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Tome premier. A - B.
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A L C M E O N. A L D R I N G E R. i 4 9

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H- 33.

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Article.

tombeau mérite d’être considéré (C). Les Oropiens , qui devancèrent tous les autres peuples àmettre Amphiaraiis au rang des Dieux, exclurent Alcmeon des honneurs divins qu’ils conférèrent 0) srrabo,à son pere Sc à son frere : ils l’en exclurent , dis-je, à cause de son parricide (b), On re- p^'^/fmarque qu’un Perse, nommé Oronte , lui refl'embloit parfaitement (/).

II y a des Historiens , qui disent qu’Alcmeon , après la seconde guerre de Thebes, s’en alla en pil\it.Etolie , atiré par Diomede 5 qu’il l’aida à conquérir ce pais, & l’Acarnanie ; & qu’aiant été íom- ^ ckmmez de se trouver à l’expédition de Troie , Diomede s'y rendit, mais qu’Alcmeon s’arrêta dans Aiexandrsl’Acarnanie, Sc pour faire honneur à son frere (k) , qu’il bâtit une ville qu’il nomma Argos d’Am-philochus (/). Notez qu’il prophétisa dans l’Acarnanie (m). p*z-‘ìi\.

qui reprochent à leur prochain un vice qu'ils ont eux-mê-mes , ou qui est plus petit que le leur. Alcmeon reprocheà Adraste qu’il est frere dune femme qui a tué son mari :Adraste lui répond , & vous , -vous avez, tué votre propremere. II ne faut point faire le Caton & le Censeur, lorsqu’on est tout plein de défauts, oùxsv y.r$ì Xoibopé-

, ccùroç ay 7rxtb'opLccrr,ç. Mîj o’ x<rcS]ov ùvròi m ctveÁevôepoç ,

flagrant, nec/ue prodigalitatem sordidus ipfe. Alcmaon Adras-tum hoc maledtblo incejstt ,

Tibi qtu marïtum suum interfecit est soror.

Quid Adrastut ? Non alienum , sed projprium ei reponit oppro-brium ,

fyilutatch.s ca .PiencU‘.“"«ic.“Ulitate

Á\b:oy~‘sveí yvvxucoi ipLt>yeyr,ç f(?»{ :

Tov Aocxçcv ò A'Lxpt.xíat. T; »» htelyos ; ttu âXXÓzqtev u/.Áxtbiey exv'ìtp ngoTtpípm oyetb'oí ,

b'" àvTí%£tg ye pui7po} íj er lyeiyxlo (l).

Non ita adulterium objtce alterï , ipfe insano puerorum amore

Matrem necasti tu manu tua tuam.

(C) Ce qu on a dit de son tombeau mérite d’être considéré. ]Ce tombeau étoit à Pfophis dans l’Arcadie : il n’avoit gue-res d’éclat ni d’ornemens ; mais il étoit entouré de cyprèssi hauts , qu’ils pouvoient couvrir de leur ombre le coteauqui dominoit fur la ville. On ne les coupoit point, parcequ’on les croioit consacrez à Alcmeon , St on les apelloitle$ pucelles (3).

f 3 1 Idemiib:d. Faufarï.Libr. VIII,t a l- ZSS.

ALCMEON , natif de Crotone , Sc disciple de Pythagore. On croit qu’il fut le prémierqui écrivit fur la Physique (a). II avoit des opinions très-hétérodoxes , comme que la Lune étoiteternelle , Sc que notre ame tournoit toujours à la maniéré du Soleil. Voilà ce qu’en dit Laërce.Cicéron représente mieux le syltême de ce Philosophe > car quelle négligence n’est - ce pas , quede choisir , entre tous les Affres aufquels Alcmeon attribuoit une nature éternelle , celui dont lesaltérations parodient le plus, je veux dire la Lune? II faloit donc dire, comme Cicéron a fait (b ),que ce Philosophe attribue la divinité à tous les Astres, Sc même à notre ame. Mais commec’est le propre des mechans systèmes, de n’avoir rien de lié , nous voions que notre Alcmeon rai-ionnoit peu conséquemment, lors qu’il faifoit une grande distinction entre les conoiíìánces desDieux , Sc celles des hommes. Il disoít que les Dieux savoient manifestement les choses , Sc queles hommes ne faiioient que conjecturer (c). Voilà ce que peuvent dire ceux qui reconoiísentun seul Sc vrai Dieu > mais ceux qui prenent les astres, Sc les âmes humaines , pour autant deDieux, se rendent ensuite ridicules, s’ils prétendent que la science Humaine Sc la science divinedifférent autrement que du plus au moins. 11 n’est pas vrai que cet Alcmeon soit mort d’une ma-ladie pédículaire (A ).

(a) Phavorin.'in omnimo-da Histor.ûpnd Laërr.ôiAlcmsone,Libr. VIII -,ClemcnsAlexandr.Stromat.Libr . /$Theodoret.Serm. I.

(b) Cicerode NatuiâDeoium,Libr . I,

Cap. XI.

(c) Laé’rt.in Alcmxon»Libr. VIII.

(» j Ant; g (dí) Il n est pas vrai qu il soit mort d.'une maladie pédicu-

^yst. His- {«»re.] Antigonus Carystius a pris l’un pour l’autre , quand<?'■ il a dit qu’Alcmeon le Physicien avoit eu cette maladie ; il

^tursius^ a Pris, dis-je, Alcmeon le disciple de Pythagore , pour le

ílns ses No- ^qéte Alcman (1). Charles Etienne ne se contente pas delcs > ini „ * dire que le Philosophe Alcmeon est mort d’une maladieA« 7 “ e c “ te Ndiculaire ; il dit aqísi que c’est le prémier qui en soitmort, & il se munit de l'autorité d’Elien. Ce sont deux

mensonges : Elien ne parle pas de notre Alcmeon ; c’estd’Alcman le Poète , qu’il observe plusieurs choses : maisaiant dit que le Philosophe Pherecydes étoit mort de lamaladie dont il s’agit ici (z) , il lui auroit fans doute ac-cordé la primauté fur Alcmeon , s’il avoit parlé de ce der-nier , par raport à cette forte de maladie. Les erreursde Charles Etienne se trouvent dans le Pere Lescalo-pier (z).

ALDRINGER, fameux Général d’armée sous l’Empereur Ferdinand II, s’étoit poussépar la seule recommandation de son mérite. II étoit du païs de Luxembourg , Sc d’une naissancetout-à-fait obscure (A). Dès fa prémiere jeunesse , il íe mit au service de quelques Gentilshom-mes qui alloient en France : il s’apliqua avec eux à l’étude , Sc se rendit fort habile. Etant passéen Italie , il devint Chancelier du Comte Madrucci. II alla ensuite à Trente , Sc y eut un em-ploi honorable dans la Chancelerie ; mais la jalousie de ses Collègues , Sc leur conduite , lui cail-lèrent un si grand dépit, qu’il abandonna fa charge , rempli d’un esprit mutin contre la fortune ,Sc résolu de s’attacher à la profession du prémier homme qu’il rencontreroit fur son chemin. IIprit la route d’Inlpruk : Sc , comme il rencontra proche du pont un soldat qui s’en retournoit enItalie , il prit le parti des armes , Sc s’enrôla simple soldat. II devint Sergent peu après ; 'Sc, com-me il fit conoître qu’il savoit très-bien manier la plume , on l’emploia à dresser tous les comptes dela Compagnie , Sc à écrire les réponses que le Capitaine avoit à faire. II donna des lumières à ceCapitaine , qui lui ouvrirent la porte d’un plus grand emploi. Cet avancement fut cause que leLieutenant de la Compagnie devint Capitaine , Sc qu’Aldringer monta à la place du Lieutenant.II se défendit si bien avec f o hommes dans un méchant poste , qu’il le conserva malgré les rudesattaques de l’ennemi. Des lors, la réputation de son courage ne fut pas moins répandue que cellefie son habileté : plusieurs Colonels lui offrirent une Compagnie ; le] neveu de l’Archevêque deSaltzbourg fut de ce nombre. II avoit besoin , à cause de sa jeunesse , d’avoir un tel homme danssi>n Régiment : il le rechercha, il l’obtint, Sc il s’aquit tant de gloire par les bons conseils d’Al-dringer , que pour lui en témoigner ía reconoiísimce , il le fit son Sergent Major. Aldringer futensuite Lieutenant Colonel, puis Colonel j Sc il fit tellement paroître qu’il entendoit à fond lemétier , qu’on le jugea digne de commander en chef à l’expédition de Mantoue (a). 11 joignitfort à propos aux débris de la bataille de Leipsic les Troupes qu’il ramena d’Italie (b) ; Sc, peut-étre que si le Comte de TilH avoit attendu à donner bataille que ces Troupes fussent arrivées, com-me

{A) ll étoit d’une naijfancp tout-à-fait obscure .] HumiliJj 1 ) îuse n _ n pud Lucenburgicos loco or tus , dit Mr. dc Pufendorf, quia j°ùte qu’il fut d’abord laquais de quelques Barons Fran--Uni! 1 ' p. ls > & en fuite Sécrétaire (1). Un autre Historien ne

t%\ j 7 * lyi donne pas une condition si chétive : il le fait d’abord

etudter, puis aller à la guerre, puis servir de Sécrétai-

re , ensuite reprendre les armes. Luxemburgi tenut sed ho-nesto loco editut prhnam atatem literis dédit (z). J] ] e fritboileau de son naturel, Ingénia prompto atque atrì , ct*natura vini abstinéns (3) , ce qrli etoit une très-mauvaise& très-nuisible qualité en Allemagne dans un homme deguerre.

(t) Atlíaii;var. Histor.Libr. IVy Cag%XXVUL

(3) In Ci-cer. de Na-turâ Deor,pag. 41,

{a) En l6z»Tiré dst ComteGaleazzoGualdoPriorato,*»Livre IX der Histoiredes Guerresd’Allema-gne.

{b) En 1 6 ìt

(i) Joh,Cluvcrius,Epit.Histot,Libr. XI,Append,

(l) Id, ib id.