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Tome premier. A - B.
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2,04

ANABAPTISTES. ANACREON.

(;}Lindanus,Dia'. IIIDnbitantii,ér Thyisens,Libr. deUx-moniacis,Cas. XXI.atnid. Theo-phil. Ray-

naudum,Theolo-

OA Pra-teoíus, inEíenchoHícreseôn,Libr. I,

27.

(Sî) 1 Epî-tre aux Co-rinthiens ,Chas. VII,

ir. 4.

(a) Mato,'in Hippar-_cho. jElianiVar. Hist.Libr. VIII,Cap. II.

(1) Calviíìus

lui fait direqu?-Anacreona fleuri dansla 25 Olymp,Je ne trouvepoint cela dans/’Eusebe deScaliger.

(2) Vie desPoètesGrecs.

(3) Herod.Libr. IIIyCap. CXXi

à-fin-

(4) Voíïïusde Poët.Gïxc.pag 22.Hofman lecopie maisMoréri , sonautre Copiste ,a mis 60 , aulieu de 6 1.

Observa-tions furMr. le Fevrede Saumur.

(s) Votez*

Calviíius.

(6) PetaviiRationariumTemporum,Part . Iy Libr.IU y Cap. lly& Part . IlyLibr . III yCap. IX.

point. II est sûr que la description que le Sieur Moréri donne de cette secte ne convient point gïx Natut»au tems où il écrivoit , & je doute un peu que jamais on ait eu raison de la charger de ces deux A.doctrines qu’il lui impute (AI) : l’une est , qu’ils enseignent qu'une femme est obligée de consentir à la pag. 4°4-passion de ceux qui la recherchent ; l’autre est, qu'ils condamnent le mariage des personnes qui n'adhèrentpas à leurs sentimens. 11 faut regarder comme une fable ce que disent quelques Auteurs , qu’il ya eu des Catholiques Romains, qui, s’étant faits Anabaptistes, avoient aquis tout aussitôt la ca-pacité de lire , & de discourir sur des matières de Religion ; mais qu’étant rentrez dans le Papis-me , ils oublièrent tout, & se trouvèrent ignorans comme auparavant (g).

(M) Moréri ri a pas eu raison de charger cette seâîe de deuxdoèírmes qu il lui impute■] II a trouvé dans Pratcolus que ,félon les Anabaptistes, les femmes font obligées à prêter leurcorps à tout homme qui leur demande cette fonction ; 8cque réciproquement les hommes font obligés à satisfaire ledélit de toute femme qui leuí demande cet office. D,cuntpoftremo quamlibet mulierem obligatam este ad coéundum cumquolibet vira eam petente , zx contrit eodem vinculo adftringuntomnem virum ad tantundem reddendum cuilibet muììerihoc abillo petenti (yz). Selon cela , il y auroit un mariage na-turel entre tous les hommes 8c toutes les femmes : je veuxdire , que par devoir , 8c à peine de commettre un crime ,chaque homme feroit tenu de contenter quelque femmeque ce fût, quand il en feroit requis ; & chaque femme se-rvit tenue de complaire à quelque homme que ce fût,quand elle en feroit requise. Les devoirs, que St. Paulexpose (53) , qui font qu’un mari n’a point la puissance deson corps, 8c la doit considérer comme transférée à sonépouse ; & que celle-ci pareillement doit considérer com-me transférée à son époux la puissance de son corps : ces de-voirs , dis-je , très-justes 8c très-raifonnables dans le maria-ge d’un avec une , n’auroient point de bornes ; ils s’éten-droient. de chaque homme fur toutes les femmes, & dechaque femme fur tous les hommes : chose fi extravagante,fi vilaine , si abominable , qu’il est difficile de s’imaginerqu’aucune secte d’Anabaptistes l’ait enseignée. Les Loixnaturelles , selon cela , seroient beaucoup plus impossiblesà accomplir , que les Loix de TEvangile ; 8c il feroit justeà cet égard de renouveller cette plainte , C’est un joug , quenous , ninosperes , n avons pu porter. En un mot, ce ne

peut pas être une loi de la nature ; car la nature n’oblige .

à rien d’impoffible (54). La beauté 8c la tendresse de con- Ùf) ■science , jointes ensemble sous une pareille loi, seroient un h‘ bll ‘l‘spoids qui feroit bientôt crever les plus vigoureux & les plus unírobustes. II 11’y auroit point de personnes aussi à plaindreque celles qui seroient belles 8c confcientieuses. Et notezque la doctrine de la communauté des femmes n’égale pointl’abomination de celle-ci : elle n’ôte pas la liberté de refuser;elle réengage pas la conscience à tout aquiescement.

Peut-être ne me tromperai-je pas, st je conjecture queles faiseurs de Catalogues d’Héréfies, les originaux de Pra-teolus , ont forgé cette chimere , en donnant un mauvaissens, ou par ignorance , ou par malice , à l’une des con-séquences du dogme de légalité des conditions. II est cer-tain , qu’au commencement, les Anabaptistes enfeignoientcette égalité : d’où il s’ensuivoit, qu’une fille de bonne mai-son ne devoir pas té fuser les propositions de mariage avecun fils de païfan , 8c qu’un Gentilhomme ne devoir pas re-fuser les recherches d’une païfanne. Si nos faiseurs de Ca-talogues ont bâti fur ce fondement la doctrine absurde qu’ilsont imputée aux Anabaptistes , font-ils moins impertìnensque ce dogme même ?

Je ne croi point non plus que ces sectaires aient regardécomme illégitime le mariage des autres Chrétiens , & qu’ilsaient confondu tous les bâtards avec les enfans des person-nes mariées ; qu’ils aient cru , par exemple , que la nais-sance de Calvin n’étoit pas moins accompagnée de souil-lure , que celle d’Erasme. Mais Mr. Moréri n’y regar-doit pas de si près ; & , pourvu qu’il put diffamer les Héré-tiques , tout lui étoit bon.

ANACREON, Poëte Grec , natif de Teos , ville d’Ionie (A) , florissoit au tems que Po-lycrate régnoit à Samos (B) , & qu’Hipparchus jouïssoit à Athènes de la domination que son Pe-re Piíistrate y avoit usurpée. C’est de quoi l’on ne peut douter , lors que l’on consulte les Livres Wde Platon, & ceux d’Herodote ; car l’on y voir qu’Hipparchus lit venir Anacreon à Athe-nés (a) (C) , Sc qu’Anacreon étoit dans la chambre de Polycrate , durant l’audience qui futdonnée à un Envoie d’Oretes Gouverneur de Sardes (b) (1)). Cambyses étoit alors Roi de uvr. n

Perse : 2 ‘

(A) ll étoit natif de Teos , ville d Ionie.) Je réfute, dans me le tems précis où Anacreon a vécu. Voici une autre

l’Article Teos , ceux qui ont dit qu’Anacreon étoit de Remarque. II écrivit ses Poètes Grecs en 1659 (7). Or {7) Vi ' et ‘leitim fur le Pont Euxin. _ éans son Anacreon, imprimé en 1660 , il fait fleurir ce fi n f lí

(B) Il floriffoit au tems que Polycrate régnoit à Samos. ] Poëte 5 y y ans avant Jésus-Chrisl , plus ou moins , & il ac- Fre ^ Mt ~

Je n’ai point marqué d’Olympiade , car pour un homme corde à Suidas, qu’Anacreon a pu vivre en la yz Olym-

qui a vécu quatre-vingt-cinq ans, il me semble que l’on ne piade , puis qu il a vécu familièrement , dit-il, avec Polycra-

doit point s’enfermer dans des bornes si étroites. Aullî te , qui floriffoit au même tems qu Amafis régnoit en Egypte.

voit-on que ceux qui le font s’éloignent beaucoup les uns Mr. le Fevre a été donc un peu trop flottant fur la chrono-

des autres. Eusebe (1) , qui a choisi la 6z Olympiade, n’a logie d’Anacreon. On ne dira jamais, fans fe tromper

pu empêcher que Suidas n’ait mieux aimé la 5 z , & que d’un homme qui a pu fleurir dans la y z Olympiade , que

Mr. le Fevre de Saumur n’ait mieux aimé la 74 (z). Mais la 7z Olympiade est le tems précis où il a vécu. Dail-

ne décidons tien fur Suidas : son texte est assurément cor- leurs , c’est mal prouver qu’un homme a pu vivre dans la

rompu ; 8c il n’est point pardonnable à ses Traducteurs d’a- yz Olympiade , que de le prouver par la raison qu’il a été

voir laissé passer l’épouvantable bévue qui s’y trouve. On bon ami de Polycrate contemporain d’Amafis ; car ces

y lit qu’Anacreon a vécu du tems de Polycrate tyran de Sa- deux Princes font morts, celui-ci à la fin de la 64 Olym-

mos , dans la y z Olympiade ; ou , selon d’autres, du tems piade , & celui-là deux ans après (8). tu) vùid,

de Cyrus 8c de Cambyíè , dans l’Ólympiade zy. II paroît (C) Hipparchus le fit venir d Athènes.) Je ne prétens pas CalviUu** 1

par Hérodote, que Polycrate 8c Cainbyse moururent envi- critiquer Mr. le Fevre , de ce qu’il a dit qu Hipparchus fils

ron en même tems (3). Eusebe les fait contemporains de Pifisirate (9) envoya à Teos un vaisseau à yo rames , avec (9) Mod 1 ’'

fous la 63 Olympiade , 8e il a raison : il n’est donc point des lettres fort civiles zx fort obligeantes , par lesquelles il con- ér Aofm?"'

vrai qu’il faille mettre entre eux deux zy Olympiades , ni juroìt Anacreon de paffer la mer Egée , çr de faire un voyage L *

faire remonter Cyrus de la 5 y Olympiade , où l’on met or- à Athènes ; l’assurant que fa vertu trouverait là des admira-

dinairement ì’époque de la Monarchie des Perses, à la zy. teurs qui ne conoiffoient pas snal le prix des belles compositions ,

Voisins fait dire à Suidas , qu’Anacreon a vécu dans la ói c? le mérite des personnes rares : je n’ai garde de critiquer ce-ou dans la 6z Olympiade (,4) ; c’est ce qu’on ne trouve la . ni fous prétexte que je ne trouve dans Platon autrepoint dans le Suidas imprimé. Quant à Mr. le Fevre , qui chose que ceci, Ei a ròsTjievzreíilitx.éí'japov

a choisi la 7 z Olympiade pour le tems précis de la Vie d’A- ixífcto-e» eh W» x-íMv (10) ; ll fit venir dans notre ville Ana- (ro)

nacreon , il est plus facile de ruiner ses preuves , que de creon natif de Teos , en lui envoiant un vaisseau de yo rames in HipP* 1 ”

montrer que ce Poète n’a pas vécu en ce tems-là. Mr. le ni fous prétexte qu’Elien sc renferme dans la même géné- cho ‘

Fevre raisonne ainsi : Anacreon vint à Athènes du tems ralité (11) : car outre que Mr. le Fevre pouvoir avoit'apris / jsT'^d’Hipparchus : celui-ci avoit un frété nommé Hippias, qui dans des Livres qui ne me font point conus les particularitez var.

sollicita Darius fils Hyftafpes d'entreprendre le voyage qu il fit qu’il tapette , les loix de la vraisemblance veulent qu’Hip- Libr. vA*

contre les Athéniens. Cela étant, dit-il, vous voiez. précisé- parchus ait écrit ou ait fait écrire obligeamment à Ana- cap. H*

ment bannie 489 ayant Jesus-Chrifl, zsr l’Olympiade 7Z. J’a- creon ; & ainsi , l’on peut fuposer tout ce que Mr. le Fe-

voue que l’expédition des Perses contre les Athéniens, de vre supose : on le peut, dis-je , suposer , avec d’autant

laquelle il s’agit ici, 8c où Qarius ne fe trouva point en moins de scrupule, que la plupart du tems une narration

personne, quoi que la phrase de Mr. le Fevre le signifie, te- feroit trop seche 8c trop dégoûtante , si l’on ne faisoit qu’u-

garde la 7 z Olympiade , 8c Fan 489 avant Jésus-Clirist (y) ; ne Version littérale des Originaux. Mais quand il nous

mais il faut savoir que ce prétendu volage de Darius ne donne Platon pour son Auteur, j avoue que je ne saurois . ,

fut fait que vingt ans après qu’Hippias eut été chassé d’A- m’empêcher de le reprendre. f, 2 )

thenes (6) , 8c qu’il en fut chassé la quatrième année après (D) ll étoit dans la chambre de Polycrate , lors de l'audìen- nias ’ 'ïjiáila mort d’Hipparchus , 8c la dix-huitiéme après la mort de ce donnée à un Envoie de Sardes. ] C’est tout ce que nous

Pisistratc , d’où il faut conclure qu’Hipparchus avoit domi- en aprend Hérodote : cependant je fuis fort fur que Mr. 'sir.

né quatorze ou quinze ans. 11 est donc tres-poísible, I, qu’il le Fevre a pu dire comme il a fait, que Polycrate tyran de ap- lV '

ait fait venir Anacreon à Athènes, trente ans avant que Da- Samos tint Anacreon d'ordinaire prés de fa personne, cr voulut sn ^°s/V.

rius fils d’Hystafpes suivît les instigations d’Hippias contre qu il eût part en ses affaires zv en fesplaisirs; car étant certain L,ir ' *

les Athéniens ; II, que la mort d’Anacreon ait précédé d’un côté , qu’Anacreon a été chéri de Polycrate (iz) , & ,,,\j í the< u

de quelques années k 72 Olympiade , & Tannée 489 avant de l’autre, que les principales affaires de ce Tyran n etoient Libr.

Jéfus-Christ, marquée si précisément par Mr. le Fevre çom- que de se bien divertir (13), on ne risque pas beaucoup en o>p.

coiant