Band 
Tome premier. A - B.
Seite
215
JPEG-Download
 

(*) 'H* i a'fynt.ron e

U).

y J ^ocius"Wdochus,Libr. ii

Ì n *^*1*

^clidis,

(^)rin-î* r $- de

H 607.

"'-'U »

b û) Dì °r

8?í'^ '

>r-?'

•eU, <tf

ANAXAGORAS. ìi?

plus ( H). On conte qu’Anaxagoras avoir prédit que la pierre, qui tomba du Ciel dans la rivierède la Chevre, & qui fut gardée & venérée comme une sainte relique , tomberoit du corps duSoleil (/). On lui attribue quelques autres prédictions (*). II cultiva beaucoup la Géomé-trie {y)-, & l’on trouva que, dans fa prison, il avoir écrit sur la quadrature du cercle (z). Sonesprit vaste iufisoit a tout : les plus difìciles phenomenes de la nature, les comètes, la voie de lait,les trernblemens de terre, les vens, le tonnerre , les éclairs (aa) } le débordement du Nil (ùb)ç,les éclipses, & semblables choies, dont il inventa des raisons ; tout cela joint aux spécula-tions Astronomiques & Géométriques ne l’empêcha pas d’étudier les Poésies d’Homere , avecl’attention d’un homme qui veut découvrir des secrets, & enrichir la litérature. II fut le prémierqui suposa qu’elles font un Livre de Morale, où la vertu & la justice font expliquées par des nar-rations allégoriques (cc). On raporte diverièment les circonstances Sc l’iífue du procès d’impié-té qui lui fut fait dans Athènes : les uns disent qu’il fut condamne j les autres, qu’iì fut absous [K).

Peri-

& bit» liées ensemble (izi). Si nous avions ses Ecrits» outous ceux de Théophraste (13a), nous verrions peut-êtrequ’il discuta quelques-unes des dificultez que je viens deproposer, 8c qu’il avoua que ses hypothèses ne le conten-toientpas, & qu’il succomboit fous la pesanteur des mys-tères de la nature. II disoit que tout ett rempli de ténè-bres. Anaxagoras pronunciat circumfufa effe tenebris omnia(133). Pluíieurs autres Philosophes s’en plaignent aussi, &juiques à s'imaginer que les ténèbres dont parle Moïse,qui étoient au dessus de sabínie avant que Dieu créât lalumière (134), n’ont été dissipées qu’à l’égard des yeux;car pour les ténèbres de lesprit , disent-ils > elles couvrent en-core tout le dessus de l'abîme. La lumière de la vérité concen-trée dans ce goufre n en fort jamais : elle envoie feulement quel-ques ratons qui parviennent d notre esprit après tant de réjìé-xions c?" de réfraèlions , zv âpres avoir mêlé leur éclat avec tantde corpuscules sombres dans les espaces ténébreux qu ils ont tra-versés, qu'ils,ne font propres qu à. former de faujjes images.

{H) Les idées des anciens , ,qm ont parlé du cahos, ... .n et oient guerc justes ,<y ils n ont pu dire que cet état de confu-sion ne fubflfioit plus.] J’avoís résolu d’étalcr ici quelquesRéfléxions fur ce sujet; mais comme les Remarques parti-culières , & celles qui restent à faire, donneront a cetArticle assez détendue, & même trop, j’ai changé de ré-solution par quelque petit pressentiment de prolixité. 11se présentera assez d’occafîons de donner dans un autreArticle ce que je suprime ici.

(i) On conte qu Anaxagoras avoit prédit qu une pierre....tomberoit du corps du Soleil .] D iogene Laërce raporte ce-la (135. Plutarque a parlé de ce prodige; voici ce qu’ildit. „ II y en a aussi qui disent que la cheute d’une>, pierre fut un présage qui pronostiquoit celte grande», desfaite (136}. Car il tomba du Ciel, environ ce» temps-là, ainíi que pluíieurs le tiennent, une fort gran->, de & grosse pierre, en la cosse qu’on apelle la riviere de„ la Chevre, laquelle pierre se monstre encor aujourd’hui>, tenue en grand révérence par les habitans du pais de la„ Cheronese. Et dit-on que le Philosophe Anaxagoras,, avoit prédit, que l’un des corps attachés à la voûte du„ Ciel en fcroit arraché, 8c tomberoit en terre par un glis--, sentent 8c un esbranlement qui dévoie avenir : car il» disoit que les astres nettoyeur pas au propre lieu où ils„ avoyent esté nez, atendu que c’estoyent corps peíans Lc„ de nature de pierre ; mais qu’ils reluisoyent par l’ob-„ jection & réfléxion du feu élementaire, Lc avoyent esté>, tiré là sus à force, là où ils estoient retenus par l’impé--, tuostté Lc violence du mouvement circulaire du Ciel,-, comme au commencement du Monde ils y avoyent-> esté attestez, Lc empeíchés de retomber ici bas, lors que„ se fit la séparation des corps froids Lc pesans d’avec les» autres substances de l’Univers (137)”. j’ai raporté toutce passage , afin que l’on vît en même tems la tradition dcce prodige, 8c la singularité du dogme d’Anaxagoras. Lesparoles de Pline ne méritent pas moins d’être citées. Célé-brant Graci, dit-il (138) , Anaxagoram Clazornenium, Olym-ptadis feptuagefimn oSlavtisecunio tmno ,pradixiffe caleftium lit-terarum feientia ,quibus diebus faxum cafurum effet è Sole. Id-quefaélum interdiu in ThracU parte ad JEgos flumen. la-ps etiam nunc ùftenditur , magnitudìne vehis, colore adufto,cotnete qrnque illis noblibus flagrante. %uod fi quis prœdiâíumcredat , fimul fateatur neceffe est, major’ts miracuit divinita-te m Anaxagor a fuisse : solvique rerum naturs. intelleâlum, zsrconsundi omnia , fl aut ipfe Sol lapis effe , aut unquam lapidem*>teo suisse credatur : decidere tamen crebro, non erit dubium.dn Abydi gymnafio ex ea causa colitur hodieque , modicus qui-dem , fed quem in medio terrarum cafurum idem Anaxagorasprttdixiffe narratur. Colitur z? Caffandria, qua Poiidœa voci-tata est , ob id deduéìa. Vous volez là , qu’Anaxagorasav oit prédit plus d’une fois ces chutes de pierre, 8c que leculte de ces pierres se multiplia à proportion. Notezst u ’Ammien Marcellin, 8c Tzetzes > se sont servis du nom-'j >rc pluriel touchant le prodige de la riviere de la Chevre.Us prétendent qu’Anaxagoras prédit qu’il y tomberoit desPitres du Ciel (139). Philostrate s’est exprimé de la mê->Ue forte; voici un peu au long ce qu’il a dit: je n’en re-V^sicherai rien; car ce fera une matière de critique. ln-l u flement doneques auroil-on blafmé Apollonius d’une telle im-fieté zsr erreurpour avoir préveil plusieurs choses , z? en avoird’autres : de la mejme forte que Socrates en auroit estétnj ruìt p ar i es e sp r ' t t s de tout plein devant quelles advinffent.

saxagoras aufjì : car qui est celui qui ignore , que comme uneJ° ts e stant allé aux jeux Olympiques , veftu d’un gaban, pourprédire qu’ilpleuveroit ( 140), encore que lejourfuflsi clair o?

serein , qu il n y avoit aucune apparence de pluye ; il ne tardagueres toutesfois qu il pleut comme k sceaux : une autre fois,ayant prédiùi que dans peu de jours une maison devoìt fondre »bientofi âpres elle tomba. Apres,ayant encore advertì que le jouren plein midy tout k un injiant deviendroit nuiùî, ziX s’obscur-cirait de ténèbres : z? une autre fois ,que des grojjes pierres tombe-roient du Ciel dans la riviere d’Egofpoiamos , il arriva ainfi.Advo'úans doneques que ces choses la zsr autres semblables pré-veuês dé Anaxagoras fuffènt un indice d’un très-grand jçavoirfeulement , comment les peut-on imputer k Apollonius pour unart Magique ( 141 ) ? Un Commentateur a fait là-dcssus uneNote bien ridicule. Spuant k te que dit Philostrate, qu’A-naxagoras prédit la pluye, zsr qu une pierre tomberoit du Ciel,zsr autres choses semblables, il n y a aujeurâ’huy fi petit Ajlro-logue, qui tien jiji autant ( 142). Quelle absurdité! les As-trologues d’aujourd’hui, quelque fous qu’ils puissent être»n’ont point la témérité de prédire qu’il tombera des pier-res du Ciel. Nos faiseurs d’Almanath, nos plus fameuxtireurs d’horoscope, se donnent bien garde de commettrefi impudemment leur réputation. 11s lavent trop bien quela prévision de telles chutes surpasse toutes leurs lumières»Pline avoit raison de dire, que la prédiction d’Anaxago-ras eût été un plus grand miracle, que de voir tomber unepierre qui auroit été au corps du Soleil ( 143). Remarquezqu’il y a un intervalle d’environ soixante années entre letems où Pline dit que la prédiction fut faite, & le tems où,selon Plutarque, elle fut accomplie. Voici une autre obser-vation. Photius, dans ses Extraits de la Vie d’Apollonius»prétend qu’Anaxagoras fut considéré comme un grand devin,pour avoir prédit par l’art magique qu’il pleuvrait (144). Jene saurois croire que Photius ait si mal compris la penséede Philostrate : j’attribue cette fausseté énorme au mau-vais état où son Ouvrage a été mis par les Copistes; & jene puis assez m’étonner de ce que le Traducteur ^14;) a puse résoudre à taire imprimer cette page-là. Sa Traductionest un tissu d’impeitinences si grossières, 8c de raisonne-mens si monstrueux , 8c avec cela si formellement con-traire à l’Original de Philostrate, qu’on ne peut compren-dre quoi que ce soit à fa conduite. A-t-il cru que ie Tex-te de Photius étoit correct ? II salait donc qu’il rêvât àquelque autre chose. A-t-il cru que les Lecteurs auraientla stupidité de prendre cela pour bon ? II étoit donc dansune sécurité qui tient du prodige. J’exhorte ceux, qui enont le talent, à examiner cet endroit de Photius : ils ytrouveront des plaies qui demandent la dextérité des meil-leures mains, 8c qu’ils guériront peut-être par le secours desmanuscrits comparez avec le Texte de Philostrate.

{K) Touchant le procès d’impiété.quon lui fit, les uns di-sent qu il fut condamné-, les autres, qu il fut absous. 1 I] futacculé par Cleon, comme un impie, pour avoir dit quele Soleil est une masse de matière enflammée: &,malgréla protection de Pericles , il fut condamné au bannisse-ment, 8c à une amende de cinq talens. C’est ainíi queLotion narroit, la choie (146.) Mais d’autres diibient queThucydide le déféra, 8c l’accusa,non seulement d Impié-té, mais aussi de trahison; 8c que l’accuíé fut condamné àla mort par contumace (147). D’autres ont dit qu’il étoitdans la prison, lors qu’on prononça contre lui l’airêt dcmort. Us ajoûtoient que Pericles demanda aux Juges,Trouvez.-vous qu il ait commis quelque crime ? Lc au’aiantcompris qu’on ne lui en imputait aucun, il dit, f e fuisson disciple: ne le perdez, donc point,prévenus par des calomnies;croiez moi plutôt , zsr redonnez lui la liberté. 11 obtint cela;mais l’accufé conçut un si grand chagrin de ce procès,qu’il renonça à là vie (148). D’autres contaient qu’il futmené devant les Juges par Pericles, 8c que le chagrin sa-voir tellement amaigri 8c abatu, qu’il avoit beaucoup depeine à marcher; de forte qu’il fut absous, bien moins par-ce qu’on le trouva innocent, qu’à cause de la compassionqu’il excita (149). j’ai dit ailleurs (150) que Pericles netrouva point de meilleur moien de íàuver ce Philosophe,que de le faire sortir d’Athènes.

Notez un peu quatre choses» I. Les accusateurs d’A-naxagoras ( 151) étoient des gens dont la faction étoit opo-sée aux intérêts de Pericles. Ce ne fut donc point par zèlede religion , qu’ils persécutèrent ce Philosophe: ce futdans la vue de soutenir leur cabale, & d’afoiblir l’autoritéde Pericles, en faisant tomber sur lui très malignement lessoupçons d’irreligion. ' Us ne pouvoient mieux y réussir,qu’en accusant d’impiété Anaxagoras. C’est presque tou-jours le prémier mobile de cette espece de procès: on seveut venger de quelqu’un, ou se délivrer de quelque obs-tacle d’autorité à de fortune; 8c l’on apelle à son aide les

passions

(«) Diog.Laëit. Libr,ll, fív.m. 9.

(íí) Diodor.Siculus,

Libr. I, cap.-XXXVIll.

(a) Diog.Lilëit. Libr.II, mm, l-.

fi 41 ) Fhi-lostr. in Vi-ra Apollo-ns, Libr. /»Cap. U. J eme fers dc UTraduHìon dcVigeneic.

f 142) AmisThomas Sr»d’Embri,,Annotât,fur la Vied’Apollo-nius , Tm.I;

1.

f 143) Votaif f s paroles cì-defsns Citation

Uis).

f 144 ) Pho-tius, Bi-bliotli. CocL.CCXLl,pag. s 017.

f 14s) An-dré Schot-tus.

ft 4 «) So-tion, in Suc-ceíïionibusPhiJoso-phorum',apttd Diog.Luert. ubr mll > num. 124

f 147 J Saty-res in Viris ,apud Diop-,

Laëït. LÎbn

ll , mim* 12,

f 148) Her-

mippus inVitis, apudDiogeii.Laëiit. Libr.Uì num. 1 3i

(149) Hie-ronymus, in21 Lib.oCommen-tar. varior.aptid Diog.Lacrt. Libr*Ii , n uni. 12^

(ijo) Dans'l{tftnarqut(Aí) á^r^Ar*

ticie de

Perici.es j

’Vtrsle mìlicHn

fi5i)CIeojî,ou Thucydi-de. Voiex.Pîutaiquedans la Viede fericles,fag. I70 3 drUs.