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ALDROVANDUS. ALEANDRE. 151
a tel volume , qui a paru après fa mort, dans lequel on ne croit pas qu’il ait autre part que celled’avoir fourni le modele (D ), ou tout au plus quelques Mémoires intormes. J’cxplique cela dansles Remarques. II ne paroît pas possible qu’il ait fait le prodigieux nombre de Livres dont Impe-nalis a donné le Catalogue ( e ) ; & il n’eít pas étrange , qu’occupé à tant de recherches qui empor-tent toute Pattention , il ait donné souvent pour des Vers ce qui étoit très-contraire aux réglés dela Poésie (/) , & qu’il n’ait point fu beaucoup de Grec (g). Un Poète , qui a été Pape, l’a louéd’une maniéré très-bien tournée (E).
maux, en douze volumes, le Traité des Métaux , la Den-drologie (5) , ont paru en divers teins, par les foins dedifférentes personnes , depuis la mort d’Aldrovandus. Eneffet, le volume des Serpens a été mis en ordre , 8c fousla presse , par Barthélemi Ambroiìn (6). Celui des Qua-drupèdes au pied fourchu fut mis en ordre prémierementpar Jean Corneille Uterverius, 8c puis par Thomas Dems-terus, & publié par Marc Antoine Bernia 8c par JérômeTamburin. Celui des Quadrupèdes au pied continu , 8ccelui des Poissons, ont été mis en état par Uterverius, 8cpubliés par Tamburin. Celui des Quadrupèdes à doigts ouà griffes a été compilé par Ambroíin. L’Histoíre desMonstres, 8c les Suplémens, ont été rassemblez par le mê-me , 8c publiés aux dépens de Maye Antoine Bernia. LaDendrologie est l’Ouvrage d’Ovide Montalbanus (7).
(-D) il y a tel volume de sa Compilation , dont il n a fournique le modele. ] Mi. f Abbé Gallois a íì bien représenté lejugement qu’il faut faire sur ce gros Ouvrage , que j’ai cruqu’on me fauroit plus de gré de la copie , que de l’abrégéde ce qu’il a dit. Voici donc ses propres termes. „ Al-„ drovandus n’est pas l’Auteur de ce Livre (8) , non plus,, que de beaucoup d’autres, qui ont néanmoins été publiés„ fous son nom : mais il est arrivé au recueil de l’Histoi-,, te naturelle , dont ces Livres font partie , comme à ces„ grands fleuves qui conservent pendant tout leur cours le„ nom qu’ils avoient à leur source , quoi qu a la fin la plus„ grande partie dés eaux qu’ils portent à la mer ne leur„ apartienne pas , mais à d’autres rivières qu’ils reçoivent.„ Car, comme les six prémicrs volumes de ce grand Ou-„ vrage croient d’Aldrovandus , quoi que les autres aient„ été composez depuis fa mort par différens Auteurs , on„ n’a pas laissé de les lui attribuer, soit parce que c’étoit„ la continuation de son dessein , ou parce qu’on s’étoit,> servi de ses Mémoires, ou parce qu’on avoir suivi fa
„ métode , ou peut-être afin que ces derniers volumes fus-„ sent mieux reçus fous un nom si célébré (9) ”. Ceuxqui voudront savoir le plan de cette Compilation , 11’au-ront qu a jetter les yeux fur les paroles suivantes : c’est Mr.l’Abbé Gallois qui continue de parler. ,, On n’a presque„ rien écrit de ces Arbres, qui ne se trouve ramassé dans,, ce volume. Car cet Auteur ne se contente pas de ra-„ porter tout ce qu’il en a lu dans les Naturalistes' : il re-„ marque encore , suivant la métode d’Aldrovandus, ce„ que les Historiens en ont écrit, ce que les Législateurs„ en ont ordonné , 8c ce que les Poètes en ont feint. De„ plus , il explique les différens usages ausquels on emploie„ ces Arbres dans l’Oeconomique, dans la Médecine, dans„ l’Architecture , 8c dans les autres Arts. Enfin , il parle,, des moralisez , des proverbes, des devises, des énigmes,,, des hiéroglyphes, 8c de quantité d’autres choses, qui re-„ gardent l'on sujet (10) ”. II n’avoit pas négligé deconsulter les médailles, 8c d’en tirer ce qui pouvoit luiservir (11).
(E) Un Poe te , qui a été Pape , l’a loïté d’une maniéré bientournée.] Je parle de Maphée Barberin , ou d’Urbain VIII.Voici Puiie des Epigrammes qu’il a faites à la louanged’Aldrovandus.
Multipliées rerum formas , quas pontus <& stherExhibes , ç? quidquid promit ÍV abdìt humus ,
Mens haurit, JpeSlant oculi, dum cunila sagaciAldobrande tuus digerit arte liber.
Mirâtur proprios folers ìndujlria fœtus ,
Sftamque tulit rnali se negat ejfe parem.
Obftupet ipsa stmul rerum fœcunda creatrix ,
Et cupìt ejse suum quod videt Artis opus (iz).
Lorenzo Crasso en raporte une autre avec celle-là.
ALEANDRE (Jeróme) Archevêque de Brindes, & Cardinal, au XVI siécle. Ale-xandre VI souhaita de savoir à son service (A) , & le voulut donner pour Sécrétaire à son sils.II changea peu après de résolution , & aima mieux l’envoicr négocier en Hongrie ; mais Alean-dre se trouva malade en ce tems-là , & ne put partir de Venise où il demeuroit. Louis XII lefit venir en France , l’an ifo8 (B) , pour la Proièlsion des belles Lettres dans l’Université de Pa-ris. Aleandre étoit alors âgé de vint-huit ans. II se fit fort estimer dans cette charge. 11 passaau service d’Everard de la Mark , Evêque de Liege , qui l’envoia à Rome , pour faciliter fa pro-motion au Cardinalat, contre les oppositions de la France. Léon X le trouva assez habile , poursouhaiter de le retenir , à quoi l’Evêque de Liege donna les mains. Aleandre fut d’abord placéchez le Cardinal de Medicis (a) , auquel il servit de Sécrétaire : il eut ensuite la charge de Bi-bliothécaire du Vatican , après la mort d’Acciaioli. Mais le grand théâtre où il commença de pa-roître avec éclat fut l’Allemagne , au commencement des troubles que la Réformation y excita.II y fut envoié Nonce du Pape , l’an iyip. II y fit le personnage d’Ambasiâdeur , & le person-nage de Docteur , selon les rencontres. II parla trois heures de fuite devant la Diete de Worms,contre la Doctrine de Luther (b) -, mais on prétend qu’il ne la raporta point fidèlement (c). IIne put point empêcher que Luther ne fût ouï dans cette Diete , & il rcfulâ de disputer avec lui ;mais il obtint que l’on brûleroit ses Livres , & qu’on proscriroit sa personne : & il dressa mêmel’Edit qui le proscrivoit (d). II étoit Nonce auprès de François I , devant Pavie , l’an if2.f jSc il tomba entre les mains de quelques soldats qui le maltraitèrent (C). II fut envoié une secon-de
(A) Alexandre VI souhaita de í avoir à son service.] Jem e sers de cette expression, parce que l’Auteur que j’aisuivi réduit la chose à un pur dessein qui ne fut jamaisexécuté. De la maniéré qu’il en parle , Aleandre ne futjamais actuellement au service de ce méchant Pape. Si celaest, il faut compter pour perdues toutes les réfléxions qu’ona faites au désavantagé d’Aleandre , en vertu de la perni-cieuse écôle d’Alexandre VI, & de César Borgia , où l’onPrétend qu’il a été élevé. Je ne décide rien ; je laisse auLecteur la peine d’aprofondir un peu la chose : Aleandrum( qui paulo ante Cancellarius Leodiensis , e? olim famofijsimiCtesaris illius Borgia; feu Ducis Valentini Secretarius/àew ,famulus hero dignus , (A pars auk Romans.sub Alexandro VI, )pejjìme àescribit Lutherus (1).
(B) Louis XII le fit venir en France , l’an 1 ço8.] Palla-ricini ne marque point cette année ; mais comme il ditstu’Aleandre , âgé de vint-huit ans , fut apellé à Paris , je
ai pas cru me tromper en la marquant; puis que Tailleurs1 Epitaphe d’Aleandre porte qu’il mourut l’an 1541 , âgé desoixante - deux ans , moins treize jours (z). 11 étoit doncsté le 13 de Février i h 8o ; car ceux qui marquent le jourste fa mort , la mettent au premier jour de Février (3). Jemis surpris de la négligence des Auteurs de fou Epitaphe.Ils y mettent qu’il naquit à la Motte, dans la Carniolc ,lan 1479; 8c qu’il mourut à Rome, l’an 154^ > âgé deloixante-deux ans moins treize jours. Cela ne peut êtrevrai > sttie dans la suposition que Tannée 1479 ne commençapas au mois de Janvier, & que Tannée 1 j4z y commença :
or il est ridicule de suposer dans une Epitaphe une maniéréde marquer le tems si destituée d’uniformité. Je m’étonneque T Auteur du Nomenclator ne se soit point aperçu de cet-te fausse suposition. II dit une chose incompatible avec leP. Pallavicini : savoir, qu’Aleandre n’avoit que vingt ans,lors qu’il enseignoit dans T Université de Paris.
(C) ll tomba entre les mains de quelques soldats , qui hmaltraitèrent.] Voici ce qu on trouve là-deflus dans uneLettre d’Hierome Negro à Marc Antoine Michieli, datéede Rome le zo de Mars içzç. „ L’Archevesque de Ca-„ pue nous a racompté un cas estrange d’Aleandre , Eves-„ que esteu de Brindes , 8c Nonce de ft Sainteté près Je,, Roy très-Chrcstien : c’elt qu’en la plus grande fureur du„ combat, 8c en celle confusion telle que la pouvez ima-„ giner, le pauvre gentil-homme s’enfuyant vestu d’accous-„ trement digne de son estât d’Evesque , il tomba és mains,, de trois Espagnols , lesquels le prenans > 8c fins autre-„ ment le cognoistre, le contraignirent par menaces 8c,, bravades , de se tailler à 3000 ducats de rançon , 8c le„ menèrent en cest équipage par le camp , se tournant sou-„ vent en arriéré , 8c l’importunans avec très-rigoureuses„ paroles de les sityvre. L’effroyé Evesque courait après,, eux comme un laquay , fans oser dire qu’il fut Nonce,, Apostolique. Mais, estant dedans Pavie, il fut recogneu„ par le Viceroy de Naples . 8c par le Marquis de Peicare,„ qui, avec grande peine 8c difficulté , le délivrèrent de„ ceste prison 8c servitude : néantmoins fallut-il, pour es-„ tre quitte de son serment, qu’il donnait aux soldats sus-
„ dits
(g) Ezech.’Spanhem.apud Konig,Biblioth.P“g. 24.
(9) Journaldes Savansdu 12 de No-vcmbre-l 66 ij4 -aj.
( t o) Lì-m£-f 1 r ) Votez.
Spanliem.de trait.Numism.Disert. III,fttb fin.t“l- 2 52.
fr 2) Loren-zo Crasso,Elogiid’Huom.Letterati,Tom. I, poft137 . 13 ».
fa) Sut futle Peipc Clé-ment Vil.
(b) Ex Falla-vicini Hist.Cône. Trid.Ce fut Pan1521.
(c) Secken-dorf, His-toria Luthe-ranismi,Libr. I ,pag. 149,
(d) Palla-vic. Hist.Cône. TridJLibr. /, Cap.XXVIU, .mm, S.