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Tome premier. A - B.
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Allat. deperpetuâCons. Lìbr.III, Cap. XV,XVI, XVII,XVIII, iradverCCreygth.pajjim.

(t) Allat.de perpet.Cons. L'.br.U, Cap. Xllb& Ljbr. III,XI.

(í) Mabil-Ion, Mu-sxumltal.Tom. I,

Hl- 61.

(5) Ibidem.

(y) Valez. ceejiti fera ditdans C ^Article

de Lan-ce l o r,Moine Ohvc-

( 8 ) Mabil-ìon, Mu-£ciuti ïtal.M’ 77.

( 9 ) Journaldes Sa vans,à 19 Jan-vier 166$.

«

164 A L L A T I U S. A L M A I N.

guere de bonne foi (C). Jamais Latin de naiíìànce n’a été plus emporté contre les Grecs fchíf-matiques, qu’Allatius., ni plus dévoué au Siégé de Rome. II ne s’engagea, ni au mariage, niaux Ordres Ecclésiastiques, il en donna une raison qui mérite d’êtré íue (D). II seroit difficilede trouver dans PHiíloire des Auteurs une íingularité plus notable, que celle qui concerne uneplume dont il se servoit (A). II a donné au public quantité de Livres, soit en faisant imprimerdes Manuscrits, soit en traduisant des Auteurs Grecs, soit en composant de son propre fond. LaListe, qu’on voit dans le Dictionairc de Moréri, ne distingue point ces trois especes d'Ouvrage,

& ne comprend pas tout ce qu’Allatius a publié. On peut remarquer dans ses Productions beau-coup plus de lecture &C d’érudition, que d’esprit Lc de jugement. II découvi'oit assez bien les fau- (a) voUz. u 'tes de ceux contre qui il écrivoit ; mais il mêloit à fa découverte trop d’aigreur & trop d’inststte.

C’est ce qu’on peut voir principalement dans les Dissertations qu’il a publiees contre Mr. Creyg- d»i% deìi s-thon, au sujet du Concile de Florence {a). On peut conoîtrc son génie, & celui de íà mémoire, vemLl66 ‘par les sauts qu’il faisoit d’une matière à une autre dans un même volume. Mr. de Sallo n’a été (*) H “p ií .rien moins que son admirateur en cela (F). Allatius mourut à Rome, au mois de Janvier 1669, âgé numBw-de 83 ans {b). 11 avoit fait souvent des Poèmes Grecs. II en fit un fur la Naissance de Louis XI V, ï> a?h j 6 sfoù il faisoit parler la Grece. II le fit rimprimer à la tête de son Livre de perpétua Confenfione , £5V, mokiìwíqui est dédié à ce Monarque. J’oubliois de dire que Mrs. de Port-Roial n’ont pas manqué de ré- A m ‘ n Mpondre quelque chose à Mr. Claude, en faveur d’Allatius (GJ. 161 °'

„ affaires de V Eglise. Quand il voudroit errer, il ne le f eut;,, car il n y a, ni infidélité, ni illusion, qui puijje^ aller jus-„ qu à lui : ev, quand un Ange diroit autrement, étant muni„ comme il efi de ïautorité de sesus-Chrijl , il ne peut changer.„ L’aigreur, avec laquelle il traite ceux contre qui ìl dis-„ pute, comme Chytreus, Creygthon, 1 ’ Archevêque de„ Corfou, Sc quelques autres, qu’il attaque de gayeté de„ cœur, se découvre par la simple lecture de ses Ecrits :„ chaque période les honore de quelqu’un de ces beaux„ titres, sots, menteurs , hébétez, champignons pourris, bou-„ ches infernales, garnemens, impudens , 8e autres termes„ semblables (j.) , qui ne marquent pas un esprit extréme-„ ment modéré. Pour nous prouver la conformité de l’E-„ glife Grecque avec la Romaine dans les choses essenciel-„ les, il prend pour principe de ne reconnoìtre pour la vé-„ ritable Eglise Grecque, que le party soumis au siégé de,, Rome: &, à l’égard des autres Grecs, qu’il appelle Hé-,, rétiques cv Schismatiques, il soûtient fièrement qu’on fait„ bien, quand on peut, de les réduire à l’ohéinance par„ le fer Le par le feu ; qu il faut proscrire, exterminer, punir,„ les Hérétiques , cr s’ils sons opiniâtres les mettre à mort, esr„ les brûler (s) : ce sont ses termes”. Mr. Moréri n’avoit-il pas beaucoup de raison de le traiter de bon hommes Cetéloge méprisant eít-il dû à ceux qui ne parlent que de loixpénales, que d’extirpation, que de droit du glaive, que defer 8e que de feu, quand il s’agit de .savoir ce qu’rl fautfaire aux Hérétiques ?

(C) Mr. Simon ne lui donne guere de bonne fois Tout lepremier chapitre de l’PIistoire Critique du Levant a pourbut de faire voir que Léon Allatius s’est emporté fans raisoncontre Caucus, Archevêque de Corfou; que Caucus n’apoint imputé aux Grecs des opinions, ou des pratiques,qu’ils n’aient pas; 8c qu’Allatius, pour être agréable au PapeUrbain VHI, qui avoit alors formé le dejfein de réunir les Grecsavec l'Eglise Romaine, par des voyes d’adoucissement ,a adoucibeaucoup de choses dans les senti mens des Grecs. C’estdire assez clairement, qu’il a été de mauvaise foi; car, siCaucus a raison, on n’a pu le contredire par complaisancepour le Pape, fans sacrifier la bonne foi à la maxime d’Etat.

(D) La raison qu il donna > pourquoi ìl ne s’engagea, ni anmariage, ni aux Ordres Eccléfiafiiques, mérite d’être sue. ] LePape Alexandre VII lui demanda un jour pourquoi il n’em-brassoit pas le sacerdoce, C'est afin , lui répondit-il , d’êtretoujours prêt à me marier : Maïs pourquoi donc, reprit l'ePape, ne vous mariex.-vous pas s C'efi afin, répondit Allatius,dé avoir toujours pleine liberté de me faire Prêtre (5). II passaainsi toute fa vie à délibérer entre une paroisse 8c nnefemme: il se repentit peut-être en mourant de n’avoirchoisi ni l’une ni l’autre ; mais il se seroit peut-être repentitrente ou quarante ans de suite d’avoir choisi ou l’une oul’autre.

(E) C'efi quelque chose de tres-singulìer, que ce qu on ditdune plume dont il se servoit. ~\ Cette particularité vient dumême lieu que la précédente > savoir de Jean Pastricius,bon ami d’Allatius, héritier de lés Livres, & Principal duC.ollege de propaganda fide. II raconta à Dom Mabillon (6)qu’Allatius, s etant servi d’une même plume ( 7 ), pendantquarante ans, pour écrire en Grec, 8c l’aiant enfin perdue,en pensa pleurer de douleur. II écrivoit avec une extrêmevitesse ; car il copia dans une nuit le Diarium RomanorumPontificum, qu Hilarion Rancatus, Moine de Citeaux, luiavoit prêté (8). On ne voulut point permettre à Allatiusde le donner au public.

(f) ll siutoit dune matière à une autre . . . On ne l’a pasadmiré en celaffj Voici comme Mr. de Sallo en parle, aprèsavoir observé que la principale piece d’un Ouvrage d’rtlla-tìus étoit une Plainte de la Vierge. ,, Cette Plainte,, , dit-„ il (9), ,,a été composée par Metaphralle. d’où Léo Alla-„ tius . . . . a pris sujet de nous donner un Eloge de Me-,, taphraste, écrit par Pscllus. Et, comme Metaphralle,, s’apelloit Siméon, il a aussi pris de là sujet de faire une„ très-longue Dissertation fur la Vie 8c fur les Ouvrages

des grands hommes qui ont eu le nom de Siméon. Des” Siméons, il a passé aux Limons: de ceux-ci, aux Simo-nides ; enfin, de ces derniers, il est venu aux Simo-” nactides. Ce genre decrire est du goût de Léo Alla-„ tius; car il a déjà fait d’autres Dissertations fur la Vie,, 8c les Ouvrages de quelques Auteurs, qui ont port q/les„ noms équivoques, comme celui de George , celui dc„ Methodius, celui de Nicetas, celui de Philon, 8c celuidePsellus, fur tous lesquels il a fait divers Ecrits. Ces” sortes de desseins font d’une invention nouvelle: aumoins, ne nous reste-t-il rien de semblable dans les Ou-” vrages des anciens Diogene Laërce n’oublie gueresde marquer, à la fin de cliaque Vie des Philosophes, ceuxqui ont porté 1 e même nom queux, 8c il cite DemetriusMarnes, qui avoit écrit un Livre on-p) lu.etóu.m retìflSt nKxì°Q-v[yz«,<péo>'>, de Homonymìs Po’étis ac Scrìptorìbus (10).Voiez la Remarque (H) de l’Article Apollonius deTyane. Allatius n’est pas même le restaurateur de ces des-seins: Meursius, avant lui, avoit publié divers Traités decette nature. Voiez Mr. Teiffier, dans fa Bibliothèque desBibliothèques, où il donne la Liste des Auteurs qui ontexercé leur plume fur ce sujet (n). II les apelle Scriptoresde Homonymìs. Selon Mr. de Sallo, il fnudvoit traduireHomonymì par ceux qui portent des Noms équivoques; mais,ne lui en déplaise, ce seroit mal traduire. On n’a jamaisdit que les Princes dc même nom , les Charles, les Louis,les Henris, aient eu des noms équivoques. Les noms decette nature font ceux qui se peuvent prendre en différenssens; c’est là leur espece 8c leur usage, tant en Logique,que dans le langage ordinaire. Mais, pour revenir à LéonAllatius, je dois dire qu’il étoit fort propre à dresser desListes ou des Catalogues. II le fit paroître , lors qu’il pu-blia ses Apes Urbana : c’est un Livre qui devient rare , 8cqui est déja bien cher en Hollande (izj. II contient une' Liste de tous les Hommes de Eettres qui parurent à Ro-me, depuis Pan 1630, jusques à 1632 , 8c une Liste deleurs Ouvrages. La raison du titre est tirée des abeillesque le Pape Urbain VIII portoit dans íés Annes. II y aune autre Liste d’Allatius > qui est moins eonue que ccile-là, 8ç qui a pour titre Dramaturgia. Elle regarde les Pie-ces de Théâtre, 8c leurs Auteurs. Le Livre, qu’il publiaà Rome, Pan 1636, De Erroribus magnorum Virorum in di-ccndo, contient plusieurs Remarques dérobées à Claude DuVerdier. Mr. Morljof le lui reproche (13I.

(G) Mrs. de Port-Roial ri ont pas manqué de répondre quel-que chose à Mr. Claude, en saveur d’Allatius. ] 11 s raportent

prémiéremept une partie de ce que Mr. Claude dit de lui;Sc puis, ils continuent de cette maniéré: „ Mais, outre„ que ces reproches en 1 air font toûjours de mauvaise gra-” ce, que les Ecrits d’Allatius donnent toute une autreidée de lui, Lc que ses confrères (*) en ont parlé tout„ d’une autre sotte, en le citant avec éloge; ils font en~

,, core contre le bon sens : car il y a si loin d’être inté-„ ressé ou aigre contre les Auteurs que l’on réfute, à être„ fourbe 8c capable de supposer de faux passages 8c défaussés,, histoires, qu’il n’y a nulle conséquence de l’un à l’autre.

„ II n’en est pas des vices comme des vertus des hommes ;

„ ils n’ont nulle liaison entr’eux ; ils font même souvent„ contraires : 8r des gens peuvent être emportez, violens,

„ flateurs, intéressez , fans qu’on ait droit pour cela de„ croire que les passages qu’ils citent soient supposez. L’on„ a moins encore de sujet de le croire d’Alla tius, que d’un„ autre, parce que des Livres qu’il a citez, lors qu’ils 11’é-„ toient encore que manuscrits, ayant été imprimez de-„ puis, ont justifié fii fidélité; & que d’ailleurs, il paraît„ qu’il s’est toûjours extrêmement pique de la réputation„ de savant Critique, 8c que l’on sçait que les gens de cette„ forte font fort éloignés de falsifier les Auteurs ( 14). „

II est certain que Mr. Drelincourt cite honorablement Al-latius, 8c se prévaut de sa doctrine touchant la Pythonisse,qui fit voir sombre de Samuel. 11 cite son Traité de En-gafirïmytho, publié l an 163p.

( 10 ) T>í°S‘Xaert. .Epimenio* tLibr . hnum . u 2-

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AI MAIN íIaques) Professeur en Théologie, à Paris, dans le College de Navarre,afleuri au commencement du XVI siecle. II étoit de Sens, & il s’aquit la réputation d’un desplus subtils Dialecticiens, & des meilleurs Scholastiques de ce tems-la. Le grand attachement