Babylonefit donner ? C’est que , pour garder le décorum , & par unefausse délicatesse de point d’honneur , il faloit toujours sou-tenir que le Nestorianifme étoit une dangéreuse hérésie ;
autrement, il auroit falu prostituer l’honneur des ConcilesOecuméniques. C’est ce que le Sieur de Moisi auroit diten pais de liberté ; mais, en France , il a falu qu’il fe soitservi d’expreffions un peu moins dévelopées. Comme lesConciles , a-t-il dit (i) , ont condamné lhérésie de Nefiorius,il étoit , ce semble , nécessaire qu on fit voir a Rome que leNefiorianisme étoit une véritable hérésie , puis quelle avoit étécondamnée far l’ Eglise dans un Concile général. U ajoíìte,avec les mêmes ménagemens , que quelques-uns fourraientinférer des actes mêmes des anciens Conciles, que le Nes-torìamsme n est qu une hérésie de nom , zj que fi Nefiorius e?S. Cyrille sefujfent entendus, ils auraient pu concilier leurs opi-nions (z).
ADAM f Jean ) Jésuite François , a été un fameux Prédicateur (A) dans le XVII siécle.II étoit du Limousin , 6c il entra chez les Jésuites l’an i6zz , à l’âge de quatorze ans (a). Ses Su-périeurs l’aiant trouvé propre à réussir dans la Chaire , l’apliquérent à cela , après qu’il eut régen-té les Humanitez 6c la Philosophie. II a éxercé le métier de Prédicateur pendant quarante ans , 6cs’est fait ouïr dans les principales villes de France , 6c au Louvre même (b). II commença , com-me de raison , par les Provinces ; mais, lors qu’il s’y fut suffisamment signalé , on l’envoia fur legrand théâtre du Roiaume. Les conjonctures du tems le favorisèrent : les disputes du Jansénismeavoient déjà fort échauffé les esprits ; 6c jamais homme ne fut plus propre que le P. Adam à êtredétaché contre le jaarti, en Avanturier téméraire. II étoit hardi 6c bouillant, 6c avoit toutes lesparties nécessaires a un grand Déclamateur. Le Carême, qu’il prêcha à Paris, dans l’Eglise de SaintPaul, en l’année i6yo , fit du fracas. Le Prédicateur poussa les choses si loin , que s’il n’eût pascu de puissans patrons, on lui eût interdit la Chaire [B). II eut assez de bonne foi (C) , pour
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(A) A été un fameux Prédicateur . ] Voiez la Lettresiue Mr.de Balzac lui écrivit le 15 de Janvier 1643 (1) ,après avoir lu les XV Sermons que ce Jésuite lui avoitenvoies.
(B) On lui eût interdit la Chaire. ] C’est ce que nous apre-nons d’une Lettre de Guy Patin, écrite le 11 d’Avril 1650.Notre Archevêque , dit-il, a défendu la chaire à Mr. Brous-se}, Doíleur de Navarre, a? Chanoine de S. Honoré, qui est grandjanséniste , çj point du tout Maz,arin , pour avoir prêché de-fms trois jours un peu trop hardiment. Le Pere Adam , Jé-
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fuite , eût éprouvé la même rigueur, pour avoir prêché contreS. Augustin , dans ïEglise de Saint Paul, ZJ l’avoir apellé l’A-fricain échauffé , 8c le Docteur bouillant, fans le crédit desféfuites c y des Capucins, qui en ont détourné l Archevêques).
(C) ll eut assez. de bonne foi, zjc.~\ II faut entendre ceci cumgrano salis , avec quelque restriction : 8c l’on se tromperait,si l’on s’alloit figurer que ce Jésuite ne^ retint rien des obli-quitez artificieuses de ceux qui ont prétendu que Saint Au-gustin n’est favorable, ni aux Calvinistes, ni aux Jansénistes;car, dans le même Sermon , qui excita tant dq plaintes, 8cK z qu’il
(k.) VUeReuchlinumde Ait. Cab-bai. png, 8, ésHeidegger.Histor. Pa-triarch. Tom,/, pag. i6o.
( / ) Dans leT^eraarque(<-A) def ^Articled’A B U L,
(ss>) Valez,Saldeni OtiaTheolog.pâ^, 6q8.
(6û) Ellesveulent dire $Jacobus Sa-lianus po •luit.
(a) Tire daChap, X dt*Livre V de laPerpétuitéde la foi dé-fendue. Mr mArnaud cittle Traité dePierre Stroz-za de Dog-matibusChaldaco-rum.
fí),Nic. Go-dignus deRébus Abas-sinorum,L;&.I. apud A àMimim, deStatu Relig.Christ, pag»226,
(z) Moní,Hist. Critiq,du Levant,prfgf* 93 ,94.
(z) Là-mê~
â, 94.
Sotuel,Liblioth. So-cietatis Jefu,597-
(b) Idem 7
(z) Patin,'LettreXXXVII ,pag, 162 du lTom. Edit . deGeneve , en1691 » in I**