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Tome premier. A - B.
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A D A M.

Professe à Bourdeaux, Je pense qu’il mourut dans cet emploi, environ l’an 1680. II avoit publiéquelques Sermons de controverse sur la matière de l’Eucharistie, qui fut l’Evangile du jour partoute la France, pendantJa querelle de Mr. Arnaud & de Mr. Claude : il les avoit, dis-je, publiésdepuis l’impression de l’Guvrage du P. Sotuel , & il les avoit prêchés, je pense , dans le fort decette contestation Ils ne font pas mal tournez j mais ils tiennent un peu trop du Dramatique,par le personnage d’Interlocuteur qu’on y donne quelquefois à Mr. Claude. Je n’en parle que parouï-dire. Le P. Adam paíla par les mains du P. Jarrige ; mais beaucoup plus doucement que plu-sieurs autres : & il en fut quitte à bon marché (K). Au reste , il ne fut pas le premier qui parlapeu obligeamment de St. Augustin (L) , St qui tâcha de persuader que St. Paul outrait les cho-ses par ion tempérament trop vif {M).

(k) ll en fut quitte à bon marché .] Je trouve trois passa- choses trop loin ; 8c qire , quand il avoit en tête certains

ges qui le concernent, dans les Libelles de sEx-Jéfuite Jar- adversaires, il s elojgnoif de leurerreur'fi ardemment”*qu’îílige. Voici le premier, le Pore Jean Adam, ïun des meil- sembloit passer jusques à l’extrémité oposée : par exemple ,leurs Prédicateurs qu ils ayent , interprétois à une Urfuliue du

(it) Jarrige,Jésuites misfur l’Echa-faut, Cbap.X.

(22) Lk-ral-

(23) Jarrige,Réponse àJaquesBeau-fés , Chap.

xiv.

Douteproposé auxCaiuïstes furune Cnrioíì -té Auatomi-que.

( 24 ) Vide

Epistol. Sar-ravii , pag.

196.

( 25 ) Défenseue St. Augus-tin contrele P. Adam,t“g. H-

Convent de Saint Macaire le Traité de la génération , (sr par-iait avec autant de clarté des parties qui contribuent a la pro-création des enfans , que le Sieur du Laurent dans' son Anato-mie (2.1). Le second contient ces paroles ; Tous ceux , quil’an 1646 estoìent dans le College de Poitìiers , savent les que-relles de Jean Adam c? de Jaques Biroat , deux personnes lesplus considérables de l'Ordre. lis se sont fi hostilement attaquez,,quils ont fait paroitre , par un secret de la providence de Dieu,leurs puantes ordures , cy Jaques Biroat a demeuré convaincu ,cy c (22). Le troisième porte que le plus excellent de leurshommes de Chaire, nommé Jean Adam , est fils d'un Coutu-rier (zsi. De ces trois passages, il n’y a que le premier quipuisse taire du tort à la mémoire du P. Adam ; car le ie-cond tait tomber fur la tête du seul Biroat les ordures quise découvrirent en conséquence de leurs démêlez. Ainiitout ce que la Chronique scandaleuse 8c les Anecdotesavoient révélé au P. Jarrige, concernant le P. Adam, seréduisent à quelques Leçons d’Anatomie , faites à une Reli-gieuse , sur la génération des enfans. Encore un coup, c estsortir à peu de frais des mains de Jarrige. On me l’avoue-ra , pour peu que l’on fasse réflexion iùr le caractère de sonOuvrage. Si cet Auteur nous avoit dit l’âge de la Reli-gieuse , nous pourrions plus sûrement juger de la faute.Parler de ces choses avec une jeune Religieuse est fans dou-te un grand péché , à cause qu’il est moralement impossiblequ’une telle conversation n excite des sentimens impurs ;mais je voudrois bien qu’un Casuiste de bon sens, qui nefût ni trop relâché , ni trop rigide , examinât cette ques-tion : Une Religieuse, d'un âge fi avancé, quelle écouterait uneLe f on d'Anatomie sur les organes de la génération avec la mê-me indifférence que ïexplication des parties de l'oreille, pécheroit-elle par la curiosité d'entendre cette Leçon ? Je croi qu’on m’a-vouera qu’il est fort permis à une femme , de quelque con-dition qu’elle soit, de savoir tout ce qui se dit touchant lacirculation du sang. Ce n’est point un péché à elle de savoirque les plus subtiles parties du chyle passent des intestinsaux veines lactées , Sc de là successivement dans le réser-voir de Pcquet , dans le canal toracihique , dans la veinesouclaviere, dans la veine cave, dans le ventricule droit ducœur > dans l’artere du poumon , dans la veine du pou-mon , dans le ventricule gauche du cœur , dans l’aorte.Elle peut savoir sans - péché le jeu des valvules qui font auxextrémité?, des veines 8c des artères, les anastomoses, lasécrétion de surine , &c. Pourquoi seroit-elle donc crimi-nelle d’achever tout son cours d’Anatomie, 8c d’étudierexactement tout ce qui se dit sur les parties, tant intérieu-res qu’extérièures, qui font destinées à la procréation desenfans ? Le crime ne sautoir consister dans la simple conois-sance de ccs choses : il faudrait donc qu’il consistât dans lespensées impures qui accompagneraient, qui précéderaient,qui suivraient cette étude-là : mais j’ai l'uposé qu’on fùtdans le même calme que si l’on étudioit l’Anatomie de l’o-reille. Voilà le cas & l’espece sur quoi il faut raisonner.

Ne m'érigeant point en Casuiste , je donne la chose à déci-der à qui il apartìendra : 8c je dis feulement, que pourlouer au plus sûr , il vaut mieux que les personnes qui neíont pas dc profession à devoir conoítre ces choses > & furtout celles qui ont fait vœu de continence , n’aient jamaisune telle curiosité, 8c ne la contentent jamais : de forte quele Pere Adam n aurait pu convenir du tait, fans avouerqu’il étoit tombé en faute. La plus grande charité des gensn'irqit gueres qu’à ceci : c’est que son auditrice en étoit lo-gée à la maxime, Amare liceat, fi potìri non licet. Dum ca-remus verts, gaudiafalfa juvant.

(Z) ll ne fut pas le premier qui parla peu obligeamment deSt. Augustin. ] Mr. Sarrau écrivit à Mr. de Saumaise , en1646 , que les Jésuites difoient tous les jours en Chaire ,que St. Augustin n’étoit point 1 a réglé de la foi, & que,pour se débarrasser des objections qu’on lui faisoit, il avoitavancé bien des choses indiscrètement. Non est hic Pater ré-gula fidei. Vt fi expediret ab argnmmtis hureticorum fui tem-poris multa lìberïUs cy inconfideratius dixit, quïbus non tene-mur (24;. Le P. Adam , quatre jours après son Sermon ,avoua à une personne, qui lui représentoit le préjudice quecette prédication pouvoit causer , 6fie Gabriel à Porta , Jé-suite , clisoit souvent, qtt il firoit à désirer que jamais St. Augus-tin rieitt écrit de la Grâce (23). Long-tems avant la naissan-ce du Jansénisme , il y avoit eu des Théologiens quiavoient déclaré fort librement que Sr. Augustin poussoit les

(26) Paulia

LeoDstríLRefponf. aáExpostula-tiones con-tra Scien-tiam me-diam, paf•1x7, US.

(27) AnnariAngaâiaus

jusques à l’extrémité oposée : par exemplequ’en combatant serrent des Pélagiens, il sembloit s'avan-cer trop vers celle des Manichéens ; 8c qu’en combatant lesManichéens, il sembloit adopter shérésie de Pelage. UnIrlandois, nommé Paulus Leonardus , cite là-dessus Géné-brard , Cornélius Musses Evêque de Bitonte , Cajetan , 8cSixte de Sienne (26). Mais le' P. Armât en cite bien d’au-tres , dans le même Livre où il s'efforce de prouver que St.

Augustin n’est point du sentiment de Jansénius (27). Voiezce que le P. No ris a répondu à cette grande nuée de té-moins , produite contre ce grand Evêque d’Hippone. Quel-ques Protestans n c s’éloignent pas de cette pensée , que St.

Augustin outrait les choses. Je ne parle pas du Commen-taire philosophique (28), où l’on aprouve en quelque ma-niéré le jugement du Pere Adam; ni de k BibliothèqueUniverselle (29) , où St. Augustin est représenté tout tel ---or-que le P. Adam l’auroit voulu ; je parle de Mr. Daillé, qui, vindicatujanon seulement enveloppe St. Augustin dans l’accusatìon gé- a l 3ms -nérale qu’il íàit aux Pores, de sembler donner dans un pré- ( zS ) p ‘ ,rt fi{ rycipice , quand ils en fuient un autre (30) ; maïs qui lac- a fijì u Sust-ente aussi d’avoir traité trop les choses à la maniéré dotante ment,gag. 2. 'des Philosophes Académiciens (31). II a paru depuis quel- (29) Tomeque teins un petit Livre intitulé Avis importuns 0 Mr. Ar- xiv, pag.naud fur le Projet â'une notiv.lle Bibliothèque d'Auteurs Jan- ~* 7 -Jénifles , dans lequel on parle d’un tiers parti qui se forme , (3°) Daillé»qui ne sera , ni janséniste , ni Moliniste , 8c qui mettra St. J e l’Emplo*Augustin entre ciel 8c terre , ni trop haut, ni trop bas. Ce de j Peres ’milieu pacifierait les troubles, fi l’on vouloit être bien rai- IS3 J „soiinablc. Par là, il seroit permis d etre Janséniste, ou Mo- ' Jjfi "“Cj

Insiste , selon que le cœur en dirait. Ne doit-il pas suffire < ® í ’ ^ "

aux Jésuites que St. Augustin ne soit point la réglé de lafoi ? £n demandoient-ik davantage dans les Livres dont lesDéputez cks Jansénistes (32) tirèrent plus de cent propo-sitions , qui attaquoient l’autorité de ce Pere ?

(î2)En r g;flVoiez. le Mé-morial his-torique tou-chant lesV Proposi-tions, pagm8-2.

( 33 ) Pag, tri

(*) De laCour SainteTarn III, Ma-xime VI de la'Prédestina-tion , num. z*

( 34 ) Ci-deffusRémarqae(£), vers lafin.

(AI) De persuader que St. Paul outrait les choses par fin tem-pérament trop vif. ] 11 y a dans la censure du Sermon du P.

Adam (33) un passage du PqCauflîn > où St. Paul 8c St. Au-gustin sont comparez à deux grandes mers , qui s’enflent parimpétuosité d'esprit tellement en une rive , qu ils semblent vou-loir lasser ï autre à sec pour un tems; mats, comme t Océan,apr'es s’eftre largement répandu d’un costé , retourne dans les li-mites que Dieu lui a ordonnées, auffi ceux-ci, après avoir courufur les esprits rebelles, qui s'élèvent contre la vérité, retournentdans une égalité paisible, pour édifier la maison de Dieu (*).

Voilà cette roue , qui fait plus de tours qu’on ne lui com-mande , à laquelle nous avons vu qu’un Ministre a compa-ré l’elprit prophétique (34). St. Paul 8c St. Augustin se dé-bordent de teins en teins ; mais ils retournent ensuite com-me la marée dans les bornes que Dieu leur marque. O ! lebeau moien de répondre à tous les passages de St. Paul,qui incommodent ! On n’a qu’à dire qu’il avoit alors inon-dé toute la campagne , 8c qu’il faut l’attendre à son retourdans le lit que Dieu lui avoit donné. Le Chevalier EdwìnSandis m’aprend une chose , qui vient trop bien ici, pourn y être pas insérée. Jesaì de très-bonnepart , dit-il (3$) ,qu’en Italie ils ont une si vive jalousie contre quelques parties de m,., uìEfcriture, esrfur tout contre les Epìfires de St. Paul, que quel- Religion,ques Jésuites n agueres cn publiques prédications, autres leurs V "

fauteurs en converjntions privées , exaltans St. Pierre comme unesprit excellent, censuraient St. Paul comme personne de cerveaubouillant cy fougueux , qui seftoit laffé emporter en laplufpartde fis disputes fi immodérément aux faillies de fin zèle , cr 0t acrimonie de fin esprit , qu'il ne saloit pas faire grand estât defis assertions : ains , que fa lefíttre eft fort perilleufi , sentantí hérétique en divers endroits ; cy que pmt-eftre il ettst mieuxvalu qu’ d n eu fi jamais eficrtt. En conformité de quoy, j’ai ouydire ù des Catholiques Romains plus d’une fois , qu on a ja sou-vent cy par plusieurs soi s consulté bien d certes entr'eux de cen-surer cn quelque maniéré , cy reformer les Epifires de St. Paul.ésiwy qu a dire ce que fi en pense , je n y puise prester soy ; tantejt /’entreprise en soy blasphématoire cy abominable, cy tant fi-roit deseséré le scandale en ces tems. Mais, comme qu il ensoit , il est certain, qu ils estiment St. Paul au, dessous de tous lesEfirtvains sacrez ; cy jesçay de prepre science, cy^ouie, quequelques-uns d’entr’eux enseignent en leurs chaires , que ce St.

Apostre ri avoit autre afl'ùrance de ja prédication, que la confé-rence qu’il en fit avec St. Pierre : cy qu il n osa publier fies Epìs-tres . que tout premier St. Pierre ne les euff aprouvées. Voilà

f 33 )

tion

Relu-de la

des gens bien mal adroits ; car > si les Epîtres de Saint Paulfurent aprouvées par Saint Pierre , estes ont toute sauthen-ticité qu’on peut souhaiter,

k 3 Vn à Les foins infkigAles qu'ilanrisderecueillir, d ajuster, & dc publier les Vies d’un très-gnmd nombre de S»v£>s, meritoiem que

quel-