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AMPHÏARAUS.
(g) Votez,dans la Cita-t,on (45).
(37) Dansìa stemeirque(£) de l’ ^ir-ticle Pru-kencl .
(38)Statiu5,Thebaïd..Libr. VU,f. SIS.
(39) Id.ibìd.Libr. Vlll,f. II-
(40) Id. ibid.Libr. Vil,
F- 7-4-
{41) Id. ibid •Libr. IX ,f. 6 $z.
(41) Bntth.in statiuni,Tarn. III,fag. 773.
(43) Diod.Siculus,Libr , IV.
(44) Apol-lodoius,Libr, III,?ag. 193.
(4s) v!ll ‘
située entref ^inique &la Beotie.
( 4 d)Paufan.Libr. I >fag. 33-
(47) Cice-10, Tuscul.Qçœstion.
Libr. il 1
j'ub sin.
On a cru qu’Amphkraiis sortit des enfers ‘{D) , 8c l’on a marqué la scene de la résurrec-tion (g). II fut mis au nombre des Dieux : on lui consacra des Temples : l'on Oracle fut très-célèbre ( E) : les Jeux, qu’on institua en son honneur (s) , firent du bruit. On croit qu’il
excella
Lc même dans les Poëlìes de Lucrèce , comme je l’ai ditailleurs (37). C’étoit pour le moins conoître en gros lavérité : mais ceux qui s’imaginoient que lame d'Amphia-raiis n avoir pas joui de la liberté de se réunir à son princi-pe, se trompaient grossièrement. Quand même elle n’au-roit pas été immatérielle, mais de la nature des Astres, elleaurQit trouvé aisément une bonne issue pour remonter. LesPoètes, qui dirent qu’il vivoit encore quand il arriva dansles enfers, mettaient plus d’obstacles au retour de son es-prit vers les Régions célestes , car il semble qu’il soit plusfacile de gagner le haut, st l’on commence à y tendre unpeu au dessous de la surface de la terre , que si l’on s’cn-fonce jusques au centre , avant que de commencer son volvers le Ciel : mais ces fantaisies poétiques font trop éloi-gnées du sérieux , pour mériter que l’on s’y arrête ; 8cje crains que mes Lecteurs ne trouvent mauvais que jecopie ceci :
Ecce dte praceps humus , ore profundoDijfilit , inque vicem timuerunt fidera , y umbr/t.lllum ingens haurit specus , y transtre parantesMergit equos , non arma manu , nonfrena remifit :
Sicut erat , reâios defert in Tartara currus (38).
A la vue des Parques , il vivoit encore : elles ne rompirentle fil de fa vie , qu’après avoir eu bien peur de voir ce Pro-phète en chariot dans les pais infernaux.
Gjuin cominus ìpfit
Eatorum deprensa coins : vifique paventes
Augure , tum demum rumpebant ftamina Parca (39).
On trouvera moins étrange que j’observe la contradictionoù ce Poëte s’est jette. II fupose qu’Amphiaraiis , un peuavant que d’être englouti , rendit à Phoebus les enseignesprophétiques, comme une chose qui ne pouvoit pas êtreportée au Roiaume de Pluton :
Accìpe commisfum capiti decus , accise laurusSjuas Erebo deferre nefas (40).
Ailleurs, il fupose que Phœbus avoue que son Prophètedescendit dans les enfers avec toutes les enseignes de íacharge :
TJtinam ìndulgere prtcanûFata darent ! en ipfe met (pudet ) irritus armaCultoris , frondesque sacras , ad mania vidiTartara , c r in memet versos defiendere vultus (4 r).
Barlhius , qui a relevé cette faute , observe , qu’il y en aplulieuts de même nature dans la Thébaïde de ce Poëte.Hoc gênas plurìma connìvet magnanimus hic vates , y dttode-cim tamen annorum limam reserre vu.lt suam Thebaidem (42.).
{D: On a cru qiìAmphiaraús sortit des enfers.] QuelquesAuteurs affectent de dire qu’il disparut : Ajvpikpaoí bì xc--
véo-r,í TÎic tyrií SfiTTiTm s’tí -sb x^F-* y.elà rS ùtpa-rfi
cyése-ro (43). Amphiaraús vero déhiscente terrâ cadens in hia-tus» cum curru inconspicuus evasit. Apollodore ajoute cetteraison : c’est que Jupiter lui donna l’immortalité. O' bi -A»
TÍs cípftciTi . iscçvtpôq teoet otôavxToy oivToy trroi'oersìt j 44).
Is vero absorptus est y poftea nunquam vijus : illum enim Ju-piter immortalitate donavit. Voilà qui peut obliger les Ebraï-íans à dire , que les Païens ont fait allusion à l’hisloire d’E-noeb. 11 y a d’autres Auteurs, qui ne biaisent point : ilssupofent qu’Atnphiaraìis mourut, Se qu’il descendit actuel-lement au Roiaume de Pluton ; mais qu’ensuite , il re-monta aux Régions supérieures. Ils indiquoient même lelieu par où fut faite son ascension. C’étoit une fontaineprochç du Temple que ceux d’Orope (45) lui bâtirent. Leculte de cette fontaine étoit singulier : on n’y faisoit pointde Sacrifices : l’eau n’en étoit emploiée , ni aux purifica-tions , ni à se laver les mains : seulement ceux qui guéris-saient d’une maladie par le moien de l’Oracle jettoient unepiéce de monnoie d’or ou d’argent dans cette fontaine.E’Vi àt íï ga/íctoij zr-nyj rrÀtis-iov tS AfiÇHxçx.ecÀo'S-
criiì , ítre ôuovreç oó^èv iç ccùrjv , &ò‘ Ì 7 riKtx.êo 6 ptrt<uç q xip vi fitXÇíjtrh-at vow-.'ijûVTfç. N ótrov bi àt ígffAeic'JîÇ àvbft fAocrrsvpLXToçyeoopcson , y.c&èeçvív.t') apyvçoy cetpeïscít kcíi xpvcrov S 7 rírv)pL 6 V êçtíjv trriyÁ- Tseosp yotp àveÁS-uv roi/ Asptctpao'j /.iyova-iv ybij6 tér/ (46). Est etiam apud Oropios sons Templo proximus ,quem Amphiarai nuncupantad quam neque dtvinam rem fa-ciunt , neque aut ad lustrandum , aut ad manus lavandas ,aqua ea uti sasputant : lolum-, qui morbo oracuït morittu le-vati fuerint , fignatum aurum argentumve more majorum infontem abjiciunt. Hinc enim jam deum Amphiaraum adfcen-dijfe tradtmt. Notcï que. tout le monde ne croioit pas larésurrection d’Amphiaraiis, & cjuon oioit la nier en pleinthéâtre : témoin ce Vers allègue par Cicéron.
Audìsne hue , Amphiaraesub terram abdite (47) ?
(E) On lui consacra des Temples : fin Oracle fut très-célè-
íre.] Les habitans d’Orope furent les premiers qui déi-
fièrent Amphiaraús. Us lui bâtirent un Temple à douze sta-des de, leur ville , dans l’enciroit où la terre s’entrouvrit > &l’englôutit & lui 8c son chariot (48). Nous avons vu ci-deffus (49) , qu’il y avoir divers lëntimens fur la véritablesituation du lieu où il tomba dans un abyme. Quoi qu’ilen soit , toute la Grece se conforma au goût des Oropiensfur l’apothéose de ce Prophète : elle convint que c’étoit auTemple qu’ils lui bâtirent, qu’il saloir consulter l’Oracle dece nouveauDieuQo). Paufanias nous aprend qu’un Recueild’Oracles en Vers Hexamètres contribua fort à donner auxpeuples une grande idée d’Amphiaraús, parce aue l’Auteurde ce Recueil y inséra la réponse que ce devin avoir donnéetouchant la guerre de Thebes. C’étoit lui donner beau-coup de relief ; car l’on étoit prévenu de cette opinion,qu’anciennement il n’y avoir que les personnes inspiréesd’Apollon , qui répondissent de vive voix aux consultans,je veux dire en forme d’Oracle. Les autres devins ne s’oe-cupoient qu’à expliquer, ou les présages des oiseaux 8c desvictimes , ou les songes. Mais quelque avantage que ce-la donnât à notre Amphiaraús fur ses confrères , on ne de-meura point persuadé que fa véritable fonction dût êtresemblable à celle de la Divinité de Delphes ; car on ne leconsulta que pour recevoir en songe la réponse qu’il avoirà faire. C est une marque que , pendant sa vie , il s’adonnaprincipalement à l’explication des songes. Voilà, ce me sem-ble , le précis de la narration de Paufanias (51). Je ne trou-ve point que Romulus Amasieus Fait bien traduite , 8t j’ai-merois mieux m’en fier a la Version de Vigenere, quoiqu’elle ne soit pas assez éxacte. La voici. Jophon Cnofien,l’un des interpréteurs des Oracles , publia ceux d'Amphiaraús envers hexamètres ; ce qui attira tellement les peuples , que toutsoudain ils y accoururent de toutes parts. Car pas un desdevins , hors mis ceux qu anciennement la fureur dé Apollon es-mouvoit , ne rendoit les Oracles ; mais estaient tous , ou inter-prètes de songes , ou jugeaient les choses advenir par le vol desoyfiaux , ou par les entrailles des bestes sacrifiées. Au moyendequoy il semble qu Amphiaraús se soit principalement addon-né à la prédiction par les songes. Ce qu on collige de cecy ;qu après qu il euft esté déifié , il institua cette maniéré de devi-nemens. Et faut en premier lieu que ceux qui vont à l’Oraclek lui , soient bien y âeuèment purgez ; laquelle purgation ounettoyernent consiste a Jacrijier comme il faut k ce Dieu-, yaccomplir les cérémonies requises tant envers lui , que tous lesautres dont les noms font là escrits. Cela fait , y ayant im-molé un mouton , ils estendent fa peau en terre, y s’endormentdessus , attendans l'esclaircissement de leur sait , qui leur doibtapparoiflre en songe (.52). Philostrate va nous aprendre quel-ques autres cérémonies que l’on obier volt en ce lieu-là.Le s Dieux , dit-il (33) , sont coilstumiers d'cflroyer les Oraclesk ceux qui font sobres. Car il fi trouva une fois en Grecetm Prophète a sellé Amphiaraús. J'estime ( interrompt le Roy )que vous voulez dire celuy qui fut fils d'Iodée , y en s’en re-tournant de Thebes fut englouty dedans la terre : celuy-lk fansautre , refpondit Apollonius ; lequel jusqu aujourd’huy rend desOracles au territoire Athénien , y envoye , k ceux qui l'en re-quièrent , des songes fur ce qu ils luy demandent. Mais lesPrestres du lieu enjoignent k ceux qui viennent la fi conseiller ,de s'abstenir un jour entier de toute viande , y trois jours devin ; a celle fin qu ils puisent mieux en leurs pensées pures ynettoyées concevoir y r accueillir les raisons des choses qui leurseront manifestées en songe. ‘ La où st le vin eftoit un médica-ment propre k dormir , ce sage Amphiaraús jans doubte l'auroitordonné aux Jongeurs , y que remplis jusqu au regorger demangeaille , y de ce breuvage comme une bouteille , ils defien-dijjent en la plus secrette partie du 'Temple oh se rendoìent detels Oracles. Prenez garde que Philostrate assure , qu’autems d’Apollonius l’Oracle d’Amphiaraus conservait enco-re fa réputation : cependant Plutarque confesse que tousles Oracles de la Beotie (54) , entre lesquels il met celui-là , avaient cessé (55). Ne faisons point d’incident fur cequ’Apollonius met cet Oracle dans l’Attique, 8c non pasclans la Beotie , comme Plutarque. Us parlent du mêmelieu ; mais comme le territoire d’Orope fut un sujet decontestation entre les Athéniens Lc les Thébains ; ceux-làprétendant qu’il apartenoit à la Beotie, 8c ceux-ci qu’ilapartenoit à l’Attique (56) : de là est venu que certains Au-teurs ont pu dire que le Temple d’Amphiaraús étoit dans laBeotie, & les autres qu’il étoit dans F Attique. Clémentd’Alexandrie , reprochant aux Païens la cessation de leursOracles , parle nommément de celui d’Amphiaraus (57) ;voilà donc un second témoin contre le Héros de Philos-trate. Disons en passant qu’il en fait mention dans un au-tre lieu , que son Traducteur a perverti. Le voici : H’' r«vA’jK .ÇUûipcOV TslV G-Uìl To 7 ç ízrTX Tùíç lirí © 3 í£eíç CflíiTS JA.ÍUytitx TÍ15 l’AÏs axúe-iùii ■xfse-Qo'ìepoì <pspou.etm. Aut Amphia-raum , qui cum fiptem qui adversus Thebas bellum gesjerunt ,fertur Troja capta una générations fuisse pojlerior , il saloir direprior , (58).
Hérodote nous peut aprendre combien cet Oracle étoitestimé ; car il dit que de tous ceux que Crœsus , Roi deLydie, fit consulter, il n’y eut que celui-là 8c celui deDelphes qui firent de bonnes réponses, 8c qui reçurent desdons magnifiques de la part de ce Monarque (59). Jem’étonne de ce qu’il observe , que les dons envolés par
Crœsus
{h) Votez.Benoit sirpindare,Ode VUOlymp-pag. J 43*
(49) Duos i<htrnorq * 1
{B).
( 5 0) Faiifi 11 -Libr. 7,f*i- }3 ‘
(S 1) ld*’ìbidtw*
(5-1 f fnere s “L.l>AmP b ‘ araí:s dePhilost^
pcg. 4--°
J . 7 -""'