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Tome premier. A - B.
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152
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A

L E A N D R E.

(e) Les Car-dinaux Çam -file eb* Sinus*nete.

(f) Volez,la \cmaryue(G) , k la fin.

(4) Lettresdes Princes,

traduites oarDeUeiorêr,fol ; o 96,

(j) tVrz lesJugem. desSavans furles Poe c.Tooi. lili

fag l 94 -

(6) Il faudraitconil-t e di la,

qíf'l OVtirl i*Cafdhalat enM 37 -

(t) PaulusJo/ius,LlJg. Ca^JXCViíl ,

fa%. ZJI.

(3 1 Evêquede frqìuers,

» 4*ìéttr diéN j. n i ìcht-tor Cárdi-naii.un.

(9) tfomen-cLttjr C.ir-dinaliuist,pa\ iziEdit. 1614.

(ro) Je faisvoir d.nsV^A'-ticíe d'

( Hortealio )L A N T D O ,que ce.a tjifaux.

(nì Lor.Crasso,Istor. de’ïoctiGreci,f*& 2 77 -

(t 2) Jovius,in Llo^iis,Cap. KC/ÍIiyf 4 á* rzr.

0*5 «. ihid.

frzv.

ifi

de fois en Allemagne , l’an 1 f 31 , & y trouva un changement considérable , s’il en faut croise cequ’on dit qu’il écrivit. Le peuple , dans les villes Protestantes , n’étoit plus si animé contré lePape j mais dans, les villes Catholiques , il témoignoit une envie extrême de secouer le joug deRome , & de s’enrichir des biens d’Eglife , comme avoient fait les Protestans. Le changementde ceux-ci venoit de ce qu’aiant espéré une grande liberté , pourvu qu’ils fecoiiastént le joug pa-pal , ils éprouvoient que le joug de la puissance séculière , fous lequel il leur faloit vivre , n’étoitpas plus doux. Aleandre fit tout ce qu’il put, mais fans succès , pour empêcher que Charles-Qiiint ne fît une Treve avec les Protestans d’Allemagne. II fut créé Cardinal par Paul III, &d.'stistá à la présid nee du Concile , avec deux autres Légats (e). En attendant, il alla en Alle-magne , Légat du Pape , l’an 1 f 38. Cette Légation dura un an. Sa mort, arrivée le 1 jour deFévrier 1 j-qz , l’empêcha de présider au Concile. Quelques-uns disent qu’il mourut par la bêtisede son Médecin ( D ). Je n’ai point parlé de toutes ses Nonciatures. Mr. Mor.ri fournira ce quej’ai omis. Aleandre avoit publié quelques Ouvrages (E). II entendoit fort bien l’Hébreu & leGrec > & on lui attribue une mémoire surprenante (F). Je ne croi pas qu’on ait eu raiíon de di-re que l’Hébreu étoit fa langue maternelle , ou , pour m’exprimer plus clairement, qu’il étoit néJuif (C). On a eu plus de raison de l’accuser d'emportement (f). 11 fit lui-même son Epitaphe,

qui

„ dits 200 ducats pour homme, afín de les contenter. J’en-„ tends qu’il va à Venise, il vous fera le compte de ses dis-„ grâces & mesavantures (4) ”•

(D) Quelques-uns dijent qu il mourut far la bctife de sonMédecin 151.] Cela ne s’accorde gueres avec son Epitaphe,qui témoigne qu une maladie de langueur , conttactee parles travaux de í'es Ambassades > le fit mourir. Max, diver-sis Lerattonibus pro summis Eontìficibus ad omnesfere Christia-nos Principes fideliter a 1 diligenter perfuntlo, w 1 d e o 1 n ta-bem del aps o. Un passage de Paul love , mal comprisd’abord , Sc puis métamorphosé de main en main en ditfé-rens tens, aura peut-être donné lieu à cette bêtise du Mé-decin d Aleandre. Quoi qu’il en soit, nous aprenons dePaul J ove, qu’Aleandre ruina lui-même ia santé par le tropde foin qu’il en prit, Sc qu’il fut à lui-même un frès-mé-chant Mi.lecin , pour s'être servi de trop de retnedes nonnécessaires. Lstatus est e.i purpura per annos~ qmnque (6) ,pervaf irus haud d ibiì ad exailam statem , nifi nimià tuendsvalet a Jinis pliât udine intempestivis medicamentis , fibt hercletnfin.is 'J? infehx meiieus , visera corrupijset (7).

(fii ll avoit publié quelques Ouvrages J Mr. de la Ro-che,'Orai ^8) me donne encore un petit sujet de me plain-dre’de son manque d exactitude. II dit qu’Aleandre , quoique très-capable de traiter les plus sublimes matières, n’a-vo;t pas dédaigné d’écrire fur les Humanisez , Sc de publierqu.lques petits Opuscules, dom le sujet étoit fort mince :De re ... . literarià licet inferiori bene mereri non dedigna-tus est , exilis argumenti Operulis editis , qus tamen Autorisnomenesrfamam nec devant neque imminutum euntitf). 11 n’ya point d nomme, qui hiant cela. ne se prépare à ne voirque de fort petits L.vrets dans le Catalogue des Oeuvresd’Aleandre , qui est à la fuite de ces paroles du Nomencla-tor. Cependant , voici le début de cette fuite. Scripfitvastum Opus advenus stngulos difciplinarum professons, in quoscens tram' açeríius çr felicem exerçait calamum. Tabulas inGrammaticam Grscam , jeu pottus Grammaticam ad literasGrseas. Dialogos duos sestivijfimos , quorum altcr Cicero rele-gaius inferibitur , alter verò Cicero revecatus (10). Carminaquidam illuftrium Po'étarum Italorum carminibus indita.Epis-tolas m dtas , quarum 4 habes inter Epistolas Federici Nauses ,er alias in quibus de Rébus Ecclefiafticis agit. Annotationcsitem quasdam in Bibliotbeca Cardinalìs Sirleti ajjervatas. Sil’on est choqué de voir un grand & immenle Ouvrage , oùl’on ne devoir rencontrer qu’une petite Dissertation , onne revient pas de ce dégoût, en ne trouvant dans le Ca-talogue des Ecrits d’un homme aucune marque qui fasse ladistinction de ce qui a été imprimé , & de ce qui ne testpoint. Voilà un détàut qui régné dans le Nomenclator ,v dans XAtbmeum d’Oldoïni , & dans plusieurs autres Biblio-graphes. Le grand Ouvrage d’Aleandre , où il faisoit lacensure de toutes sortes de Professeurs > n’a jamais été im-primé. II y mettoit , dit-on , la derniere main, lors qu’ilmourut. Mentre andava compiendo una vaftijstma Opéra con-'tra i Profejfori di tutte le scienis.su ajfalito in Romadalla mor-te (11). C’est ce que Mr. Moréri a voulu dire par ces pa-roles : ll mourut le 1 Février 1542 , dans le tems qu il alloitpublier un Ouvrage considérable. Paul Jove a été fur cela l’o-riginal de beaucoup de gens. sfium vastum Opus, dit-il 142),vaflà illù memori.î ad ver f us stngulos difciplinarum Proses oresagitaret , Romu interiit. Les Continuateurs de Gefrier, SiKonig , n’ont conu de tous les Ouvrages d’Aleandre , queles Tables de la Grammaire Greque. Draudius n’a pas mê-me conu cela. Le Catalogue d’Oxford ne contient qu’unpetit Poëme de cet Auteur.

(F) On hi attribue une mémoire surprenante. ] Je ne sau-rois prenire ce que Paul Jove en a dit , que pour une sail-lie poétique , quoi qu’il lait assuré en prose. C’est qu’A-leaudre retenoit tout ce qu’il lisoit, & qu’,1 le pouvoit ré-citer long-tems après > fans se méprendre en rien, ni quant,aux choies , ni quant aux paroles. Detur hoe incomparabiliin isttati memond félicitait qu& in ïheronimo Aleandro supracuiuspue vel antiquiseculi captum admiranter excellait, ut ejusex vero depicia faciès vel m pudenda ingemi sterilitate inter foe-cundifmas imagines confptdatur, quando nihil eum cuníla vo-lumina cupide perlegentem vel rerum vel verborum omnino fub-terfu ’erit , quin fingula memoriter vel a multn annis longo fe-pulta filentio recitaret (13 . On a de la peine à croire cela, sil’on ne le voit; mais comme une mémoire ne laisse pas d’ê-

tre très-heureuse, encore qu’elle ne le soit point au dégré quePaul Jove vient de décrire , je ne doute point de la conois-íance parfaite de plusieurs langues que l’Epitaphe d’Alean-der lui attribue : Hebraica, Graca, Latins., aliquotque alia-rum linguarum exoticarum itst exaêl'e dotïo , ut eas reste er ap-te loqueretur O 1 feriberet.

(G) Je ne crois pas qu on ait eu raison de dire .... qu ilétoit né Juif.] Luther, & ses disciples , donnèrent celapour un fait certain > pendant la prémiiere Nonciature d’A-leandre en Allemagne ; & voici ce que nous lisons dansles Oeuvres de Luther (14). Venit bis diebus HieronjmusAleander virjuù opinione longé maximus , non folum propterlinguas quas exirríit callet , stquidem Ebrsa ïllï vernacula est ,Grdca à puero illi coaluit , Latinam autem didicit diutina pro-feffione , Jed etiam mirabilis fuis videtur ob anûquìtatem gene-ris. Nam Juduus natus est , qus gens immodic'e gloriatur deAbraham vetutifimo fe originém ducere. . An vero baptifatusfit nèfeitur. Certum est eum non este Pharifsum, quia non cré-dit refirreíîionem mortuorunl , quoniam vivit perìnde a t quecum corpore fit totus periturus , adeo nullum a je pravum af-feéíum abstinens. XJJque ad infaniam iracundus est, quavis oe-cafione firens. Impotentis arrogantts , avarìtis inexplebilis ,nefands libidinis v immodics , summum gloris mancipiurnquamquam mollior quam qui postìt élaboras0 stylo (iji glo-riam parare , pejor quam qui vel conetur in argumente bo-nefto. At ne nefeiamus , cestit felicijpmé fimulata defeflio adChristianos. Voilà un portrait, qui nous représente Alean-dre > non seulement comme un Juif qui faisoit semblantd’être Chrétien, Sc dont le batême étoit une chose dou-teuse ; mais aussi, comme un homme, qui ne croioit pointl’immortalité de l’ame , Sc qui se plongeoit dans les plus in-fâmes voluptez , emporté jusqu a la fureur, avare Sc su-perbe au souverain point. II répondit à l’accusation d etrené Juif, Sc déclara devant la Dicte de Worms, que ses an-cêtres avoient eu la dignité de Marquis dans l’Istrie , &qu’il avoit fourni de bonnes preuves de ía noble Sc illustreextraction , lors qu’il étoit devenu Chanoine de Liege. IIprit à témoin plusieurs personnes de probité qui l’enten-doient, & qui conoissoient fa famille. C’est Mr. de Sec-kendorf, qui nous aprend cette particularité. II l a trou-vée dans les Archives des Ducs de Weimar , où l’on garde,entre plusieurs Manuscrits de ce tems-là , les Actes de laDiete de Worms. La longue Harangue d’Aleandre est enabrégé dans ces Actes, Sc c’est de là que cet illustre Luthé-rien a tiré ce que l’on va lire tel qu’il l’a traduit en La-tin (16) : Tandem queftus est à Luthero fpargi quafì Aleandergente Judsus estét : ,, Deum immortalem ! ,, ,dixit, ,,multi,, htc funt boni viri , quibus notus fum ego ztr famitia mea,,, esr asterere ego v.ré pojsum , majores meos Marchìones in Is-,, tria fuisse (17) : quod vero parentes met ad inopiam redatli,, funt, fato tribut debet. Natales meos ità legitimavï, ut in,, Canonieum Leodienfem receptus fum , quod faâlum non foret,„ nifi ortus estem ex familia illustri vel fpeâíabili ”, Ce quime fait croire que ce reproche de naissance Judaïque étoitinjuste , n’est pas une petite raison. Hulric Hutten publiacontre Aleandre une Invective , où il se mit si en colere,qu’il le menaça de le tuer. Omnem advertam dilìgentiam,omne adhibebo studium , omnia tentabo conaborque, ut quifu-rore , amentià, es? iniquitate gravis accejststi, vit à inanis bineejferaris. Neque enim exfpeSlandum adhuc tibi est ut Jlilos doc-torum hic virorum fentias , fed futurum crede ut fortium gla-diis consodiare (18). 11 n’ignoroit pas que ce Nonce avoitréfuté devant la Djcte le reproche du Judaïsme , & s’étoitvanté de descendre d’une Maison très-illustre ; mais tants’en faut qu’il s’engage à soutenir ce reproche, qu’il niequ’on le lui eût fait. Peu m’importe qu’il ait eu tort de lenier, la preuve que je tire de son silence n’en est pas moinsbonne ; car s’il avoit vu quelque fondement dans l’accu-sation , il eût pour le moins soutenu qu’Aleander nioitfaussement son extraction Juive. Ne lui soutint-il pas queles Comtes qu’il se donnoit pour parens, ne le reconois-soient pas pour tel ? Nihil intellexisti proximâ auditions cummultis quidem excusâtes Judaicam originém , nemo objieeret.Nam este malum quâcunque etiam gente editum feiebant omnes.Itaque nemo magnopere putabat generis pravitatem tibi objieien-dam : adverfum mores fremebant insensé multi. Et poteratfentiri \am manifesté qus effet animorum commotio : tu tamen ,quasi illic potijfmum expurgations opus èjfet , multis traElabas

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(17) On * S ‘sirt dant st*Epitaphe tQU il íiOtt'Pe Cotnf.bus Lan? 1 *in CainW,fetrsph 0in Histlias

Hutte* 1111 *