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ALMAIN. ALPAÎDË, A L S T E D î U S. t6f
qu*ìl eut pour la doctrine de Scot, Sc pour celle d’Óccam Sc de Gabriel Biel, peut taire foi ducaractère de son génie. II enseigna la Logique Sc la Physique , avant que d’être aggrégé, en Pan-*née iyo 8 , à la Maison de Navarre -, & il publia des Traités fur ces deux parties de la Philosophieen iyoy , & en ifo 8 . II fut reçu Docteur en Théologie, lan iyn : &, l’année d’aprcs, il ex-pliqua , dans le College de Navarre, le III Livre des Sentences. II fut empìoié en ce même temsà écrire pour le Roi Louis XII contre le Pape Jules II, & pour l’autorité des Conciles contrenn Ecrit du Cardinal Cajetan. Le Concile de Pise avoit envoie à la Faculté de Théologie deParis le Livre de ce Cardinal, afin qu’elle le fît réfuter : elle choisit Almain pour cette corvée , ^
Sc n’eut pas siijet de se repentir de son choix. Ce Docteur mourut assez jeune, Tan if if.. On fit ->à, iàune Edition de toutes ses Oeuvres (A) , à Paris, deux ans après (a). Ceux qui ont dit qu’il NaVarr. mn *étoit Moine, se trompent (B). t a &- sin
{A) On fit une Edition de toutes fies Oeuvres. ] Ce fut Oli-vier Lugduneus, qui prit cette peine , & qui y joignit unePréface , où Almain est loué très-amplemenr". Les prin-cipaux de ses Ouvrages font quatre Traités de Morale. Ex-pofitio circa decifiones qu&sttonum Magistri Guillelmi Occam depotestate Jummì Pontifias. De aulloritate Ecclefia Concilio-rum. Diéíata super[ententias Magistri Roberti Holcot (_i).
(B) Ceux qui ont dit qu il étoit Moine , se trompent.’] LePere Labbe (z) accuse Gesner, & son Abbréviateur Siin-ler, d’avoir avancé faussement ce fait : Mr. Moréri n’apoint manqué de copier en cela le Pere Labbe. Mr. deLaunoi intente cette accusation à Gesner : mais un peumieux circonstanciée ; car il le blâme d’avoir dit dans faBibliothèque , qu’Almain avoit été de l’Ordre des Francis-
cains : il ajoute que Possevin, daris son Apparat* s’est con-tenté de le faire Moine (z). Le Pere Labbe n’a pas empioié L)Lài-cette distinction : il a dit qu’Almain a été Moine, selon no “ HlffiGesner ; mais que , selon d’autres, il a été de l’Ordre deSaint François. Je ne croi point que Gesner ait dit ce ^
qu’on lui impute j car je n’ai pu rencontrer aucun lieudans fa Bibliothèque , où il soit parlé d’Almain. J'y ai bientrouvé un Bénédictin nommé Almannus ; mais on lui assi-gne pour le tems où il a vécu l’an 890. Quant à Simler,il est fort vrai qu’il a dit que Jaques Almain , Moine , afait un Livre contre le Cardinal Cajetan. Aureste, MnMoréri n’a pas bien su l’àge de cet Ecrivain : H florijfoitencore , dit-il, au commencement du XVI siécle. Dites plutôtqu’il ne commença à fleurir qu’en ce tems-là.
A L P AID E , concubine de Pépin, Sc mère de Charles Martel. Quelques Auteurs assurent fansbeaucoup de fondement, que Pépin se maria avec elle , après avoir répudié Plectrude (A). C’estune opinion allez générale , que Lambert , Evêque de Liege , n'eut jamais la lâcheté d’aprouverles amours de Pépin pour cette Maîtresse , Sc qu’Alpaïde , indignée de la liberté qu’il prenoit deles censurer , fit consentir Pépin au dessein qu’elle forma contre la vie de ce Prélat (B). On ajouteque Dodon , frere d’Alpaïde , fut l’éxécuteur de cet abominable dessein -, Sc , qu’après avoir fiaitce meurtre , il tomba dans une maladie , qui fit naître une infinité de vers fur son corps, Sc qui W MorériT obligea à se jetter dans la Meuse (a). Lambert a été canonisé : il fut, dit-on, le seul Prélat, qui M< 4 / 4 r?osa dire ses véritez à Pépin (C), Sc il éprouva le même sort que St. Jean Batiste. Sa Morale étoit sipure , qu’il ne voulut pas même donner la bénédiction qu’on lui demandoit à table pour le verre pJd 7 í orp-a’Alpaïde (D). Cette femme se retira enfin dans un Monastère (b ), & y mourut. Un Cloître est l i e ~’sss n f mlordinairement aux personnes de cette espece ce qu’étoit autrefois Ligourne aux Banqueroutiers;
(A) Quelques Auteurs ajfùrent, sans beaucoup de fondement,que Pépin /’ épousa, âpres avoir répudié Plcétrude.] Mr. de Cor-demoi (1) remarque qu’ils ne s’apuient que fur le secondContinuateur de Fredegaire , qui dit que Pépin épousa Al-paide. ,, Mais outre que cet Auteur , qui écrivoit ( com--, me tout le monde fait ) par les ordres du frere & du ne--, veu de Charles Malte!, n’avoit garde de parler des amours-, de Pépin & d’Alpaïde autrement que comme d’un ma-» riage , il ne dit pas que Plectrude ait été répudiée. II„ reste même plusieurs actes, qui font voir que Plectrude„ n’a jamais vécu séparée d’avec Pépin ; de sorte que , ni-, selon les loix ecclésiastiques, ni selon les loix civiles, Al-„ païde n’a pû être regardée comme fa femme légitime ;„ & , s’il l’a épousée , il a eu deux femmes à la fois ”.
(B) Indignée contre Lambert Evêque de Liege , . . . qui cen-suroit ses amours , elle forma un defiein contre la vie de ce Pré-lat. ] U ne faut pas s etonner que le second Continuateurde Fredegaire ne dise rien de cette conduite de Lambert,ni des suites funestes qu’on prétend qu’elle eut ; il ne pou-vois toucher à cela , fans encourir la disgrâce des parens deCharles Martel, qui se servoient de fa plume : ainsi sonsilence n’est d’aucune force ; mais l’Auteur des Gestes n’endit rien non plus (1). Un Auteur, qui vivoitalors, ditseulement, Que Saint Lambert, fut tué par un Seigneur apelléDodon , qui voulut vanger la mort de deux de ses parens, queles gens cte ce Saint Evêque avoient tuez. fans qu il le fût (3).Si nous savions de quel parti étoit cet Auteur, s’il tenoitpour Charles Martel ou pour Plectrude , s’il espérait ou s’ilcraignoit quelque chose , nous pourrions conoître les con-séquences de son silence. Mr. de Cordemoi ajoute , qu’ilne parait point par aucun mémoire du tems , ni que ce Dodonfût frere dé Alpdide , ni qu elle l'eút excité à tuer St. Lambert-,qu il y a véritablement quelques mots dans des Martyrologesfaits vers ce tems , qui font conoître que cette violence avoit étéfaite par ordre de la Cour, c? que comme Pépin en étoit le maître,ceux qui ont écrit depuis ont cru devoir expliquer au desavan-ta ge de ce Prince cr d’Alpaïde ce qui est en paroles couvertes dans
ces Martyrologes (4). Le plus sûr , à mon avis , est de ren- (4) Corde-voier ceci au nombre des faits douteux. Ceux qui disent moi - Hist -que le seul Lambert Evêque de Liege osa reprendre Pépin, âe Viance,
& parler hautement de fa bigamie comme d’un adultéré pu- p "" } ’ Sziblic , sans fe laisser ébranler m par les promesses , ni par les F ’menaces de Dodon frere d’Alpaïde (y), n ont écrit que long- (s) Ansclni.tems depuis (6) : cela les éloigne un peu de la qualité d’un LaodUenf.témoin certain. D’ailleurs le fils d’Alpaïde étoit un sujet skíbémwsi redoutable , qu’on ne peut rien insérer du silence des MmachusAuteurs contemporains. _ GtmbUccnsis f
(C) Lambert fut lejeul Prélat qui osa dire ses véritez. a Pe- Nicolaus
pin.] L’Auteur d’un Dictionaire Historique auroit mille & Lmìr, Cam-mille occasions de remarquer , qu’il n’y a point de plus s t
grans dateurs des Puissances, que les gens d’Église. Leurs Cordemoi,prédications , leurs prières > leurs harangues , leurs épîtres pag. 381.dédicatoires, font si remplies d'éloges outrer , qu’on nesaurait mieux représenter l’état où ils mettent un Auditeur& un Lecteur bien honnête homme , que par le proverbe,date mihi pelvim. Pépin , me dira-t-on , n'étoit point Roi.
Pépin , repondrai-je , avoit en sa main la clef des bouches& des plumes, les peines & les récompenses : il ne lui man-quoit que le titre de Souverain ; il en avoit la réalité , ilen faisoit les fonctions. Les dateurs ne s’arrêtent pasà un vain titre : ils adorent plus dévotement celui quia le pouvoir fans le titre , que celui qui a le titre fansle pouvoir.
(D) Lambert réfusa la bènèàiSlion qu on lui demandoit k ta-ble pour le verre d 1 Alpdide.] Voici comment un Historienmoderne raconte le fait. Ad epulas invïtatur ( B'. Lande-bertus) à principe. Pippinus caterique illustres viri qui aàerant,scyphum quisque suum ab Antiftite benedici, aut, ut alii dicunt, f f) Hadrianíde manu ejuspoculum accipere , pia ambitione cupicbant. Cum Va ' e ‘’‘Alpais ( nam. z? ipsa pleno convivio intererat ) scyphum suum à camm^Lïtr.Landeberto fignari optaret, indignabundus Epifcopus palatio ex- xxxilt.cejfit, convivarum hilaritate confusa (7). Conférez avec ceci
les Histoires raportées dans les nouvelles Lettres contre le ' 61 *
Calvinisme de Mr. Maimbourg M. * smvam “'
(S) Coi-demoi,pag. 381,
ALSTEDIUS (Jean Henri) Théologien Allemand de la Religion Réformée , a étél’une des plus fertiles plumes du XVII siécle. C’étoit un Ecrivain infatigable , & qui soutenoitmerveilleusement son anagramme (a). II fut long-tems Professeur en Philosophie & en Théolo-gie à Herborn , dans la Comté de Nassau, d’où il paffii en Transilvanie , pour professer, â Albe-Jule (b). , 11 y mourut, Tan 1638 , à T âge de yo ans. II avoit été T un des Peres du Synode deLordrecht. L’une de ses principales occupations étoit de composer des Méthodes, & de réduireen certains Systèmes toutes les parties des Arts & des Sciences. Son Encyclopédie (c) tróuva grâcedevant les Catholiques Romains (A) > car elle fut rimprimée à Lion , Ôt a eu assez de débit en
France.
(!•) Wittc,Diar. Bio-graph.
Tom, lt
(0
in folio ydivisée en 4Tomes .
(■d) Sa» Encyclopédie trouva grâce devant les Catholiques Hient que Mr. Moréri a tiré l’encens qu il donne à Alste- ïï? e: ' â 'l e£ '‘Romam s , ] Lorenzo Crasso a mis Alstedius entre les grans dius. Je voi qu’on renvoie les Lecteurs à un Ouvrage de
hommes dont il a publié l’éloge. Cëst de là très-aparem- Sorel (i), pour aprendre des nouvelles de ce savant Aile- 59I<
♦ 3 Kand, fiit'