À M M O N î U S.
tyà
< ^ ne âonnL sont très-conformes aux maniérés frauduleuses dont il faut fè servir pour le pouíîerf»5-42z. ’ dans le monde (C): il faut croire qu’Erasme ne le faisoit que pour plaisanter. II fit des IambesW Battus a à loti ange, qui font très-beaux, & qui témoignent qu’Ammonius avoit mille perfections de
*!"<d simiel corps 8c d’eíprit (d). Mais il ne faut pas compter beaucoup fur les éloges poétiques : la prose
Gcsuai^' d’Erasme établira plus solidement dans nos Remarques la gloire de son ami. La fortune diminua
ses rigueurs pour Ammonius: il devint Sécrétaire de Henri VIII ( <? ), & il eut même un carac-dreas^Am- tere public auprès de lui, de la part de Léon X (/). S’il ne fût pas mort avant l’âge de quarante
ans, il auroit pu monter davantage. II étoit à l'armée, l'an 1^13 (g), lors que les Anglois ga- (g)iim,g n ct'cnt la bataille des éperons, & prirent Teroûenne & Tournai. 11 11e manqua pas de faire desVers fur ccs victoires, & fur celle qu’ils remportèrent contre jaques IV, Roi d’Ecosse. II mou- pag.'m.rut de la sueur Angloifc (Z>), l’an 1 f 17 (E). L’un des principaux services qu’il rendit à Eras-me, fut de lui énvoier de tems en tems à Cambridge provision du meilleur vin ( FJ. II y a déHl’hyperbole dans la Lettre où il lui marque qu’on brûloit tous les jours tant d’hérétiques, que celaavoit enchéri le bois ( G).
l’I/V u
v *•
111 Livre.
b)
stnicle
Gr M i _
'■Ukd,
l»'íl
í 7 ' u
îíu’L
CL
I A T.
L 8 ) te
toir V His “
Gt >de win>
monius : Scotici Confiìdus Historia , Lib. I ; Bucolica , fiUEcloga, Lib. I; De rébus nihili , Lib. I; Panegyr'tcus quidam,Lib. /; Epigrammata , Lib. I; Poémata diverfa, Lib. I. Oncite Balaeus. Ce qu’on nomme Panegyrìcus quidam, est unPoëme fur les victoires que les Anglois remportèrent l’an1513, à la journée des éperons, à la prise de Terouënne,.a la prise de Tournai > &c. Erasme donne son jugementiur ce Poëme dans une Lettre (3) qu’on a datée du jourde St. Thomas 1510. C’est une preuve incontestable qu’ona quelquefois ajouté la date à ses Lettres, fans nulle atten-tion : on les a Tailleurs mal rangées. La Réponse précé-dé quelquefois de plusieurs pages la Lettre qui est le sujetde la Réponse (4).
(C) Les conseils qu Erasme lui donna sont tres-conformesaux maniérés frauduleuses dont il fáut se servir pour se pous-ser dans le mondes ,, N’aiez honte de rien „ , lui dit-il;
„ intriguez-vous dans les affaires de tout le monde ; cou-„ doyez. un chacun, point du tout de quartier ( 5 ) ; débusquez>, qui vous pourrez; réglez vôtre haine & vôtre amitié sur„ vôtre profit; ne donnez qu’à ceux qui vous le rendront>, avec usure; soiés complaisant envers tout le monde en„ toutes choses; aiez deux cordes à vôtre arc; apostez des„ gens qui vous recherchent ; menacez de quitter, & pré-„ parez-vous au départ : montrez des Lettres où l’on vous„ promette mille avantages ailleurs Primipio perfricafrontem, ne quid usquam pudeat. Deìnde omnibus omniumnegocìis te misce, protrude quemeunque potes cubito. Neminemnec âmes nec oderis ex animo , sed omnia tuo compendio metïa-re. Ad hune scopum omnis vit a ratio speUlet. Ne quid desnifi unde speres fœnus : astentare omnibus omnia. At iftavulgaria junt, inqnis. Age, quando ita vis, accipe peculiareconfilium, Jed heus in aurem. Nofti tjj\ B çilamziìt fyÁe]v-sriíev, hac in tuum bonum abutere. Duabus fedeto sellis. Sub-orna diiJersos procos qui te ambiant , Mìnare CA apparu dis-cessum. Ostende literas quibus magms pollicitis avocaris. Sub-ducito te nonnunquam, ut subtraHa copia defiderium acuat (6).Alciat se servoit de cette ruse ( 7 ).
(D) Il mourut de la sueur Anglaise. Consultez l’Histoi-re du Divorce de Henri VIII, composée par Mr. leGrand, vous y trouverez ce que c’est que cette forte demaladie. On la nommoit „ la suée, ou le lutin , parce,, qu’on mouroit en suant. Cette espece de peste com-„ mença à se faire sentir pour la prémiere fois en 1486.„ Auparavant, on ne la conoissoit point. Tous les reme-„ des y étoient inutiles, & elle emporta beaucoup de mon-„ de avant que les Médecins sçuffent de quelle maniéré il„ la falloir traiter, Cetoit un fléau dont Dieu ne vouloir„ d’abord punir que les Anglois. En quelque lieu qu’ils„ fuflent, ils en étoient attaqués, fans que les étrangers,, avec qui ils vivoient en fussent incommodez (8) Parmiles preuves que Mr. le Grand a produites (9), il y a desLettres de l’Evêque de Baronne, Ambassadeur de Franceen Angleterre, qui parlent de ce mal, Anne Boulen enfut attaquée: cet Ambassadeur en fut attaqué aussi: il yavoit déjà quelque tems que ce mal tomboit fur d’autresque fur des Anglois ; car notre Italien Ammonius enétoit mort l’an 1317 , nonobstant l’espérance qu’il avoiteue de s’en préserver par sa grande sobriété. Voici ce queThomas Morus en écrivit à Erasme. In hìs, c’est-à-direparmi le grand nombre de gens qui étoient morts {quod tì-bì quoque dolort este doleoj Andrea noftro Ammonio , in quoO 1 litera c 7 omnes boni magnam fecere jaôluram. 1 s valde fibi
videbatur adversus contagionem vitdus moderatione munit us :■qua faâíum putavit , ut quum in nullum pene incideret cujuìnon tota familia laboraverat , neminem adhuc « fuis id maltiniattigerit, id quod c 9 “ mihi z? multis prsterea jaétavit non ad-modum multis horis antequam extintius est , nam hoc fudorènemo nifi primo die périt. Ego uxorque ac liberi adhuc intaHi',reliqua familia tota revaluit. Hoc tibi affirmo , minus periculiin acie qu 'am in urbe este 110).
(£) ll mourut l'an 1517,] La Lettre de Thomas Mo-rus, dont je viens de citer un grand passage, est datée du19 d’Août 1,-20. II semble donc qu’Ammonius ne soitpoint mort l’an 1517; car quelle aparence que Morus aitlaissé passer trois années, fans en rien dire à Erasme? Jerépons que cette difficulté ne balance point les Lettres oùErasme même a parlé de la mort d’Ammonius. II remar-que dans la Lettre XXIV du 11 livre, & dans la XX duIII livre, toutes deux datées de l’an 1518, que cette an-née-là fut fatale aux hommes doctes, à Mufurus, à Pa-leottus, à Faustus Andrelinus, à Ammonius. Dans laXXXI Lettre du III livre, datée du 9 de Septembre1517, il parle de la mort d’Ammonius (n). Cette Let-tre est bien datée; car Erasme y fait mention du départdu Roi d’Espagne, comme d’une chose nouvelle. Or onsait que ce Monarque fit voile au commencement de Sep-tembre 1317. Disons donc que Baleus se trompe d’un an,lors qu’il met la mort d’Ammonius à l’année r,r8 (12).Erasme a pu dire en iy 18, que l’on avoit perdu cette an-née-là plusieurs grans hommes. L’une des Lettres où il ledit est du Mois de Mars : il entendoit par cette année les dixou douze mois précédens. Ceci se confirme par une Lettrede Bombasius (13), bien datée du 6 de Décembre 1317;où l’on trouve que Mufurus étoit mort à Rome pendantle dernier automne, & que Paleottus l’avoit précédé dehuit mois.
(F) ll envoioit à Erasme , à Cambridge , provision âu meil-leur vins Les Lettres réciproques de ces deux amis fontsouvent mention de i’envoi du vin; mais voici un en-droit bien propre à prouver qu’Erasme ne haïssoit pas cet-te liqueur,& qu’il aimoit mieux être dans un lieu pestiféré,que boire de Peau. Simul atque Anglicum solum tetigt ubilocorum estes rogare cœpi , fiquidem Cantabrigìenfem peftemfugere te firipfisti. Vnus tandem Sixtinus mihi dixit te qui-dam Cantabrigiam ob pestem reliquiste , cr conceffiste nescìo quo,ubi cum vini penuria laborares , esr eo carere gravilis peste du-ceres , Cantabrigiam repetiiste atque inibi te nunc este. O fortemBastarei commilìtonem , qui in summo periculo ducem desererenolueris (14). C’est ce qu’Ammonius lui écrivit.
(G) ll y a de l'hyperbole dans ce qu il a dit , qu on br&loit tousles jours tánt dé hérétiques (a), que cela avoit enchéri le bois. jCes gens-là n’étoient, ni de ces Papistes, ni de ces Protes-tans , qui couroient également risque d’être punis en An-gleterre sous Henri VIII, depuis qu’il eut renoncé à laprimatie du Pape. C’étoient d’autres gens, puis que laLettre, qui fait mention de ces suplices, est datée du moisde Novembre 1311. Les bûchers n’extirpoìent point cesdévoies. Lisez ceci. Lignorum preûutiì autlum este non mi-rer , multi quotidie hireticì holocaustum nobis pr&bcnt , plurestamen succrefiunt. Gruin ct 1 /rater germanus mú Tkom&,stipes verius quam homo, fiôlam {fi diis places j ey ipse infii-tuit, e? discipulos habet (13).
§. («) C’étoient des restes des Wiclefites. Voyez Bur-net, Hisi. dè la Ref. d’Angl. Re m. cru,
AMMONIUS (Livinus) (a) íë distingua parmi les Chartreux de Flandres, non feule-ment par le caractère de Dom Procureur, dont il se vit honoré à Gand , sa patrie; mais aussi parson lavoir, & par ía piété ( b ). Erasme l’estimoit beaucoup, & il paroit par deux Lettres <>),qu’il lui écrivit, qu’il le tenoit pour bien guéri des préjugés & des mauvaises passions des person-nes de son rang ( A). Ammonius lui avoit fait confidence des chagrins qu’il endurcit, & de larésolution qu’il avoit. prise de se soumettre à la dureté de sa condition. II n’est pas mal.- aisé de
de-
( Aj Erasme le ternit pour bien guéri des préjugés & dés pds-fions des personnes de sonrangd\ Sans cela, il n’eût pas prisla liberté de lui dire que l’ennemi du genre humain avoiteu p art > A pinfiitution des Cloîtres; mais il auroit bien pulut avouer que les ignorans y aquiérent plus de considéra-»tion,^ en établissant le vrai mérite dans l’obscrvation éxactedu cérémonie!. Quum interdum mecum reputo , Amtnoni
charìstìme, cujilfiriodi ingénia premantur ac fepeliantur ìn isttsceremonìis, interdum subit animum cogitàtìo fortastìs humana,istiufinodi vit a ergaflula non fine instinblu satan& fuìste induc-ta ... . Ac fere fit ut quo quifque indoSlior flupidiorque est,hoc in isto vit a institut 0 pluris habeatur, tumidus fiducia ce-remontarum , o 1 alieni spititus iniquus astimator ( 1 ).
(iò) MòtîEpia. iv.
Libri VIïinter Eras *mianas,
(iï) Afti-monii mor~tem acerbijjì*mè fero >ErafmiEpìstolaXXXILibri lll »pag. 198.
(12)
Simlcram ;in EpitorruGeíncïi.
( Í 3 ) L*
XXIII daU Livre.
( H ) [Aiîi-monius,Epist, adEraím. inuéErafmian .JEpist. XLLibri Vlllm
(15I Am-monius >Epist. VInLilrì VIIIinter Erat-mianas ,pag . 410.
■Erafmi EpíAfola XXIIÌLibriXXVIIIpag ; 1704.
(c) LaXClVda XX L i-vre -, ir laXX daXXV.
(i) EiaíhiiEpist. XXLibri XXV,
-M,