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Tome premier. A - B.
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excella principalement à deviner par les songes (F).$ mais il ne íè borna point à cela : il futl’inventeur des divinations qu’on tait par le feu. II conçut un ressentiment si vif contre íafemme, qu’il ordonna aux enfans qu’il avoit eus d’elle, de la tuer, dès que l’âge le leur per-metroit (z). On lui a donné de grans éloges, Sc entre autres celui-ci, qu’il travailloit à êtrehonnête homme, & non pas à le paroitre (G). Grand sujet à réfléxions {H). Apollodore,

Crœíus à l’Oracle d’Amphiaraus furent mis au Temple d’A.pollon Ismenien , dans la ville de Thebes (6o). Pourquoine furent-ils pas consacrez dans le Temple même d’Amphia-raíis ? Pourquoi , au défaut de cela , ne furent-ils pas por-tez dans toute autre ville , plutôt qu a Thebes > dont leshabitans avoient encouru une note désavantageuse par ra-port à cet Oracle : car il leur étoit défendu de s’endormirdans le Temple d’Amphiaraiis ; 8c c’étoit le seul moien deconsulter l’avenir en ce lieu-Ià. La raison pourquoi cettedéfense leur fut faite étoit qu’Amphiaraus aiant offert auxThébains, ou de leur servir de devin , ou d’être leur com-pagnon d’armes, ils choisirent le dernier parti. Vous trou-vez toutes ces choses dans Hérodote (ói), 8c avec une dis-tinction si claire entre le Temple d'Apollon Ismenien, 8ccelui d’Amphiaraus, qu’il est fort étrange que Barthius aitpu dire qu’ìls n’étoient pas diférens (6z). Au reste, Hé-rodote raconte cela en parlant d’un Européen qui fut em-ploie par Mardonius pour consulter les Oracles de la Grece.II n’a point su par quel songe Amphiaraus fit conoître à ceGénéral du Roi des Perses la mauvaise destinée qui l’atten-doit. Plutarque étoit mieux instruit là-dessus; car il ra-porte ce songe (63). II 7 a des Auteurs <jui disent qu'Am-phiaraus s’aparoiifoit aux consultans. Afitsiapaoc pth yàp

X.OU T^olpmioí ev Bùia'Jia xat A’ fJt,<píXoyo<i ìt A’ t] u Lux yjptiFfxa-siSo-tFs xaì tpa,ímTcti.!ÌTi>i 7 rctv r ]ci%S rr,c yijs ìiarúrluriv ut-vrep âí-épií vtpÍTroÁot (64). Je croi qu’ils veulent dire qu’ilse faisoit voir en songe. Quoi qu’il en soit, son Oracle n’é-toit pas moins révéré que celui de Delphes , ou que celuide Dodone, ou que celui de Jupiter Hammon. C’est Va-lere Maxime qui le dit. Eadem gens summo consensu adAmph'taraum décor andum incubait , locum in quo humatus eft ,in formam conditionemqueTemplí redigendo,atque inde Oraculacapi inflituendo. Cujus cineres idem honoris postident, quod Py-thies. Cortins , quod aheno Dodons, quod Hammonis fonti da-tur (65). Cicéron n’en a pas dit tout-à-fai: autant ; maisnéanmoins il en a parlé avec éloge. Amphiaraum fie ho-noravit fama Gracia , deus ut haberetur, a t que ut ab ejus solo,in quo efl humatus , Oracula peterentur (66).

Notez qu’il y avoit à Corinthe un Temple d’Amphia-raus (67) ; mais n’ajoûtez point de foi, ni à PomponiusMêla (68), ni à Solin (69) , qui disent qu’il y en avoit unà Rhamnus. Ils fe trompent. II n’étoit point-là; maisptoche d’Orope , comme je l’ai déjà dit, 8c comme on lepeut prouver par Dicearque , par Strabon, par Paufanias »à. Voiez Isaac Voisins, à la page 151 de son Commen-taire sur Pomponius Mêla.

(fi) Il excella principalement à deviner par les songes )

- - - . il fut l’inventeur des divinations qu on fait pare jeu .] a l'égard de cette invention , je ne puis citer queces paroles de Pline ; Aruspicium Delphus , (invenit) ignispi-cta Amphiaraus, auspicia avium Tirefias Thebanus, interpreta-tionem oflentorum eysomniorum Amphiôlyon (70). Stace neP-lepomt de cela , quoi qu’il se plaise à parler souvent de1 habileté d’Amphiaraus à deviner par plusieurs moiens.

Quis mihifidereos lapsus , mentemque fin'tjlriFulguris , aut csfis faliat quod numen in extis,

Quando iter , unde mors , qus ssvis utilis armis,

Glus pacem magis hora velit , quis jam omne futurumProférés , aut cum quo volucres mea fata loquentur (71) t

C’est ainsi qu’il exprime les regrets de toute l’armée fur lamort de ce devin. II dit dans un autre lieu :

Quantum subito diversus ab illoQui tripodas laurusque sequi, qui doâlus in omnïNubesalutato volucrem cognoscere Phœbo (71).

Je laisse plusieurs autres passages de la même force, & j’ai-me mieux observer que ce Poète n’insiste pas fur la princi-pale propriété de ce devin : c’étoit de prédire par les son-S es ’ comme je l’ai déjà dit (73). II fut le prémier, quis abstint des feves, comme d’une chose qui nuisoit à cetteIClence ( 74)- Ilp&Toç ê'e «arET^ETo A’fSpiúpccoç b'tàTí,v à’ òveípav fí«vT£i<*v (73.) II ne sera pas inutile d’indi-stuer ici de quelle maniéré il devint prophète. II entra dansUr >e ntaifon auffi ignorant qu’un autre des choses futures;mais le lendemain, il en sortit bien capable de les prédi-m. Cette maison demeura fermée depuis ce tems-là, 8 cíut sellée fatidique. Elle avoit à l’égard des divinations lameme vertu que les Poètes attribuoient au Parnasse à l’é-&ard des Vers.

-Nec in bicìpitisommasse Parnajso

Memini , ut fie derepente Po'eta prodirem (76).

On y devenoìt prophète dans une nuit; Sc c’étoit alors que°n pouvoir dire que le bien venoit en dormant. Vousserrez dans le passage que je vais citer, que ce change-^ ent __ d’Amphiaraus sc fit à Phtie (77). cfVwS-f* ìè

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B-ati tÓts ot-çaTov , «yç ot QXidnoi @afììi, fis -x t o . réaç c ; A ’fs"Çiápctoç rw EXÊívAiv Àòyqs , ib'teoTsiç te xaí ìs ptasTiç. xcci t à ot-X.JJ/X.X CC 7 T 0 tÚtSS FVyxBXÁetC'At TSV 7 raVTU. iìh'vi %çóvov ( 78). In

posticâ fori parte domus est , quam Phliafii Fatidicam nun-cupant. in eam enim ingrejfus Amphiaraus ( quemadmodumipfì narrant Phliafii) cum noíiem unam obdormistet, statimdivìnare cœpit , cum ante indottus plane fuistét , id cumita evenistet, in reliquum omne iempus occluss ills sdes fue-runt.

(G) On lui a donné . . . entre autres éloges, qu’il travail-lait à être honnête homme , C? non pas et le paroitre. Adias-te, dans ses complaintes pour la mort d’Amphiaraus, dé-clara , qu’il avoit perdu l’œil de son armée, un homme éga-lement propre à prophétiser, 8c à se battre»

iloh-ca e-pa]ià(

O'(pS-aXisos Ifiae , teu-Ç>CTÏpav ,

M#»?!» T àyxh-ot 1

Ku't ê'oiip) uápva.o-!ju,t (79).

Defidero exercitus oculum mti

Vtrumque , vatem bonum, es 1 ad pugnandum hâsta.

En effet, ce n’étoit pas un devin qui n’agît que de l’esprit:son bras étoit redoutable , 8c il excelloit dans les éxercicesdu corps. On prétend qu’il fit un carnage horrible des en-nemis le jour qu’il mourut.

Ardet inexpleto ssvi Mavortis amore ,

Et fruit ur dextra, atque anima flagrante fuperbìt.

Hic hominum casus lenire e? demert fatisJura fréquent , quantum subito diversus ab illo(80) . . . ...

lnnumeram ferro plebem ceu letifer annus ,

Aut jubar adverfi grave fideris immolât umbrisIpsesuis (81 ).

En un mot, c’étoit un Prophète brave, 8c tel que le de-voir être celui qui joignoit la Roiauté avec la science de l’a-venir. Stace le nomme le Roi Prophète.

Jamque erit ille dies, quo te quoque confcia fati

Templa colant, reddatque tuus responsa facerdos

Talia fatidico peraguntsolennia Régi (8z).

Pour ce qui est de l’adresse dans les éxercices où les Grecssc piquoient tant de remporter la victoire , il me sufira deremarquer que notre Amphiaraus gagna le prix de la cour-se, Sc celui du disque, aux jeux Neméens, que les Géné-raux célébrèrent pendant qu’ils marchoient contre la villede Thebes (8z). Prenez garde à ces paroles de Stesichore :

&poiFxm pc .È* yàp A'pctpiupuoç,

Á'xovri b"e slxatrtv MsXÍaypoç (84),

Saltu quidem me Amphiaraus,

Jaculo vero superas Meleager.

Quant aux belles qualitez de son ame, voiez le VIII. li-vre de la Thébaide, 8c la Tragédie d’Eschyle intituléeËVt« é st) 0 íjS«; , Septem contra Thebas, dont je citerai unpassage dans la Remarque (/), 8c trois beaux Vers dansla Remarque suivante. Voiez auffi les éloges que l’ondonne à fa modestie dans un fragment de l’Empereur Ju-lien (8j).

(H) Sa Maxime de travailler plus à être honnête homme,qu’à le paroitre , est un grand sujet à réfléxions. ] Raportonsd’abord le fait. Aristide „ jamais, pour honneur qu’on„ lui fist ne s’esleva, ni pour rebut ou refus qu’il soussrist„ aussi, ne s’abaissa, ni ne se troubla, ayant opinion qu’un,, bon citoyen se doit tousiours également tenir prest , 8c„ ofrir corps 8c esprit à servir la chose publique, sans en„ espérer ou atendre aucun loyer mercenaire, ni d’arment,„ ni d’honneur 8c de gloire. Et pourtant,un jour que l’on„ prononçoit au théâtre certains Vers de l’une des Tragé-„ dies d’iËschylus, faits en la louange de l’ancien devin„ Amphiaraus, dont la substance estoit telle :

„ Il ne veut point sembler juste, mais l'estre,

„ Aimant vertu en pensée profonde ,

,, Dont nous voyons ordinairement naistre„ Sages conseils , ou tout le {monde abonde-,

„ tout le monde jetta incontinent les yeux sur Aristides,„ comme fur celui à qui véritablement plus qu’à nul au-„ tre apartenoit la louange d’une si grande vertu: car il„ n’estoit pas seulement ainsi ferme & roide pour résister„ à faveur 8c à grâce seulement, mais auffi à ire 8c à hai-,, ne semblablement; pour ce que là où il estoit question,, de justice, amitié ne lui eust seeu rien faire pour ses amis,„ ni inimitié contre ses ennemis (86 ). „ Voilà le plus beléloge du monde. Amphiaraus étoit digne d’admirations’il le méritoit : Aristide, qui a paru le mériter, est unhomme incomparable. Voici les paroles d’Eschyle à laB b a lou-

( 78 ) Pausárnias, Libr.H,pog. 56.

{ 79 ) Pin-dar-.Od» VtOlympion,

( 80 ) Ce qttimanque ici

a été citédahsla T{cmarq&iprécédente ,Citation ( 72 .)

( 81 ) Sta-tius, Theb*Libr. VII ,Vers. 703 .

(8 z) [d.ìbìd\Lìb. VIII,Vers, 2 oS,

(s») Apor-lodor. Bi-bliothec.

Libr. III,

pag. 18 9 .

(84) Athea;Libr. IV ,Cap. XXI,pag. 172 .

(is) tA la

page 303 disOeuvres dûJulien,Ldiiion deLeipjic , «»

ie,s.

(86) Plti-tarchus, ínVjtâ Aristí-dis ,paa, } 2 . 0 ,Je me fers deta Versiond’Amiot.Voiez. le mt*me Plutar-que dansíes Apopî**thegmes,P/g' >8 6 , à*de audi^n*dis FbSti»*

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