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Tome premier. A - B.
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anaxagoras.

2.18

son discours. 11 négligea l’Astronomie, entre autres raisons, à cause qu’Anaxagoras, qui s’y étoitextrêmement apliqué, s’égara beaucoup (-!>'). Ce que l’on observe touchant i e ‘Traité où il rai—

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D’OÙ VIENT

que l’hom-me ne peutdémontrerpar des rai-sons parti-cùlieres,que chaqueCorps estdans rUni-vers aumeilleurétat qu’il«toit polïï--ble.

Ouvrage de Physique, que ceci, Les pierres font dures, lefeu est chaud , le froid gèle les rivières , farce opte Dieu l'a ainstordonné. Les Cartésiens mêmes, qui font Dieu, non feu-lement le premier moteur, mais auíli le moteur unique,continuel, 8c perpétuel, de la matière, ne fe servent pointde ses volontez 8e de son action, pour expliquer les effetsdu feu, les propriété? de Caïman , les couleurs, les sa-veurs, Sec: ils ne considèrent que les causes secondes,le mouvement, la figure , la situation des petits corps.De façon que íi la Remarque de Clément Alexandrin,raportée ci-deisus (194), n’étoit fondée que fur le diícouisde 8octale, elle fcroit très-injuste. 11 faudroit pour la trou-ver légitime, que nous fussions, non pas qu’Anaxagorasexpliquait beaucoup de choses fans faire mention de l’En-tendement divin, mais qu’il l’excluoit nommément Sc for-mellement lors qu’il expliquoit une partie des phénomènesde ia nature. Peut-être y avoit-il dans ses Ecrits certainsendroits, où il dii’oit ce qu’Euripide son disciple a dit de-puis , c’est que Dieu se mêle des grandes choies, Sc laissefaire les petites à la fortune (^95): comme si l’Universétoit semblable au tribunal des Prêteurs, de mïnimìs non cu-rât Prtetor. Nous avons vu ci-dessus ( 196 ) que ce Philo-sophe attribuoit quelques effets au hazard, quelques autresà la nécessité, 8cc; Sc qu’il n’apelloit à son aide l’Intelli-gence , que lors qu’il ne pouvoít pas faire voir commentla nécessité avoit produit une chose ( 197 ). On peut supo-ser en général,que son système n’étoit pas bien débrouillé;qu’il ne l’avoit, ni bien aplani, ni bien arrondi; qu’il yavoit laissé beaucoup de pieces mal agencées. Aristote nousinsinue cela , lors qu’il parle des Physiciens qui ont lespremiers reconu deux causes, la matérielle Sc fefficiente.II les compare à des gens qui n’ont point apris l’art de febatte » Sc qui ne laissent pas de bien blesser assez souvent.Ils le font fans suivre les réglés: ces Physiciens aussi ne poí-sédoient pas la science de ce qu’ils disaient. o'ú T0l ^

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Je ne blâmerais point Socrate d’avoir souhaité une ex-plication de l’Univers toute telle qu’il l’indique : car qu’yauroit-il de plus beau, ou de plus curieux » que de savoirdistinctement 8c dans le détail, pourquoi la perfection dela machine du Monde a demandé que chaque planète eútla figure, la grandeur, la situation, Sc la vitesse qu’elle a ;Sc ainsi du reste ? mais cette science n’elí pas faite pour legenre humain, Sc l’on étoit fort injuste de l’attendre d'A-naxagoras. A moins que d’avoir toute l’idée que Dieu asuivie en faisant le Monde,on ne pourroit point donner lesexplications que Socrate fouhaitoit. Tout ce que les plusgrans Philosophes peuvent dire là-dessus revient a ceci:que puis que la Terre est ronde, Sc située à une telle distan-ce du Soleil, cette figure Sc cette situation étaient requisespour ia beauté Sc la symmérrie de l’Univers; fauteur decette vaste machine aiant une intelligence, Sc une sagesse,qui n’a point de bornes. Nous savons par là en général,que tout va bien dans cette machine, Sc que rien n’y man-que ; mais si nous entreprenions de faire voir piece àpie ce que tout est au meilleur état qui fe puisse , nousen donnerions infailliblement de très-mauvaises raisons.Nous ferions comme un païsan, qui, sans avoir aucuneidée d’une horloge , entreprendrait de prouver que laroue, qu’il en verroit par une fente, a dû être de telleépaisseur, de telle grandeur, 8c posée précisément en celieu-là > vu que si elle eût été plus petite, moins épaisse,Sc située en un autre lieu, il en fcroit arrivé de grans in-convéniens. II Jugerait de cette machine , comme unaveugle des couleurs; 8c fans doute » il raifonneroit pi-toiabletncnt. Les Philosophes ne font guere plus en étatdéjuger de la machine du Monde, que ce païiàn de jugerd’une grosso horloge. Ils n’en conoissent qu’une petiteportion , ils ignorent le plan de fourrier, ses vues, sesfins, Sc la relation réciproque de toutes les pieces. Allé-guez à quelqu’un, que la terre a dû être ronde, a fin qu’el-le tournât plus facilement fur son centre, il vous répondraqu’il vaudroit mieux qu’elle fût quarrée , a fin de tournerplus lentement, Sc de nous donner de plus longs jours.Que pourríez-vous répondre de raisonnable, si vous étiezobligé d’aiticuler ies embarras où l’Univers tomberait, encas que Mercure fût plus grand, Sc plus proche de la Ter-re? Mr. Newton, qui a découvert tant de beautez mathé-matiques Sc médíaniques dans les Lieux, voudroit-ii bienêtre caution, que li les choses n’étoient point telles qu’il lesíupose , ou quant aux grandeurs, ou quant aux distances,ou quant aux vitesses, le Monde ieroit un Ouvrage irrégu-

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n’eíi-elle pas infinie ? II a donc les idées d’une infinité áeMondes diférens les uns des autres, tous beaux, réguliers,mathématiques, au dernier dégié. Croiez-vous que d’uneTerre quarrée Sc plus proche de Saturne,il ne pourroit pastirer des usages équivalens à ceux qu’il tire de notre Terre?Concluons que Socrate n’a point dû s’imaginer qu’Anaxa-goras lui prouverait par des raisons de détail, que f état prê-tent de chaque chose est le meilleur où elle pût être. II n’ya que Dieu,qui puisse prouver cela de cette façon.

Comment fenons-nous ce que Socrate vouloir à l’égardde la machine du Monde, nous, quf ne le saurions faire àl’égard de la machine d’un animal, après tant de dissec-tions, Sc tant de Leçons d’Anatomie, qui nous ont aprisle nombre, lafituntion, l’usage, Scc, de ses principaux or-ganes? Par quelles raisons particulières pourroit-on prou-ver que la perfection de fhomme, 8c celle de l’Univers,demandent que nos yeux , au nombre de deux, soientsituez comme ils le sont, Sc que six yeux placés autour dela tête feroient du désordre dans notre corps, 8c dans l’U-nivers ? On peut raisonnablement prétendre, qu’afin dedonner à fhomme six yeux autour de la tête, fans s'écar-ter néanmoins des loix générales de la méchanique,il eûtfalu déranger de telle forte les autres organes, que le corpsde fhomme eût été formé fur un autre plan, 8c fût deve-nu une autre espece de machine : mais on ne saurait don-ner de cela aucunes raisons particulières ; car tout ce quevous pourriez dire seroit combatu par des objections aussivraisemblables que vos preuves. II faut s arrêter à cetteraison générale, la sagesse defouvrier est infinie, fourra-ge est donc tel qu’il doit être. Le détail nous passe : ceuxqui veulent y entrer ne fe sauvent pas toujours du ridi-cule (zoo). ,

Au reste, nous pouvons prouver par ce discours de So-crate, qu’il n’avoit pas été ie disciple d’Anaxagoras ; car,s'11 f eût été, eût-il eu besoin d’aprendre d’un homme quilisoit les Livres d’Anaxagoras, que l’on y établissoit un En-tendement pour la cause de toutes choses (zoi)?

(S) Socrate négligea l’Astronomie .... « cause qu Anaxa-goras , qui s’y étoit extrêmement apliqué, s'égara beaucoup. ]Afin qu’on voie plus nettement les pensées de Socrate là-deflus, je raporterai un peu au long les paroles de son His-torien. ,, 11 estait dia vis qu’on employast quelque teins à,, Y Astronomie, afin de pouvoir connoistre quelle heure il„ est aux estoilles, en quel jour du mois,8c en quelle sai-,, son de f année on est; pour sçavoir quand il saut rele-,, ver une sentinelle durant la nuit, quand il est à propos„ de se mettre sur la mer,ou de faire voyage; Sc il disoit„ que cela se pouvoit apprendre facilement dans fentre-» tien des matelots, ou de ceux qui chassent de nuit. Mais„ de vouloir pénétrer plus avant, j risqua connoistre quels„ Astres ne sont pas en mesme déclinaison ; de vouloir„ expliquer tous les -différens mouvemens des Planètes, Sc,, sçavoir de combien elles sont esloignées de la Terre, en„ combien de temps elles font leurs révolutions, quelles,, font leurs influences ; c’est dequoy il dissuadait forre-„ ment: car ces sciences luy semblaient entièrement inu-„ tiles, non pas qu’il en fuit ignorant ; mais parce qu’el-,, les demandent un homme tout entier, Sc le divertissent„ de pluiieurs autres bonnes occupations. En un mot, il„ ne vouloir point qu’on recherchait trop curieusement„ l’artifice admirable, avec lequel les Dieux ont disposé„ tout l’Univers; parce que c’elt un secret que l’esprit de„ fhomme ne peut comprendre, 8c que ce n’est pas faire„ une action agréable aux Dieux, que de tascher à descou-„ vrir ce qu’ils nous ont voulu cacher. II tenoit de plus,„ qu’il y avoit danger de s’eigarer f esprit dans ces hautes„ spéculations, comme fit Anaxagore, qui fe vantoit d’y,, estre fort entendu. Car enseignant que le Soleil estoit„ une mesme chose que le feu, il ne songeoit pas que le„ feu n’éblouît point les yeux ; mais qu’il est impossible de„ soustenir fesclat du Soleil (zoz). „ Je ne raporte pointdeux autres raisons que l’Hjstorìen emploie contre ce dog-me d’Anaxagoras : elles ne font pas meilleures que la pré-miere, Sc ne méritent point autant d’attention que f idéeque Socrate se faisoit des Dieux. II les croioit fort jalouxde leurs secrets, Sc fort disposez à se fâcher contre les hom-mes qui vouîoient porter jusques-là leur curiosité. Voiciles expressions 1 de Xenophon. oTm; Íè i-â# Apa-úm F estas-a

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Ut una omnia cotnpleflar , cœleftium unusnquodque quomodo Diimachinentur ferutari dehortabatur. Líeque enim hominibusfacile effe adinvenire: neque Viis eos facere grata arbitrabatur,qui ea quarant qu* ipfi Dii inpromptu ejt manifesta effe nolue-runt. Notez qu’Aristote avoit une opinion plus avanta-geuse de la Divinité : il ne nie pas que si elle étoit capablede jalousie, elle n’enviât principalement à fhomme la plussublime des sciences ; mais il nie ce que les Poètes afir-moient de la prétendue envie des Dieux. Ses paroles fonttrès-remarquables. E* bì As yxo-í n aï ttoi-ctcu , ------ orícpoKs

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