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qu’il fit sortir de dessous la presse les Pseaumes de David , les Hymnes , & les Prières de l’Eglise ?en Latin 8c en François. Personne n ignore que les Jansénistes cherchèrent à ic rendte recomman-dables par des Traductions Françoises de cette forte de Livres. Ils critiquèrent les Muses du PercAdam ; je veux dire , la Version qu’il avoit faite des Hymnes en vers François (F). Mais ce com-bat de plume ne dura entre eux & lui que tort peu de tems. Ses Ecrits commencèrent en l6yo,6c finirent en i6si (G). Aparcmment, on trouva qu il rendoit plus de services à l’Eglise , & àsa Société , par ses autres dons, que par fa plume. II lut envolé à Sedan, afin d’y établir un Collè-ge de Jésuites. 11 en seroit difficilement venu à bout, pendant la vie du Maréchal de Fabert, l’hom-me du monde le moins bigot, 6c le plus ferme fur le principe de la bonne foi. Ceux de la Reli-gion se trouvoient fort à leur aise sous son gouvernement ; les choses changèrent après fa mort (c).Ils furent inquiétez en mille maniérés par ce Jésuite , 6c obligés de paier des sommes, 6c de céderdes fonds , qui lui donnèrent moien d’établir le Collcge qu'il méditoit. II publia un projet, au-quel Mr. de St. Maurice , Professeur'en Théologie à Sedan (d) , opolà une Réponse, qui demeurasans repartie. II demeura quelques années à Sedan , 6c y avança les affaires de son Ordre , 6c leprojet des conversions , autant qu il put. Mais enfin les Puiffuices mêmes se dégoûtèrent de lui ;6c , soit que l’on redoutât son esprit hardi 6c intriguant, soit que l’on vît que sa maniéré de prê-cher n’avoit pas toute la gravité requise dans un lieu où il y avoit une Académie de Protestans ; onfut bien aise que ses Supérieurs le retirasiènt : j'ai même ouï dire qu’on en fit quelques instances.II avoit été envoié à Loudun , pour y prêcher , pendant que ceux de la Religion y tinrent un Sy-node National, fur la fin de l’année 1679. Ce fut aparemment ce qui l’engagca a la compositiond’un Ouvrage, qui Ta fait conoître aux Protestans de France, plus qu’autre chose, 6c plus que biendes Auteurs de la première volée n’en sont conus. Un Ministre de Poitiers (e) , aiant changé deReligion , peu après la clôture de ce Synode , écrivit une Lettre , où il critiqua fort malignementle jeune que cette Compagnie avoit ordonné à toutes les Eglises Réformées du Roiaume (f). Mr.Daillé’, qui avoit été le Modérateur de cette Assemblée, répondit à Ta Lettre de cet Ex-Ministre.Celui-ci lui répliqua : le P. Adam voulut être de Ta partie, 6c publia une Réponse à T Ecrit de Mr.Daillé (ct) , Tan i6<So. Mr. Daillé leur répondit à tous deux dans un même Livre. 11 n’a peut-être jamais fait d’Ouvrage qui lui ait mieux réussi que celui-là , ni qui ait été tant Tu par toutessortes de gens, parmi ceux de 1 a Religion ; 6c voila pourquoi le P. Adam, qui s’y trouve presqueà chaque période , 6c souvent sous un caractère d’esprit qui fait impression , leur est plus conu quecent Auteurs qui le surpassent. Cet Ouvrage de Mr. Daillé demeura sans repartie (/) , 6c il nefaut pas s’en étonner : ceux , qui auroient dû répliquer , n’étoient pas de la force d’un tel adver-saire , qui, même dans une mauvaise cause , auroit pu les mener batant. Je ne íài point cn quelleannée le P. Adam fut le Procureur de la Province de Champagne à Rome : la Bibliothèque desJésuites ne le marque pas (g) -, mais elle m’aprend , qu'en 1674 , il étoit Supérieur de 1 a Maison
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(F) La Version qu il avoit faite des Hymnes en vers Fran-çois (13).] Ce qu'on trouve là-deflus dans la IX partie desDifficultez proposées à Mr. Steyaert, mérite que je le ra-porte : „ II y a long-tems qu’un Livre de prières n’a esté„ plus estimé , que celui qui a pour titre : L'Office de l’Eglise,, v de la Vierge , en Latin zsr en François , avec les Hymnes,, traduites en vers : qu’on appelle autrement Les Heures de„ Port-Royal. II s’en fit en un an quatre Editions : ce qui,, donna tant de jalousie aux Jésuites, qu’il n’y a rien qu’ils„ n’ayent fait pour les décrier. Ils y firent de méchantes„ objections, qui furent auffi-tost repoussées. Ils y opposé-,, rent les Heures du P. Adam , fous le nom d 'Heures Ca-,, tholiques, comme si les autres eussent esté hérétiques. Les„ Hymnes y estoient auíîì traduites en vers : mais fi ridi-,, culement, que cela ne fit que relever l'éclat de celles de,, Port-Royal. Enfin , ils les déférèrent à l’Inquifition de„ Rome, & emploiérent tout leur crédit pour les y faire„ condamner (14)". Le Cardinal Spada fit entendre à Mr.de St. Amour , que si l’on accufoit au Tribunal de l’Inqui-fition cet Ouvrage du Pere Adam , elle le condamnerait.Mr. de St. Amour répondit, que ft les Heures , qu il défen-doit , avoient a eftre flétries . ... , il aimait autant quelles lefussent seules, que dans la compagnie de celles du P. Adam zsrqu il ne jugeoit pas qu il falhst accoutumer ces Peres a compo-ser un méchant livre , des qu ils en verraient paroistre un bon ,qui ne leur plairait pas , dans iespérance quils auroient de fairecondamner l'un ef ïautre fous ombre de tenir la balance egale,
de mettre la paix entre les uns ZV les autres (15).
(G) Commencèrent en 1650 , ZF finirent en 1651.] Le. P.Sotuel ne marque que cinq Ouvrages du P. Adam. Le der-nier est fa Réponse à une Lettre de Mr. Daillé , & parut enróóo ; & voici les titres des précédens : Calvinus a seipfo c?à S. Augustino prosligatus , Parisiis, 1650, in 8 ; Psalmi Da-vidis , Latine zsr Gallice , cum Canticis undecim quibus utiturEcclejia, Parisiis, in 11 ; Fìdelium Régula , ex Sacra Scripturâzsr Janâlis Patribus deprompta , Parisiis, 1651, in 12 ; PrecesCatholia , Latine zsr Gallicì, Parisiis, i6;i> in 8, & 12.
(H) Une Réponse à VEcrit de M. Daillé.] Le P. Sotuel in-titule cet Ouvrage, Responsum ad Epistolam D. Altii MinisriCbarentonensts H&retici. C’est latiniser misérablement lenom de Mr. Daillé; & c’est une marque que le P. Sotuel nelisoit gueres les Livres de Controverse. Car où est le Con-troversiste , à qui les Livres Latins de Mr. Daillé soient in-conus , & qui ne sache , par conséquent, que ce Ministrese nommoit en Latin Dalhus? Tous ceux > qui savent con-fusément qu’il y a eu un Ministre de Charenton nomméMr. Allix, croiroient sans hésiter, que le P. Adam a fait unLivre contre lui, s’ils n’avoient point d’autres lumières quecelles que T Article de ce Jésuite fournit dans le Continua-teur d’Alegambe : & voilà comment les moindres fautesfur les noms jyopres font capables de faire illusion aux Lec-teurs. Un homme, qui auroit pris une fois Mr. Allix pour1 Allius de ce Continuateur, seroit capable de le mettre au
Catalogue des enfans célébrés , & de l’envoíer à Mr. Bail-let (16), comme une addition ; car il le croiroil imprimédès Tannée 1660 , & réfuté par un Jésuite fameux.
(i) Cet Ouvrage de Mr. Daillé demeura Jans repartie.] Lescurieux ne seront pas fâchés de voir ici ce que le fils de cethabile Ministre a observé touchant ce Livre, ll est entre lesmains de tout le monde , dit - il , z? il a été fi bien reçu , qu'onen a déjà fait deux édifions. Ceux de notre Communion, pourlesquels il étoit fait principalement , y trouvent avec satisfactionla plupart de nos controverses traitées d'une fajson fort capablede les instruire , Z? notre Religion justifiée de tous les blâmesdont fies ennemis la chargent ordinairement. Et fi l’on peut ti-rer quelque avantage du silence de nos parties , il semble quilsayent passé condamnation eux-mêmes ; puis que jusqu’à présentils ri y ont rien opposé , ni l'un ni Vautre , quoi qu’ils ayent sou-vent promis le contraire , zsr qu’on leur en ait fait des-reprochesplus d’une fois (17). Mr. Daillé le fils venoit de dire unechose , qui insinue manifestement que le P. Adam fut leConvertisseur du Ministre Cottibi. Je dois donc la remar-quer comme l’une des prouesses de celui qm fait le sujetde cet Article. Ecoutons donc encore une fois l’Hisloriende Mr. Daillé. ,, Non feulement le Néophyte Romain ,„ qui étoit -la partie intéressée , se défendit lui-même , en„ mettant au jour une assez grosse Réponse; mais, de plus,„ comme 11 là cause n’eùt pas été en íûreté entre ses mains*„ il vint à son secours un,fameux Jésuite, de qui quelqu’un„ de fa Communion a dit qu’il n’est 1 c pvémier homme du„ monde que de nom seulement. On entend assez par là„ que c’est le P. Adam, qui, pour soutenir son p r o s-e’-„ l y t e , fit paraître en même tems que lui une seconde„ Réponse , à-peu-près de même taille & de même force,, que la sienne ”.
Ce prémier homme du paflage qu’on vient de lire m’afourni dans la prémiere Edition de ce Dictionaire une Notemarginale, qui fera présentement une partie du corps decette colonne. Voici ce que c’est : ,, J’ai ouï dire que la„ Reine Mere , aiant demandé à un grand Seigneur, qui„ savoir accompagnée à un Sermon du P. Adam , ce qu’il„ en penfoít, il la remercia d’y avoir été si bien convaincu,, de l’opinion des Préadamites. On lui demanda l’expli-„ cation de cette énigme : il répondit , Ce Sermon ma fait„ voir tri s-clairement , qu Adam n est pas le prémier homme„ du monde". Vous trouverez ce conte dans là fuite duMcnagiana (18) , & vous y aprendrez que le grand Sei-gneur , qui répondit cela à la Reine, étoit Je Prince deGuemené , & que le Sermon , qu' donna lieu à ce bonmot, fut trìs-mal reçu à la Ville z? u la Cour , iq\ Le PereAdam y fit une comparaison fort odieuse des Parisiens avec lesJuifs qui avoient crucifie notre Seigneur. Jl compara la Rei-ne à la Vierge , zsr le Cardinal Ma&arin à St. Jean VEvangé-liste. Notez que d’autres donnent ce bon mot à Benféra-de. Lisez sa Vie , au devant de la derniere Edition de sesOeuvres (20).
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(.j Atrivîiau mois dâM.m 1662 .
(d) Il Pa éték Maefìn'cht ,défiais fa sor-tie dc Francsaprès la 7 \évo -cation de /’£•*di: de Nantes}jafsjucs k famort , arrivéele L 9 d ì Aoiit.1700 , Le P *Adam laitendit cent for*tes de pièges ?mais H trotiv/tun ^Adversai-re qui fe dé-mi Ut de touthabilement .
(f) Il $'apel-loît Mr. Cor-tibì.
(f) Votez. U
Vie de Mr«Daillé , pag t3 3 > & jwV,,.
(g) T(exït Cafalegitem Seda-ns n f c in Pro-vncia Campa -ni.s , k qudehídus efì Pro*cî&rator adVr -bcm. Sotuel »Bìblioth. So-net, Jesii,pag. 397.
(16) Il publia
en 1688 urhL’^reinu-aléiDes Enfansdevenus cé-lébrés parleurs Etudes,ou par lemsEcrits,
(i?) Abrégéde la Vie dcMr, Daillé *pag î$. Il e/£imprimé Pan1670 ,
( 18 ) Í 9de P Edit. daHollande,
(19) Cefut unSerrison de laPajjìon , pyi-
cht par ?.
Adam à j ainsGermain deP-Auxerrois*
( 20 ) Celle (UPan 1S-7,