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Tome premier. A - B.
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ANABAPTISTES.

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Cap 4 »

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fort vivement. Les Livres , que l’on a écrit touchant cette secte , & contre íès dogmes, font in-nombrables (K). Je ne dois pas oublier qu'on n’a pu encore Péteindre parmi les Suiíîès , quoiqu’on ait usé des voies de la rigueur en divers tems (f). Je reporterai quelques raisons que l’onallègue pour justifier leur sévérité (L). On marque dans le Moréri de Hollande les principauxdogmes qui font particuliers aujourd’hui aux Anabaptistes ; c’est pourquoi je ne les cotterai

point.

j, ils s’apliquent aux arts, au négoce , fans dissiper par îe5, luxe , & par la débauche , leur patrimoine ou les biens,, qu’ils gagnent. O11 n’en ul’e pas airiii dans les autres,, communions : les volupté?., & les dépenses de la vanité,„ y font une source continuelle de scandale , & un affoi-„ blissement de l’Etat. Mais ils refusent de jurer : voilà„ une belle affaire. L’autorité des Tribunaux n'en souffre>, aucun préjudice. Ce gens-là se tiennent aussi liés par la„ promesse de dire la vérité , que s’ils faisoient des ser-„ mens. Toute futilité des lérmens que l’on fait prêter„ coníìste en ce qu’un homme qui les viole craint un châ-„ riment plus sévére de la part de Dieu , & s’expose à l’in-„ famie , 8c même à des peines corporelles de la part des„ hommes. Les Mennonites craignent toutes les mêmes„ choses, s’ils mentent après avoir donné leur parole qu’ils», diront la vérité , ils font donc serrez par les mêmes liens„ que les autres hommes ”.

(X) Les Livres, que l’on a écrit touchant cette feâîe, er con-tre ses dogmes,font innombrables .] J’en ai indiqué quelques-uns dans la Remarque (C). En voici d’autres. HerrnanModée a fait un Livre De Initiis &eilœ Anabaptiftiat. An-dré Meshovius a fait en Latin Y Histoire des Anabaptistes. UnAnonyme a fait en Flamand la Succession Anabaptifiique, im-primée à Cologne , fan 1603. II y a auíïi un Livre Fla-mand, imprimé fan 1605 , De Origine C? Progressa Sedaruminter Anabaptifias. Mr. Ottius , Professeur à Zurich, a faiten Latin les Annales de cette secte jusques en 1671. Tousces Ouvrages font mentionnez, ou par Hoornbeek (39) ,ou par Micrselius (40) , ou par Spanheim (41). Je n’aipoint vu qu’ils aient parlé d’un Livre que Caflander a in-diqué de cette maniéré. De origine vero hujus Anabaptisti-ctt fepíót , ejusque progrejju , er qua ex hoc capite monstra quamvaria c V abftrda , atque inter se pugnantia proàierunt , lucu-lenté , copiose , fitmmàque cum fide feripstt Nicolaus Blesdick,qui quod aliquanào hujusmoài errore per tmperìtiam atatis de-ceptus fuerit , eo rv'nc instrudior esr vehementior est , in iis er-roribus refellendis , id quod illi cum B. Augustino communeest (42). Hoornbeek parle seulement d’une Histoire de Da-vid George , composée par Nicolas Blesdik, gendre de ce Da-vid , Sc publiée par Revins (43). On imprima _ en Fran-çois , à Amsterdam , une Histoire des Anabaptistes , fan169; , 8c une plus ample , fan 1700. Ceux qui ont écritcontre eux , font Zuingle , Luther, Calvin, Melanchthon,Oecolatnpade , Urbain Regius > Juste Menius, Bullinger ,Jean Lascus, Guy de Bres , Taffin , Hunnius, Osiander ,Cloppenbourg , Spanheim , 8c plusieurs autres , qu’il sc-roit trop long de nommer (44). Mais je n’oublierai pasle Livre intitulé Babel , publié fan 162.1, par Herrnan Fau-kelius, Ministre de Middelbourg , 8c f un ,des Peres du Sy-node de Dordrecht. II montre dans cet Ouvrage la di-versité énorme de sentimens qui régné parmi les Anabap-tistes. Ceux-ci lui oposérent une Confession de foi, qu’ilspublièrent l’an 1624 > à Amsterdam. Ils usèrent aussi derétorsion ; car ils publièrent une Babel des Pedobaptiftes (45).Antoine Jacob (46) en fut f Auteur. Notez qu’au com-mencement ils écrivoient peu de Livres ; mais enfin , ilsont eu divers Auteurs , 8c ils ont donné au public quanti-té d’Ouvrages, les uns didactiques ou historiques, 8c lesautres polémiques. Ils publièrent à Horn , en 1624 , uneConfession de soi , qu’ils munirent de paflàgcs de l’Ecriture ,8c de quelques autres autorisez. Au bout de douze ans,ils en publièrent (47) une autre , qui faisoit voir leur con-corde. On a vu des Apologies de leur Confession on a vuaussi de leurs Catéchismes , & de leurs Manuels de Religion.Ils réfutèrent le Manifeste de Zurich , l’an 1644. Abra-ham de David (48), fuir d’eux , publia un Livre , en lamême année , contre un Ministre de Haerlem, nomméBontemps. II f Intitula , Smegma Hollandicum contra macu-las quas P. Bontemps Mennonitis adsperfit. Le même Minis-tre fut réfuté par d’autres Ouvrages , pars Absterfio accusa-tionum gravium Pétri Bontemps , fada per P. V. K. r 643 ;par Confutatìo argumentorum quibus P. Bontemps probare co-natur Anabaptiftas injurias este in Deum ej? homìnes , r 643 ;par Spongia ad abluendas maculas Pétri Bontemps contra cer-tam Anabaptistarum fedam ; par jfodoci Henric't Lixiviumcontra e’usdem maculas ; par Probatio Lixivii D. Bontemps ubìfer G. V. V. fidei potijstmum authoris ísr methodus agendi soli-citatur (49).

(L) O n allégué quelques raisons pour justifier la sévérité desSuisses à. leur égard. J Raportons ici le précis d’une Lettre ,stui fut écrite le 21 d’Août 1642 , à Mr. Hotton , Minis-Îî e de f Eglise Wallone d’Amsterdam , par Mr. Breitinger ,Ooien des Ministres de f Eglise de Zurich. La guerre s e-Lnt allumée presque dans toute l’Europe , fan r 622, lesj Magistrats de Zurich donnèrent ordre , que conformémenta la pratique usitée dc tout tems en semblables cas , les ha-oitans du Canton s’éxerçassent au métier des armes par desíqvues.^ Les Anabaptistes refusèrent d’obéir , & représen-red^ ^ ceUK ssii se préparoient à f obéissance, que la guer-> j! 0lt être considérée comme un châtiment divin , 8c quef 1 konne vie , 8c non par les armes, qu’il faut dé-10 M tat ' Mctslucreut qu’ils aimeroient mieux quit-

ter leur patrie , leurs femmes, leurs enfans , 8c tousleurs biens, que de repousser par les armes l’ennemi com-mun. Les bons sujets s’indignérent de cela à un tel point,qu’ils furent d’avis qu’on exterminât cette secte ; mais lesMagistrats cherchèrent des espédiens plus doux. Ils char-gèrent les plus sages têtes du Sénat de régler avec les Théo-logiens les plus modérez ce qu’il y auroit à faire dans cetteconjoncture. Ce Comité se recommanda avant touteschoses aux prières de toute l’Eglise , 8c puis voici quellefut fa prémiere résolution : que l'on n’oublieroit rien detout ce qui paroitroit propre à guérir les faux scrupules desAnabaptistes ; qu’on n’en condamnèrent aucun , ni à lamort, ni aux galères ; 8c qu’on ne feroit aucune chosequi ressentît, ou la cruauté , ou la précipitation , ou lapassion. Après cela , il fut jugé à propos de conférer aveceux , 8c on leur marqua trois endroits, où ils auroient às’aflembler , a fin d’entendre ce que l’on a volt à leur dire.Ils se rendirent à f assignation : on leur proposa , 8c de vi-ve voix , 8c par écrit, les principaux points de la foi Chré-tienne ; ils n’en rejettérent qu’un , qui étoit çelui des Ma-gistratures. Le Sénat , après avoir su ce qui se passa dansces Assemblées, manda quelques-uns de leurs chefs. Uscomparurent ; ils exposèrent leurs raisons : on y répondittranquillement ; mais on ne put rien gagner, 8c néan-moins on les renvoia avec beaucoup de clémence. Ils nelaissèrent pas de ib retirer comme des gens qui avoient peurde quelque supercherie , 8c ils f avouèrent le lendemain ,lors qu’on leur demanda pourquoi ils avoient íàit paroitrequ’ils se défioient du sauf-conduit que le Souverain leuravoir expédié. Cette douceur des Magistrats déplut beau-coup à plusieurs personnes ; cependant on voulut tenterencore les voies de la modération. On assembla les prin-cipaux chefs des Anabaptistes : on les assura , que fans exi-ger qu’ils prêtassent le serment selon les formules ordinai-res , on se contenteroit qu’ils répondissent oui , ou non ;qu’on les dispenseroit de porter les armes, pourvu que parleurs prières, 8c par d’autres moiens pieux , ils concou-russent au bien public ; 8c qu’en les engageant à se trouveraux prédications des Ministres , on ne prétendoit pas leurinterdire la liberté de defaprouver ce qu’ils jugeraient con-traire à la Parole de Dieu; qu’on vouloit seulement qu’ilsne critiquassent pas cela avant que d’en avoir conféré , ouavec un de leurs Pasteurs , ou avec quelque autre person-ne Ecclésiastique. On finit par des promesses de protec-tion , 8c par des exhortations pathétiques. Mais quandon vit que ces gens-là ne changeoient point de pensée, onles exhorta bénignement à se retirer ailleurs : on leur per-mit d’emporter autant de bien qu’il leur en faudroit pourleur subsistance ; on promit la restitution à tous ceux qui,guéris de leurs erreurs, voudraient revenir ; 8c l’on décla-ra que les enfans 8c les femmes, qui renonceraient à la sec-te , 8c ne voudraient pas abandonner la patrie , jouiraientd’une portion convenable du bien des peres 8c des maris.Les Anabaptistes répondirent que la terre apartient à Dieu,8c non pas aux Magistrats, 8c rejettérent ces conditions.Alors on en vint aux taxes, 8c aux amendes ; 8c, par-ce qu’ils refusèrent de les palet, 8c qu’ils crièrent à latyrannie , on confisqua tous leurs biens. Us murmurèrentencore plus : ils s’assemblércnt nuitamment ; ils prièrentDieu de réprimer la fureur du Magistrat par la peste , parla famine > & par telles autres calamitez. Là-dessus, onfe trouva obligé de recourir à un remede plus fort : on enmit plusieurs en prison. Ils se sauvèrent presque tous ($0)par une breche qu’ils firent à la muraille , 8c ne fe mon-trèrent pas moins inquiets qu’auparavant : on les remit enprison , on les exhorta de tems en tems à se convertir , ouà se retirer de bon gré hors de la patrie ; ils persistèrentà demander simplement la liberté. Us offrirent de rendreraison de leur doctrine devant tout le peuple : on leur re-fusa cela ; mais on voulut bien leur proposer une disputepar écrit, 8c on leur marqua même les points de la con-troverse : ils répondirent toujours qu’ils ne pouvoient sedéfendre pendant qu’ils seroient en prison. Notez que leursfugitifs semèrent par tout des plaintes atroces, comme lileurs prisonniers avoient été maltraités le plus inhumaine-ment du monde (ji'l.

Voilà une Apologie fondée fur la patience très-longuequi précéda les rigueurs ; mais voici d’autres moiens plusparticuliers , 8c qui résultent de la nature , ou de la consti-tution du gouvernement en ce païs-là. Les Suisses ne re-poussent point l’ennemi avec des troupes auxiliaires ousoudoiées, mais en fe rangeant eux-mêmes fous le dra-peau ; 8c l’un des fonds de leur substance est la permissionqu’ils donnent de lever du monde chez eux pour le servi-ce des étrangers. U importe donc à leurs Souverains, quetous les sujets soient propres aux armes, 8c aiment la guer-re. Voilà pourquoi les Anabaptistes ne leur conviennentpas, gens qui ne veulent blesser ni tuer personne, 8c quientant qu’en eux est intimident les plus belliqueux ; carils inspirent des scrupules de conscience sur l’essuston dusang humain, 8c sur le* passions inséparables du métier desarmes,

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Votez, Us Aït*nal. Ana*baptistiq. diJean HenriOttius, im-primées A Bti-te, fan 1672 *

(50) Le len-demain de Pâ-ques I6z6»

($t)Tìre déto-ne Lettre deJean JaquesBreitinger,

datée du zic- 4 ûPít I642,& inférée dansles AnnalesAnabaptisti-ci de JeanHenri Or-riu§,p^.Lrs»

& fitiv .